Bordeaux-Strasbourg (0-2): La Scapulaire Académie à trois points de la sixième place.

Les clubs français gnagnagna s’en fichent de l’Europe gnagnagna l’indice UEFA gnagnagna. A Bordeaux, c’est tout le contraire.

Après trois victoires consécutives dans les tours préliminaires de la Ligue Europa, les Girondins affrontent un autre club de l’Est pour débuter leur championnat. L’attente est forte et les supporteurs, qui connaissent l’importance d’un départ réussi, ne seraient pas contre le fait que le Bleu Marine succède au Bleu comme couleur à la mode. Si Poyet émet des doutes quant à la capacité de ses joueurs à enchaîner deux matches en trois jours, les Strasbourgeois évoquent un déficit de préparation. « Un choux pas assez blanchi est difficile à digérer, ça fait péter et il faut un certain temps pour s’en remettre ». A leur tunique blanche, on aurait pu se douter qu’ils bluffaient…

Le résumé:

La composition:

Costil (c)

Lewczuk     –     Koundé     –     Pablo     –     Gajic

Plasil

Lerager                     Tchouaméni

Youssouf                                                   Kamano

Laborde

 

Quelques changements sont à noter par rapport au match précédent. Poundjé est suspendu, Sabaly et Pellenard, blessés. Place donc à Lewczuk à droite et Gajic à gauche: Bordeaux invente le foot sans latéral! Lerager réintègre le onze des Narines et Blancs et Sankharé en fait les frais. Tchouarménie connait sa première titularisatian en Ligain et Laborde peut poursuivre sa tournée promotionnelle. Enfin, Basic et Briand, les Initials BB® (trop tard l’Epique, marque déposée Scapulaire Académie) s’assoient sur le banc.

Le match:

Ou plutôt le non-match. Rapidement réduits à dix après l’expulsion de Pablo, Bordeaux a souffert tout au long de la rencontre. Dès  les premières minutes, on a senti que cela serait difficile. Quand tu es à domicile et que c’est Strasbourg qui fait tourner le ballon, c’est que tu n’es pas dans un bon jour. Ou que tu es Bordelais, tout simplement.

Poyet ayant été obligé de revoir ses plans rapidement, il a sacrifié le jeune Youssouf, pourtant un des seuls capable de remonter (et surtout garder) le ballon. On a ainsi pu revoir Paul Baysse sous nos couleurs et mieux comprendre pourquoi il passait derrière la paire Koundé-Pablo, quand ce dernier ne décidait pas de rendre un funeste hommage aux rugbymen français.

Pour faire court, l’équipe a été quasiment incapable de tenir le ballon, Kamano et surtout Laborde ont cravaché seuls contre tous et Strasbourg a mis du temps à prendre l’avantage au score. Par maladresse, malchance, ou malcostil. Mais notre capitaine avait déjà sabordé la cale du navire, cela ne servait plus à rien d’appliquer le mastic.

Nous avons craqué à vingt minutes de la fin sur un corner avant de plonger un peu plus sur une action collective qui.. Oh, et puis zut. Vous verrez par vous-même. J’ai eu moins mal au cul la dernière fois que j’ai accepté le bonbon d’un inconnu.

Les notes des 33:

Benoît Costil (1/5):

Par de jolis arrêts, il a retardé l’échéance. Ouais. Mais il a quand-même bien aidé à plomber l’équipe avec sa relance de con.

Igor Lewczuk (2/5):

Son match à Paris, la saison passée, a été un trompe l’œil. Des centres affreux, quand il a été en position de le faire. Ce qui n’a pas toujours été le cas, Koundé devant même déborder à sa place en début de match. On ne peut pas lui en vouloir, chacun son taf. Un Lewczuk latéral, c’est un peu comme un Benalla CRS, à une nuance près: tu le mets là pour faire le nombre mais c’est pas très efficace.

Jules Koundé (3/5):

Il a fait son match, encore une fois. « Jeune briscard », ça se dit?

Pablo (1/5):

Mis en difficulté par son gardien, il a manqué son contrôle, offrant à Ajorque une occasion de but. Il avait le temps de revenir. Mais il le plaqua bêtement, récolta un carton rouge et laissa ses coéquipiers à dix pendant quatre-vingt minutes. Quand un imbécile essaie de réparer la boulette d’un autre imbécile, la petite erreur se transforme souvent en catastrophe…

« Ne fais pas cette tête, elle ne doit pas être si loin, mon intelligence tactique! »

Milan Gajic (1/5):

Difficile de juger sa performance, sachant qu’il a évolué sur le côté gauche. Il a beaucoup remisé ou joué latéralement. Aucune prise de risque offensive, hormis dans les arrêts de jeu de la première période, lorsqu’il aurait pu obtenir un penalty si l’arbitre n’avait pas été aVAR. Défensivement, il a été trop généreux, offrant son couloir comme une Lannister cède son derrière à un frère. Lala et les Teleteubs s’en sont donné à cœur joie.

Jaroslav Plasil (2/5):

Le vétéran a livré une grosse bataille mais n’est plus fait pour évoluer à deux au milieu. « C’est pas moi Lerager » aurait-il déclaré à la fin du match. Sankharé l’a supplée à vingt minutes du terme. Sankharé donc, le joueur offensif utilisé quand le coach joue son va-tout et qu’il dispose de Briand sur le banc. Une petite embrouille, un petit taquet au gardien… et c’est tout.

Lukas Lerager (2/5):

Il a été précieux pour gratter de nombreux ballons mais faute de solutions, il en a rendu trop rapidement. Et il perd son duel sur le premier but. Lukas est un travailleur. Mais il travaille pour les autres, en général. La prise d’initiatives, ce n’est pas trop son domaine.

Aurélien Thouaméni (3/5):

Pour une première en championnat, il aura été intéressant. Il a dégagé plusieurs ballons chauds. Décalé sur la droite lorsque l’on a été réduits à dix, il a été moins influent qu’espéré. A cédé sa place à Basic, qui n’a pas hésité à descendre chercher le ballon, à se montrer disponible. Nous avons pu apercevoir la qualité de son jeu long sur une transversale. Il semble être d’un registre différent des autres milieux et pourrait être une bonne surprise cette année. Mais jurisprudence Otavio oblige, nous attendrons avant de nous enflammer.

Zaydou Youssouf ou son contraire (5/5):

Un gros quart d’heure passé sur la pelouse avant d’être victime du choix tactique de Poyet. Il en avait fait assez (d’où sa note) pour qu’on regrette après coup sa sortie prématurée. Le « choix tactique » mentionné a donc été Paul Baysse. Pas toujours rassurant dans les gestes, il l’a été par la parole. Mais quand je l’ai vu tacler la cheville d’un adversaire, je me suis dit que lui aussi avait du être sorti prématurément. Il y a trente ans de cela.

François Kamano (3/5):

Un des seuls à pouvoir poser des difficultés à la défense adverse. Il a tenté mais il s’est un peu cramé en prêtant main forte à Gajic.

Gaëtan Laborde (5/5):

Match plus que délicat à gérer pour lui. Complétement esseulé en attaque. Mais il s’est battu, arraché. Gaëtan est un combattant et il aime le Scapulaire.

« Wilson, tu es là! Une heure que je te cherche au milieu de cette forêt de joueurs! »

En face:

« Vous n’aurez pas l’Alsace et la bedaine », qu’ils disaient. Depuis la retraite de Kader Mangane, Marc Keller a pourtant les deux.

Bonus: le fonctionnement d’une cellule

Longtemps critiquée, la cellule de recrutement a enfin atteint le professionnalisme. Vous en doutez? En voici pourtant une preuve.

Le Haillan, lieu d’une rencontre entre Ulrich Ramé et Gustavo Poyet…

« Gus, nous avons bien compris que tu avais besoin d’étoffer ton effectif. Afin de peaufiner mes recherches, faisons le point sur tes critères demandés.

– Ah, enfin! Alors je veux un 6…

– Check.

– assez grand…

– Check.

– doté d’une bonne technique…

– Check.

– d’un jeu long précis…

– Check.

– et capable de marquer.

– Check.

– Vous avez qui à me proposer?

– Tchèque.

– Tchèque? Jaro, notre Tchèque?

– Check.

 – VOUS VOUS FOUTEZ DE MA GUEULE?

– Non, mais j’ai beau chercher, je ne vois pas… Et puis c’est les vacances, tout ça…

– J’ai besoin d’une doublure et le 6 c’est la base -hic- pardon quand je m’énerve, j’ai des aigreurs d’estomac.

– Qu’est-ce que tu as dit?

– Que tu te foutais de ma gueule.

– Non, après.

– J’ai mal à l’estomac.

– Mais non, avant.

– Le 6, c’est la base -hic- merde, voilà que ça recommence!

– Estomac, Base, Hic? Bouge pas Gus, j’ai un coup de fil à passer. »

Pour conclure:

Premier match, première défaite. La saison commence bien!

Mais ne tirons pas de conclusion hâtive. Les circonstances de la rencontre (expulsion, enchaînement de matches en début de saison) ne nous ont pas aidé et le mercato n’est pas terminé. Les recrues déjà (enfin) présentes devraient apporter un plus et on ne sait pas encore jusqu’où peut aller cette équipe.

Par contre, nous savons que les recruteurs sont allés en Espagne et en Angleterre. Sergi Palencia, latéral droit et capitaine de la Masia (Masia qui? Masia Malcom) devrait nous rejoindre en prêt avec option d’achat. A voir, pour reposer Sabaly ou le remplacer si celui-ci joue à gauche, pourquoi pas. On annonce aussi Lee Cattermole, milieu de 30 ans évoluant à Sunderland. Le Joey Barton du pauvre. Si on joue en 2-7-1, je dis pas, sinon je ne vois pas trop l’intérêt. Pour encadrer la jeunesse, dirons-nous.

 

Le match contre Strasbourg étant derrière nous, projetons-nous non dans les bois mais en Europa, pour finir le travail. Et la suite nous amènera à Toulouse. Le championnat commencera vraiment. D’ici là, mettez-vous horsjeu, personne ne vous sifflera. Vous pouvez aussi voir ou revoir les Hors-Série de la Scapulaire Académie, personne ne vous en voudra.

A bientôt.

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl (50% Vosgien, 50% Arcachonnais, 100% Bordelais) Vosgien issu de l’immigration girondine, j’aime surfer à la Moselle et faire du patin à glace sur la jetée Thiers. Mais surtout j’aime les Girondins car parfois, leurs matchs me paraissent beaucoup plus longs que l’hiver de par chez nous.

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