OM-Nantes (2-0) : La Canebière Académie gère les affaires courantes

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On ne peut pas être géniaux, nuls ou volés tout le temps.

Aïoli les sapiens,

Nous avions laissé il y a quelque temps Erzulie, délaissée par son Valentin Rongier d’amour. Nous sommes heureux de vous annoncer que la bonne humeur est revenue au panthéon vaudou : son séjour sur le banc a fait prendre conscience au soupirant que les vœux n’avaient rien d’éternel, a fortiori quand ils s’adressent à la déesse de l’amour en personne.

C’est donc à une Erzulie guillerette que vient rendre visite sa fidèle confidente Mama Wata la sirène, esprit des mers et de la bonne fortune. La déesse de l’amour s’affaire sur un parchemin.

  • Toi, Erzulie, ma sœur, tu t’adonnes à une activité manuelle ? Que t’arrive-t-il donc ? N’as-tu plus une armée de prétendants pour satisfaire tes moindres désirs ?
  • C’est que l’affaire est plus sérieuse que je ne le pensais ? Tu te rappelles Valentin ?
  • Ce mufle ? Ne me dis pas qu’il n’a pas encore renouvelé son sort de titularisation éternelle ?
  • Si fait, ne t’inquiète pas. Il y a mis les formes d’ailleurs, je n’avais pas vu une si belle invocation depuis André Frank Zambo Anguissa : il y avait les sacrifices animaux, les vévés tracés de son sang, rien à dire.
  • Mais alors ?
  • Eh bien mon amie, peut-être est-ce moi qui vieillis, mais figure-toi que je n’ai pas réussi à accomplir immédiatement son sort.
  • Bigre. J’imagine que tu as mobilisé les présages traditionnels.
  • Mieux que ça ma belle Mama Wata. Je leur ai fait le grand jeu pour que Valentin revienne sur le terrain : les passes qui n’arrivent plus dans les pieds, les défenseurs qui se tétanisent… ils n’ont pas compris. Je suis passé à la vitesse supérieure : tu sais ce qu’il fait Ogun, en ce moment ?
  • Notre dieu de la guerre ? Ne m’en parle pas, ça faisait des années qu’il était dans l’inaction, je crois que ça la rendu fou. Ca fait des mois qu’il invoque les forces manipulées pour prendre le contrôle des dirigeants de la planète, il veut les rendre encore plus arrogants et incohérents pour qu’ils finissent par tous se massacrer.
  • Précisément. Je ne le blâme pas hein, en tant que déesse de l’amour je m’étiole quand l’amour s’éteint, lui c’est pareil. Quand ça ne bouge pas un petit peu il se sent inutile. Je concède qu’il y va un peu fort en ce moment, mais enfin, c’est une histoire avec les mortels, ça. Toujours est-il que je suis allé lui emprunter quelques-unes de ses forces manipulées, juste pour voir. L’équipe de mon Valentin, ils ont des dirigeants habillés en jaune et apparemment, sur le plan de l’arrogance et de l’incohérence, ils avaient un bon potentiel. J’ai pourtant essayé de modérer mon envoûtement, mais ma pauvre Mama Wata, quelle misère ! Tout le monde a « pété les plombs », comme disent les mortels : j’ai vu tout le monde faire n’importe quoi et crier très fort avec leurs petits poings serrés, il y a d’autres gens qui s’ont venu s’en mêler, oh là là…
  • Et donc, j’imagine que pour ce qui est de ton Valentin ça n’a pas marché.
  • Oui, j’avoue que la chose m’a un peu échappé. Bon, je me disais que si avec ça ils continuaient à ne pas vouloir croire aux forces surnaturelles, c’est qu’ils étaient vraiment bêtes.
  • Peut-être qu’en effet ils ne sont pas assez intelligents pour comprendre tes présages, Erzulie, tu devrais essayer d’être moins subtile.
  • Je me suis dit la même chose que toi, mon amie. C’est pour cette raison que j’étais en train de préparer ce petit message à destination des humains, regarde :


Les Longorious Basterds

Rulli
Murillo (Lirola, 24e, Luiz Felipe, 78e) – Balerdi Kondogbia
Luis Henrique– Bennacer (Rongier, 59) – Højbjerg – Merlin (Dedic, 59e)
Greenwood (honte à nous, Nadir, 78e) – Rabiot
Gouiri

Balerdi revenu de suspension croise Cornelius, parti pour un match de frigo. C’est Kondogbia qui remplace ce dernier à gauche de la défense. Au milieu, De Zerbi a manifestement commis l’erreur de ne pas lire le tract déposé par Erzulie.


Le match

L’OM ne paraît pas motivé à déchaîner les enfers sur la surface de réparation nantaise, ce qui n’empêche pas les Olympiens de se procurer des occasions. Gouiri manque ainsi de justesse un centre de Merlin dès la sixième minute. Ensuite, une récupération autoritaire de Bennacer nous procure un surnombre instantané, exploité à merveille : Luis Henrique lance Gouiri sur la droite de la surface, pour un centre trouvant Rabiot à la conclusion, une main dans le slip. Quoique validé dans un premier temps, le but paraît mériter d’être revu, à l’aune de l’intervention intiiale un tantinet bourrine d’Ismaël. Contre toute attente, c’est finalement un hors-jeu de l’épaisseur d’une rognure d’ongle que la VAR nous dégote pour annuler le but.

Loin d’enchaîner après cette péripétie, l’OM s’installe dans un faux rythme, bien gêné par des Nantais qui nous proposent une opposition un peu plus originale que d’habitude : au lieu du blocquéquipe bas immonde auquel nos adversaires nous ont habitués, les Nantais se portent en nombre dans notre camp pour bloquer nos premières relances. L’arme est évideent à double tranchant : que cette première ligne de rpessing soit franchie, et nos Olympiens se voient offrir des autoroutes vers la surface adverse. Mais, mouligasses et affreusement imprécis, nos joueurs sont ce soir incapables d’exploiter ces espaces. Il se survient toujours une passe abominable ou un choix idiot pour empêcher de transformer ces situations en occasions réelles. Systématiquement en retard dans les duels, nous accumulons les fautes. De leur côté, profitant d’un Murillo blessé et remplacé après 25 minutes, les Nantais tapent sur notre côté droit pour se procurer des situations relativement slipométriques.


Malheureusement, le début de deuxième période, très similaire à la première, laisse à penser que le passage au vestiaire n’a pas servi d’électrochoc. Notre premier tir cadré survient quasiment à l’heure de jeu, de la part de Greenwood (honte à nous) après un une-deux avec Gouiri consécutif à une récupération haute. De rage De Zerbi froisse le papier jaune qu’il triturait machinalement dans sa poche et le jette au sol. Doté d’une conscience environnementale excessivement poussée, comme tous les Marseillais, Pancho Abardonado ramasse le déchet, qu’il a la bonne idée de déplier et de lire avant d’aller jeter :

  • dis, Roberto, tu as vu le papier que tu viens de jeter, là ?
  • quoi, la pub ? hében quoi ?
  • Valentin Rongier… on pourrait le faire entrer, non ?
  • ah oui. Oui, pourquoi pas. Ca ou autre chose hein, vu comme on rame…

Comme un grand nombre de décisions qui changent la face du monde, l’entrée de Rongier n’apparaît pas d’un bénéfice éclatant au premier abord. On voit ainsi Leo Balerdi se faire fumer en pleine surface à l’issue d’une contre-attaque, Rulli jaillissant à toute vitesse pour éviter le pire, de l’une de ses fameuses sorties argentino-neueresques.

Dans cette dernière demi-heure, l’OM semble enfin décidé à se sortir les doigts, et bénéficie dès lors d’une domination franche à défaut d’efficacité. Cela ne va pas sans laisser des espaces au milieu, si bien que le moment de bascule semble s’approcher. Quand Greenwood (honte à nous) percute dans le camp adverse, il bénéficie enfin d’une projection d’un milieu de terrain dans la surface : ce dépassement de fonction, c’est le Rongieur qui en est l’auteur, présent à point nommé pour recevoir la belle passe piquée de l’Anglais. Tout en lucidité Valentin poursuit sur la droite de la surface, et prend le temps de fixer le gardien pour servir Gouri en retrait (1-0, 73e).


L’incontournable Nicolas Palourde achève de nous faciliter le travail moins de cinq minute plus tard. Auteur d’un tirage de maillot sur Rabiot, notre héros marronne auprès de l’arbitre pendant que les Olympiens jouent rapidement le coup-franc. Greenwood (honte à nous) part bénéficier d’un contre favorable sur un défenseur, puis d’un deuxième sur ce même Nicolas Palourde revenu défendre au bout de sa vie. On a vu des dribbles plus esthétiques mais le résultat est le même : les deux défenseurs sont éliminés et notre attaquant a tout le loisir d’ajuster Lopes (2-0, 77e).

L’OM maîtrise toute la fin de rencontre, d’autant que ce sont maintenant les Nantais qui voient une multitude de fautes être sifflées contre eux, signe ici encore d’un rapport de forces qui s’inverse. Rien de notable ne se passe plus guère, si ce n’est deux occasions pour Gouiri de porter le score à un niveau qui aurait été un peu trop flatteur vu la production de la soirée.


Les joueurs

Rulli (4/5) : C’est sûr qu’un gardien qui ne laisse pas un quart d’heure à l’attaquant pour tirer dans le but grand ouvert, ça change un peu la perception des face-à-face.T’es avant-centre face à Rulli, t’es comme une infirmière qui doit mettre un suppositoire à Gérard Larcher alors qu’on vient de sonner le repas : il faut savoir viser très juste en allant très vite.

Murillo (NN/5) : Curieuse impression de voir notre métronome habituel se faire compisser par son ailier avec une telle constance. On est limite rassurés de voir que ce n’était dû qu’à une bête blessure (toutefois partie pour lui pourrir la vie – et la nôtre avec – pendant plusieurs semaines).

Lirola (24e, 3-/5) : Malgré la fermeture des épiceries de nuit marseillaises, Pol se débrouille néanmoins pour toucher quelques ballons.

Luiz Felipe (77e) : On ne dit pas que De Zerbi ne lui fait p as confiance, on remarque juste qu’il a attendu de mener 2-0 à un quart d’heure de la fin pour lui offrir sa première entrée en jeu.

Balerdi (3+/5) : Hormis une balerdise sans conséquence, un match excellement maîtrisé (c’est-à-dire dans la lignée de la plupart de ses matchs depuis des années, sauf que maintenant on a un gardien qui lui pardonne ses estramassades).

Kondogbia (3/5) : Un match de serre-livre. Ca bouge pas de l’étagère, ça tient les choses en place.

Luis Henrique (2+/5) : Un match de papillon. C’est joli, c’est léger, ça butine, ça n’a pas trop de but dans la vie.

Merlin (2+/5) : Quoi ? La même note que Luis Henrique malgré deux passes presques décisives pour Gouiri ? Bah ouais. Si t’es pas content t’as qu’à venir me le dire en trépignant avec tes petits poings serrés.

Dedic (77e) : Je ne comprends pas pourquoi les Serbes et les Bosniaques se sont autant déchirés pendant l’histoire alors qu’ils ont tant de points communs. Quand tu vois Radonjic et Dedic, par exemple, tu te dis que le dribble sans cerveau est la principale chose qui réunit les Yougoslaves depuis la mort du maréchal Tito.

Højbjerg (3/5) : Ce qui est bien avec Pierre-Emile, c’est qu’il sait estimer ses forces : quand The Wolf est en forme, il met les mains sur les hanches en disant « bon » et il se met à berserk tout ce qui passe. Quand il est un peu en dedans, il met les mains sur les hanches en disant « bon » et il enclenche le mode « putadou » à base de fautes récupérées au vice et de coups-francs vite joués.

Bennacer (2/5) : Un peu comme les OaiStar en première partie d’Herbet Léonard, sauf que c’était pas gratuit. 

Rongier (59e, 4/5) : Triste parabole que celle de Rodolphe Saadé, qui dépense des milliards, fait construire les plus hauts immeubles, se rend omniprésent auprès des élus locaux et des ministres, qui consacre sa vie, sa fortune et son âme à rendre le nom de sa famille indissociable de celui de notre Cité. Parvenu au faîte de sa gloire, il aperçoit aux portes de la ville un homme ne payant pas de mine. Son austère robe de bure porte la poussière d’un long voyage, ses pauvres sandales sont fatiguées d’avoir trop marché mais son sourire est intact comme au premier jour. En foulant le sol sacré, le Prophète révèle sa chevelure blonde et, d’une voix puisée dans l’humilité la plus pure, gagne les foules à sa cause d’une simple phrase : « Je m’appelle Valentin Rongier et je suis Marseille ».

Rabiot (3-/5) : Des passes, des chouettes, des brillantes, des qu’il faut caresser souvent pour le plaisir, l’autre, celui qui fait rêver les communiantes. Des passes bleues comme la terre, des qu’il faut se garder au chaud au fond de l’âme, dans les yeux, dans le cœur, dans les bras d’une femme. Des passes, des passes, MAIS FAIS DES PASSES CORRECTES BORDEL DE MERDE.

(Léo Ferré, « Des passes », extrait du recueil « Mon vier ces joueurs qui s’appliquent pas » aux éditions Jean Bouin)

Greenwood (honte à nous, 4/5) : Des passes au secret des jours, sous l’herbe et dans le ciel et puis des dribbles aussi, des qui vous font rêver très tard dans les lectures et qui mettent de la poésie dans ton match qu’était jusqu’ici franchement dégueulasse, mon gars, t’as pas de quoi trop te la ramener non plus.

(Noir Désir, « Des passes », adapté du poème de Léo Ferré, extrait de l’album « Y en a qui s’en sortent bien quand même », aux éditions Pas sur la tête).

Nadir (78e) : Le gardien de square, celui qui vient avec sa grosse clé chasser les minots en disant « fini de vous amuser, on ferme ». A ceci près que les Nantais avaient de toute façon déj fini de s’amuser.

Gouiri (3+5) : Heureusement que Saint-Valentin est arrivé pour lui faire une imposition des mains, sans ce but providentiel on partait sur une bonne grosse prestation d’emporquégeasse.


L’invité zoologique : Nicolas Palourde

A ceux qui se le demanderaient, Nicolas Palourde aura huit ans cette année. Voilà.

  • Les autres : Moyens. On a aimé le bonus « Kombo-couilles »les voyant venir crânement nous chercher dans notre camp. Ca ne les a pas menés bien loin, mais ça change.
  • Le classement : Les Niçois c’est comme le fascisme. Hein, quoi ? T’attendais une chute à la vanne ? Non, à la base y en avait pas forcément. Mais bon, si tu veux : les Niçois c’est comme le fascisme : ils sont de plus en plus menaçants mais on va se débrouiller pour les maintenir derrière (à 3 points en l’occurrence). La bonne affaire, c’est Lille qui ne prend pas de points à Paris. La mauvaise affaire, c’est que nous, Paris, on les a pas encore affrontés.
  • Coming next : Justement, le déplacement au Parc des Princes se profilera après la réception de Lens.
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Didier A. réalise le coup du chapeau en dégainant le premier au concours zoologique.

Bises massilianales,
Blaah

3 réflexions sur “OM-Nantes (2-0) : La Canebière Académie gère les affaires courantes

  1. J’ai pas vu le match. Mais par contre j’ai bien ri en lisant cette délicieuse académie.
    Le coup du suppo de l’infirmière, je vais la ressortir un jour je crois. Si c’est autorisé par écrit par le comité, bien sûr.

    Bises.

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