Renouveau Catholique Strasbourgeois / Paris SGEL (2-1) – La Porte de Saint-Cloud Académie reprend son Grand Tour

Georges renoue avec la grande tradition natianale du périple chez les « démocrates » chrétiens du Grand Est.

 

Salut les schleuhs,

C’est avec quelques trémolos dans les doigts (oui, parce que je ne tape pas sur mon clavier avec mes cordes vocales, voyez-vous) que je reviens aujourd’hui aux sources du fouteballe, à l’incipit de sa grandiose histoire, aux fondements de ses valeurs universelles, à la nature même de ce formidable sport, lieu de rencontres des peuples, vecteur des idéaux humains et étendard du socialisme réel s’il en est, à savoir : le déplacement chez les bourgeois fachos d’Alsace pleins de strass.

Grande tradition du sportif socialiste, la venue à Straßburg de nos camarades de la section séquanaise de l’Internationale footballistique est l’occasion d’une visite dans l’antre du Renouveau catholique strasbourgeois, le club de balle local. Créé en 1905 en réponse à la promulgation de la loi de séparation de l’Église et de l’État (ce qui était complètement stupide puisque l’Elsaß se trouvait à cette époque, suite à un imbroglio franco-prussien dont je vous passe les détails, régie par la législation allemande – pour laquelle les curés sont fonctionnaires d’État, pensez donc), le Renouveau catholique entendait promouvoir l’existence d’un sport populaire chrétien à Strasbourg. Ils ne trompaient cependant personne puisque tout dans cette cité, à commencer par son gentilé, était là pour adouber les nantis.

Vivant peu ou prou de tournois de sixte et de concours de chamboule-tout, le RCS allait cependant trouver le moyen, au lendemain de la Grande Guerre, de se trouver une place dans le concert des clubs locaux. Profitant de la peur anti-rouge attisée par la Révolution bolchévique, les dirigeants du RCS, les abbés Nadine et Moralès, accusaient le club rival du Red Star de Strasbourg (ça ne s’invente pas) d’espionnage au moyen de fausses preuves : une faucille, un marteau, un candélabre et un barbu retrouvés dans leurs locaux suffirent à les envoyer en camp de redressement. La place nette, le Renouveau catholique pouvait ainsi s’installer sur le terrain de leurs rivaux, jalousé depuis longtemps, et ainsi conquérir l’espace vital qui leur faisait défaut, dans la plus pure tradition germanique.

C’est au lendemain d’une autre altercation mondiale que le RCS, repassé entretemps faire un petit séjour dans le championnat de leurs cousins germains, profitait du statut de « ville meurtrie par la guerre » accordé par la Fédération française et de sa position d’unique représentant du football alsacien pour intégrer et occuper pour un bon moment la Division 1, ne pouvant être relégué en vertu de ce statut. Dans la veine opportuniste qui le caractérise, le club continuait de tuer la concurrence locale en pratiquant la technique du salami, ou plutôt de la saucisse du coin : dès qu’une équipe amatrice des alentours s’approchait un peu trop près de la D2, elle était tout bonnement absorbée par le RCS, qui finit par se taper une indigestion de joueurs merdiques et de noms à rallonge (en 1995, le club en était ainsi parvenu au doux nom de « Renouveau catholico-maoïste des Pierrots et des MARCO !!! néo-prolo-islamo-nazillons de Strasbourg-Vauban-Colmar »), et par descendre dans l’indifférence générale dans les divisions inférieures, histoire de dégraisser un peu le mammouth et de nous revenir aujourd’hui tout ragaillardis, le bulbe bien épilé sur le dessus. C’est sympa de leur part mais c’était pas bien la peine de tant se presser, surtout qu’ils avaient commencé à se faire de bons copains en Natianal, c’est dommage.

 


LA RENCONTRE


 

Pour ce déplacement en terre germanophone, Unai alignait ses deux interprètes au milieu, en soutien d’Adrien l’étudiant poil aux dents : la Drax pour la langue allemande, et Ravière pour la langue universelle du beau jeu. Derrière, une belle petite doublette Marquis de Quimperlé pour jambiser quelques autochtones, soutenue sur les côtés par le vieux Dani et l’Espingouin Youri, avec la complicité de la Sainte-Aréole dans les cages. Devant, Eddy est laissé au repos, le Kiki prend sa place à la pointe de l’attaque, épaulé par Némarre et l’Angelito.

En face, l’adversaire a osé un système joueur : un 4-5-1 à plat en phase défensive, deux relayeurs portés vers l’avant au milieu, deux ailiers rapides sur les côtés, un pivot seul devant, capable de bousculer la défense. Un schéma simple, mais diablement efficace, car très bien animé. D’entrée, d’ailleurs, l’impact et l’implication adéquats sont là, que ce soit dans le pressing, dans les duels ou dans les contre-attaques. Quimperlé se fait sonner par son vis-à-vis dans les premiers instants de la rencontre, avant que l’Ange de Marie ne se fasse lui aussi allonger quelques secondes plus tard.

Le ton est donné, et après une dizaine de minutes, l’ouverture du score arrive sur une action symptomatique : le ballon est récupéré au duel sur un Pastoré peu à l’aise en début de mâche, puis remonté devant la surface, où Adi doit se jeter et provoquer la faute pour stopper le virulent attaquant bourgeois. Coup franc excentré, excellemment tiré – comme les autres coups de pied arrêtés et centres alsaßiens, en général – qui arrive sur le crâne d’un indigène lusophone esseulé par une défense qui paraît collectivement surprise par sa propre gestion catastrophique du hors-jeu, et qui marque de la tête en lobant la sortie timide de l’Alphonse. 1-0, c’est mérité.

Ensuite, et bien, Paris-Saint-Germain-en-Laye a beau appuyer sur l’accélérateur après une entame poussive, l’équipe presqu’outre-rhénale tient bon. Une talonnade de Mbappette, une enroulée de la Drax, un piqué trop croisé de l’Angelito… Les tirs parisiens ne trouvent que la sortie de but ou le gardien, malgré quelques très beaux mouvements collectifs, et pendant que le public, catholique jusqu’au slip, se met à hurler des chants de Noël, Straßburg tient le coup, et se permet même quelques sorties pour sodomiser à répétition les fesses de Youri, jusqu’à ce que celui-ci se mange un honnête jaune.

Enfin, juste avant la mi-temps, Adrien Rambo se projette tel un brave Blaise, Némarre le trouve dans la profondeur, le jeune frisé centre fort et voit Kiki couper au premier poteau. 1-1, bon but de renard qui vient ponctuer une série de bons mouvements. Et l’on croit même pouvoir reprendre l’avantage avant le retour aux citrons lorsque, à la conclusion d’une action qu’il a lui-même initiée, Pastoré contrôle magnifiquement un centre en retrait au point de penalty, se retourne et trouve le poteau gauche. Le ballon revient finalement sur le gardien.

La seconde mi-temps repart sur les mêmes bases, Berquiche amoncelant les dégagements ratés et centres merdiques, PastORé prenant toujours un peu plus le jeu à son compte. Cependant, peu après l’heure de jeu, nouvelle air-défense aérienne sur un dégagement du goal adverse, le premier buteur peut à nouveau tranquillement placer sa tête et dévier dans la course de son avant-centre, Youri ne peut pas le rattraper, il décoche une belle minasse entre Aréole et le poteau, 2-1.

Que dire de la fin du mâche, sinon que notre beau Ravière a été sorti contre mon consentement, que les centres de merde et tirs contrés dans la surface se sont succédés, tout comme les corners et coups francs indirects finis par des billards mal payés. Le dernier frisson, au bout du temps additionnel (de neuf minutes, parce que le gardien adverse a eu une soudaine crise de cancer de la glotte) est venu du camarade Eddy, fraîchement entré, qui a dévié une frappe foirée d’Adrienne et a bien failli lober le goaliste remplaçant, bien vigilant sur ce coup. On en restera là, à l’arrivée un mâche que l’adversaire a permis de garder ouvert, que PSGEL a perdu sans que ce soit un scandale pour autant face à une équipe joueuse, solide, cohérente et presque allemande, avec le bon petit lot d’occasions manquées qu’il fallait pour frustrer des camarades qui ont malheureusement un peu trop joué sur la réaction. Salut les fachos, on vous laisse avec vos marchés de Noël à la con, votre vin chaud à sept balles et vos Nicolas en pain d’épices.

 


LE SOVIET VINCIBLE, EN FIN DE COMPTE


 

Saint-Aréole (2/5) : Abandonné par sa défense sur les deux buts, il n’a pas vraiment cherché pour autant à provoquer la chance.

Dani (2+/5) : Bousculé, il est cependant le défenseur qui s’en sort le mieux, en la jouant à l’ancienne.

Rachidinhos (2/5) : Fébrile, le petit Beur a eu du mal à se faire accepter dans un contexte religieux, climatique et politique hostile.

Prunelle de Quimperlé (2/5) : On l’attendait pour casser du faf par brouettes de vingt avec son bomber retourné et sa chaîne de vélo rouillée, mais il s’est vite fait calmer.

Youri Berquiche (1-/5) : Martyrisé pendant tout le mâche par l’ailier d’en face à coups de petits ponts, mis dans le vent par des crochets que même la jambe de bois de Garrincha n’aurait pas tentés, il provoque des trois contre un dans son camp lorsqu’il tente de dégager, défend aussi bien dans les airs qu’une cabine téléphonique (c’est à dire qu’il ne défend pas dans les airs), laisse filer l’attaquant sur le second but, et s’arrange même pour paraître encore plus nul que Kurzaprout pour centrer. Et il est là, l’exploit.

Adrien Radeau (3/5) : Orphelin de Marcoco, il a du compenser le manque d’impact physique de ses compères du milieu et colmater quelques brèches, menant malheureusement par une de ses interventions au coup franc du premier but. Et la seule fois où il se projette devant, tel un Blaisou babtou, le fameux déséquilibre est là, et ça fait égalisation. Et c’est bien, mon con.

Ravière Pastoré (4/5) : Il a eu du mal en début de partie face à l’impact physique adverse, perdant notamment la balle sur l’action qui mène au coup franc de l’ouverture du score. Mais par la suite, il s’est révélé comme le véritable maître à jouer de PSGEL, a orienté le jeu et distillé les bonnes passes, avec en plus deux-trois belles occasions de marquer, notamment sur son poteau juste avant la pause. Alors, je surnote peut-être un peu au vu de sa fin de partie plus laborieuse physiquement, mais n’empêche qu’on a senti la différence quand il est sorti, et que de toute façon je l’aime d’amour.

(Remplacé à la 80e par Jean Le Celsius, ne changeons pas les bonnes vieilles habitudes)

Draxou (2-/5) : Mise à part sa frappe enroulée, on ne l’a pas vu, et encore moins lorsqu’il fallait monter jouer le ballon aérien qui mène au second but.

(Remplacé à la 80e par Marcoco, reposé)

Ange de Marie (2/5) : Quelques occasions manquées, pas d’impact sur le jeu.

(Remplacé à la 75e par Eddy Cavanie, reposé)

Némarre (2/5) : Il a eu quelques fulgurances sur des ouvertures bien senties, et joue bien le coup sur l’égalisation, mais il n’a jamais été en mesure d’accélérer et de faire la différence face à une défense vigilante.

Kill Bill Mbappette (2+/5) : Un beau but que n’aurait pas renié Eddy, mais aussi pas mal d’imprécisions malgré quelques très bons appels.

 

Oui, bon, ben c’est perdu, quoi, on va pas en faire une dissertation,

Cordianalement,

Georges Trottais

 

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

3 Comments

  1. « Le public hurlait des chants de Noel »: l’image d’un « mon beau sapin » version you’ll never walk alone m’a fait eclater de rire devant mon écran, merci!!

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