OM-Nice (1-1) : La Canebière Académie se laisse glisser

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Un vier peut en cacher un autre.

Aïoli les sapiens,

À la Commanderie, les cyprès continuent à dresser fièrement leurs hampes vertes, comme autant de majeurs tendus aux allergiques. Quentin Tarantino aurait pu passer toute la mise au vert à filmer des ouvertures de coffres en vue subjective et contre-plongée, il n’aurait trouvé aucun joueur apeuré mais seulement des sacs emplis de chaussettes malodorantes. Si, le soir venu, le Vélodrome s’est certes empli de sifflets et banderoles, tout ceci est demeuré dans les limites de la bienséance et du respect de la dignité humaine. Quels enseignements tirer de cet assagissement ?

Tout d’abord, il serait bon d’arrêter de nous casser les couilles avec le contexte marseillais. À aucun moment cette année, comme d’ailleurs les précédentes, le public n’a été une source de déstabilisation de l’équipe. Sauf à ce qu’on nous rapporte une cause extérieure méconnue jusqu’ici (noyautage du banditisme, tromperies conjugales mutuelles, épidémie de chikungunya), si contexte marseillais il y a, il réside bien dans la propension des dirigeants et des joueurs à se mettre tous seuls dans la merde alors que tous les voyants étaient au vert.

Plus inquiétante serait l’hypothèse selon laquelle nous assisterions moins à un assagissement qu’à une indifférence. Plutôt que de se gâcher la vie avec ces mastres, s’en battre les couilles représente sans conteste un signe de maturité. Sur le plan humain, c’est plutôt valorisant, mais sur le plan supportarial, c’est la menace d’un spectre autrement plus dangereux que les révolutions incessantes : celui d’un lâchage du club par son public. Après tout, à quoi bon s’acharner à consacrer autant d’argent et de temps à sa passion, si même des personnes dont c’est le métier, rémunéré plusieurs dizaines de milliers d’euros, ont eux-mêmes abandonné. Pour autant, la passion du public reste le principal actif du club, pour parler comme des connards de comptables : si les dirigeants continuent à dilapider ce capital, ce n’est pas un nouveau logo Instagram de merde qui aidera à remonter la pente.


Les B-Beye Boys

Rulli
Pavard – Balerdi – Medina
Weah – Vermeeren (Greenwood, honte à nous, 62e) – HøjbjergTimber(Abdelli, 80e), Emerson(Mmadi, 62e)
Nnadi (Kamissoko, 80e)
Aubameyang

Nous sommes priés de croire que, si Beye fait de la merde dans sa composition d’équipe, c’est contraint et forcé par les absences : rien moins qu’Aguerd, Egan-Riley, Kondogbia, Nadir, et Paixao sont forfait pour blessure. S’y ajoute Traoré, forfait pour cause d’une bonne chiasse (ou d’une autre maladie, la supposition n’est émise ici que pour l’équilibre littéraire du texte). Greenwood (honte à nous) est quant à lui maintenu dans le groupe, mais dans l’incapacité de disputer un match entier. Nwaneri reste sur le banc pour cause de rienàbranlisme à l’entraînement, d’après Beye.

Dans ces circonstances, il aurait fallu titulariser Abdelli pour faire plus rhéné que cette composition, un piège dans lequel même notre coach ne tombera plus. Nnadi en tire les bénéfices, sous la forme d’une première titularisation. Voire, ces choix plutôt contraints permettent même de retrouver un milieu un peu plus dense que lors de notre dernière sortie analo-merlussienne.


Le match

Un milieu plus dense, c’est en effet ce qu’il nous aurait fallu à Lorient. La correction arrive finalement quand nous nous trouvons face à un blocquéquipe abominablement bas, face auquel un triple-milieu défensif s’avère aussi utile qu’une serviette « flux abondant » à Brigitte Macron.

L’OM possède la balle, certes, puisque de toute façon Nice n’en veut pas. Pour ce qui est de la percussion, en revanche, l’absence de nos joueurs créatifs pèse un tantinet. L’OM s’adapte néanmoins pas trop mal, d’une part en disputant les duels bien peu plus sérieusement qu’au match précédent, et d’autre part en multipliant les centres. On ne cessera jamais de répéter ici que, plutôt que de faire tourner le ballon des heures en attendant une ouverture qui ne viendra jamais, un bon centre de bourrin dans la boîte est une bien meilleure manière de créer de l’aléatoire, donc potentiellement des occasions.

Et quand, de surcroît, lesdits centres sont plutôt adroits, on peut même s’autoriser à entretenir quelques espoirs. Une tête de Vermeeren est ainsi mise en échec par le gardien après un centre de Weah, avant que Balerdi ne manque sa volée sur un corner d’Emerson. Bis repetita à la demi-heure (oui, je n’ai pas dit non plus qu’on accumulait les occasions, hein) : Emerson au coup-franc, Balerdi à la tête, Diouf à la parade. Nnadi s’essaye ensuite à la tête, sans plus de résultats.

En tout et pour tout, l’OM parvient à produire une seule combinaison au cœur de la défense, en l’occurrence un joli triangle Vermeeren/Timber/Højbjerg. Lancé devant le gardien, Pierre-Emile préfère décaler au centre plutôt que de tenter sa chance mais, encore tout ébahi de leur exploit, Arthur avait oublié de suivre l’action… Balerdi, dont on n’aura jamais autant parlé en évoquant nos occasions à nous, place quant à lui encore une tête hors cadre.


Pauvre en jeu, du fait avant tout de l’absence de tout joueur sachant créer un minimum balle au pied, le bilan de la première période reste au moins encourageant dans les intentions. De leur côté, les Niçois se contentent de rester à l’affût de nos gaffes défensives : hormis une dinguerie de combinaison sur coup-franc, conduisant à un contre avorté par le retour in extremis de Weah, nous restons néanmoins plutôt sages de ce côté-là.

Les rapports de forces restent identiques en début de seconde période, avec un petit supplément « seconds ballons » bien appréciable de notre part. Jean-Bite place ainsi une tête à côté, puis réussit un très beau tacle offensif aboutissant à une occasion de Nnadi, contré. S’ensuit, devinez quoi ? un corner d’Emerson sur lequel Balerdi, absolument seul, manque sa meilleure occasion.

Un court moment de flottement oblige ensuite Rulli à s’employer par deux fois. Alors que Mmadi et Greenwood (honte à nous) ont remplacé Emerson et Vermeeren, Nnadi y va à son tour d’un énième centre : cette fois-ci, la trajectoire prend à revers les défenseurs, derrière lesquels Højbjerg surgit pour appliquer une tête plongeante imparable (1-0, 66e).

La rétractation gonadique est immédiate, les joueurs se mettant à faire tourner la balle sans intention offensive, comme cela leur a tant réussi par le passé. Il faut une défense de justesse de Medina pour éviter une sanction rapide. Rulli, de son côté, se dit qu’une égalisation rapide serait encore le meilleur moyen de nous réveiller, plutôt que d’attendre le but dans le temps additionnel : le voici donc qui offre le ballon à Bard, lequel centre pour Boudache absolument seul. En bon homme de Puel, le Niçois est discipliné : égaliser oui, mais pas trop tôt. L’attaquant gâche donc l’offrande en manquant le cadre.


Pendant ce temps, sur le banc, l’ambiance est la détente entre Pancho Abardonado et Habib Beye :

Dis, Habib, ça te dit qu’on joue à « ni oui, ni non, ni Abdelli » ?

– Pourquoi pas.

– Est-ce que t’es confiant pour la fin du match ?

– Relativement.

– Je vais prendre un peu d’eau, au fait, tu en veux ?

– Pas maintenant, merci.

– Nnadi a l’air rincé, là, on a qui comme milieu à faire entrer ?

– Facile, j’ai mis le jeune Kamissoko sur la feuille, c’est pas pour rien.

– AAAAAAH, Quinten veut sortir aussi, vite, qui on fait entrer ?

– AAAAAH, APPELLE VITE ABDELL… ah, merde.

– Perduuuuuu !

Cinq minutes après l’entrée de notre porte-poisse officiel, il reste à prédire lequel de nos mastres va tout saborder : Balerdi ? Pavard ? Les deux à la fois ? Un outsider ? Preuve que la valeur n’attend pas le nombre des années, c’est le jeune Tajiddine Mmadi qui prend ses responsabilités et provoque notre perte d’un geste de trépané absolu. En l’absence de tout danger immédiat et à l’extrême limite de notre surface, le voici qui colle une semelle sur le pied de Clauss et concède le pénalty indiscutable. Wahi se venge de toutes les bouchasses argentines qui ont passé le match à vouloir le bolosser, en pissant sur Rulli d’une panenka parfaite (1-1, 88e).


Comme attendu de ces connards, le réveil olympien survient aussitôt, comme si ces idiots n’avaient pas pu continuer à mettre la pression avant de concéder l’égalisation. Greenwood (honte à nous), tente de faire le héros solitaire par de multiples frappes, dont une seule se montre réellement dangereuse. Sauveur de la patrie, Balerdi se trouve à point nommé à la réception d’un centre dévié pour, à un mètre du but… ôter le ballon à Aubameyang qui n’avait plus qu’à la pousser au fond. Une ultime pression sur corner, assortie d’une montée de Rulli et d’un tir contré de Højbjerg, n’y font rien : pour la 12876e fois de la saison, les Olympiens perdent des points comme les abrutis finis qu’ils sont irrémédiablement.


Les joueurs

Rulli (2+/5) : Entendons-nous bien : ça ne me gêne pas que toi et tes compatriotes vouliez jouer au plus connard avec Wahi, qui lui-même a l’air de se défendre très bien dans l’exercice. Il n’empêche qu’à ce jeu, il y en a un qui peut ressortir en faisant le mariolle, et les autres en passant pour des couillons.

Pavard (3/5) : C’est acquis depuis Lorient :Balerdin n’a aucune dignité dès qu’il s’agit de défendre l’écusson à l’avant du maillot, et le nom de sa famille derrière. La LFP a donc tenté de lui coller à la place le nom d’un enfant harcelé, en se disant ça passe ou ça casse : soit le minot se fera deux fois plus péter la gueule lundi matin, soit Balerdin se motive à l’idée que le petit a déjà assez souffert comme ça pour qu’on affiche son prénom sur le dos du pire vier pané de la ville.

Balerdi (3-/5) : Au lieu de saboter le match en concédant des buts, Leo a consciencieusement foiré ses propres occasions de marquer. Savoir se renouveler, c’est la marque des meilleurs.

Medina (3-/5) : Quand est venu trachetolquer Wahi avec sa tronche à conduire une Mégane jaune et le short remonté sous les aisselles, j’ai repensé à Gabriel Heinze. Et j’ai pleuré.

Weah (3-/5) : Soyons positifs et disons-nous qu’après des semaines à mimer la méningite de l’holothurie, Timothy a retrouvé un certain allant. Pour l’efficacité, on verra ensuite.

Emerson (2+/5) : Dans le jeu c’était pas terrible, maisles coups de pied arrêtés étaient très bien. Avec un Balerdi guéri de son strabisme, ça aurait fait une ou deux passes décisives sans problème.

Mmadi (62e, 1/5) : Le Paul Seixas de la débilité défensive. On pensait que Pogapavard et Balerdinepoel allaient se partager une domination sans conteste pendant des années, et là t’as un surdoué de 19 ans qui vient bousculer les hiérarchies.

Højbjerg (3+/5) : Pour la première fois depuis une éternité, il arrive à mettre en cohérence les paroles, les sourcils froncés et les tatouages avec les actes, et ce pendant 90 minutes. On avait failli attendre.

Vermeeren (3-/5) : Joueur de devoir sans génie mais relativement fiable, insuffisant à lui seul pour porter l’équipe mais toujours utile au cours d’une saison. Soit, dans le management olympien, le genre qu’on bazarde comme une bouse au mercato pour le remplacer par moins bien.

Greenwood (honte à nous, 62e, 3-/5) : Selon certains journ… enfin, selon foot Mercato, sa non-titularisation s’explique non seulement pas des soucis physiques mais aussi par des frictions à l’entraînement. En d’autres temps, on aurait rigolé de l’affrontement entre « je suis le seul à savoir jouer au foot donc j’ai le droit d’être une tête de con » et « je suis un grand théoricien du foot, respecte mon autorité » ; là, on est juste un peu fatigué.

Timber (2+/5) : En temps normal, un énorme moteur au service du jeu. Mais ici, quand les circonstances lui demandent en plus d’être le jeu, ça commence à faire beaucoup d’exigence.

Abdelli (80e) : On est certains qu’il a sa licence à la fédération de football, et pas à celle de randonnée pédestre ?

Nnadi (3/5) : Évidemment, on reste un gros cran en-dessous des dynamiteurs de défenses patentés. Mais pour ce qui est de jouer les utilités, Tochukwu a fait le taf.

Kamissoko (80e) : Bravo à Nouhoum pour ses premiers pas chez nous. Il te reste beaucoup à apprendre, mais tu verras, toi aussi un jour tu seras capable de torpiller des matchs avec une connerie défensive, comme les grands.

Aubameyang (1+/5) : Jean-Bite a été aussi difficile à trouver dans la surface des niçois qu’un électeur de gauche dans leurs urnes.


L’invité zoologique : Jonathan Cloporte

Pas un poil sur le caillou, se replie en boule sur soi-même, ne sort que pour ramper dans la fange et se repaître des pourritures qui traînent à terre. Le cloporte est bien l’invité zoologique approprié pour évoquer les niçois, leur 541 et leur maire.

  • Les autres : Seule différence entre le Nice de Puel et celui d’Eric Ciotti : chez Puel, c’est aussi la priorité à l’ordre et à la discipline, mais se montrer intelligent est valorisé ;
  • Le classement : Tout le monde gagne à part Monaco, et nous voici sixièmes à quatre points de Lyon et Lille. La troisième place est quasiment enterrée, la quatrième tiendrait d’un miracle, et se bouger un petit peu le cul nous autoriserait pourquoi pas à espérer la Ligue Europa.
  • Coming next : Nantes et le Havre à l’extérieur, Rennes à la maison. À supposer qu’on ne fasse pas totalement de la merde, on pourra éventuellement considérer les calendriers de Lyon (Rennes-Toulouse-Lens), Lille (Le Havre-Monaco-Auxerre), Rennes (Lyon-PFC-nous) et Monaco (Metz-Lille-Strasbourg).
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Atmane H. remporte le concours zoologique.


Bises massilianales,
Blaah

4 réflexions sur “OM-Nice (1-1) : La Canebière Académie se laisse glisser

    1. Tout est déjà bouclé ! 2-3 anciens champions du monde italiens, grâce au réseau de Mehdi, 2-3 champions de la CAN sénégalo-marocains pour l’ambiance, et une pépite néerlandaise pour avoir un coupable idéal si ça tourne mal…

  1. N’empêche, on a beau changer les joueurs, les coachs, les dirigeants c’est toujours la même histoire. La seule chose qui reste c’est nous, les supporters. Il y a peut-être un rapport du coup? Même si je ne le vois pas. La ville? Il y a quoi qui empêche l’OM d’être bon deux années de suite? Pourquoi ça déraille à tous les coups?

    Cette année c’est un suicide en règle, alors qu’au final c’était pas si pourri, tout est parti en vrille en Janvier.

    Sur ce match on peut également signaler que Mmadi subit le même geste que le peno mais que puisqu’il ne se roule pas par terre, il n’y a rien …

  2. Les supporters, et la qualité des acad’, inlassablement – bravo et merci pour encore une magnifique saison!

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