MU-Arsenal (1-1) : La Raide et Vile Academy livre ses notes.

Salut à tous !

Ce samedi 19 novembre, le vieux Tonton montait de Londres, qu’il déteste quitter, pour déposer ses marmots turbulents chez les charmantes entraîneuses de Manchester United afin de donner une surboum de tous les diables. On jouait la 12è journée de PL, et cette dernière blague sur Arsenal mise à part, l’après-midi fut plutôt morose sur les bords du Bridgewater canal.


COMPOSITION INFERNALE

Quitte à se moquer du monde, autant prendre sa tête de turc favorite en la personne d’Arsène Wenger. José Mourinho n’a peut-être pas encore le respect de tout le monde à Manchester, mais si l’on doit reconnaître un trait particulièrement jouissif de son caractère de cochon, c’est bien de piétiner les plates bandes de Tonton de toutes les manières possibles.

Ainsi trouve-t-on en tête des meilleurs blagues de l’année, la défense la plus audacieusement bringuebalante de tout le royaume, avec cette charnière Rojones reconduite (certes faute de mieux), et un Matteo Darmian encore sollicité sur le côté gauche alors qu’il est droitier, pas franchement un génie du placement et généralement nul. Quelle rigolade.

Bon, histoire de ne pas trop non plus se faire taper par une équipe en pleine bourre, le Mou intègre tout de même quelques éléments de qualité dans son équipe, avec la titularisation de Carrick et Herrera dans un faux double pivot oblique, de Mata, de Pogba. L’absence du Z pour cause de suspension permet au jeune Rashford de retrouver son poste de prédilection en pointe de l’attaque, ainsi qu’une titularisation hautement symbolique, puisque la dernière fois

On penche donc de plus en plus vers le 4-3-3.


LE MATCH

La première mi-temps est prudente des deux côtés, pour ne pas dire frileuse : MU oppose une grosse énergie dans le pressing à la maîtrise technique des Gunners, et la paire Rojones reste concentrée face aux quelques offensives adverses.

Une envie de bien faire générale annihile quelque peu l’intérêt de ce match, remplaçant le grain de folie nécessaire à débloquer la rencontre par de réciproques offensives sans grande conviction. À peine tremble-t-on lorsqu’il s’agit de se rendre compte qu’avoir le crâne carré des rois incas ne facilite pas le jeu de tête pour Alexis Sanchez, qui croque inexplicablement une vraie occasion à la 6è.

Le retour en grâce d’un trio trop souvent éclaté est tout de même une vraie bonne nouvelle : voir Valencia, Mata et Herrera s’échanger le ballon a quelque chose de fort jouissif. Y ajouter le talent insolent de Pogba donne lieu à des situations très intéressantes.

Côté opposé, en revanche, la position beaucoup plus en retrait de Carrick ne permet de donner de liant au couloir gauche, ceci s’ajoutant à la terrible maladie de Martial, contractée récemment : une cécité collective sévère, dont le symptôme principal est de faire ressembler le patient à un vulgaire pousse-ballon. Quant au fait de compter sur Darmian et sa maladresse chronique dans le dernier geste…on comprend donc aisément que le jeu de l’équipe penche à droite. Ce qui est d’autant plus dommage étant donné que Walcott/Jenkinson, on a vu mieux pour bloquer un couloir (mais c’est sympa quand il s’agit de les déposséder du ballon en rigolant, en revanche).

Nous ne polémiquerons pas sur le Yapeno/yapapeno accompagnant la chute de Valencia à la 35è minute, comme à notre habitude de probité et de sagesse. À peine saluerons nous les nouvelles simagrées de notre José, qui ne tarderont pas à illustrer de bienveillants échanges de photographies, comme au temps béni des vignettes Panini.

La deuxième mi-temps est en revanche bien plus animée. D’entrée Martial frappe au but (Cech capte), même Carrick s’y essaye (à côté).

Et au terme d’une phase de domination plutôt violente, la libération arrive. À la 67è minute, Pogba récupère le ballon le long de la touche, semble partir pour s’enfermer gentiment au poteau de corner sous la pression, contient son envie de centrer à l’aveuglette, et transmet finalement dans la course à Herrera. Ce dernier, sans réfléchir, tape le plus fort possible en retrait vers le point de penalty, et le ballon arrive pile dans la course de Mata qui marque d’un plat du pied pas facile. Rapide et froidement efficace comme au bon vieux temps, le jeu d’United gagne en saveur et en précision, c’est indéniable : 1-0 (68è).

Mais la conclusion n’en est que d’autant plus cruelle, car au terme d’une partie globalement maîtrisée, les Rouges diablesses concèdent un but par Giroud dans les derniers instants, but qui ne doit rien au mérite de l’adversaire, ni à une saute de concentration, une erreur, une défaut mental, un déni de jeu. 1-1 (88è).

Sans même forcer quelque envie de moquerie que ce soit, Arsenal n’a rien montré dans cette partie, mis-à-part qu’Özil savait mettre des petits ponts, et qu’Alexis Sanchez pouvait être dangereux pendant les vingt premières minutes d’un match. La réalité du moment est que Manchester n’est pas payé de ses efforts, quand bien même l’équipe semble capable d’élever son niveau de jeu. L’on peut aussi constater que ni Mourinho, ni MU n’ont pu se servir d’Arsenal cette fois pour se relancer, ce qui confine tout de même à la mort d’un tradition fortement ancrée.

Une grosse frustration pour le résultat qui s’accompagne tout de même d’une forme de quasi-soulagement, puisque nous osons l’affirmer en ces lieux sataniques : United joue mieux. Bien sûr, il conviendra de remiser aux oubliettes cette conclusion dès lors que toutes ces belles intentions s’effaceront derrière une contre-performance indigne du rang du club. Dès demain soir ? Allons…


LES NOTES

De Gea 2/5 N’a rien eu à faire du tout, et même s’il a été forcé à relancer long par à la fois le pressing d’Arsenal et la nullité de ses centraux à la relance, il s’en est bien sorti. Il a juste pris le but qu’il ne fallait pas prendre, quoi.

Valencia 4/5 Rolls Royce devrait lui prélever un peu de moelle épinière pour construire les moteurs d’un hypothétique futur A-480. Sa puissance étant inversement proportionnelle à sa qualité de centre, il vaudra mieux en revanche s’assurer que l’atterrissage se fasse aux instruments.

Jones 3/5 Attentif et sérieux (avait-il vraiment le choix avec l’autre à côté ?), il a montré une belle présence dans les duels. Sauf quand Koscielny est venu le descendre par derrière : il n’a pas pu faire grand chose contre Giroud…

Rojo 3/5 Lui aussi est dur à bouger, et on ne peut pas plus lui reprocher d’incurie sur le but d’Arsenal. C’est presque dommage.

Darmian 3/5 Souvent en retard, et resté sur le terrain grâce à la mansuétude touchante de l’arbitre, il a une nouvelle fois donné de sa personne, mais n’a jamais semblé en mesure de peser dans son couloir. Une fois calmé, il a plutôt bien défendu. Remplacé par Blind (64è)

Carrick 3/5 Comme toujours en milieu de saison, il ressort un peu de nulle part pour rappeler à tout le monde qui est le vrai patron au milieu. Son positionnement (seul en sentinelle et premier relanceur) semble une bonne solution d’avenir pour obtenir le meilleur rendement de Herrera et Pogba.

Herrera 4/5 Sa bonne note ne vaut pas seulement pour sa passe décisive, car il est en ce moment fort précieux, et particulièrement bon. S’il reste à ce niveau, on peut même espérer de grandes choses pour lui, comme par exemple qu’il confirme son immense potentiel.

Mata 4/5 Même commentaire que pour Herrera pour son but : il est dans une forme étincelante en ce moment, et son entente avec le pré-cité fait vraiment plaisir à voir en plus d’être efficace. Remplacé par Schneiderlin (85è).

Pogba 4/5 Le leader technique incontestable de cette équipe, qui aimante le ballon comme personne.

Martial 2/5 On attend son retour avec impatience, en espérant qu’il mettra moins de temps que l’éclosion de Memphis Depay…remplacé par Rooney (63è).

Rashford 2/5 Trop souvent forcé à se déporter sur un côté par la forte présence adverse dans l’axe, il n’a pas réussi à peser énormément. Sa vitesse n’a pas non plus été un fort atout face aux lapins Duracell d’en face, même si son sens de la provocation l’a parfois mis dans de bonnes positions.

SUBS

Rooney NN Son entrée a poussé Rashford à gauche et stoppé de fait le pressing sur les centraux adverses. Pas glorieux.

Blind NN Pour éviter de finir à 10, tant Darmian était cramé.

Schneiderlin NN Si on est heureux d’avoir assisté à son entrée, on ne peut que déplorer que l’égalisation ait suivi d’à peine deux minutes. Choix étrange du Mou.

Bobby Carlton.

Bobby Carlton

Académicien et souteneur de la Raide et Vile Academy.

8 commentaires

  1. Ce résultat m’a foutu le bourdon pour tout le week-end, c’était bien frustrant. Non pas que la performance était faramineuse, mais c’était un vrai bon match, auquel il manquait juste de vraies occasions franches et le break. C’est surtout Arsenal qui a été en dessous de tout et qui égalise sur son seul tir cadré du match.

    Je suis content de revoir Jones (j’espère toujours qu’il arrêtera de nous faire regretter de l’avoir recruté à la place de Varane, même si Varane avait de toute façon choisi le Real), mais sur les deux buts de la tête concédés à Swansea et à Arsenal, il est au sol comme une victime. Cela ternit un peu le plaisir de le revoir et son bilan sur des performances pour le moment correctes.

    Autre déception comme tu l’as dit, le duo Martial-Rashford qui n’est que l’ombre des fabuleuses pépites qu’ils ont été la saison dernière. Allez espérons qu’il faut juste leur laisser du temps, ils sont très jeunes.

    3 matchs nuls d’affilée à Old Trafford, une première depuis 92, mais 3 matchs nuls que United aurait du largement gagner, j’essaie de voir le positif comme toi, les performances s’améliorent. Mata, que tout le monde envoyait loin loin de José, est très réjouissant et semble enfin trouver la constance dans le jeu et les statistiques qui lui manquait. Et ce trio Carrick-Herrera-Pogba m’emballe, Herrera est le taulier depuis le début de la saison et Pogba sort des prestations vraiment bonnes, si on oublie l’étiquette du prix et les attentes irréalistes qui en découlent.

    On pourrait juste sur ce match demander à Mourinho pourquoi Blind n’a pas joué à la place de Rojo ou Darmian ? A part une fatigue consécutive aux matchs internationaux, je vois pas d’explication logique. Par contre, ça sent mauvais pour Shaw que Mourinho avait déclaré apte et pour Mkhitaryan.

    • Je ne suis pas tout à fait d’accord pour Rashford. Autant Martial est effectivement en dessous (ce qui est aussi discutable compte tenu du rôle différent qu’il a désormais, moins détonateur qu’un Pogba – et le match contre Stoke a montré qu’il n’avait pas perdu ses qualités de finition), autant Rashford a perdu en efficacité parce que le Mou s’acharne à le mettre sur un côté. Évidemment, cela apporte toujours, vu la vitesse et le talent en un contre un du bonhomme, mais ça ne le met pas face aux but, là où il est le meilleur.

      D’ailleurs, comment en tenir compte à Jones, qui subit juste le surnombre (il n’est pas largué au marquage, il est juste pris entre Kos et Giroud), alors que c’était à Rashford de bloquer le centreur sur le côté…c’est lui (Oxlade-Chamberlain, je crois ?) qui apporte le danger, et le pauvre gamin se fait bouffer comme un malpropre, car il ne peut pas apprendre en si peu de temps à fermer un couloir, ne l’ayant probablement jamais fait…

  2. Laisser un défenseur a 2 contre 1 a la 88eme, a 7 m des buts alors qu’on ne mene que d’un but n’a pas du ravir le Mou outre mesure, et eloigne le sifflet de la bouche de l’arbitre. L’obstriction du Kocheslny n’était quand même pas flagrante. ..

    • Non, et je pense que l’arbitre a bien fait de ne pas la siffler. Le fait de ne pas avoir suivi Kos était effectivement plus sanctionnable que le faute de celui-ci.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.