Royal de Castille / Paris SGEL (3-1) – La Porte de Saint-Cloud Académie chez les têtes couronnées

La lame de la guillotine n’était pas assez affûtée.

 

Salut les concitoyens,

En ce putain d’an de grâce 2018, il s’avère que quelques couronnes n’ont pas encore roulé sur le plancher, et les têtes qui vont avec non plus. Accoudés sur des chartes séculaires et des palmarès où l’on compte les titres par dizaines pour aller plus vite, elles se pavanent encore dans les palais d’été et les loges de stades, chassant le lion d’Afrique aussi bien que l’indépendantiste de Catalogne, s’arrogeant le droit de faire ruisseler sur leurs cheveux de riches les maigres ressources de pays en crise pour mieux acheter à prix d’or un ravalement de façade à madame la favorite, entre deux achats de joueurs avec beaucoup de zéros (un chiffre qui ne vaut quelque chose que lorsqu’on l’accumule, donc (relisez Marx (ou Guy Roux, je sais plus))).

Face à cette chienlit monarchiste qui règne sans partage sur le fouteballe européen, se dresse la section séquanaise de l’Internationale footballistique, son soviet-équipe, ses camarades, ses frères d’armes, sa foi inébranlable dans l’idéal socialiste, et sa volonté inexpugnable de faire tomber les têtes de tous ces monarques assombris. Italiens, Argentins, Brésiliens, Bondynois, minorités visibles et invisibles : ils ont tous répondu avec enthousiasme à l’appel de la levée en masse contre l’ennemi des peuples. En ce beau jour du 26 pluviôse de l’an CCXXVI (niquez-vous, je fais comme je veux), Unaï, accusateur public, sûr de sa force, condamne donc les couronnistes madrilènes à la peine capitale, et sort de sa manche sa fameuse guillotine modèle “4-3-3“ :

 

PSGEL

On est toujours à la recherche du bourreau, un certain monsieur Silva.

 


LA RENCONTRE


 

Le début de rencontre est à sens unique : les Blancs meringués sont chez eux, sur leur terrain de chasse, et annexent la moitié parisienne avec l’arrogance des puissants qui ne rendent de compte qu’à Dieu, c’est à dire à eux-mêmes. Les volontaires séquanais – qui ne se feront tout de même pas l’affront d’entonner le chant de Rouget de Lisle, faut pas déconner – résistent avec pugnacité, et voient malheureusement leurs opportunités de contres salopés par un gros relou (suivez mon regard) qui essaie de faire la différence à lui tout seul, visiblement plus alléché par les breloques individuelles (Légion d’honneur, Ballon d’or, même combat) que par l’accomplissement collectif dans la victoire sur l’adversaire légitimiste.

Alors, oui, ça fait péter du gri-gri pour alimenter ses compilations Youtube, mais au bout du compte, les roulettes vers l’arrière et les dribbles interminables pour aller s’empaler sur la défense centrale, ça ne sert à rien, môssieur 222 millions. Et quand, en plus, on perd bêtement la balle et que ça oblige son gardien à faire sacrifice de son visage pour contrer une frappe adverse sur la contre-attaque qui suit, on peut même dire qu’il y a des coups de guillotine qui se perdent, si vous voyez ce que je veux dire.

 

Alphonse « Scott Sterling » Aréola

 

À la demi-heure, alors que la possession de balle est équitablement répartie entre les trois protagonistes du mâche (PSGEL, les Meringués et cet abruti de Némarre), le petit Kiki parvient enfin à toucher le cuir, à dribbler Fabrice Éboué une main dans le slip alors qu’il est à peine échauffé, et à délivrer un amour de centre pour le Brésilien de la discorde au point de pénalty, qui pour une fois choisit la passe sous la forme d’une belle talonnade pour Rabbi Adrien. Plat du pied, plein axe, le goaliste adverse est pris à contrepied comme un con (1-0). Comme par hasard, il suffit qu’on s’éloigne de l’aspirateur à ballons de notre côté gauche pour que ça combine bien mieux.

 

Crucif… GUILLOTINÉ. GUILLOTINÉ SUR CE RENVOI.

 

Mine de rien, ça se passe bien après ce but : PSGEL met un peu plus le pied sur le ballon, Némarre se montre capable de faire autre chose que garder la gonfle pour lui tout seul, l’attaque parisiano-saint-germanoise se montre dangereuse, notamment par l’entremise du beau Cavanuche. Sauf que forcément, les Blancs, les whites, les blancos chers à Manuel Valls (ce petit loyaliste opportuniste) ont plus d’un tour dans leur sac Longchamp, et profitent du fait que l’arbitre avait encore à payer des majorations d’impôt sur le sel pour le faire régler en nature : un beau pénalty est offert au Boche d’en face juste avant la pause, transformé par l’éphèbe trentenaire bi-curieux le plus connu de Lusitanie (1-1).

Le début de seconde mi-temps nous défrise de sa platitude, PSGEL tenant solidement ce bon nul à l’extérieur sans trop prendre de risque. Les quelques « hautes lumières » (fuck la langue anglaise) de cette grosse demi-heure se comptent sur les doigts d’une main lépreuse : une belle simulation du petit Cruijff dalmate qui vaut jaune pour Adrien ; la vengeance de Némarre qui colle une belle mine dans la tronche corrompue de l’arbitre ; la feinte de coup du foulard de Mbapette ; le débordement-centre pas loin d’être gagnant de Yuri, qui avait semé Nacho dans le maquis basque sur ce coup-là.

 

Le conseil de Némarre du jour : savoir dialoguer avec le corps arbitral.

 

Mais on ne réchappe pas aussi facilement du piège royanaliste. PSGEL semble se satisfaire un peu vite de ce résultat, et blinde derrière pour mieux éviter de prendre le jeu à son compte. Mauvais calcul : les Madridistes, revigorés par deux entrées résolument offensives, reprennent l’initiative et profitent de deux centres coup sur coup de Marco Ascenseur-émotionnelo pour marquer dans les cinq dernières minutes, d’une balle détournée sur un genou (2-1) et d’une frappe mollassonne au premier poteau (3-1). Le pauvre Alphonse est malheureux sur ce coup, et quelque peu abandonné par une défense pas très impériale face aux monarques espingouins.

À l’arrivée, on passe en trois minutes à peine d’un bon nul à l’extérieur à une sale défaite qui sent mauvais pour le retour, avec deux buts à rattraper. Il va falloir qu’Unaï, notre cher secrétaire de section, fasse des choix forts pour reprendre la main au Parc des Princes autogérés, lui qui semble avoir lâché prise dans son coaching en seconde mi-temps (mais où était donc l’Ange de Marie ???). Mais Paris-Saint-Germain-en-Laye a déjà fait pire dans le genre remontée héroïque à domicile il n’y a pas si longtemps. D’accord, c’était dans l’autre sens, mais on peut au moins se dire qu’ils ont l’expérience de ce genre de scénarios (on se rassure comme on peut, vous savez). Rendez-vous dans mille ans, donc, pour ce mâche retour de Coupe d’Europe des vainqueurs de coupes.

 


LE SOVIET À LA BASTILLE !


 

Sainte-Aréole (4/5) : Impeccable en première mi-temps, décisif aussi bien dans les airs que dans les un-contre-un, il est malheureux sur le pénalty, et un peu trahi par sa défense sur les deux derniers buts.

Tatie Dani (3/5) : Peu en vue en première mi-temps, comme tout le côté droit de PSGEL, il a eu du mal à gérer son homologue brésiliano-latéral gauche. Son replacement au milieu à l’heure de jeu l’a rapproché de la surface adverse et l’a éloigné de la sienne (bien vu, l’aveugle), ce qui n’était pas si mal pensé sur le coup. Le problème, c’est que son remplaçant s’est révélé encore plus en perdition que lui en défense.

Marquimpemboum (4-/5) : Une charnière remarquablement complémentaire en première mi-temps, le Brésilien couvrant de la tête et des pieds les montées au pressing de son compère val-d’oisien pour mettre sous l’éteignoir les attaquants orléanistes. Le malus, c’est pour avoir été quand même un peu spectateur sur les deux derniers buts. Un bon mâche gâché en trois minutes, comme le reste de l’équipe, donc.

 

Se croire trop vite arrivé (allégorie).

 

Youri Berchibre (5/5) : Sorti de nulle part, Youri a mis Cronaldo dans sa poche, Nacho dans son slip, les a oubliés à l’essorage et n’en a retrouvé que des miettes de mouchoir, comme celles dont on arrive jamais vraiment à se débarrasser, même après plusieurs jours. S’il avait été plus souvent servi par Némarre, il aurait pu distiller plus de centres, qui étaient souvent bien pensés.

Gigi Le Celsius (2/5) : Le petit Gigi a posé ses couilles sur le jeu parisiano-saint-germanois, mais s’est vautré défensivement, avec plusieurs approximations qui ont coûté quelques coups francs dangereux, mais surtout le pénalty de l’égalisation. Vivement qu’il devienne une grosse salope pragmatique comme son tonton Thiago.

(Remplacé à la 84e par Jul Drax, alors que tout le monde n’attendait que l’entrée du beau Ravière)

Marcoco (3/5) : Si précieux dans les sorties de balle face au pressing madridiste en première mi-temps et les ouvertures sur les contres séquanais qu’on lui pardonnerait presque d’avoir disparu de la circulation en seconde période.

Adrien Rambo (3+/5) : Il a payé sa grosse activité au milieu, son but et son implication dans le mouvement de protestation contre la sélection à l’université par une sale vendetta arbitranale, et un jaune. Naque la BIC.

 

Adrien, malmené par la milice du capital.

 

Kiki Mbapette (3/5) : L’un des rares attaquants du trio bleu-violet a avoir réussi à allier une bonne activité (défensive et offensive) et une participation au jeu collectif (je ne vise personne, bien entendu).

Némarre (1/5) : Je suis gentil, je lui lâche un point pour sa talonnade sur le premier but.

Eddy Cavanie (1/5) : De une il n’a pas été servi par ses coéquipiers, de deux il n’a pas non plus fait l’effort de se rendre disponible. Et de trois, pire encore, il n’a même pas fait l’effort défensif nécessaire. Edinson, ressaisis-toi.

(Remplacé à la 66e par Tom le Meunier, l’aveu de faiblesse d’Unaï, rentré exprès pour blinder le couloir droit, et qui a regardé passer les deux centres victorieux du Royal de son côté, communsymbole)

 

Ah ça ira, ça ira, ça ira, les aristocrates on les aura (au mâche retour),

À plus les nul•le•s,

Georges Trottais

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

5 Comments

  1. Et presque-nèfles ne vaut il pas une presque note ?
    je lui mettrai presque 4

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