OM-Montpellier (0-2), La Canebière Académie touche le fond sans attendre

Aioli les sapiens,

Comme une bague Kinder Surprise dans un écrin Tiffany, comme l’émissaire de Cortiou dans le massif des Calanques, comme Maryse Joissains au studio de Lucien Clergue, comme mes couilles sur ton nez, bref, tu l’auras compris, la prestation olympienne a un peu juré avec notre tout nouveau stade.

On ne va pas se cacher et on va même tenter d’exorciser le truc : oui, même au bout de deux matches, on peut déjà parler de crise. Certes, rien ne remet pour l’instant en cause le projet Bielsa sur le long terme (on n’est pas sur La Provence, ici). Sauf qu’ici, vois-tu, le long terme ça marche pour les travaux publics mais pas pour le football. Déjà que l’on a vu des joueurs crispés, à un niveau de performance individuelle bien moindre que ce dont ils sont capables, ce début de championnat foireux a tout de la bonne grosse spirale négative, agrémentés des belles anecdotes gaguesques qui font les bonnes recettes des saisons catastrophiques.

Donc, ya pas à chier, il y a déjà urgence : plus qu’une urgence à construire un projet de jeu qui, quoi que l’on dise, existe bien et vaut le coup d’être déployé, il y a urgence à évacuer cette peur qui risque de saper le groupe. Surtout, il y a urgence à glaner des points en s’adaptant dans l’immédiat aux qualités et insuffisances concrètes de l’effectif.

 

Le match (1ere – 62e)

Mandanda

Dja Djédjé-Nkoulou-Morel-Mendy

Romao-Imbula

Ayew (Payet, 52e)-Thauvin-Alessandrini

Gignac

La composition annonçait le retour du 3331, vite démenti par le positionnement de Romao au milieu de terrain. En phase défensive, l’on retrouvait un 4231 classique tandis que sur nos lancements de jeu, Alaixys redescendait couvrir pour permettre la montée de nos latéraux. Une option sécuritaire, qui a de fait réduit le danger au milieu de terrain, en accompagnant Imbula d’un récupérateur. Le problème est que le nivau de notre ligne défensive ne s’est pas amélioré pour autant, avec des erreurs assez énormes de Nkoulou puis Dja Djédjé. Pris d’une crise foudroyante d’Ebola footballistique, Brice se laisse ensuite prendre dans son dos sur une longue passe du milieu de terrain, Mounier n’ayant plus qu’à ajuster Mandanda d’un lob aussi astucieux qu’adroit (0-1, 18e).

A la décharge de Brice, signalons l’incapacité collective des défenseurs à se comprendre pour savoir s’il convient de monter pour mettre l’attaquant hors-jeu ou de rester au marquage : faute d’automatismes, la probabilité pour que les 4 défenseurs décident la même de ces deux options en même temps est forcément faible (1 chance sur 16, pour les matheux).

Devant, l’OM peine à se procurer des occasions, en raison de mauvais choix individuels, d’une difficulté à enchaîner les gestes rapidement (crispation mentale ? poids de la préparation physique ?) ainsi que d’une inadaptation de certains joueurs à leur poste. Vers la demi-heure de jeu, Thauvin abandonne son analité axiale pour se porter à droite, Alessandrini passant à gauche pour essayer d’enfin commencer son match tandis qu’Ayew prend l’axe. L’entente latéraux-ailiers s’améliore et, souvent après de bonnes percées d’Imbula, le danger arrive enfin dans la surface de Jourdren. Une effroyable maladresse dans la dernière place nous empêche cependant de nous procurer plus d’une occasion (conclue par un cafouillage devant Jourdren et une première blessure d’Ayew).

Le gag de la 50e

L’OM étant clairement en sous-régime, un changement semble s’imposer dès la mi-temps. Payet entrera-t-il à la place d’Ayew ou d’Alessandrini ? L’intendance répond à la place de Bielsa : dès l’engagement, Ayew monte avec rage au pressing et reçoit immédiatement un ballon dans le pif. Deuxième saignement, deuxième soin sur la touche, et deuxième maillot souillé à remplacer. Problème : Ayew ne dispose pas de troisième maillot floqué à son numéro. Un maillot non floqué et un marqueur ? Non, on n’a pas ça non plus. Aller en gainter un à la boutique officielle ? Non, Labrune veut des économies, on ne va pas dilapider l’argent du transfert d’Amalfitano dans un produit sous licence, ils sont hors de prix. Demander à l’un des 52902 spectateurs de dépanner ? Ah ben non, personne n’a la tenue adéquate, ça vous apprendra à vendre des maillots « third » à tour de bras. « Je l’avais bien dit qu’il fallait jouer ce match à Montpellier, on aurait pu aller taper dans la collection de Louis Nicollin », persifle Philippe Pérez, directeur général du club.

En conséquence, Marcelo Bielsa dit « El Loco », réputé pour son perfectionnisme, lui que l’on dit attaché aux détails jusqu’à la caricature, lui qui serait capable de réveiller le président à trois heures du matin parce qu’on risque de manquer de Chocapic au petit déjeuner de la mise au vert et qu’il est hors de question qu’un joueur mange des Miel Pops à la place, la crème mondiale des entraîneurs à la mainmise quasi-totalitaire sur tout ce qui relève du secteur sportif est obligé de procéder à un remplacement parce qu’un bras cassé de son staff n’a pas imaginé qu’un joueur pouvait endommager deux maillots dans une même rencontre. Putain, Marcelo, t’es à peine arrivé à Marseille que t’as déjà pris ta carte chez FO-territoriaux, pour branler à ce point ?

Donc, après 7 minutes passées à 10 contre 11 (sans jouer plus mal pour autant, d’ailleurs), Payet fait son entrée pour tenter de renverser la tendance et conquérir les cœurs du Vélodromepfrhhhihihi… non, rien à faire, j’arrive pas à écrire ça sérieusement.

A la 63e, en revanche, gros changement tactique.

Le match (63e – 90e)

 Mandanda

Romao-Nkoulou-Morel

Thauvin (Porsan-Clémente, 75e)-Imbula-Mendy

Payet

Gignac-Batshuayi-Alessandrini

Brice Dja Djédjé euthanasié pour ne pas souffrir davantage, Batshuayi entre en pointe, Gignac en deuxième attaquant lui tournant autour. Alessandrini continue dans un premier temps à squatter le côté gauche avant de se balader un peu plus. Thauvin, lui se démerde pour créer des actions à droite sans oublier quand même de surveiller les contre-attaques qui partent dans son dos.

Par exemple, moins de 5 minutes plus tard, il a oublié. D’une talonnade de merde, Payet transforme une passe d’Imbula en ballon de contre pour les Montpelliérains. Thauvin étant déjà aux abords de la surface adverse en train de se demander comment foirer son prochain dribble, il ne peut évidemment pas rattraper Mounier. Quant à notre défense, passée à trois et donc à une probabilité d’agir de manière coordonnée de 1 chance sur 8, elle nous offre un florilège de pas hésitants, de regards désespérés et d’indécision généralisée, avec pour triple résultat le maintien en position de Mounier, sa liberté totale de mouvement, et l’absence de marquage sur Sanson à la réception du centre (0-2, 67e).

L’OM pousse dans les minutes qui suivent et se voit tout proche de marquer suite à quelques parties de billard dans la surface de Jourdren. Sur chacune de ces occasions néanmoins, les défenseurs Montpelliérains se montrent les plus prompts. Nous cédons enfin au découragement dans les dernières minutes, quand le schéma tactique risqué s’ajoute au pressing plus lâche pour libérer les Héraultais et les approcher d’un troisième but.

Notre meilleure chance de revenir au score, Daniel Congré, n’entre qu’à deux minutes de la fin, ce qui s’avère insuffisant même pour lui.

 

Les joueurs

S. Mandanda (3-/5) : Il réalise enfin son premier arrêt décisif du championnat en rattrapant une cagade de Dja Djédjé, mais se voit piégé par le lob de Mounier puis abandonné de tous sur le 2e but.

N. Nkoulou (1+/5) : Quelques sauvetages, une ou deux foirade et une capacité à fédérer une ligne de défense qui ferait passer le festival annuel des punks à chiens altermondialistes de Nyons pour un modèle d’organisation cohérente.

J. Morel (3/5) : Lui-même touché par la désorganisation collective (en témoigne le 2e but) et quelque peu découragé en fin de match, il livre toutefois une belle partie à titre individuel.

B. Dja Djédjé (1+/5) : Son activité indéniable pourrait lui valoir le qualificatif de « joueur vibrionnant ». Mais le vibrion qui donne la chiasse, en l’occurrence.

B. Mendy (2-/5) : Bof en attaque, bof derrière, avec picotements anaux en option sur quelques actions.

G. Imbula (4-/5) : Forcément, à passer son temps à remonter des ballons et créer des décalages à un contre trois, il lui arrive de faire quelques mauvais choix. En attendant, sans lui, c’est la dernière once de dignité de notre équipe qui explose.

F. Thauvin (1+/5) : « Docteur Waddle et Mister Sconse » : quand il est spontané et relâché, c’est un génie potentiel, quand il est con et individualiste c’est Jordan Ayew. Là, il avait sévèrement abusé de la potion.

J. Porsan-Clemente (74e) : Entré pour participer à la fête. Il est important de lancer les jeunes dans les meilleures conditions pour s’épanouir.

A. Ayew (2/5) : Une première mi-temps très moyenne, et le cuir chevelu plus fragile que l’hymen de ta sœur.

D. Payet (52e, 1+/5) : Il s’est montré. La plupart du temps pour faire de la merde, mais il s’est montré.

R. Alessandrini (2-/5) : La banderole « bienvenue chez toi », c’était clairement trop de pression pour lui. Il aurait mieux valu qu’on l’insulte, comme au stade de la Route de Lorient, ça lui réussissait mieux.

AP Gignac (1+/5) : Match ou pas match,le dimanche midi du 15 août c’est soupe au pistou. Et André-Pierre est attaché aux traditions.

M. Batshuayi (63e, 2/5) : Il apporte un peu plus de percussion mais pas davantage de réussite face aux défenseurs.

 

L’invité zoologique : Abdelhamid El-Couilledotarie.

Privilégier l’agressivité à l’élégance, tel est le propre de l’otarie en rut. Elle sait que ce n’est pas en offrant un bouquet de roses qu’elle arrivera à ses fins, pas comme ces pinnipédés de Nimois. Bref, voici les observations diverses recueillies par notre invité.

Les autres : gagner les duels, s’engouffrer le moment venu dans nos fesses offertes, c’était suffisant pour bâtir un succès mérité.

Vu d’en face : Loulou et Marcelin sont lyriques.

La gestion prévisionnelle des emplois et des compétences : Après Benoît Cheyrou, c’est au tour de Morgan Amalfitano de rejoindre le placard le mieux garni de France, au prix d’un psychodrame à l’entraînement et d’une belle promesse de nous faire chier (par exemple en refusant un club de West Ham pourtant prêt à jouer sa fonction de gros intestin du mercato). Un placard dont il ne sera pas utile de ressortir Fanni, puisque l’on s’apprête à recruter Alef, milieu défensif brésilien en post-formation et qui sera donc opérationnel dans deux ou trois ans.

Merci les branques : l’absence d’illustrations dans cette académie est sponsorisée par SFR et sa connexion « Hotspot » de mes burnes. C’est couillon, pour une fois que je voulais mettre des trucs jolis. Si tu ne connais pas Lucien Clergue, je t’invite à découvrir. De même en ce qui concerne Maryse Joissains.

La page abonnement : à visiter, pour que vive l’alterfoot cananal historique.

Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Rémi M. gagne le concours zoologique.

 

Bises massilianales,

Blaah

academicien

Le plus grand auteur Anal de football

18 commentaires

  1. Mon vier, j’ai rêvé de l’erreur de calcul de probabilités cette nuit et j’arrive trop tard pour corriger. Le premier qui corrige gagne un dessin dédicacé.

  2. Mandana mérite 1-, enfin il mérite la mort par lapidation mais dans ta notation, ça vaut 1-.

    Sinon je rêve ou comme la provence, tu reproches à Bielsa de pas faire la lessive des maillots?

    Le fils de pute dont c’est le taf, et qui arborait dimanche un tshirt floqué Anigo, on en parle?

  3. C’est 1/256 non au départ ^^ et 1/27 au second (3 défenseurs)
    Bref, j’ai beau être parigot, je love tes académies. Good Job.

  4. Si on considère que chaque défenseur a deux options : jouer le HJ ou ne pas le jouer, je dirais que la proba qu’ils prennent la même décision est de 1/8 avec une défense à 4 puis 1/4 avec une défense à 3.

  5. Bravo Ikki, je commençais à désespérer

    @kaizer sauzée : Tu surinterprètes mes propos, là. Reconnais juste qu’il y a une certaine ironie à voir le manager réputé le plus perfectionniste que l’on ait eu depuis longtemps se faire avoir par une connerie si grossière de son subordonné. Il doit se rendre compte qu’il a un peu sous-estimé les manches à qui il avait affaire dans l’organigramme du club. Après, comme je l’écris en début d’académie, on ne va surtout pas faire comme La Provence qui passe son temps à flinguer Bielsa depuis sa signature, et même avant.

    @Victor : au temps pour moi, je croyais qu’une note de 1 et la comparaison de son match à une diarrhée sanglante était assez sévère pour Dja Djédjé.

  6.  » Une effroyable maladresse dans la dernière place »

    Comme un symbole de fin de saison 2014/2015 à Marseille?

  7. « Maryse Joissains au studio de Lucien Clergue »

    merci , « you made my day » !! :o)

  8. Tirage des défenseurs sans remise :), considérons que dans le cerveau bielsesque il y a 4 défenseurs jouant le hors jeu et 4 défenseurs le marquage… combien avons nous de chance d’en tirer 4 faisant la même action? 4/8 * 3/7 * 2/6 * 1/5 = 24/1680 = 1/70

  9. Je te dessinerai bien un arbre des probabilités mais j’ai la flemme et en plus d’autres ont l’air de l’avoir fait avant moi. En tout cas bon courage, je compatis.

  10. Je suis là, je suis Évariste Galois, je pourrais vous aider, mais j’observe juste, c’est marrant. De mon vivant on n’a jamais voulu m’écouter donc démerdez-vous.

    • Quand on meurt comme un con à vingt ans, on vient pas donner des leçons aux gens honnêtes.

  11. Bon ben encore moins de regret de pas avoir été en état de rentrer de mon mariage pour le match…

    Sinon le pire dans le truc des maillots, c’est que t’es à la maison, on a pas les maillots CHEZ NOUS!!!!!
    Putain même en district tu vois pas ça O_o’

    Va falloir chopper vite un stoppeur et vider les indésirables, car là sans Mendes derrière et avec les syndiqués de SUD Rail qui sont capable de retourner le vestiaire car c’était carottes au lieu de céleris à la cantine on va encore vers de grandes aventures….

    Putain ça pu quand même la saison Abel Braga :/

  12. Non mais je ne vous permets pas M. Blaah, je suis un génie, UN GÉNIE!!!!
    Tenez la preuve, j’ai une solution à vos déboires: en jouant avec un seul défenseur (complètement loco, donc dans les cordes de Bielsa), la probabilité que tous les défenseurs prennent la même décision est de 1. Envoyez-moi un MP pour savoir où m’envoyer un chèque de bons services rendus.
    Bises Anales.

  13. Cette défaite devrait vous remplir d’espoir, chaque revers contre la Paillade a eu des vertus curatives pour le léjendairolimpique, vertus certes insoupçonnables au moment des faits.
    2010 : défaite-péage vers l’autoroute du titre jalonné d’A/R en 1 semaine contre Sochaux type coupe de France old school.
    2011 : défaite pré victoire 3-0 contre le PSG la journée suivante.
    2012 : défaite pré victoire en Moustach cup contre le FC Chépuki 3 jours plus tard.
    2014 : défaite pré quelque chose à n’en pas douter.

  14. Vu d’ici (icit …Montréal) j’ai les couilles en berne .serieux la révolution sud americaine a pris l’eau, Allo, mais Allo quoi…tu es argentin , mais tu te fais entuber par un nigaud!
    bref j’ai hate à Samedi pour continuer à pleurer… ici (icit) on comprend vraiment pas pourquoi je recommence depuis deux semaines à avoir une tronche d’enterré..

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