Nîmes-Reims (2-2) : La Crocro Académie est résignée
académisme de l’amertume
« Si tu es voué à te ronger, rien ne pourra t’en empêcher : une vétille t’y poussera à l’égal d’un grand chagrin. Résigne-toi à te morfondre en toute occasion : ainsi le veut ton lot. » (Emil Cioran, De l’inconvénient d’être né supporter du Nîmes Olympique, 1973).
La citation n’a de faux que le titre du bouquin dont elle est tirée, mais l’ensemble sonne très juste à l’oreille de votre serviteur. On peut nous reprocher de nombreuses choses, à nous autres Nîmois, comme le fait d’avoir maintes fois réélu maire un gros balourd n’ayant aucune conviction politique profonde si ce n’est celle de sa propre conservation, ou encore d’avoir comme hymnes officieux des chansons de pastis et de taureaux morts. Mais enfin, il ne viendrait à l’idée de personne d’estimer qu’on ne sait pas accepter l’adversité et les emmerdes du quotidien. C’est d’ailleurs sans doute une des caractéristiques les plus remarquables de la mentalité sudiste vantée par nos voisins d’outre-Vidourle, et que l’on pourra aisément considérer comme largement partagées de Perpignan à Toulon : quand on fait face à une journée de merde, on prend sur soi, on se carapace, on accepte, et on se rassérène en pensant à la Mauresque et la petite Tramontane de fin d’après-midi qui se chargeront de faire passer ces turpitudes au rang de contrariété sans lendemain. C’est passager, c’est futile, mais ça te fait oublier la merde quotidienne qu’est cette vie.
LES CHÈVRES
Reynet (2/5). C’est le problème avec les mecs solides, à trop t’habituer à ce qu’ils te sortent de la panade, tu leur en veux quand ils redeviennent humains.
Meling (3/5). Ah c’est sûr qu’avec lui Riyad Mahrez il aurait moins fait le mariole. Que j’aimerais te voir une saison de plus chez nous, bel homme…
Landre (3/5). Je suis persuadé qu’avec un Briançon au top, il aurait fait une vraie belle charnière. Fait chier.
Ueda (2/5). Un peu passif sur l’ouverture du score rémoise malgré un ensemble correct.
Paquiez (2+/5). Franchement pas mal. De toute façon si on descend va falloir s’habituer à le voir titulaire.
Sarr (0/5). Je veux bien croire que sa nonchalance n’est qu’apparente, qu’en fait il se donne, qu’en fait il en a quelque chose à foutre, qu’en fait IL POURRAIT SE SORTIR LES DOIGTS DE SON GROS CUL. Remplacé par Fomba qui a tout de suite apporté du mieux mais qui mange la feuille comme un cochon en fin de match. Un plat du pied à six mètres non cadré, Lamine sans déconner…
Deaux (2+/5). Son grand chelem des clubs relégués se porte bien, merci pour lui.
Benrahou (1/5). Assez invisible. On n’aura donc jamais retrouvé le Yacine de l’hiver 2020. Remplacé par Eliasson, dont les corners et coup-francs soyeux sont tout de même une ode à la tendresse.
Ripart (4/5). Ce but de rageux, cette tronche déglinguée… Merci pour tout, capitaine.
Ferhat (3+/5). Le plus pour toutes les différences qu’il crée. Presque trop altruiste sur l’énorme occase de fin de match.
Koné (3/5). Il marque encore, et nous fait (encore) regretter d’avoir été si mal utilisé en début de saison. Remplacé par Duljevic, qui s’est lui-même demandé pourquoi on le faisait entrer au moment où il fallait marquer un but.
LE MOT DE LA (PRESQUE) FIN
Il reste trois matchs, et on est à deux points de Nantes. Rien n’est donc mathématiquement joué, et on va continuer à y croire malgré tout. Cette équipe n’a pas lâché et un retournement est possible, même si on a un calendrier très compliqué.
Pour le reste, c’est à dire le bilan et les comptes à régler, on va attendre encore un peu, mais le camarade Stan Carwash et moi-même projetons de vous préparer une académie-récap en forme de savatage général. Promis, on n’oubliera personne.
Allez les gars, la vie est dure mais le plus important, c’est la bite. Des bises et du courage.
Ce Ripart vraiment !
Ce serait moche d’être éventuellement maintenu grâce à une relégation administrative de Bordeaux. Je croise les doigts pour que 3 matches = 9 points (sait-on jamais !). Et en plus, si vous aidez les lyonnais à se prendre les pieds dans le tapis, c’est que du bonheur !