Guingamp-Bordeaux (1-3) : La Scapulaire Académie finit bien sa semaine

« Ce n’est pas toujours par manque de briques qu’on rencontre plus souvent des petits murs. » Que dire de plus ?

L’inspiration nous faisant un peu défaut, il a fallu trouver un subterfuge pour remplir cette académie que je vous devais. Nous allons donc revenir à notre traditionnelle semaine dépressive à souhait, la vie ordinaire d’un supporteur girondin.


Lundi

Sept heures du matin, ton réveil résonne « So you face it with a smile, There is no need to cry, For a trifle’s more than this, Will you still recall my name ». Après un petit grognement et un râle de circonstance, ta main gauche vient s’écraser impitoyablement sur l’objet de malheur. Que voulez-vous, on vit en scapulaire, on dort en scapulaire, on baise en scapulaire (faut avoir un peu d’imagination les gens) et on se réveille en scapulaire. Avec son petit son de synthé entêtant, son intro de vingt-cinq minutes, Narcotic se révèle une excellente musique pour se réveiller de bonne humeur. Tu n’as pas envie de bosser, rien de va chez toi, et hop, dix secondes de Liquido et tu es regonflé comme jamais. Tu es parti pour bouffer le nouveau monde, pour traverser la rue et trouver du boulot dans le premier restaurant que tu trouves.

Le vrai clip rien que pour vous


 

On se demande parfois quelle est la plus grande réussite de M6. Parfois, on se le demande tellement qu’on se tire une migraine pas possible. Et si c’était tout simplement cette putain de musique d’entrée. On aurait pu se taper du Pascal Obispo. Imaginez-vous que les Lyonnais ont osé foutre du Biolay. Remarquez, c’est peut-être une tactique pour effrayer les adversaires. Liquido nous sort un son typique des années 90, un synthé, un peu de fluo et le tour est joué.

Pis choisir Narcotic comme musique d’entrée, n’est-ce pas une formidable promesse ou une terrifiante réalité ? Vous vous êtes déjà intéressé aux paroles de Liquido ? Ne vous inquiétez pas, je l’ai fait pour vous. Narcotic est une ode à la mélancolie, une plainte lucide et cruelle, une détresse, un appel insoutenable vers les abysses des psychotropes. Jugez par vous-même : « Et j’ai touché ton visage, une pensée narcotique due à la paresse de la Marie Jeanne, et je t’ai appelé, comme un accro à la cocaïne appelle le produit qu’il ferait mieux de condamner ». L’amour et la passion est comme une pulsion narcotique, un appel inéluctable, irrationnel et parfaitement irraisonnable. Ce refrain parle à tout supporteur de football, il résonne même comme un cri après chaque défaite. Rien ne sert de résister. La semaine suivante, le jour d’après, tu seras là, à l’heure. Tu angoisseras, tu promettras même de ne plus jamais y toucher avant de te brûler une nouvelle fois les doigts. Narcotic est bien plus qu’une simple chanson. Soyez-en sur.

Tu passes ton lundi à te demander pourquoi. Pourquoi Costil a mis autant de temps à sortir ? Habituellement, il traîne toujours au point de péno. Mais là, non, on a attendu de longues secondes avant de le voir débouler, complètement à contretemps. Après quarante-cinq minutes complexes, tu mènes contre l’ogre Nîmois. Les Beaubichon, Duprés, Dugenou, Dutalon et autres inconnus au bataillon sèment la terreur en Ligue 1. Alors quand, par miracle, tu mènes 3-2 et qu’il reste une dizaine de minutes, tu l’espères toi cette victoire, cette bouée de sauvetage, ce ballon d’oxygène. Mais non, Benoit était ailleurs, il ne regardait pas l’action. Peut-être était-il en plein débat avec les ultras. Il est fragile le Ben’. L’an dernier, il s’était vexé après quelques « Carrasso, Carrasso ». Contre les Gardois, notre gardien (c’est fait exprès hein) n’a pas apprécié les critiques sur son placement. Faut dire que tout le monde est un peu remonté en ce moment. Entre le match à Rennes, sa sortie en boîte de nuit ou ses déclarations à la presse, Costil n’essaie pas vraiment d’apaiser les critiques, il les attise, il les entretient avec une attention toute particulière. On ne saura jamais à quoi pensait notre gardien, Umut Bosok ne se pose pas de question. Il a juste poussé le ballon dans un but déserté. 3-3, Bordeaux reste dix-neuvième. Putain de Lundi…

On revoit Benoit qui se décide à sortir…


Mardi

Maxime Poundjé trouve que le moment est bien choisi pour se lancer des fleurs. Le club est relégable, le niveau de jeu est inquiétant, la direction est à la dérive mais Maxime estime qu’il fait plutôt une belle saison. C’est un peu comme si un gars lors de la débâcle de 1940 déclarait devant une foule médusée : « Non mais je suis plutôt content de moi. J’étais à mon poste, j’ai tiré quand on me l’a demandé. Je suis plutôt en forme ». Putain, tes potes sont à Dunkerque, ils attendent de partir vers l’Angleterre, l’Allemagne nous a défoncé et toi, tu es content car tu es parvenu à toucher trois boites de conserve à l’entraînement avec ta carabine de chasse. Pis soyons sérieux Maxime, tu es sympathique, gentil et plein de bonne volonté mais visiblement tu n’as pas été servi correctement en lucidité. Non, tu ne fais pas un bon début de saison. Non, ce n’est pas suffisant. Putain de Mardi…

On félicite Maxime alias Jean Michel Lucidité pour son superbe début de saison


Mercredi

C’est la guerre à Bordeaux. Les supporteurs se tirent dans les pattes. Comme dans tout conflit, tu dois choisir ton camp, et obéir. Mais ce conflit nous dépasse. M6 veut nous vendre. Contrairement à ce que Tavernost déclarait en juin, la priorité n’est pas vraiment de céder les girondins dans les bonnes conditions. Non, la priorité est de recevoir ce chèque inespéré et se tailler le plus vite possible. Comment pourraient-ils rester au commande ? Ils ne le veulent surtout pas. Vous le savez M6 appartient à RTL Group, propriété de Bertelsmann (une holding ou un truc dans le genre, faites comme si vous compreniez cette partie. Ce jeu de dupe nous permettra de passer à autre chose rapidement…). Tavernost a beau nous déclarer sa flamme la main sur le cœur, il obéit surtout à des arguments financiers. Il balaie du revers de la main l’offre de Lorenzetti ou de Xavier Niel, qui offrait probablement plus de sécurité pour l’avenir du club, pour accepter l’offre des Américains.

On en parle des Américains ? Le montage financier repose essentiellement sur des prêts. King Street est le troisième larron de l’histoire. Devant l’inquiétude des supporteurs et des manifestations des Ultras, DaGrosa n’a pas eu les choix. Il doit se montrer et faire le tour des popotes. Il nous parle enfin de son plan, de sa volonté de s’appuyer à la fois sur un centre de formation performant et à la fois sur un investissement de quelques 80 millions d’euros pour retrouver les sommets en Ligue 1. La qualité de notre centre de formation pose quand même problème dans stratégie. Il n’est pas question ici de défoncer les jeunes ou les formateurs, mais il faut se rendre à l’évidence. Cher DaGrosa, ton plan consiste à construire autour d’un centre de formation et d’acheter quelques joueurs autour. Tout ça en faisant dix millions de bénéfice par saison, et en faisant le plein à domicile. Pour rappel, en 2009 pour notre dernier titre, nous avions une moyenne de 29 000 (on ne chipote pas hein). Si c’était si simple que ça de remplir ce stade, ça se saurait.

Alors, vous ne m’en voudrez pas si je ne choisis pas mon camp. Putain de mercredi…


Jeudi

Après avoir triomphé des lettons, des ukrainiens et des Belges, nous y voilà enfin. Il nous avait drôlement manqué ce doux et délicat parfum d’Europe, ces soirées du jeudi soir dans un anonymat respectable. De match, il n’y en eu aucun. Le Slavia a bouffé, étrillé, décapité une bien triste équipe girondine. Nous avons fait juste tenté quelques tirs désespérés. La seule frappe cadrée viendra du pauvre Cornelius à la 88e. Le match était en clair sur RMC Story. Toute la France a pu ainsi en profiter. C’est cadeau hein. Putain de Jeudi…

On a tenté de jouer comme les Simpson. Pas très efficace…


Vendredi

Tiens, ce soir, c’est la Ligue 2 à la télévision. Ça vaut peut-être le coup de jeter un coup d’œil. On ne sait jamais. Putain de Vendredi…


Samedi

Quand on joue le dimanche, on ne stresse pas le samedi. On peut même regarder les autres équipes, les plus audacieux s’autoriseront une petite moquerie. Le groupe tombe dans la soirée (c’est une image hein, n’imaginez pas une chute collective). Briand préfère rester à la maison. Benezet est déçu. Il garde sa petite vidéo pour plus tard. Plasil est aussi au repos pour la première fois depuis dix mois.


Dimanche

Les jours de match sont les jours les plus reposants pour Ricardo. Il doit rester assis. Il lui est interdit formellement de se lever. L’UNECATEF, par la voix de Domenech, n’a pas mis longtemps à monter au créneau. Ricardo n’a pas le diplôme. Il a beau avoir entrainé pendant vingt ans, il a beau avoir entrainé le PSG et Bordeaux, ça ne suffit pas. On pourrait lui donner un équivalent, exiger éventuellement une Validation des Acquis de l’Expérience, mais non, la priorité de l’UNECATEF est de rappeler benoîtement le règlement. Peu importe qu’il soit stupide, le règlement, c’est le règlement. Ricardo est surveillé. S’il décide de s’étirer, un officiel s’approche pour lui rappeler ses obligations.

Le patron de l’UNECATEF qui ne va pas se laisser emmerder…

Il a ainsi pu profiter, accroché à son banc, de la victoire. Les Bretons auraient pu marquer, on aurait pu parler du placement de Costil ou de l’absence de Briand. Mais le sort du match en a décidé autrement. Et on ne va pas s’en plaindre.


Les notes :

Costil (3/5) :

Il n’a pas été lobé. Il n’est pas sorti trop tard. Il ne s’est pas engueulé avec les supporteurs. Il n’a pas fini à poil dans le rond central complètement bourré. Malgré cela, il fait un bon match.

Palencia (1/5) :

S’il n’avait pas à défendre, il serait un très bon latéral. Mais voilà, la vie est mal foutue…

Koundé (1/5) :

Pour vous donner une idée de son match, on commence à se demander s’il ne faudrait pas faire jouer Jovanovic

Pablo (2+/5) :

Sélectionné par Tite, Pablo a fêté ça par un penalty un peu sévère. Mais comme ça finit bien…

Sabaly (2/5) :

Ce fut compliqué, il s’est mélangé un peu entre son pied gauche et son pied droit. Mais à ce poste, on est plutôt habitué. Convaincant à ce poste avec le Sénégal, il faut lui laisser un peu de temps et ne pas oublier qu’il revient de blessure.

Otavio (3+/5) :

Plus attendu que la nouvelle saison de Game of Thrones, Otavio a répondu présent. Enfin !!!

Lerager (2/5) :

Le problème de Lucas est toujours le même. Il est tellement maladroit avec le ballon qu’on oublie le travail de sape qu’il effectue au milieu.

Sankharé (2+/5) :

Toujours sur courant alternatif. Quand il est dans son match, il est précieux. Quand il est dans son match…

Kalu (2/5) :

Moins à l’aise que d’habitude, le nigérian accuse le coup après des débuts prometteurs. On ne va pas lui jeter la pierre. Déjà car ça fait vachement mal et qu’il a l’air plutôt gentil. Remplacé par Karamoh, auteur du but victorieux.

Kamano (3/5) :

Il libère l’équipe d’une frappe magnifique. Même si parfois il nous agace, il reste un des seuls joueurs de cet effectif à pouvoir faire la différence. Remplacé par Préville qui a marqué. Le début de la rédemption ?

Cornelius (3/5) :

On a enfin pu voir notre Danois. Ce fut une vraie bonne surprise. Précieux en pivot, il a su faire le geste juste pour servir parfaitement Karamoh. Et si Cornelius nous faisait perdre notre latin (on la refera celle-là, on s’en excuse par avance) ?

Image rare, Andreas au milieu de la défense bretonne


Ailleurs dans le monde :

Nous avons évoqué le centre de formation. Faisons le point justement sur nos anciens espoirs. Olivier Verdon réussit plutôt son début de saison à Sochaux. Il y est devenu un élément important. Biatoumoussoko peine à s’imposer à Charleroi. Il reste encore loin du groupe. Ce n’est pas le cas de Jorris Romil qui a gagné quelques minutes de temps de jeu à Valenciennes. Boupendza tarde à s’imposer en corse. Les espoirs de l’an dernier semblent déjà si loin. Yoann Barbet continue de figurer dans la liste des bons élèves. Le Bordelais s’est imposé comme une valeur sûre à Brentford. Le club londonien réussit un début de saison prometteur. On va laisser tranquille cette semaine nos souffre douleurs habituels.

En attendant la semaine prochaine et notre défaite programmée face au stade de Reims, perdez-vous sur horsjeu.net ou venez tailler le bout de gras sur Twitter.

Kiki Musampala

Élevé en fûts de chêne et mis en bouteille au château .Exilé à Charlestown. Voisin de Rimbaud et de Francis Maroto.

3 Comments

  1. Good Kiki

    Même si on a surement passé la même semaine de merde.
    Je me suis bien marré en la refaisant avec toi

    Continue, car pour une accad’ faite en un temps record elle est de très bonne facture

  2. Purée! Un carré de pelouse entouré de murs blancs aux fenêtres colorées. On dirait la cour uvp d’un EHPAD, je comprends mieux certaines choses maintenant…

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