Psychanalité du footballeur : Manchester City

Bonjour, prenez un siège. Un cigare ?

Je m’étais mis pour principe de ne pas revenir avant le mois prochain mais nom de dieu, vous avez vu ce match de Manchester City ? Un cas psychiatrique comme celui-ci, ça ne se trouve pas sous les sabots d’un cheval, alors pardonnez-moi l’expression mais merde, quoi.

Manchester City, donc. Un étalage indécent d’argent, un empilement de joueurs talentueux, un entraîneur dont l’on dit qu’il s’agit de l’un des plus grands penseurs footballistiques contemporains… et donc un suicide absolu en mondovision devant une bande de Français mal dégrossis.

Deux interprétations du phénomène se font face. La première hypothèse consiste à dire que les Lyonnais se sont tout simplement montrés meilleurs physiquement, techniquement, tactiquement, ce qui est d’ailleurs vrai. Mais bon, nous parlons de l’équipe de Marcelo et Maxwell Cornet entraînée par Rudi Garcia, donc un peu de sérieux je vous prie : il existe évidemment des causes intrinsèques à l’équipe de Manchester City et, vu l’ampleur du naufrage, ces causes ne peuvent être autres que psychanalytiques.  C’est pourquoi : j’interviens.

Foi de psychiatre, ça c’est le genre d’image qui va en hanter certains pendant un bout de temps.


Si l’on se réfère au contexte de cette soirée, dresser l’analyse du naufrage mancunien c’est avant tout dresser celle d’un homme : Pep Guardiola. Non pour l’accabler, bien évidemment, mais avant tout pour le comprendre. Et donc l’aider. Rappelons en effet d’où est issu cet homme : le FC Barcelone. C’est en lui qu’il a grandi, c’est chez lui qu’il a tout appris, c’est de lui qu’il est sorti, il l’a quitté pour découvrir le vaste monde : dans le cerveau de cet entraîneur, l’analogie Barcelone = Maman est évidente.

Ensuite, Pep Guardiola est allé à Munich. Une manière de « couper le cordon » ? Oui, mais pas exactement, tant son arrivée en Bavière s’inscrit dans une certaine continuité. On ne s’étonnera pas de le voir signer ainsi dans la ville hôte des Jeux Olympiques 1972, dont l’emblème international est ceci :

Vous n’êtes pas des novices, vous aurez saisi l’analogie tout aussi évidente selon laquelle, pour Pep Guardiola : Bayern Munich = Papa.


Funeste hasard ! À quel spectacle Pep Guardiola assiste-t-il, la veille du match de sa propre équipe ? Le Pep professionnel se dit : « j’ai vu le Bayern infliger 8-2 à Barcelone », certes. Mais devant la force du spectacle, ce n’est pas lui qui pilote le cerveau : c’est le Pep enfant, ce sont les analogies Maman Barça / Papa Bayern qui remontent, et Pep ne peut pas vivre sereinement ces 8 buts. Il ne peut que les contempler comme le petit garçon qui entrouvre la porte de la chambre de ses parents, et y découvre sa Maman en plein gang bang avec 8 sosies de son père.

Déstabilisant à plus d’un titre : le Pep Professionnel se dit « houlà là, cette demi-finale ne s’annonce pas de tout repos », tandis que le petit Pep se dit « Maman, ma petite Maman, tu te livres huit fois à mon père et pas du tout avec moi, moi qui te désires tant, moi qui désirais tant te retrouver pour pénétrer délicatement tes filets, pourquoi me rejettes-tu ma petite Maman ? Salope. »

D’où, paf : tension. Tension entre le Pep professionnel et le petit Pep, frustré de ne pas retrouver sa maman Barça mais plutôt son père tout-puissant et violent, le Bayern de phallique. Pep résout cette tension en faisant n’importe quoi : schéma tactique psychotique, meilleurs joueurs laissés sur le banc, coaching ataxique, bref : un vrai niqué du cerveau, comme nous disons dans notre jargon scientifique.

On notera ici que cette tension a rejailli sur les joueurs, proprement incapables de réussir quoi que ce soit de correct à quelques exceptions près. Principale victime, bien sûr, Raheem Sterling et son incroyable raté à quelques mètres du but vide. Un but béant comme un sexe féminin, maternel bien sûr. Souci de déflorer la maman-but mais impératif de ne pas déplaire à Papa Guardiola, le joueur s’est sort en ouvrant son pied, dans une sorte de contre-métaphore vulvaire. Croirez-vous au hasard, si je vous dis qu’il a propulsé son tir à 291 mètres au-dessus du but, soit la hauteur de l’Olympiaturm dont il était question tout à l’heure ? Loin de devoir être livré à la vindicte des supporters, Sterling, je l’affirme, n’était donc que le jouet des tensions vagino-phalliques qui concernaient au plus haut point son entraîneur.

C’est limpide.


En conclusion, je pense possible de déclarer que Manchester City ne résoudra ses difficultés qu’à la condition de voir son entraîneur cesser de vouloir faire l’amour à sa mère. Comme pour tout un chacun, on peut conseiller de passer par la médiation d’un objet transitionnel, ou en langage courant : un doudou qui serait offert à Pep Guardiola ; par exemple, un nouvel ours en peluche ou un défenseur central à 50 millions d’euros.

Nous voici donc au terme de cette analyse que j’espèrerai fructueuse. N’hésitez pas à me soumettre tout autre cas que vous trouveriez intéressant, je me ferai un plaisir de vous en livrer les clés psychanalytiques.

Ca fera 200 schillings. Mes amitiés à votre maman,

Profezeur Zigmonde

Psychiatre innovant et rigoureux. Venu sur ce site sous couvert d'académicien autrichien pour converser avec lecteurs et auteurs, cas intéressants s'il en est. L'obsession pour l'anal et pour se sport où le ballon-jouet doit entrer dans le filet-matrice ne trompe pas sur votre envie inconsciente d'entretenir des rapports sexuels avec votre mère. Ce n'est pas sale et nous pouvons en parler. Allongez-vous et prenez donc un cigare.

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