Heart of Midlothian – Hibernian (1-0) : La Cœur Battant Academy est amoureuse

« All the love I make
Is equal to the love I take »

Chacun de nous aura une définition et une raison différentes d’aimer ce sport. Un match, un but, une équipe, un joueur, un membre de sa famille, chaque petit signe que l’on perçoit étant jeune nous fait basculer du coté des spectateurs. Garder cette flamme intacte est un challenge de tous les jours : les mauvaises performances, les détracteurs, les entraîneurs incompétents, les joueurs détestables et tant d’autres raisons peuvent nous pousser à laisser sur la bande d’arrêt d’urgence un sport, une passion. Mais il arrive que cette flamme se transforme en brasier. Un véritable incendie qui vous fait ressentir des choses alors jamais vues. En un mois, j’ai pu avoir la confirmation que le football est une des plus belles choses qui me soit arrivée.

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Notre magnifique Tynecastle, sous la neige d’Edimbourg. © From Paris To Uk, qui a fait un vlog du match disponible ICI

L’académie de Hearts est une des meilleures en Ecosse. Voilà des années que le club n’hésite pas à lancer ses pépites, quelque soit l’âge. Vous avez pu le voir cette saison avec Harry Cochrane ou encore Anthony McDonald. Lors de la saison 2003-2004, les supporters ont pu découvrir un jeune homme d’à peine 18 ans : Christophe Berra. Un Ecossais au nom bien français et pour cause il peut jouer pour les deux nations de par son père. Petit à petit, il acquiert de l’expérience et des minutes, jusqu’à devenir titulaire indiscutable à 20 ans. 2 ans plus tard, il devient capitaine, le plus jeune de la SPL de l’époque. Ses performances lui ouvrent les portes de la sélection et de l’Angleterre. Wolverhampton puis Ipswich connaîtront les joies d’avoir l’Homme dans ses rangs. Contrairement à tant d’autres jeunes Ecossais partis de l’autre coté de la frontière, Berra s’affirme et devient un défenseur solide. Loin de tout ça, à Edimbourg, le quartier de Gorgie vit sa vie, tout en suivant les résultats du fils prodigue.

Et puis, en janvier 2017, les premières rumeurs. Berra est en fin de contrat et se verrait bien revenir chez lui. En tant que fan, on n’y croit pas, ou plutôt, on n’ose y croire. Le conte de fée qu’on nous raconte qui prendrait vie, enfin ? Arrive le 23 mai de cette même année. Une photo, écharpe au dessus de la tête, et un communiqué, il est de retour. L’euphorie est là, l’enthousiasme de retour, tonton Christophe est revenu.

Le brassard lui revient sur le bras gauche, il va mener cette équipe vers les sommets. J’ai été critique pendant un moment notamment sur ses performances. Quel idiot ai-je été, surement aveuglé par l’amour que je lui porte. On en demande toujours trop aux esthètes. Il se surpasse, motivé par l’homme qui lui a donné ses premières minutes en pro : Craig Levein. Ce dernier sait qu’une très bonne défense permet d’engranger des points. 7 clean sheets d’affilée, meilleure série en Europe actuellement. Jon McLaughlin est un monstre dans les buts mais il est protégé par deux hommes magnifiques que sont Berra et John Souttar.

C’est là où la magie du capitaine opère. Il mène son équipe, mais il est aussi le parfait tuteur pour le jeune Souttar, de 12 ans son cadet. Il lui permet de s’affiner, de grandir, de montrer au monde son potentiel, et de s’affirmer comme le futur de la sélection au poste de défenseur central. Berra, c’est plus fort que toi.

Comme un symbole, j’ai son maillot floqué. Je savais que l’Homme serait notre fer de lance, notre lumière. Alors, j’ai hurlé à plein poumons lors de son but contre Dundee. Tynie l’a célébré, et j’ai pu exhiber mon maillot aux supporters autour de moi. Et puis je l’ai admiré pendant 45 minutes contre le Celtic. Un modèle de placement et de timing. Rien ne pouvait passer. Chacune de ses prestations me font sentir bête. Chacune de ses apparitions à la tv me font le regarder avec des yeux d’amour. Ce qui lui « manquait » cette saison, c’était une grosse performance dans un derby. Vous me rétorquerez qu’il a été excellent lors du nul 0-0 fin décembre. Je vous l’accorde. Mais en ce 21 janvier, il aura écœuré tout un quartier de la capitale.

Vous pourrez me dire ce que vous voulez, mais je resterai dans le déni. Don Cowie n’a pas touché le ballon, c’est bien Christophe l’unique buteur de ce match. Il suffit de voir la joie collective sur le but pour comprendre l’impact qu’a Berra dans le vestiaire. Tout le monde est autour de lui à le féliciter. Les joueurs déjà présents au club depuis quelques temps, tout comme les deux recrues arrivées cet hiver en prêt que sont Demetri Mitchell & Steven Naismith. Berra c’est Hearts. Berra, c’est bae.

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Le capitaine, le bel homme, la légende : Christophe Baerra ©Alessandro Gaillard.

Les notes des joueurs :

Jon McLaughlin (5/5) :
Sept clean Sheets de suite. Et puis, une minute avant que l’on marque, il repousse une reprise de Boyle en corner. Peu inquiété et solide quand on a besoin de lui. Qu’on le prolonge jusqu’en 2022 et rapidos s’il vous plait.

Conor Randall (5/5) :
Je tiens à préciser que les supporters de Liverpool nous l’avaient vendu comme une piche. Qu’il continue à son niveau de piche alors. Aucun soucis !

Christophe B(a)erra (<3/5) :
Si vous ne l’avez toujours pas compris, cet homme est le meilleur Ecossais du championnat. C’est une légende.

John Souttar (5/5) :
21 ans. Ce gamin n’a que 21 ans. La progression qu’il fait avec Christophe à ses côtés est splendide. Et puis bordel, ce tacle sur Marvin Bartley <3. Typical Edinburgh Derby.

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Aaron Hughes (5/5) :
Alors, que je vérifie bien correctement. C’est bien ça, 38 ans. Cet homme continue d’humilier des attaquants à 38 ans. Aucun respect.

Demetri Mitchell (5/5) :
C’est donc ça un latéral gauche de qualité ? Je m’étais pas mouillé la nuque. Élu homme du match par la Sky, l’Anglais a été étincelant. Sans une parade magnifique de Marciano sur sa ligne, il aurait pu être buteur. Si ses performances restent à ce niveau, on pourra féliciter les recruteurs pour le très bon coup.

Arnaud Djoum (5/5) :
« Djoum Djoum Djoum Djoum he comes from Cameroon, he hates the Edinburgh wee team forever in maroon. » J’espère que vous l’aurez en tête toute la semaine.

Harry Cochrane (16/5) :
#FormidableAcadémie. 16 ans. Je le rappelle parce que bon, on a tendance à l’oublier. Contre le Celtic il a mis dans sa poche droite Scott Brown. Contre Hibs, c’est John McGinn qui s’est retrouvé dans la poche gauche. L’indécence de ce gamin. C’est beau putain.

David Milinkovic (5/5) :
Il semblerait que le Franco-Serbe aime les gros matchs. C’est bon à savoir. Sa passe pour Naismith à la 3e minute est délicieuse. Si jamais le Genoa passe par là, on veut bien le garder s’il vous plait.

Steven Naismith (5/5) :
Premier match sous nos couleurs, le mec célèbre le but comme s’il était formé ici. Putain tu vas nous faire kiffer pendant 6 mois Steven. Si t’avais pu marquer sur ton action en début de match, ça aurait été la cerise sur le ponpon.

Isma (5/5) :
Il y a quelque chose qu’on ne peut pas enlever à Isma, c’est son implication. Il court, il revient en défense, il se bat. Le mec est une machine. C’est ce qu’il faut dans ce genre de matchs. Des morts de faim. Ah et puis ce grand pont sur Efe Ambrose à la 35e minute était très beau.

Les remplaçants :

Don Cowie 1000/5 :
Il a déclaré être frustré de ne pas débuter le match. Rentré à la 56ème à la place de Milinkovic, il donne la victoire en détournant la balle de l’extérieur du pied sur la tête de Dieu Berra. Quel homme lui aussi.

Lewis Moore :
#FormidableAcadémie Est rentré à la place de monsieur Kyle Lafferty à la 88e.

Michael Smith :
Rentré à la 94e à la place de Cochrane.

Malaury Martin :
#FreeTheMartin. Mais prend un 5/5 aussi. Tu le mérites évidemment.

Le match vous est offert par un gars sur youtube :

 

Des enseignements à tirer ?

Craig Levein est un sorcier. Il a transformé une équipe au fond du trou en une armée invincible. On ne marque peut être pas beaucoup, mais on ne concède rien. Et puis, un mot sur le recrutement. Christophe Berra, Kyle Lafferty, Steven Naismith. 3 internationaux, 3 grands joueurs, 3 hommes qui sont chez nous maintenant. Si on nous avait dit ça il y a un an, on se serait fendu la poire. Autre personne qu’il faut célébrer, Austin MacPhee. Le sosie officiel de Taylor Hawkins est la personne qui vit le plus les matchs de tout le stade. Chacune de ses célébrations de but est une ode à la passion. Son travail en tant qu’adjoint est sublime. Il faut qu’on le prolonge jusqu’en 2025 lui aussi.

Le tirage du prochain tour vous est offert par la SFA & par Amy McDonald :

 

N’hésite pas à claquer un follow sur twitter auprès de @HMFC_France @ScottishFR ou @Tololkian si t’aimes le Snooker. Mais j’en doute.

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La célébration à la fin du match de Dieu Baerra. ©SNSGroup

Patrick Kiss-Mambo

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