Metchnager of the YEAR 2010

Petit portrait de Jean Fernandez par Notre Footballologue.

Formateur, recruteur capable de tailler des pépites en dégrossissant les papillons, tantôt devant puis derrière mais toujours au cœur, Œdipe mystère, récompensé par des pairs qui sont ses fils… nul doute, Jean Fernandez s’analogise en Pierre Woodman.

Comme sus évoqué, la L1 a tenu à rendre hommage à Jean Fernandez de son vivant d’entraîneur, profitant d’une saison remarquable pour souligner combien le spectacle ne résume en rien la réalité de son univers. Joueur professionnel à Marseille, Bordeaux (où il officia sous les ordres de Aimé Jacquet) puis Cannes, l’homme qui inspira son nom d’artiste à Nilda débute sa carrière de formateur-entraîneur en prenant la succession de Wenger, autre grand pédacock. Dans l’ombre de Goethals, Ivic ou Beckenbauer, sur le plateau à Cannes, Lille, Sochaux, Metz, Marseille, ouvrant la voie en Arabie Saoudite ou en Tunisie – pays où ces pratiques sont passibles de la peine capitale – Jean Fernandez développe les compétences, occupe le terrain, multiplie les safaris. Fée marraine, il magnifie à coups de baguette les Zidane, Niang, Pedretti, Frau, Pagis, Adebayor, Ribéry et autres Jelen, Niculae, Dudka, tous reconnaissant de ce clinamen qui transforma leur modeste condition de paysannes post-soviétiques en vie de star multiprisée du spectacle pour puceaux et grands. Aussi, à l’heure de relever le compteur, faut-il y voir un juste hommage à celui sans qui ce petit monde serait passé à deux doigts du bonheur…

Mais tout ceci omet le travail effectué à l’AJ Auxerre. Exorcisant le spectre de Guy Roux à coup de balai de coco, Jean s’enterre en Bourgogne, et, taillé dans l’écorce d’un bois noble, doux et chaleureux, parvient à dissocier le club de son géniteur. Dur à cuir, surtout au soleil de l’Yonne, il fallut bien de l’appétit à Jeannot Woodman pour se taper le bœuf bourguignon.* Mais si, comme le confiait récemment Zeus à Edison, le récit mythologique relève avant tout d’une tentative d’éclairer le monde, et si, comme l’affirme Nietzsche dans sa préface au Gai Savoir, la philosophie tactique d’un entraîneur est la confession de son corps, alors, force est de constater que, ultime cadeau du père à son enfant, la viande de Roux pas cuit contient le taenia dont l’AJA fait aujourd’hui ses gorges profondes (cf OL vs AJA ici.) Donc bravo à Fernandez, et gare à ton polonais ! La rumeur fait état d’un ancien d’Emile Louis II aperçu du côté de labess Deschamps avec une bassine de lait chaud…

*Pour les fans de scenarii gore : http://www.ecranlarge.com/movie_video-view-10658-1067.php  Episode 5 : « la mort de Michel Ricaud »

Disponible en librairie : Biographie de Maoulida intitulée « Tania Russof Story » (steak épuisé)

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