Rennes-OM (1-0) : La Canebière Académie marque mal
« Eté serein, saison qui craint. »

Aïoli les sapiens,
Saison achevée honorablement, stabilité inédite, recrutement judicieux, matchs de préparation encourageants, historique réjouissant des premières journées de championnat : tous les signaux sont au vert avant d’aborder cette saison 2025-2026. En vertu de quoi et selon la plus saine des traditions, l’OM s’est évidemment attaché à climatiser toutes les Bouches-du-Rhône par une défaite inauguranale d’un fort beau gabarit.
Il restera à déterminer si cet épisode navrant placera la saison sous les auspices de Bielsa année I (défaite ridicule en ouverture et suite de saison passable garnies de séquences-bêtisier), ou de Bielsa année II (défaite ridicule en ouverture et suite de saison en bêtisier garnie de séquences passables). Nous citerons l’option « défaite anecdotique ombrageant à peine une saison flamboyante » uniquement pour mémoire, à l’attention des optimistes indécrottables que l’on ne trouve guère plus à Marseille qu’en qualité de touristes.
Les Longorious Basterds
Rulli
Egan-Riley – Kondogbia – Balerdi – Murillo
Gomes – Højbjerg
Greenwood (honte à nous)– Rabiot – Rowe (Harit, 71e)
Gouiri
Sur le plan mercatal, nous retrouvons déjà Merlin et Rongier dans le camp d’en face. Le départ du premier ne nous laissera guère de regrets, le climat breton étant plus approprié que le nôtre à son profil (du genre « j’aime bien être un héros quand je joue bien, mais j’aime aussi pouvoir faire deux pas en ville sans me faire insulter ma mère quand je joue comme un vier »). De ce qu’on voit, en bricolant un peu, son départ semble pouvoir être compensé assez convenablement. Concernant le Rongieur, l’embouligue au milieu de terrain amène ce cadre historique à glaner ailleurs un temps de jeu décent, plutôt que de faire comme à chacune des saisons précédentes : attendre que l’équipe soit au fond du seau pour rappeler à tout le monde que sa présence est indispensable. Au moins, cette année nous serons définitivement fixés.
Si l’on passe sur les jeunes et les départs de joueurs déjà partis en prêt l’an dernier, l’autre départ significatif est celui Luis Henrique à l’Inter Milan. Nous lui souhaiterons un bon voyage ; à défaut d’agiter un mouchoir, on se servira pour essuyer nos larmes d’un gros billet pris sur le tas de millions de son transfert.
Ligue des champions oblige, c’est surtout au départ de la Commanderie qu’une grosse fuite de millions a été signalée. Le robinet aura permis d’irriguer Facundo Medina (de Lens), CJ Egan-Riley (de Burnley), Timothy Weah (de la Juve), Igor Paixao (du Feyenoord), et Angel Gomes (de Lille). Gardons le meilleur pour la fin : nous enregistrons aussi avec une émotion non feinte le retour de l’un des chouchous de cette académie, à savoir notre Jean-Bite d’amour, Pierre-Emerick Aubameyang.
Parmi ces recrues, Egan-Riley et Gomes sont alignés dès le coup d’envoi. Le reste de l’effectif se tient dans la continuité de la saison précédente, y compris pour ce qui est du bricolage en défense centrale.
Le match
La rencontre débute de manière équilibrée, entre deux équipes partageant une conception du risque pour le moins surprenante : Rennes comme l’OM mettent ainsi un point d’honneur à élaborer des sorties de balle sous pressing sans jamais tataner devant, cette tactique dût-elle se payer d’ulcères anaux chez les supporters à chaque six-mètres. En soi, ce souci du jeu est louable, mais demandons-nous pourquoi bordel de merde prendre autant de risques, si c’est pour se caguer à ne plus tenter une seule passe tranchante à l’approche des vingt derniers mètres ?
À ce jeu, les Bretons se montrent néanmoins plus directs, tentant quelques passes tranchantes, mais toutes mises en échec par le sens du hors-jeu remarquable de notre défense. Notre production est quant à elle plus que timide, jusqu’au tournant de la demi-heure. Sur une sortie de balle rapide de notre part, Aït Boudlal se rend coupable d’une semelle de porcasse sur Murillo, sévèremaisjustement sanctionnée d’un carton rouge après recours à la vidéo.
L’OM profite de sa supériorité numérique et d’une relative perte de nerfs des Rhénés pour attaquer un peu plus franchement. Greenwood (honte à nous) multiplie les tentatives personnelles prometteuses, mais non cadrées. Højbjerg se voit surpris à la réception d’un corner de Rabiot mal négocié par le gardien, avant qu’Adrien ne se procure la meilleure occasion, d’une belle lourde à ras-de-terre sur le poteau.
Rennes n’en oublie pas d’activer le slipomètre entretemps, quand une cagade de Balerdi et Kondogbia autorise Al-Tamari à défier Rulli, sans succès.
À la pause, Timothy Weah entre comme arrière droit offensif à la place de Kondogbia, Egan-Riley prenant place en défense centrale. Les attaquants montrent certes des velléités de bien faire, mais qui s’avèrent inoffensives. En quelque sorte, l’équipe cherche à bien jouer au football, là où il s’agirait avant tout de vouloir gagner. Face à des Rennais forcément plus marqués physiquement que nous, un petit quart d’heure de « taper taper taper » à la Tudor eût été de meilleur aloi, à savoir un harcèlement constant fait de bourrinades successives dans la surface et de seconds ballons arrachés avec les dents jusqu’à ce que l’adversaire craque. Au lieu de cela, nos joueurs se complaisent dans une attitude plutôt désagréable consistant à se dire « puisque nous jouons bien au football, le résultat va tomber tout seul ». L’histoire n’est d’ailleurs pas loin de leur donner raison, puisqu’à l’heure de jeu, un centre parfait de Weah trouve Murillo pour une tête imparable. Néanmoins, puisque le poteau décide pour la seconde fois du match que le score reste à 0-0, on aurait aimé que les Olympiens manifestent le même sentiment d’urgence et d’agressivité que celui affiché par leurs adversaires du soir.
La fatigue se faisant sentir chez les Olympiens à leur tour, les Rhénés redressent la tête, flairant le bon coup à venir. Une nouvelle sortie décisive de Rulli devant Al-Tamari aurait dû servir d’avertissement. Pourtant, seul Balerdi, habitué depuis le temps à voir venir les plans foireux, sent l’alerte et appelle à grand renfort de gestes ses coéquipiers à se sortir les doigts dans le replacement défensif. Toujours cruel, c’est Leonardo que le football se charge de punir pour tous les autres : trop occupé à surveiller les uns et les autres, notre capitaine néglige pour la seule fois du match son alignement en couvrant l’appel de Blas. Parfaitement lancé par Merlin, le nouvel entrant part ajuster Rulli une main dans le slip (1-0, 91e).
Dûment couillonnés, nos Olympiens ne parviennent qu’à accumuler les tentatives désordonnées et foireuses dans le temps additionnel, achevant de rendre cette défaite on ne peut plus agaçante.
Les joueurs
Rulli (4/5) : Il paraît que dans le showbiz, il faut se renouveler à chaque saison, proposer des nouveautés toujours plus affriolantes. On ne trouve guère que la Canebière Académie, Bruno Retailleau et Géronimo Rulli pour faire fi des modes et entamer chaque année sans dévier de ses plus purs fondamentaux : pour nous parler de viers et de slips, pour Ratacouilles être une pelle à merde, et pour Géronimo, donc, multiplier les exploits avant d’encaisser un but lâché par sa défense. Ne jamais altérer les recettes qui marchent.
Murillo (3/5) : L’un des rares à afficher une hargne digne de ce nom dans les duels offensifs et défensifs. On espère que ses coéquipiers n’attendront pas de se faire plier la cheville à 90 degrés pour comprendre à leur tour que, dans le haut niveau, leurs adversaires ne leur veulent pas forcément du bien.
Garcia (78e) : Rien de notable sur son match ni de rigolo à dire sur sa personne, à la différence de son compatriote cycliste Mauro Schmid, dont le délicieux patronyme nous a régalés jour après jour pendant les trois semaines qu’a duré le Tour de France.
Kondogbia (3/5) : Hormis une incompréhension slipométrique avec Balerdi, rien de très spectaculaire dans un sens ou dans l’autre, jusqu’à son sacrifice pour raisons tactiques.
Weah (46e, 2/5) : On a tout d’abord pu croire à un début de bromance avec Mason Greenwood (honte à nous), avant de se rendre compte que l’activité de ces braves garçons consistait surtout à improviser des trucs tout seuls sans grand souci de complémentarité.
Balerdi (3-/5) : Déjà, quand il n’avait que lui-même à surveiller, Leo était coutumier de gâcher des grands matchs par une de ses balerdises. C’est précisément quand il est venu à bout de cette fâcheuse habitude qu’on lui colle le brassard : forcément, avoir la responsabilité de dix autres glands n’aide pas à la concentration.
Egan-Riley (3-/5) : Un mélange bizarre de placements douteux compensés par des un-contre-un très autoritaires. On aimerait dire que le long terme nous aidera à juger des capacités réelles de ce mal dégrossi, mais cette saison risque d’être du genre à nous offrir des masterclass contre Le Havre tout en se faisant poncer la raie par Liverpool ou le Real : on n’en sortira pas plus avancés.
Gomes (2/5) : Match très propre d’Angel Gommettes : c’est décoratif, mais c’est inoffensif.
Bakola (85e) : Si les darons continuent de jouer leurs matchs en mode Dacia familiale automatique, on espère que les petits jeunes comme Darryl sauront les aiguillonner.
Højbjerg (1+/5) : Tellement intégré à Marseille qu’il est devenu comme tout le monde ici : même si les congés sont finis, pas question d’en branler une tant que le thermomètre ne repasse pas sous les 30 degrés.
Greenwood (honte à nous, 2+/5) : En manque de réussite malgré des efforts méritants en première mi-temps, en manque de réussite tout cours en seconde.
Rabiot (2/5) : Dans ce milieu de terrain Højbjerg/Gomes, Adrien a dû se sentir comme l’Europe entre Trump et Poutine : mis à l’écart, rappelle son existence seulement une fois acquis que les deux précédents font de la merde, a une influence nulle sur la marche du monde.
Rowe (2/5) : N’arrive pas trop à décider de son style, entre le n’importe quoi rigolo et l’appliqué efficace. Du coup, on a droit à un entre-deux qui ne sert pas à grand-chose.
Aubameyang (63e, 2/5) : Finalement, la meilleure action de Jean-Bite aura été ce repli défensif de 80 mètres sur une contre-attaque rennaise. L’occasion de constater que Jean-Bite n’a rien perdu de ses qualités de sprinteur, mais aussi de s’interroger sur le fait que, dans l’équipe, c’est l’avant-centre de 36 ans est le plus rapide à venir aider sa défense.
Gouiri (1/5) : N’est venu en Bretagne que pour passer ses vacances et voir perdre l’OM ; un peu comme Médéric Gasquet-Cyrus, mais sans les calembours.
Vaz (85e) : Comme Bakola, on lui souhaite d’avoir bien vite le niveau pour titiller les rentiers.
L’invité zoologique : Quentin Marlin
Le poisson-voilier est un énorme poisson à gros pif, avant tout célèbre pour être régulièrement confondu avec l’espadon. Le marlin est un trophée de choix pour les pêcheurs sportifs : l’erreur à ne pas commettre ici est de s’imaginer qu’il suffit sans effort de poser son gros cul dans son gros bateau pour que la bestiole se laisse hameçonner. Cela n’arrive jamais. Ou alors à ceux qui ont un plus gros cul et un plus gros bateau.
- Les autres : Un soupçon de chance avec ces deux tirs sur le poteau, mais aussi un sens du combat et de la solidarité collective, dont on espère qu’il n’a pas quitté nos locaux avec Valentin Rongier.
- Le classement : Vu qu’il s’agit à cette heure de l’unique match de la saison, nous sommes, pour la première fois dans l’histoire de la Canebière Académie, derniers du championnat de France.
- Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. DJ Soon remporte le concours zoologique (tiens, il faut encore qu’on établisse le classement de la saison dernière, au fait).

Bises massilianales,
Blaah
Va falloir qu’Erzulie rentre d’Ibiza fissa.
Bonne saison à tous.
Les échecs fortifient les forts , paraît-il. Ce serait sympa s’être très très forts parce que là, qand je ferme les yeux, je vois des images de matchs de l’OM en ligue de champions, et bien ce n’est pas du ponçage de raie : c’est de l’équarrissage.
En C1, ça va être du desanussage même
Si on en croit l’adage »été serein, saison qui craint » et si on imagine que son contraire se vérifie, alors la saison s’annonce grandiose. Néanmoins, BITE.
Haha la mascarade Angel Gomes n’a pas tardé à démarrer :-D
Vous n’allez pas être déçu, ça va être comme ça chaque week-end.
Mes condoléances.