Rennes-OM (0-3), La Canebière académie prend sa revanche

Je ne comprendrai jamais que l’on puisse critiquer Clément Turpin.

Aïoli les sapiens,

A l’heure où s’ouvre la seconde partie de la saison, le déplacement à Rennes était crucial à plus d’un titre. Il s’agissait bien d’une question de points, tout d’abord, dans cette lutte si serrée de trois clubs pour deux places en ligue des Champions (voire rétroactivement pour le titre dont le PSG finira par être déchu, du fait de sa fraude fiscale et de ses manquements aux règles de l’UEFA). Ensuite et plus particulièrement, il était question face au Stade Rhéné de remettre certaines choses dans l’ordre : le club de losers, c’est eux. Naviguant en Ligue 1 comme un zodiac libyen dans la Méditerranée (au pif et avec de vagues espoirs), les Bretons nous ont pourtant déjà mis à l’amende deux fois cette saison : lors d’une funeste défaite au Vélodrome tout d’abord (voir ici), plus récemment en Coupe de la Ligue (voir là). Autant dire qu’une défaite de plus risquerait de graver un sourire agaçant sur les visages de nos détracteurs : après la purge de reprise contre Valenciennes le week-end dernier, il est temps d’exiger du sérieux.

 

L’équipe

Mandanda

Sarr – Rami – Rolando – Sakai

Luiz Gustavo – Sanson (Bedimo, 85e)

Thauvin – Payet (Zambo Anguissa, 67e)  – Ocampos

Germain (Njie, 75e)

 

Mauvaise nouvelle de la semaine, Jordan Amavi a subi une blessure musculaire et sera indisponible plusieurs semaines. Jacques-Henri Eyraud a immédiatement commandé un audit interne : nous voyons dans cette vidéo notre préparateur physique Paolo Rongoni lui livrer des explications sur sa méthode.

La pénurie de latéraux se traduit par l’alignement de Sakai à gauche et Sarr à droite. Revenu d’entre les morts par ce concours de circonstances signé Erzulie, Bedimo trouve même du temps de jeu en fin de rencontre. La paire Luiz Gustavo – Sanson est alignée pour notre plus grand bonheur, Morgan montant ensuite d’un cran à la sortie de Payet. En attaque, Mitroglou passe pour ce match en troisième position de la hiérarchie derrière Germain puis Njie.

 

Le match

A l’image de notre première action survenue dès la 30e seconde, l’OM se veut volontaire et collectif. Le repositionnement de Sanson à sa « vraie » place semble lui réussir et le jeu est plus fluide que les muqueuses de Valérie Boyer après les derniers propos d’Aznavour sur le tri des migrants. La 11e minute vient assombrir cette béatitude, quand un attaquant s’infiltre trop facilement pour reprendre un centre, à côté.

Si l’OM maintient une domination de bon aloi ponctuée de quelques belles approches, les attaques bretonnes sont très rares mais franchement slipocides. Ainsi, quelques déboulés sur notre droite nous font passer des frissons, particulièrement celui aboutissant à une parade de Mandanda à bout portant.

A force de construire cependant, l’OM impose une pression insoutenable à ses adversaires. Thauvin cherche tout d’abord ce que nous appellerons un pénalty de lyonnais, en poussant le ballon trop loin tout en se laissant percuter par ce gros naïf de Mexer. Clément Turpin, oui, LE Clément Turpin, accorde le coup de pied de réparation. Cet événement est le signe que l’OM pénalty project lancé par Eyraud et Garcia à la Noël n’était pas qu’un délire de fêtards ivres mais bien un objectif réfléchi, travaillé et mis en application. Bon, il manque certes la dernière étape du plan, marquer le pénalty, mais comme le dit le proverbe : la L2 ne s’est pas construite en un jour. Le tir de Thauvin est puissant mais à mi-hauteur, ce qui laisse à Koubek l’occasion de le détourner au prix d’une très belle détente. Il reste cependant de cette action la transmission du bâton de Dildotte à ses nouveaux lauréats.

[Le Bâton de Dildotte – Ce trophée virtuel est détenu conjointement par le dernier arbitre en date à avoir sifflé un pénalty contre l’OM, et par l’équipe qui l’a concédé. Après 42 petits jours, Franck Schneider transmet donc le bâton à Clément Turpin. En revanche, Montpellier se sépare du trophée après l’avoir eu en sa possession pendant une impressionnante période de 352 jours. Puissent les Rennais ne pas rééditer pareille performance.]

Nous ne ruminons cette occasion manquée qu’une petite dizaine de minutes, le temps pour l’OM de reprendre sa marche en avant. Une combinaison Payet-Sanson voit ce dernier rechercher Germain. Sa passe est freinée par un défenseur, mais Thauvin est le plus prompt à contrôler le ballon (avec au passage une micro-mimine ignorée par un Clément Turpin si avenant que je me demande s’il ne croit pas arbitrer une autre équipe). Florian décale Valère dans le dos de la défense, et celui-ci conclut d’un plat du pied (0-1, 35e).

Cet avantage n’est pas de trop, quand on voit notre défense se mouvoir avec la vivacité du tractopelle : une nouvelle attaque sur notre droite voit Mandanda se jeter pour contrer l’attaquant, avant qu’Hiroki Sakai ne réussisse un sauvetage sur la ligne aussi excellent qu’inespéré.

Entre la nette domination marseillaise et les deux énormes occasions bretonnes, le sort du match reste indécis. Tout se résout par l’épreuve dite « Ordalie de Rolando », quand notre défenseur tente un dribble kamikaze devant son attaquant. Le Destin choisit alors son camp : non seulement le geste technique fonctionne, mais l’action se poursuit jusqu’à un redoublement de passes entre Germain et Sanson. De la gauche, Valère donne à Morgan une passe en retrait idéale, que notre milieu transforme d’un plat du pied avec un rare sang-froid (0-2, 45e).

Des joueurs efficaces dans les deux surfaces, un arbitrage agréable : nous vivons l’inverse de notre match à Lyon. Si l’on ajoute à cela la perte chez nos adversaires de Wahbi Khazri sur blessure, toute foirade au cours de la seconde période serait absolument consternante… et c’est bien la seule chose qui nous fasse peur, d’ailleurs.

En effet, si l’OM gère son affaire jusqu’à ne plus produire du tout de jeu, notre défense tient beaucoup mieux le choc. La propension des Rennais à saloper toutes leurs situations de tir et leurs coups de pied arrêtés achève de les maintenir à distance. Les entrées de Zambo Anguissa puis Njie nous rendent un peu de fraîcheur, et les offensives redémarrent dans le dernier quart d’heure. Clinton commence par saloper un mouvement d’école de ses coéquipiers, mais se reprend peu après suite à un beau duel aérien d’Ocampos : Njie décale Luiz Gustavo, dont le centre lobe toute la défense pour délicatement atterrir sur la tête de Thauvin au second poteau. S’attendant peut-être à une remise en retrait, le gardien est surpris (0-3, 82e).

Cette claque en bonne et due forme nous rend quittes de la volée infligé par Rennes au match aller, mais cela ne suffit pas à Thauvin. De la ligne médiane, Florian tente un somptueux lob sur Koubek, qui échoue sur la transversale : n’est pas Saber Khalifa qui veut. Nous en restons sur cette victoire 0-3 extrêmement agréable, du point de vue de l’implication de chacun et de la qualité des mouvements offensifs. Les errements de la défense centrale et la question des latéraux dépannant à des postes qui ne sont pas leurs préférés n’en restent pas moins des problèmes à résoudre urgemment alors que la réception de Monaco approche.

 

Les joueurs

Mandanda (4-/5) : En seconde mi-temps les Rennais ont renoncé à cadrer leurs frappes, de toute façon ce n’était plus la peine. En revanche, Steve, l’avocat de mes slips aurait deux ou trois mots à te dire à propos de ces relances au pied.

Rami (3-/5) : Parfois hors de position sur les (contre-)attaques rhénaises en première période. En seconde, le bloc olympien était dominé mais en place, aussi Adil a-t-il pu tout renvoyer une main dans le slip.

Rolando (2-/5) : Scandale du dopage : à l’instar de Christopher Froome avec sa Ventoline, Rolando a été surpris en train de prendre du confit de canard en inhalateur avant le match.

Sarr (2+/5) : A l’image de la technicienne de surface que le manque de personnel hospitalier amène à occuper le poste d’infirmière en bloc opératoire, Bouna accomplit la tâche avec un dévouement louable. Ca n’empêche pas de craindre qu’un jour (contre Monaco ?) il y ait des morts.

Sakai (3+/5) : Une absence de participation au jeu d’autant plus excusable que nos offensifs ont fait le boulot tout seuls. Hiroki s’est donc appliqué à défendre sur son inhabituel côté gauche, sans oublier de rattraper les conneries des autres avec un à-propos certain.

Luiz Gustavo (4/5) : Pour incarner le concept de « sobriété heureuse », on va arrêter avec les babs de la Drôme et plutôt montrer des vidéos de Luiz Gustavo, ce sera plus vendeur.

Sanson (4+/5) : De l’impact au milieu et du sang-froid devant le but, ajoutés à sa palette de distributions soignées. Quand il est dans cet état, Morgan est le printemps de notre milieu de terrain : notre jeu refleurit.

Bedimo (85e) : Non seulement il revient de je-ne-sais-où mais en plus, dans les quelques minutes qu’il a jouées, il a trouvé le temps de faire une combinaison avec Zambo Anguissa. Si Erzulie accomplit tout 2018 sur cette lancée, je mets une pièce sur la victoire du Cameroun à la prochaine Coupe du monde. Je sais qu’ils ne sont pas qualifiés mais je m’en fous, je parie quand même.

Thauvin (4+/5) : Par principe, pas de note maximale pour qui manque un pénalty. Pour le reste Florian a régalé avec un but, une passe décisive, un jeu bien plus collectif que ces derniers temps, et un but d’anthologie qu’il a eu la bonne idée de ne pas marquer pour ne pas affoler les recruteurs étrangers.

Payet (4/5) : L’astuce détox de Dimitri pour se purger des excès du réveillon : se mixer un petit jus de Rennais pendant 45 minutes, puis faire une petite sieste en attendant le remplacement. On en ressort tout pimpant.

Zambo Anguissa (67e) : Sobre et de bon goût, l’André-Frank des larges victoires ne commet pas de fausse note.

Ocampos (3+/5) : Donne toujours le curieux sentiment de se trouver en marge de notre jeu collectif. Des tirs bien amenés mais manqués par ci, une perte de balle dangereuse par là, ont de plus apporté notre quota d’énervement habituel. Pour autant, il a travaillé sans relâche, jusqu’à ce duel gagnant amenant le 3e but. Comme il paraît que Neymar n’est pas disponible pendant ce mercato, on se contentera d’Ocampos bien volontiers dans l’immédiat.

Germain (5/5) : L’efficacité chez Valère Germain c’est comme la puberté chez Emma Watson : on l’apprécie.

Njie (75e) : Un raté dégueulasse une minute après son entrée, mais sorti de ça une activité qui n’a pas trop dépareillé.

 

L’invité zoologique : Wallaby Khazri

Petit animal mignon, le kangourou doit surtout son succès à sa capacité, jamais démentie, à constituer une cible facile pour les chasseurs en manque de repères. Jamais en retard pour se jeter sous les roues du pick-up, jamais à l’écart d’une ligne de mire, jamais aveugle quand il s’agit de se jeter dans un piège à marsupial (c’est comme un piège à souris mais en plus gros et avec une photo de Hugh Jackman à la place du fromage) : le kangourou était bien l’invité approprié pour parler de ce Stade rennais qui, vis-à-vis de nous, avait un peu tendance ces derniers temps à oublier son statut de victime attitrée.

– Les autres : Âpres au duel comme une famille de viers marins, et à peine plus créatifs. Deux énormes occasions manquées ont fini par leur interdire toute ambition dans cette rencontre.

– Le classement : Voici déjà une quatrième place consolidée et deux points de gagnés sur Monaco (tenu en échec à Montpellier), en attendant le match de Lyon contre Angers ce dimanche.

– La rumeur : L’espace d’une soirée, la rumeur s’est répandue d’une prochaine arrivée dans nos rangs de l’ancien lyonnais Maxime « nasole » Gonalons. On notera en effet que, la menace d’un « tiers-de-sertic » ne lui faisant plus peur, Luiz Gustavo se remet à recevoir des avertissements. Peut-être assimiler ses cartons jaunes à des « tiers-de-gonalons » aiderait-il à le maintenir dans le droit chemin ? C’est en tout cas la seule hypothèse que j’aie trouver pour expliquer qu’une telle rumeur ait pu être jugée crédible, hormis bien entendu celle d’une bonne grosse cuite de Garcia et Zubizarreta.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Homerc remporte le concours zoologique.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

8 Comments

  1. petite correction, oh dromadaire sacré, on dit libyen
    à part ça, du grand comme d’hab!

  2. Oh t’as vu quoi comme match? Sabri il a dit que Rennes avait perdu car son équipe a été trop joueuse!
    Mouhahahhahahahahhahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahhahahahahahahahahahahahaha
    Putain même Mourinho n’utilise pas celle là quand il se fait fesser à domicile

    • Sabri c’est le mec qui a rompu son contrat chez nous pour prendre sa retraite puis qui a signé au Qatar 2 semaines plus tard pour se goinfrer de pognon pendant 3 ans ?
      Si c’est bien lui, sa parole … tu vois ce que je veut dire quoi

    • Rhéné, adj. (fém. rhénaise) : se dit d’un objet (ou par extension d’une personne) vieux, délabré ou plus globalement d’une qualité ou d’une esthétique médiocre. Ex. : « Tes chaussures elles sont rhénaises. » « Ma voiture c’est un ravan, elle est toute rhénaise ». « On joue contre le Stade rhéné. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.