Manchester United – Southampton (3-2) : La Raide et Vile Academy s’adjuge la Mustach Cup

Salut à tous,

Pour ce grand rendez-vous de football auquel est conviée la fière équipe de Manchester United ce dimanche 26 février 2017, la Raide et Vile Academy se mobilise pour vous offrir une couverture optimale de l’événement. Car on n’a pas l’opportunité de jouer une finale tous les week-ends, et comme on dit dans le show-business lorsque cette situation se présente : à circonstances exceptionnelles, moyens exceptionnels.

Bobby Carlton a donc congédié toutes ses filles (mais elles devront travailler deux dimanches le mois prochain, car Bobby Carlton n’aime pas les pommes de terre, à quoi il préfère le magret de canard flambé au cognac), et Luke Seafer a délaissé ses tenailles chauffées au rouge pour franchir la porte des Enfers dans lesquels on ne capte malheureusement pas BeIn, saloperie de connexion. C’est d’ailleurs le glorieux fils des Ténèbres que l’on retrouve immédiatement pour nous présenter cette rencontre.


Merci, merci, homme aux habits de lumière. Bon, couverture spéciale, faut peut-être pas exagérer… Elle est claviotée à quatre mains cette académie… Mais le match je l’ai « couvert » du fond de mon fauteuil, en caleçon (noir) et en chaussettes (noires). Avant d’entrer dans le vif du sujet, un petit mot sur le match retour face à Saint-Etienne : HAHA.

Voila. C’était important d’en remettre une couche, tant ce fut pénible de lire que « Saint-Etienne pouvait le faire ». Faire quoi. On leur en a collé trois sans jouer, alors qu’ils étaient à fond… A part une intervention divine, je ne vois pas trop ce qu’ils ont pu espérer… Ah voila, je recommence à m’étendre sur le sujet. Damned. Non, parlons un peu de cette finale. 

C’est une finale de League Cup. Contre Souhtampton. C’est bien, on est contents. On est arrivé là un peu vite, sans trop savoir comment. Non mais vous savez ce que c’est… Ca commence par une victoire logique à Northampton et puis c’est l’escalade, Vous tapez Hull ou West Ham et même City au passage (tiercé dans le désordre) et vous vous retrouvez à jouer une finale en février. Les excentricités anglaises, je vous jure. Toutefois, cette coupe, offre une place en League Europa, qu’on serait sans doute très contents de revendre sur The Good Corner  à la fin de la saison, ce qui permettrait à Mourinho de s’offrir un trophée dès sa première année à Manchester (ce qui n’est pas arrivé à un coach chez nous depuis 745 ans), de lancer sa machine (une coupe d’abord, le championnat ensuite, toujours). Et puis à trois mois du terme de la saison, toujours engagés en Cup et en Ligue Europa, à la lutte pour la Ligue des Champions en championnat, se faire un petit coup de bien au moral, avant le sprint final, ce serait génial. Anal. Sofiane Boufal.
Pardon. Quelque chose à ajouter Bobby avant de passer au match ? 

æOui merci cher collègue. J’aimerais préciser que si ce match recèle quelque enjeu, il me semble en revanche que Mourinho n’a pas la moindre intention de le gagner avec panache. Ce 4-2-3-1 fort prudent en est le symptôme le plus évident. On pouvait d’ores et déjà s’attendre à un match chiant et frileux dès l’annonce de la composition, étant donnée que le double pivot est toujours synonyme d’un Pogba trop bas pour avoir la moindre influence sur le jeu offensif, et d’une récupération plus lente. Si ça libère des espaces dans l’axe pour Zlatan et ses décrochages adorés, ça ne favorise pas non plus le jeu au sol. Et quand on voit que Mkhitaryan n’est pas là, que Martial est bon un match sur deux et que Rooney n’a plus que la consistance d’un ectoplasme…

Parlons-en vite fait de Rooney, tiens. Fut un temps, c’était le grand bonhomme de Manchester United. L’homme dont on attendait légitimement qu’il crée le miracle qui allait combler de joie les supporters, ses coéquipiers, son entraîneur. Or il y a peu, des rumeurs infamantes ont stipulé que son départ pour la Chine était inéluctable. Est-il fini à ce point ? La substance de son génie footballistique est-elle évaporée au point que Mourinho, lui qui le voulait si ardemment à Chelsea, affiche sa négligence envers ce monument du club ? Il est vrai que tout n’a pas marché pour l’Infernal Wayne Rooney (oui, infernal prend désormais un i majuscule en France, grâce à Stéphane Guy qui l’a lui-même anobli). Sa reconversion annoncée comme milieu n’a jamais vraiment pris, et il n’a cessé de décevoir alors que tout le monde le voyait déjà comme le nouveau Paul Scholes. Ses performances de moins en moins tranchantes l’ont mené à une crise de confiance, et son statut actuel de remplaçant n’est certainement pas pour favoriser son mental, lui qui était l’homme autour de qui l’équipe tournait lors des dernières années. Il n’en reste pas moins que voir partir ce joueur d’une manière aussi lamentable n’aurait eu pour effet que de nous propulser dans un désarroi plus profond encore quant à la perte d’identité de notre club de toujours. Merci donc à lui de ne pas avoir cédé aux sirènes de l’argent facile, au moins jusqu’à cet été. Tout de suite, je rends la parole à mon estimé et infernal confrère, qui vous résume à sa manière enthousiaste la première mi-temps, car il en a très envie.

« Toi aussi ton entraîneur a voulu t’envoyer en Chine ?

-Oui mais moi j’ai mis un doublé contre le Barca en sortie de banc, mon gros. »


LE MATCH.

Il faut vraiment en parler de ce match ? Vous êtes sûrs ? De toute façon, on sait très bien que le débat est faussé, puisque le pourfendeur de Mancuniens est de sortie avec sa meilleure répartie :
« Ouin ouin ouin, le premier but de Gabbiadini n’est pas hors-jeu, le match aurait été différent, ouin ouin ouin, Manchester United est toujours avantagé par l’arbitrage, come on Arsenal/Chelsea/Manchester City (rayer la mention inutile) »
Alors oui, Manchester United aurait dû être mené 1-0 à l’issue du premier quart d’heure, notre absence totale de défense permettant au petit Manolo d’ouvrir le score… Sauf que l’arbitre de touche a vu un hors-jeu (inexistant). Voila. C’est terrible.
Le gros tacle bien sale de Romeu sur Herrera quelques minutes plus tard (18′) a pour ma part détruit toute empathie envers les Saints, comme il aurait pu détruire la jambe du Basque… C’est donc avec un poing serré et un jeu de mot foireux (Ibradaboum) que j’ai accueilli ce but. Ensuite… Ensuite…
Mourinho après le match a résumé ça a sa façon : les Mancuniens étaient fatigués, moins frais que les Saints (qui il est vrai n’avaient pas joué depuis deux semaines)… Sur le terrain cela s’est traduit par une impression que l’équipe s’en battait littéralement les roustons avec des raquettes de ping pong. Après tout, le score nous était favorable, autant laisser De Gea se démerder. Le pire dans tout ça, c’est que ça marche, l’Espagnol sauve la maison plusieurs fois et Lingard, bien servi à l’entrée de la surface par Rojo se permet de doubler la mise (38′). De quoi rentrer au vestiaire tranquille et écouter José nous expliquer comment on va gentiment tenir le score.
Raté, Gabbiadini réduit la marque à la 45′. C’est bon il l’a son but, arrêtez de nous gonfler. C’est même une copie de celui qui lui a été refusé (un centre coupé du pied dans les 6 mètres), alors allez pas dire qu’on est des connards… D’ailleurs, dans leur générosité légendaire nos Red Devils vont même en filer à l’Italien un doublé, dès le retour des vestiaires (48′), la défense laissant à l’ancien de Naples tout le temps pour se retourner au point de penalty avant d’ajuster De Gea. 2-2, on est totalement partis pour perdre cette rencontre et se coltiner les « MÉRITÉ! » et autre « BIEN FAIT ! » de nos football justice warriors du dimanche… Et pourtant…


…et pourtant il allait suffire à nos gagneuses de laisser passer la tempête, avant de poignarder leurs adversaires dans le dos, lâchement et froidement.

Car si la tentative du Mou pour stabiliser le jeu et soigner la circulation du ballon en faisant entrer Carrick à la place d’un Mata auteur d’une mi-temps plus insipide que de l’eau coupée à l’ostie est effectivement mise à mal par cette égalisation prématurée, le match se poursuit sur un rythme laissant espérer au Saints que leur force, leur courage et le rien à branler généralisé d’en face aboutiront finalement bien à une victoire. Faibles d’esprits et malheureux rêveurs qu’ils étaient. On les voit même tenter de tirer de loin (contre De Gea, autant essayer de clouer du beurre à une planche), ou encore nous dominer dans les grandes largeurs sur coups de pied arrêtés, avec par exemple cette tête de Romeu sur le poteau à l’heure de jeu.

Tout ça est bien gentil et nous fait encore générer de grandes flaques d’huile sous nos sièges, mais le plan de Puel souffre évidemment assez rapidement de l’investissement physique de bête de somme qu’il exige. Le pressing se fait plus lâche, les passes moins assurées…et c’est là que la machine se met en route. Nos entraîneuses mettent sous pression des Saints recroquevillés devant leur surface de réparation, sans pour autant trouver la faille. Lingard croit reproduire son exploit de la saison dernière (il nous offre la Cup d’un maître coup de latte, ce qui provoque l’éviction de Van Gaal) à la 75è, mais son tir d’âne bâté part cette fois au-dessus. De modestes tentatives de nos adversaires sont toutefois à mettre à leur crédit, d’autant qu’elle nous paraissent beaucoup plus spectaculaires au vu du festival de n’importe quoi que nous offrent nos deux centraux.

Et puis à la 87è minute et alors que Wayne Rooney s’apprête à entrer (signe que Mourinho n’avait tout de même pas pour objectif d’attendre les prolongation pour achever les Saints) sur une remontée de balle forcément assez lourde d’Ibrahimovic, le ballon navigue d’un côté puis de l’autre de la surface adverse, jusqu’à atterrir dans les pieds d’Ander Herrera. Bien décidé à asseoir son statut d’indispensable, l’Espagnol nous gratifie d’un centre parfait pour Ibra, placé pile entre les deux centraux. La suite est tellement évidente qu’il ne sert à rien de la relater.

Manchester remporte cette finale avec un cynisme et une réussite si insolents que notre cœur balance entre la satisfaction la plus vive de voir revenir ces belles années fergusoniennes où l’on savait tirer notre épingle de toute situation, et notre stupéfaction de voir que ce nouveau cycle entamé n’est toujours pas novateur, et qu’il ne consiste qu’à recycler toujours les mêmes recettes. Est-on heureux de cette victoire ? Bien sûr que oui. Est-on pleinement satisfait de voir comment elle a été acquise ? Pas vraiment.


LES NOTES du bad cop Luke et du good cop Bobby.

De Gea (4/5) : N’en avoir pris que deux en ayant joué avec quatre plots devant soi, c’est déjà une sacré performance.
4/5 aussi : Plusieurs sauvetages décisifs, et il ne peut rien sur les buts. Oui, on parle moins de lui depuis qu’Ibra est là, mais il reste indispensable.

Rojo (1+/5) : Son unique passe réussie amène le but de Lingard. Sinon entre ses tacles en retard et son placement aléatoire… Arrêtez de le faire jouer dans un couloir.
2/5 Il semble effectivement plus à l’aise dans l’axe, mais il fallait du muscle.

Smalling (0/5) : A un moment, faut arrêter et se dire les choses : il est complètement à la ramasse, c’en est effrayant.
1/5 C’est vrai que le nommer capitaine ça irait pour le Costa Concordia, mais franchement moins pour Manchester United. Notons que d’un point de vue artistique, ses relances feraient passer Adil Rami pour Andrea Pirlo.

Bailly (1/5) : A peine mieux que Chris. Mais il a une vilaine blessure et la jeunesse pour excuses…
3/5 De mon côté je le trouve parfaitement inconséquent, mais j’ai appris à aimer sa capacité à partir à l’aventure qui rendrait Jules Verne et Steven Spielberg verts de rage. Bon, forcément, cela rappelle parfois que la témérité est un vilain défaut quand on est défenseur central.

Valencia (2/5) : Le coup de pompe au mauvais moment.
3/5 Ce coup de pompe, c’est celui de toute l’équipe, on suppose. D’où un petit problème pour assurer les courses tout le long du match. Peut-être va-t-il falloir le faire évoluer à tous les postes, bientôt.

Pogba (2/5) : Il s’est cru à un concours de « skills ». C’est beau, oui, mais ça ne sert à rien.
2/5 Fabuleux par intermittence, insipide le reste du temps. Il faudrait peut-être que Mourinho pense à le faire souffler, parce qu’à force de tirer la langue, il va finir par marcher dessus…

Herrera (3/5) : Ah ça, il aime la bagarre.
5/5 Malgré son carton prématuré (à la 23è), il n’a pas lâché un centimètre de pressing, et a toujours été le premier à poser le ballon au sol quand les braves gens autour de lui confondaient leur sport avec du volley-ball.

Martial (3/5) : S’il ne trouve pas le chemin des filets, si son entame de match a été catastrophique, Toto est resté sur la pelouse s’est battu et a bouffé des kilomètres de pelouse pour emmerder les Saints. C’est le bon esprit.
2/5 Bel esprit, certes, mais à part ses accélérations de Fangio, il n’a pas fait grand chose.

Mata (NN/5) : Endeuillé, il n’était absolument pas prêt à jouer au foot.
1/5 J’ignorais cette histoire de deuil, du coup je l’ai jugé. Honte à moi.
(Voila ce que c’est quand on écoute pas les scoops BEINSPORTPOURVOUSLESABONNÉS)

Lingard (3/5) : He score when he wants, he score when he wants, JESSE LINGARD HE SCORE WHEN HE WANTS (A WEMBLEY…)
3/5 Sa vitesse et son envie constante de ballon lui offrent un boulevard dans l’axe pour son but. Mine de rien, il répond présent dans les rendez-vous, lui.

Ibrahimovic (5/5) : Hahahahaha, jamais décisif quand il le faut, qu’il disaient.
5/5 Cette fois, son doublé n’était pas volé. Son coup-franc est somptueux, et la tête victorieuse aussi jouissive qu’elle est facile.

Les Diables :

Carrick pour Mata, 46′ (2/5) : Bon, j’ai eu des moments de somnolence en deuxième période, ça doit jouer…
3/5 Bien qu’il n’ait pas eu beaucoup de choses à faire, il a permis au bloc de remonter un peu, et de fermer la boutique après l’égalisation.

Rashford pour Lingard, 77′ (NN) : Sans doute une petite piqûre de vitesse qui nous a permis de terminer le boulot.
NN Lingard était plus grillé qu’une tranche de bacon, de toute façon.

Fellaini pour Martial 90′ (NN) : Voila, merci on ferme.
NN Rooney allait entrer, il recevait ses consignes de la bouche du Mou, et puis le but du Z est intervenu, et la consigne est devenue : « va te rassoir, j’ai plutôt besoin de cheveux ». On aurait pu triompher avec un punk à gueule d’embrouille, on a fini avec un bassiste de reggae.

Allez, prochain rendez-vous, samedi, avec la venue de Bournemouth, à l’heure du petit déjeuner.
La bise inferanale,
Bobby & Luke

Bobby Carlton

Académicien et souteneur de la Raide et Vile Academy.

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