Nîmes-Nantes (0-1) : La Crocro académie au fond du trou
Salut les zguègues,
L’heure est suffisamment grave pour que je m’extirpe de ma léthargie éthylique, j’espère que vous mesurez à quel degré de détresse on en est. Je présente au peuple nîmois mes plus plates excuses pour ne pas avoir été en mesure de tenir le rang et d’assumer en académisant les déculottées reçues à Bordeaux et contre Lyon (quoique cette dernière s’apparente plutôt à un vol, mais passons).
C’est déjà un match capital pour le maintien que jouait le NO ce samedi avec la réception de Nantes. Nous ne devons jusqu’à présent la chance d’éviter la lanterne rouge qu’à l’abnégation du Téfécé à vouloir à tout prix prouver qu’ils sont plus mauvais que nous, mission délicate s’il en est.
Si sportivement on pue la merde, c’est avant tout parce que notre fonds de jeu se résume à pas grand chose. Le système sur lequel reposait l’équipe depuis deux-trois saisons devait beaucoup à Savanier, qui faisait le liant avec l’attaque. Si on ajoute à ça que de nombreuses victoires acquises l’an passé l’ont été sur CPA, majoritairement tirés par Savanier, Alioui et Bobichon, tous partis cet été, on mesure un peu l’ampleur du chantier. Rien de rassurant à constater qu’on attaque la rencontre avec un milieu novice, composé de Sidy Sarr, globalement décevant jusqu’à présent, et d’Antoine Valerio, issu du centre de formation. Sereins, on vous dit.
L’équipe

Niveau extrasportif, comme on dit, c’est là aussi le foutoir. Ceux qui sont intéressés ou masochistes peuvent s’infliger l’excellent résumé de la situation administrative du NO fourni par Romain Molina. Seule déception, on ne trouvera aucune trace d’un complot orchestré par Pini Zahavi dans cette vidéo.
En résumé, le NO est le club de Ligain avec le plus petit budget (ça tout le monde le répète à l’envie partout, « on est le plus petit budget mais on a des valeurs », toutes ces conneries), mais c’est aussi et surtout le club le plus amateur qui soit dans son organisation, avec une poignée de salariés qui font tourner la boutique tant bien que mal, toujours à la limite du surmenage, le tout sous la houlette d’un président plutôt absent. Pour ceux qui suivent le club, là non plus rien de nouveau. On apprend en revanche pas mal de choses sur le rôle d’Arpinon, l’adjoint de Blaquart, ainsi que sur les transferts surprenants de cet été (un Bosnien et un Macédonien, quand même). C’est pas triste, mais c’est surtout flippant pour la suite. Les développements récents, avec le départ de Laurent Boissier et les déclarations mi-surréalistes mi-dépressives de Blaquart, ainsi que le conflit qui commence à s’envenimer entre groupes de supporters et direction, font qu’on en arrive à une situation bien merdique qui fleure bon la saison galère.
Le match
En gros 10 bonnes grosses premières minutes avec une belle intensité, où on passe pas loin d’ouvrir la marque sur un corner pour une fois bien frappé, puis plus grand chose jusqu’à la mi-temps de notre côté. Comme il se doit dans ce genre de match, on donne juste ce qu’il faut de bâton pour se faire battre, en l’occurrence Sofiane Alakouch donne ici juste ce qu’il faut de tête en retrait foireuse pour remettre Moses Simon en jeu, lequel a tout le temps pour mettre en retrait à Imran Louza, tout seul à l’entrée de la surface, qui a le temps de se faire un café et de demander l’addition avant d’ajuster Bernardoni une main dans le slip (0-1, 28e). Le même Bernardoni nous sort ensuite deux parades de bonhomme pour nous éviter la correction, et c’est finalement assez heureux qu’on rentre aux vestiaires avec un seul but de retard. Les transmissions au milieu sont lentes, nos ailiers ne sont que rarement servis en situation, et Ferhat gâche beaucoup de CPA.
La réaction en deuxième mi-temps est là, et heureusement, mais on reste globalement inoffensifs. Aux problèmes structurels de construction du jeu s’ajoutent comme il se doit dans les situations de crise l’absence de chatte.

Nouvelle défaite donc, une fin d’année catastrophique à tous les niveaux, et un NO qu’on retrouve dans ce qu’il fait de mieux : faire du mal à ses supporters. Les trois dernières saisons étaient sans doute trop belles pour qu’on ne connaisse pas un retour de manivelle, pas vrai ?
S’il faut trouver des raisons d’espérer, disons qu’on peut difficilement être plus mauvais et plus malchanceux que ces derniers temps, et que la roue va sans doute finir par tourner. Le mercato peut nous permettre de nous renforcer (si Assaf lâche un peu d’oseille), au moins pour un relayeur et un 9, et le calendrier de janvier s’annonce plus clément, avec pas mal de matchs à domicile. D’ici là, essayons de ne pas nous faire défoncer au Vélodrome, et ce sera déjà pas si mal. Le championnat étend encore long et globalement nivelé par le bas, on peut encore largement espérer s’en sortir à l’arrache. A plus long terme, il semblerait qu’Assaf ait décidé de doter le club d’une vraie cellule de recrutement. Si on arrive à s’en sortir et à continuer à faire éclore des jeunes du centre, pourquoi pas rêver. En attendant, passons aux artistes.
Les chèvres
Bernardoni (4/5). Tant pour ses arrêts de classe que pour ses déclas d’après-match, qui prouvent qu’il s’est imposé comme un leader. On ne dira jamais assez le bien qu’il nous aura fait sur ces deux dernières saisons.
Miguel (3/5). Plus solide qu’Alakouch sur ce match, et quelques montées intéressantes…
Briançon (3/5). Un peu lent dans certaines anticipations, mais bon à la relance, comme d’habitude. Dommage que ce soit notre défenseur central qui doive jouer meneur de jeu.
Martinez (2/5). Assez solide dans l’ensemble. Et pas loin de marquer en fin de match…
Alakouch (0/5). Rien à sauver ce soir, pris dans son dos toutes les 10 minutes et quasi passeur décisif sur le but nantais.
Sarr (2/5). Plutôt propre, et bonne présence offensive sur CPA, mais toujours l’impression qu’il va se casser en deux au moindre contact.
Valerio (3/5). Encourageant, alors que le contexte n’était pas du tout évident. Remplacé par Duljevic, qui a apporté un réel plus offensif, comme contre Metz.
Philippoteaux (2/5). Il a l’air de piocher physiquement, fait moins de différences qu’en début de saison.
Ferhat (1/5). C’est dur, on voit qu’il a envie de bien faire, mais ses coups de pied arrêtés sont souvent mal tirés, et il cherche trop souvent à faire la diff’ tout seul.
Ripart (1/5). Très compliqué encore une fois. S’il pouvait n’être que le supersub qu’il devrait être, ça serait plus facile pour nous et pour lui.
Denkey (2/5). Plus remuant et plus en vue que Ripart, mais un peu bordélique dans la finition. Remplacé en toute fin de match par Stojanovski, dont on ne sait toujours pas s’il faut attendre quelque chose ou s’il s’agit juste d’une mauvaise blague.
Allez, on va continuer à y croire même si on doit en chier. Allez Nîmes, bordel.