Notre Footballologue fait le point sur le groupe G.

Et non pas Notre Footballologue fait le groupe sur le point G.

GROUPE G, match 1

Un an à supporter le vuvuzela dans le CFC, une année durant laquelle l’occident s’enthousiasme pour ce bout de tuyau incarnant le si « pittoresque » indigène sud africain. Aujourd’hui, remplacer « vuvuzela » par « indigène » donne une idée du droit de l’Hommisme à l’heure post coloniale.

Portugal X Côte d’Ivoire

Le Portugal évolue en 4231 avec une paire de milieux défensifs (P. Mendes- Raul Meireles) en soutien de Danny (à gauche), Deco et Cristiano Ronaldo (à droite). Les latéraux occupent les couloirs et l’ensemble évolue en passes courtes à partir des milieux défensifs. Cette animation rappelle furieusement l’edf dans ce qu’elle a de plus lent et de plus stérile, le seul danger résultant des chefs d’oeuvre de Cristiano (10ème, poteau), réduit à « dribbler à 1 contre 10. » (Lizarazu) Gagner en vitesse impose d’établir un lien entre les centraux et les milieux offensifs voire entre les milieux défensifs et l’avant-centre. Las ! Seul Bruno Alves semble concerné par la relance longue mais ni Deco, ni Danny n’ont le physique pour s’imposer dans les duels aériens, pas plus que Liedson, buteur d’1m75 pour 65 kg. David Astorga assiste à un « super match » avec « la cote du Portugal toujours à deux…plus d’infos sur TF1.fr » mais seule la perspective de voir Lucho et Raul Meireles rivaliser avec Joana Angel dans une production Burning Angel excite la carte bleue. Les entrées de Simao et Tiago n’amènent rien malgré le repositionnement de Crisitiano derrière l’attaquant.

Puis

11 Casimirs sous stéroïdes entraînés par un mercenaire suédois pourraient bien saccager le bel ordre footballistique mondial. Loin des improvisations techniques qui déconstruisent l’organisation tactique et produisent l’éternel « des africains séduisants mais impuissants face au réalisme… », cette Côte d’Ivoire toute en contre attaque, densité physique et discipline tactique assume sa filiation avec les pachydermes. Une paire Kolo Touré-Zokora en centraux, des latéraux Tiéné-Demel ne dépassant que peu la ligne médiane, et Yaya Touré distribuant le jeu de son fauteuil de « sentinelle. » Au milieu, Tiote-Eboue imposent leur puissance au service des joueurs de couloir que sont Kalou (à gauche) et Dindane (à droite.) Ces 5 joueurs forment un V sur une bande de 10 mètres de largeur sous la ligne médiane et sortent au fur et à mesure harceler le porteur du ballon en compagnie de Gervinho. Pigiste pour Phil More UK depuis ses soirées au KitKatKub, Lizarazu assure que la blessure de Drogba ne concerne pas « le bras le plus utile pour tirer la mayo » et finit de mettre au poing le groupe G. Double ration de bloubiboulga transgénique pour tout le monde…

Mi temps : « Et on préfère voir des brésiliens en train de chanter plutôt qu’avec des vuvuzelas. Gardez vos traditions, franchement, c’est mieux… »

CJP au Congo

Brésil X Corée du Nord

« Une équipe reflète toujours la personnalité de l’entraîneur. » (père Wenger, sartrien pédéraste) A voir Dunga dans son col roulé et son caban, on ne sait s’il passe ses vacances au Kehlsteinhaus mais preuve est faite de la frilosité de l’individu. Loin du label Copacabana, cette équipe du Brésil repose sur un socle solide Juan-Lucio en centraux derrières le couple Felipe Melo-Gilberto Silva en demi défensifs. Charnière entre ce bloc et une ligne d’attaque composée de Robinho, Luis Fabiano et Elano, K² multiplie les chevauchés mais, « moins perforant » (Larqué), manquant « de gaz, (…) de jus » (CJP) et ayant « perdu ce coup de rein » (Wenger), s’expose à la chasse. Si l’équipe repose sur ce socle défensif, l’animation offensive relève plus du talent individuel de ses membres. Kaka et Robinho sont libres de leurs mouvements tandis que Elano compense et Luis Fabiano fixe les centraux adverses. Essentiellement vertical, le jeu brésilien se déroule dans l’axe face aux buts adverses sur une largeur de 40 mètres, le reste étant dévolu à Maicon et Bastos, seuls à apporter de la percussion mais trop rarement dangereux sur les centres. Privé de solutions, le Brésil peut toutefois s’en remettre à leurs frappes, que ce soit sur coup franc ou dans le jeu (Maicon, 54ème.) La paire de récupérateurs reste sobre et travailleuse mais n’hésite pas à frapper de 40 mètres ou dézoner pour rejoindre Luis Fabiano en pointe (Felipe Melo, 11ème.) Le positionnement d’Elano illustre les obsessions de Dunga. Le « couteau suisse tactique » évolue sur le côté droit, tantôt au niveau de Kaka, tantôt aux côtés de Fabiano, quand il ne colle pas la ligne de touche pour soutenir Maicon dans ses débordements. Si théoriquement, la ligne d’attaque se compose d’un trio servi pas Kaka, l’animation se fait par carrés faits de passes courtes menant jusqu’au but adverse. Toutefois, le projet reste en gestation et « la base de leurs attaques est toujours individuelle » (AW).

« Il a choisi une voie très lointaine de la culture du foot brésilien » avertit Socrates à propos de la Seleçao composée par Dunga. A contrario, le sélectionneur coréen propose une équipe en rapport avec l’image que l’occident se fait de son pays. Ce 532, « succès de l’intelligence et de la construction » fascine un Wenger relevant la docilité d’un mur placé à 11 mètres par l’arbitre (« ils obéissent encore… ») et regrettant que Jong Tae Se soit « un très bon joueur mais trop dominé par ses émotions dans sa prise de décision. » Néo libéralisme ou communisme dictatorial, il n’est de totalitarisme que managérial et l’ « enchaînement magnifique » pour le but de Ji Yun-Man vient récompenser une équipe beaucoup plus informée des pratiques du football de haut niveau que ne le supposait le grand timoré lusophone. 2-1, l’Empire du management ne s’arrête pas à la DMZ, Pierre Legendre apprécie…peut être.

22 thoughts on “Notre Footballologue fait le point sur le groupe G.

  1. ils m’ont impressionné ces sud coréens. Belle discipline. Je reste impatient de voir la suite des matchs de ce groupe, le Brésil a heureusement prit les 3 points…sinon ca serait devenu compliqué pour eux je pense…

  2. @Benji : C’est les nord coréens qui t’ont impressionnés face au Brésil plutôt, non? ^^

    Jong Tae Se, c’est vrai qu’il est émotif mais en regardant le match je me suis demandé : Il pleure à cause de la charge émotionnel de représenter le pays qu’il aime à la coupe du monde ou parce qu’il sait que pour chaque contrôle raté un membre de sa famille va mourir?

  3. C’est un peu les nord-coréens contre le brésil benji.

    +1 pour ton analyse footballologue

    j’ai pas vu beaucoup de jeu dans ce groupe et dans les autres d’ailleurs. En esperant que l’espagne change la donne parce que faut l’avouer, on s’emmerde un peu pendant cette coupe du monde

  4. Ces poules à 3 matchs secs nous imposent des matchs 1 et 2 (je crains) insipides où personne ne veut perdre dans les groupes équilibrés, et on se dit qu’on va tout jouer au match 3. On a pris l’habitude avec Ray que ça se passe de la sorte, mais cette option tactique semble faire tâche d’huile… ou j’ai peut-être la mémoire courte et toutes les coupes du monde ont démarré aussi frileusement ?

  5. Doblejuan, j’ai l’impression que c’est la même chose qu’en Championnat. Les favoris livrent des prestations pourries, puis montent en puissance. Ça peut être lié à la préparation physique.

  6. Je suis impressionné par la qualité nouvelle de l’organisation ivoirienne qui permet enfin à leur engagement et leur qualité technique de s’exprimer.
    En se mettant sur le même terrain que les ivoiriens, les brésiliens deviennent une équipe comme les autres. Prochain match: victoire des éléphants.

  7. Je vais pas vous faire le coup des stats mais on avait eu droit à pas mal de buts pour le match 1 il y a 4 ans.

    Sinon elle est où la compo nord-coréenne ? ;-)

  8. « […] d’un trio servi paS Kaka » (ou je suis chiant).
    Sinon on quelque chose qui navigue entre la L1 et le national selon les matchs et les equipes.
    Certains pays ont clairement foiré leur prepa physique a mon avis. Le Mexique et le Portugal m’ont paru extremement lents. Apres peut etre ils appliquent la methode Duverne, etre en forme une fois qu’on est eliminé, ou qu’on joue le Togo en dernier match.

  9. Pour le Mexique il faut tout de même attendre le match 2 mais si ça doit aller dans un sens, ça serait plutôt celui du plongeon physique. Les préparations ultra longues avec énormément de matches ça permet généralement d’arriver au top pour passer les poules, mais pas pour aller en 1/4 ou 1/2.

    Bizarrement ils ont été à la rue au moment contre les SA où ils devaient être à leur pic de forme si on suit la courbe logique, donc soit ils se sont ratés pour X raison, soit ils peuvent déjà rentrer chez eux.

  10. En dehors du reste bien sur, mais comme je viens de le comprendre j’me signale en spammant un peu.

  11. Juste pour énerver son monde : quelle est la probabilité que le Brésil et le Portugal nous fassent une Allemagne-Autriche lors du dernier match de la poule G ?

  12. Et si le brésil passait a la trappe?
    Deux nuls contre leur prochains adversaires et deux victoires par plus d’un but d’écart des portuguais et des Ivoiriens contre la Corée du Nord et bye bye Brasiou.

    Alors je sais ça reste peu probable (surtout au vu des matchs),mais c’est possible.

    Ca serait une sacré surprise en tout cas

  13. Tae Se

    Yong Jo

    Nam Chol In Guk

    Hak An

    Yun Nam Jong Hyok
    Kwang Chon Chol Jin
    Chol Jin

    Myong Guk

    Tae Se est resté côté gauche pour sédentariser Lucio et Maicon…il a tenu 55min.

    Sinon, L’Equipe les place en 442…

  14. @ben13 : « la motivation de Deco et Liedson. » Je crois avoir lu dans les « rumeurs et transferts » de ce jour que Deco retournerait « au pays »…

  15. En live j’ai adoré la phrase de CJP à propos de Kaka qui manque de gaz et de jus. C’était très fin. Sinon c’est toujours un plaisir de les voir galérer avec les noms, même si c’est tout à fait normal ça fait toujours sourire (avec toutes les prononciations différentes on aurait pu croire que les Nord-Coréens jouaient à 17).

    Ce match aura permis de mettre à mal le préjugé comme quoi les occidentaux trouvent que les asiatiques se ressemblent tous. En effet, même eux n’arrivent pas à se reconnaitre (sinon, pourquoi avoir décidé de raser les cheveux uniquement de l’attaquant de pointe, si ce n’est pour que ses coéquipiers puissent le reconnaitre?). Tous les autres étaient interchangeables, et d’ailleurs une action en fin de match m’a paru suspecte (le mec blessé qui a la jambe bloquée derrière la tête après un étirement, on le perd de vue sur le banc de touche et il reviens tout frais l’instant d’après…si ça sent pas l’échange de maillot…le fameux coup du Coréen).

  16. Un peu difficiles à lire, les noms ; si on fait la somme et que l’on divise par 2, on a bien 11 joueurs.

  17. Moi j’ai remarqué que CJP a passé toute la première mi-temps à dire :  » Il est bon ce numéro 4″ « ce numéro 10 est excellent »etc etc…

  18. A mentionner aussi, le fair-play impressionnant du match Brésil-Corée du Nord, avec seulement 19 fautes et 1 carton jaune, et des images répétées de joueurs se relevant mutuellement…

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