Nancy-Avranches (1-0) : La Chardon à Cran académie attendait le bon moment
La passe de trois
Eh bien nous voilà encore avancés. Comment on va faire, maintenant. Zêtes bien gentils tous, là, à attendre encore une académie en vous disant ha ! le Picon va se remettre à l’idolâtrie, ça nous changera de sa phase dépressive (ladite phase durant depuis tant d’année que l’on pourrait commencer à croire qu’il s’agit d’une forme de complexion naturelle à la manière des mélancolies des hommes de bon goût auxquels les Anciens se gargarisaient d’appartenir). Mais qui vous dit que j’ai envie d’écrire dans cet état, moi.
C’est que voyez-vous, sans craindre de se répéter – après tout, on en a des mots de disponibles ; c’est pas comme ces musiciens avec leurs sept notes -, on doute de nos capacités à nous renouveler après un certain nombre d’années à suivre assidument chaque fait et geste d’un sympathique bonhomme venu et revenu et rerevenu nous proposer d’économiser le prix des billets d’entrée au cirque en faisant son spectacle à Tomblaine. La parenthèse, certes longue, a été propice à énumérer des catalogues d’insultes vertigineux pour le plus grand plaisir d’un lectorat avide, privé de ses divertissements habituels tels que crise au PSG, remaniement des forces gouvernementales porteuses de handicaps psychomoteurs qui ne déclenchent, sachez-le, pas la moindre pitié de notre part tant elle se double d’une absence d’organes propre à vous faire croire que des intelligences très artificielles habitent les organismes dégoûtant de leurs hôtes et autres nettoyages ethniques.
Et dans le fond, qui est Picon pour oser même dire ? Qui est ce petit être insignifiant, falot et triste qui sort du bois une fois de temps en temps sans constance ni talent pour cracher fiel et amertume à la tête des puissants qui ont défait son club de cœur. Gautier la Canaye s’est enfui, l’argentier caché pourrait mourir dans son lit comme la plupart des salauds de ce monde, Albert Cartier coule des jours heureux entre salle de sport insalubre et foyer doux foyer d’où s’échappent de temps à autre d’hideux cris de douleurs du fond de la cave tandis qu’il pleure régulièrement -mais en silence- après un troisième pastis.
Ils ont gagné, Pablo. Il n’y a plus que nous, le ballon et quelques hurluberlus mal dégrossis qu’il va falloir faire courir d’une manière ou d’une autre.
Dans le fond, c’est déjà pas si mal.
Le match
Avranches n’est pas du genre à faire grand-chose dans la vie, alors avec un ballon, vous imaginez bien. Le fait que leur gardien titulaire dise salut dès la onzième minute de jeu y est peut-être pour quelque chose, en tout cas ils ne voient pas le jour contre nous, pauvres mortels et ce n’est pas là la moindre des insultes à leur faire. Nos phases de jeu ont conséquemment plus souvent lieu dans leur moitié qu’au milieu de terrain, voilà bien une bataille de gagnée. Reste à trouver cette foutue ouverture car les valeureux gredins ont semble-t-il tout de même saisi quelques rudiments de défense à l’école Bolloré de la barrière infranchissable.
La libération vient d’un corner sur lequel Carlier se jette tel le dauphin qui aperçoit un nouveau-né, nageoire caudale en avant et toute bite dehors. Le ballon et un litre de sperme entrent dans le but tandis que nous nous étranglons de joie avec notre bière mal rincée. Il faut que Nancy termine également à dix pour pimenter légèrement la fin de ce match mais alors que nos adversaires tentent vainement de rattraper leur retard, ils tombent sur une défense Correiste qui les prive du moindre espoir de par son insolente réussite.
Les notes
Sourzac 4/5
Encore peu de choses à faire, mais cette fois plutôt que d’encaisser des buts au moment où sa défense l’abandonnait, il a sorti une double parade miraculeuse avec l’air de s’en cogner comme d’une guigne. Une originalité bienvenue.
Delos 3/5
Le malinois a tenté bien des choses avec une confiance dont on ignore où il l’a trouvée.
Mendy 3/5
Défendre ? soit. Mais préparez vous prochainement à devoir affronter une adversité certes plus élaborée dans le maléfice. En attendant, le clean shit est bon, fais tourner, gros.
Pellegrini 3/5
Des tentatives débiles de 35 mètres qui fracassent la barre transversale et qui font hurler les twittos, oui, mais aussi des gestes défensifs audacieusement sobres qui nous amènent sur des terres pleines d’espoir. Et si ?
Bussmann 1/5
Bonne année, enculé.
Tayot 2/5
On vous avait bien dit de ne pas faucher de genou adverse alors que le score nous était favorable. Vous voilà bien suspendu, maintenant. Tenez vous pour dite la morale de cette histoire et venez nous la réciter devant toute la classe la prochaine fois ou ce sera la règle à clous sur les doigts de pied, mon petit salopard.
Carlier 5/5
Un but comme ça n’a rien d’esthétique ni de transcendant, c’est juste un peu de plaisir car on y a droit une fois de temps en temps, merde.
Diaby 3/5
Oui vous disposez d’un niveau technique au-dessus de la moyenne, mais cela ne fait pas de vous le nouveau Marcos Senna mon petit pote. Pour l’instant vous êtes l’Alou Diarra du 3e millénaire alors on baisse la tête et on continue de bosser.
Gomel 4/5
Nouveau match, nouvelle passe décisive, c’est bieng. Il conforte sa place de leader au classement honorifique et dans celui bien moins honorable de notre cœur.
Faradé 3/5
Vu sa taille et son habileté balle au pied, on le verrait mieux aux cages, Faradé.
Gromat 3/5
Non, il ne vient pas de Wallis et Futuna, on a vérifié. Il n’y a donc pas moyen de faire se rencontrer Wallis et Gromat.
Marcel Picon