Strasbourg-OM (1-1) : La Canebière Académie s’enlise

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Qu’est-ce que vous ne nous faites pas faire.

Aïoli les sapiens,

Outre le fait de nous offrir dix jours de dispense des purges olympiennes, la trêve internationale a le mérite de proposer à l’entraîneur et à ses joueurs une période propice à la récupération physique et au travail tactique. Ceci est à mettre en balance avec le départ de sept internationaux pour leurs équipes nationales respectives, ceux-là revenant en revanche lestés de fatigue supplémentaire et sans avoir pu travailler les automatismes avec leurs partenaires.

Tel est le paradoxe de cet OM dont les joueurs ne cessent match après match de prouver leur nullité aux yeux du monde entier, à l’exception de leurs sélectionneurs respectifs. A l’heure où la lutte pour maintien commence à trotter dans nos têtes, on peut y voir un désavantage certain par rapport à nos rivaux, eux aussi nuls à chier mais de manière consciente et homogène, soit des dispositions propices aux opérations couillo-commandesques que notre Ligue 1 sait si bien proposer.

Or donc le déplacement à Strasbourg, parfait représentant du genre, nous montre qu’une fois tout ces arguments mis dans la balance, il y a autant de différence entre l’OM d’avant ou d’après la trêve qu’entre notre vie avec Gérard Collomb vivant et notre vie avec Gérard Collomb mort.

Quoi qu’en disent les mauvaises langues, on a bien recruté un renard des surfaces


Les Longorious Basterds 

Lopez
Clauss – Mbemba – Balerdi – Renan Lodi
Veretout – Kondogbia
Ndiaye (Nadir, 83e) – Harit (Ounahi, 69e) – Correa (Sarr, 56e)
Vitinha (Aubameyang, 69e)

N’épiloguons pas sur la composition, nos joueurs étant de toute façon réduits au rang de Playmobil parfaitement interchangeables sans que cela ne modifie en quoi que ce soit la production de l’équipe.


Le match

Lassé des railleries sur ses matchs parfaits jusqu’au moment où il cague tout, Balerdi  décide résolument de faire de la merde d’entrée, des fois que, par miroir, ça lui permette de nous offrir le but de la victoire à la 89e. C’est ainsi qu’à la 6e minute, Leo se la joue Schtroumpf musicien à la Schtroumpfonie en ut, en se trouvant en décalage du début à la fin de l’action : du pressing à contretemps au tacle final dans le vide en passant par le repli au mauvais endroit, c’est un chef d’œuvre dont Gameiro profite pour nous turlusiphoner. Après un tir repoussé par Lopez, le vétéran profite de l’absence de tout défenseur pour récupérer et servir Emegha sur un plateau (1-0, 6e).

L’an dernier, Strasbourg attendait d’être mené 2-0 avant de nous égaliser par des reprises de volées de l’espace aux trente mètres dans le temps additionnel : c’est peu dire que cette configuration inédite déboussole nos adversaires, qui passent dès lors l’intégralité de la première période à se faire rouler dessus.

Certes, le repli alsacien est au départ assumé, comme en témoignent leur habileté à se ruer en contre-attaque dès que l’occasion s’en présente, c’est-à-dire souvent. La tactique paraît cependant excessive tant elle expose les strasbourgeois à de multiples incursions olympiennes aux abords de la surface. Ce contexte favorable permet aux Olympiens d’exprimer la quintessence de leur art, ce concentré subtil d’infirmité motrice mâtiné de ce soupçon de débilité profonde qui constitue leur supplément d’âme. Cas d’école, ce corner de la 15e minute que Strasbourg doit disputer sans leur défenseur central, aux soins : alors que Mbemba et Balerdi sont montées pour attaquer la bête affaiblie, Veretout et compagnie jouent pourtant une combinaison courte en retrait, qui aboutit à une perte de balle aux 30 mètres et à une contre-attaque, dont nous-mêmes regrettons qu’elle ne fût pas meurtrière tant l’action relevait de l’anthologie.


Prenant acte deux mois après tout le monde de la vanité de leurs efforts pour ce qui est de produire du beau football, voire du football tout court, nos joueurs s’en remettent à ce qu’ils maîtrisent le mieux :  la bidouille. Coup-franc joué rapidement comme des gros chacals, remise du ballon au seul joueur qui n’a pas besoin de mobiliser l’intégralité de son caryotype pour proposer un centre correct, Clauss, et bonne vieille reprise du genou de Correa. A une RAIE du gardien strasbourgeois près, l’affaire était dans le sac.

Peu après, Veretout lance Correa sur l’un des nombreux boulevards offerts à gauche. Le centre de Tucu est cafouillé par Harit comme par la défense, et le ballon parvient à l’endroit où se trouve habituellement Valentin Rongier. Notre capitaine étant cependant blessé, c’est Jonathan Clauss qui se trouve préposé à la reprise de volée qui sied avec, comment le dire pudiquement dire, une légère différence de style dans l’exécution du geste. Ficelle. (1-1, 27e)

La possession du ballon est totale, l’occupation du camp adverse est constante, et pourtant nos réelles occasions se comptent sur les doigts du gland. Les Olympiens accumulent une multitude de centres et de corners improductifs, si bien que la pause nous donne l’occasion de contempler le gouffre entre les efforts produits et leur résultat.

Conscient de ce déficit navrant de productivité, les joueurs entreprennent dès la reprise de ramener ce taux dans des proportions plus acceptables. L’ennui réside néanmoins dans leur choix d’agir avant tout sur le dénominateur : la production est toujours aussi minable, mais au moins, en n’en branlant pas une, les Marseillais peuvent au moins se sentir plus justement payés.


Le rideau est ainsi tiré dès la 46e minute et une reprise de Veretout à côté sur un centre de Clauss. Il suffit ainsi à Strasbourg de hausser un minimum son impact physique et d’avancer d’un cran sur le terrain, pour anéantir les quelques satisfactions qui pouvaient encore émerger en première période. Resurgissent ici les interrogations que nous pouvions déjà tenir sur Gattuso : s’il n’est ni capable de faire jouer ces glands au football ni de se poser en meneur d’hommes capable de bâtir un couillommando soudé et déterminé, on peut bien se demander à quoi a servi son recrutement à part à doper le chiffre d’affaires du rayon cyprès de Botanic La Valentine.

Pendant ce temps, dans la cabine des commentateurs : « Frédéric, pensez-vous que Gennaro Gattuso est vraiment l’homme de la situation pour jouer le maintien avec l’OM ? »


Lopez doit encore s’employer avec plus ou moins de sérénité sur divers centres et frappes, que Strasbourg propose sans grande créativité mais avec la détermination d’un groupe qui joue sa survie. L’OM est systématiquement en retard sur tous les seconds ballons, de qui permet à Bakwa de récupérer un énième centre repoussé et d’expédier un bel enroulé sur la barre. Nous pourrions ainsi décréter l’urgence slipométrique, si seulement nous conservions encore quelque chose à foutre de cette équipe, de cette saison et du football en général. On relèvera néanmoins un tacle aussi esthétique que décisif de Balerdi quasiment sur la ligne de but, ce qui semble confirmer le théorème du blougou balerdique à sens giratoire inversé évoqué plus haut.

Le calvaire se poursuit au gré des changements, qui incarnent tellement la notion de « poste pour poste » que les suppléants mettent un point d’honneur à se montrer aussi infâmes que les suppléés. En témoigne la dernière occasion de l’inénarrable Jean-Bite Aubameyang, servi sur un plateau par une bourde alsacienne mais qui tarde tellement à bouger son gros cul surpayé qu’il se fait reprendre par un hippopotacle spécial « Ave Maria » de notre transfuge Lucas Perrin. Virile mais correcte, l’intervention salvatrice prive l’OM d’un succès qui aurait pu apaiser un tantinet notre crainte de la relégation, à défaut de notre envie de tous les envoyer se faire foutre.

Ca bouge pas.


Les joueurs

Lopez (3/5) : Décisif sur la ligne, fébrile balle au pied et sur les sorties aériennes. Pau, faut pas lui laisser le temps d’avoir peur.

Clauss (4-/5) : Repense à tous ces moments où Valentin Rongier lui disait « non, ne te place pas à la tombée du ballon, c’est à moi d’y être ». Et il rit. Et il pleure, aussi.

Mbemba (2+/5) : Rien à redire sur la performance individuelle, nous appliquons juste le malus « joueur expérimenté dont la responsabilité est aussi de coller des coups de pied au derche de ses camarades ».

Balerdi (2/5) : Un mec capable de foirer à ce point le début de son action tout en faisant encore pire au moment de rattraper le coup, on n’a pas vu ça depuis… depuis Pablo Longoria cette saison, en fait.

Renan Lodi (1+/5) : Ce côté « ‘m’en branle si on descend, je me casse la saison prochaine » qui transpire de chacune de ses interventions défensives, ça commence à m’agacer tout doucement.

Veretout (2+/5) :Toujours cette relativité des appréciations, entre « dans l’absolu c’est quand même globalement de le merde » et le « par rapport au résidu d’égout proposé par les autres, c’est pas si pire ».

Kondogbia (2/5) : Se référer à Chancel Mbemba et au malus « joueur expérimenté, coups de pieds au cul, etc. ». Ah, et à ses passes de niveau U13 ratées, aussi.

Ndiaye (1/5) : Prix Jean-Claude Gaudin du « je suis tellement amoureux de Marseille que j’ai consacré ma vie à la laisser tomber en décrépitude ».

Nadir (86e) : On n’a pas plutôt un « Bilal Zénith » à faire entrer, histoire d’insuffler un peu de pensée positive ?

Harit (1/5) : Moi aussi à la crèche la nounou me disait que j’étais le « leader technique » du groupe, parce que j’utilisais un pinceau pour dessiner avec mon caca.

Ounahi (69e, 1/5) : Vous voyez bien qu’il ne se sent pas du tout écarté du groupe, il est aussi nul que les autres.

Correa (2/5) : Sorti prématurément et défoncé unanimement par habitude, alors qu’il n’a pas franchement été le pire de la soirée. Ce qui ne veut pas dire qu’il a été bon, n’exagérons pas non plus.

AVERTISSEMENT

Il est des moments où frappent l‘effroi et la tempête. Des moments de chaos, où tous les repères deviennent caducs. Les frontières entre le Bien et le Mal s’effacent pour ouvrir un entre-deux apocalyptique, sans foi ni loi, où rien de ce qui faisait la civilisation n’a plus cours. Seule compte la survie, à tout prix y compris celui de notre humanité. Face à l’indicible, il faut être prêt à tout, ou mourir. L’appréciation suivante contiendra une note décimale.

Sarr (56e, 0,5/5) : Hommage à ma note d’EPS à l’examen de gymnastique au sol. J’avais fait une roulade arrière.

Vitinha (1/5) : Nous aussi on va mettre ta figure sur nos slips, mais de l’autre côté.

Aubameyang (69e, 1-/5) : Rappelons qu’un instrument de mesure de la Ligue Professionnelle de Football a déjà estimé la vitesse de pointe de Jean-Bite à 35,97 km/h. Nous savons moins que le même instrument, utilisé dans les vestiaires, l’a classé parmi les attaquants les mieux membrés de Ligue 1 avec un pénis de 29,8 centimètres. Et, pour la Science, je suis même prêt à l’insérer dans son fondement pour vérifier s’il nous indique une température corporelle de 45 degrés.


L’invité zoologique : Patrick Vier-Rat

Nuisible d’aspect médiocre, le rat s’avère néanmoins remarquable par l’adaptabilité et la solidarité de groupe dont il fait preuve afin d’assurer sa survie. On soulignera également son côté facétieux qui l‘amène à générer tous les 250 ans environ des épidémies de chtouille chez les connards qui l’approchent de trop près sans précautions hygiéniques (exemple : la mort noire des Gênois de 1347, la peste du Grand Saint-Antoine de 1720, le squinfus de San Gennaro de 2023).

  • Les autres : Que nos joueurs, avec leurs parcours prestigieux, leurs sélections internationales et leurs salaires à zéros multiples, se disent qu’ils sont actuellement ravalés au niveau de ça. Cela devrait suffire à leur donner le vertige.
  • Le classement :Hasard cocasse du calendrier de ce dimanche : en fonction des matchs qui restent à jouer, nous pourrions aussi bien nous retrouver ce soir un point devant le barragiste pour la relégation.
  • Coming next : Ajax, Rennes, Lyon, Lorient, Brighton, Clermont, Montpellier : jusqu’aux fêtes, nous allons lutter pour exister entre stars déchues, espoirs mal tournés et sous-fifres affligeants, une sorte de troupe « Stars 90 × Etoiles de la Téléréalité » en tournée dans la diagonale du vide.
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Twitter, ainsi que sur BlueSky. Homerc remporte le concours zoologique.


Bises massilianales,
Blaah

1 thought on “Strasbourg-OM (1-1) : La Canebière Académie s’enlise

  1. Punaise.

    On n’a même plus envie de rire. C’est triste. On a juste envie de simplement énoncer la vérité, pure, concise, claire, distincte. Mais comme on n’arrive pas à verbaliser cette vérité, on vient la lire, et elle apparaît, étonnante fulgurance, dans votre délicat commentaire sur la sale petite catin franco-hispano-gabonaise.

    Merci.

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