Bem Vindo em Tuga, Futebol contre COVID-19

Au pays des grands navigateurs, certains n’ont pas perdu le goût du risque pour les profits.

Bom dia,

Alors que la France et les Pays-bas ont décidé de terminer la saison en validant les même critères pour les montées et descentes des championnats professionnels et amateurs, l’Allemagne (ndlr le 16 mai a été annoncé depuis), l’Italie, l’Angleterre et l’Espagne veulent reprendre mais sans date ou trouver d’accord et repoussent sans cesse les annonces. Le Portugal vient de basculer en étant le premier pays à donner une date de reprise mais sur des conditions tellement portugaises.

Le lac de la Serra da Estrela ou le cul des Portugais ?

Récapitulons pour les deux cons du fond qui ne regardent que BFM ou CNEWS et pensent donc que la France est le meilleur pays pour gérer la crise.

Voyant l’épidémie arriver grâce à sa position géographique occidentale, le Portugal a décidé du confinement dans le pays en même temps que la France et plus de dix jours avant l’Espagne. Prenant les choses en main et à la surprise générale, le Portugal gère la crise comme une finale de ligue des champions menée par Mourinho. Chacun à sa place, pas de chichi, efficace, ça teste à gogo, ça isole les cas, limite les morts, ça offre des masques à tout le monde, ça régularise les sans-papiers pour qu’ils ne se cachent pas et aient accès aux soins. Tout le monde est surpris à commencer par les Portugais eux-même. 


Juvénal et la satyre Tuga

Oui mais voilà, tout allait bien dans le meilleur des mondes jusqu’à ce que le pain (la religion, pas le sujet ici) et le jeu (le Futebol) se rappellent aux bons souvenirs de tous.

En trois actes tout le monde du foot à la mode Clubisme (O Grandes), magouilles et compagnie ont rappelé à quel point il est puissant dans le pays.


Acte I

Le 2 mai, le président de la fédération annonce que les compétitions amateurs sont terminées.

Pour la monté vers la Liga II, bravo à Aruca et Vizela qui sont donc les heureux vainqueurs des playoffs non joués.

Ah oui premier problème, la D3 portugaise est un championnat amateur. Elle est composée de 4 poules de 18. Les deux premiers de chaque poule s’affrontent dans des playoffs en quart, demi puis finale. Les deux finalistes sont ceux qui montent (plus simple que la Jupiler league).

Mais du coup, prendre sur des poules différentes les deux équipes qui ont le plus de points, ça en laisse six sur le carreau avec un seum niveau France 2016, Belgique 2018 ou OL 2020. Ah oui Arouca en poule B monte avec 58 points alors que dans la poule D, Olhanense et Real Sport Club ont tout les deux 57 points et se tirent la bourre (ce n’est pas sale) depuis le début du championnat. Dès le 3, un communiqué des six clubs annoncent se réserver le droit de faire appel.


C’est là qu’arrive l’acte II

Le 5 mai le secrétaire à la jeunesse et au sport João Paulo Rebelo, annonce que les conditions sanitaires ne sont pas réunies pour que la Liga II reprenne. Alors que dans les coulisses les clubs mettaient la pression pour reprendre, le gouvernement annonce une décision forte, et il reste une réunion l’après-midi entre la ligue et la fédération pour la Liga. Bref, accorder le titre à Porto ou pas ? Que faire pour la finale de la Coupe ? Les montées et les descentes…A ce moment là ça ressemble beaucoup à ce qu’il vient de se passer en Ligue 1.

Mais là, la réunion des instances du foot portugais au gouvernement est repoussée au 6 mai et les présidents des trois grands vont venir expliquer comment faut faire.

Le patron de la ligue Proença, de la fédé Fernado Gomes, le premier minstre Antonio Costa mais surtout les trois patrons Pinto da Costa (Porto), Luis Filipe Vieira (Benficaca) et le petit nouveau Frederico Varandas (Sporting)

Vous ne voyez pas ça ? Ça va venir.

Donc réunion au sommet entre les patrons du pays et les marionnettes mis au pouvoir.

La réunion dure et à la sortie le premier ministre doit aller devant la télé publique pour expliquer à l’inverse de la décision prise la veille, que la Liga va reprendre, la finale de la coupe va se jouer si les conditions sanitaires le permettent et que les entrainements peuvent reprendre sous conditions.

Dans la foulée les vrais patrons envoient le petit nouveau (Varanda) sur la S.I.C, une télé privée pour justifier la bonne décision.


Argument 1 : le football, c’est safe !

“Si le football professionnel ne peut pas démarrer, quelle entreprise au Portugal le peut ? Il n’y a pas d’entreprise au Portugal où les travailleurs ont de si bonnes conditions et si peu de facteurs de risque.”

Ben oui ? Qu’est ce qu’on est cons ! 22 personnes sur un terrain de foot, c’est quand même autre chose que un mètre dans les supermarchés non ? En plus, les joueurs peuvent arriver en tenue et se barrer sans passer par le vestiaire ? Ben quoi, comme en débutant ! Il y a plus de risques visiblement à être un par bureau ou en télétravail qu’à jouer au foot, à transpirer, postillonner, se rentrer dedans, c’est l’évidence même.


Argument 2 : les pépettes !

“Le gros problème sera le marché des transferts, d’où viennent 50% des revenus, des ventes de joueurs. Le marché portugais est exportateur de joueurs. Il faudra de bonnes années pour que les grands clubs retrouvent la capacité financière qu’ils avaient avant la pandémie »  

Ben oui que vous êtes cons ! Le modèle des clubs portugais repose sur les transferts et si on ne joue pas, comment on va vendre nos joueurs ??? 

De plus c’est les méchants du gouvernement !

“Je ne parle pas des limitations que le gouvernement nous communique. L’année prochaine, nous devrons peut-être vendre seulement un quart des places des stades, ce qui signifie un quart de recettes de billetterie, de sponsors, de partenaires. Ce sera une nouvelle réalité et un problème très grave. Dans un moment comme celui-ci, il y a l’instinct de survie, et si les grands ne défendent pas l’industrie du football à un moment pareil, nous ne serons pas là longtemps ».

Vous voulez tous nous faire mourir ? Le gouvernement brise notre liberté d’entreprendre, Ils veulent tuer l’économie du foot, veulent nous faire mourir et vous parlez de santé !  VOUS ÊTES DES MONSTRES !


Argument 3 : Poussez-vous je suis médecin !

Il y a eu une coïncidence très heureuse pour le football portugais que l’un des présidents, (lui NDR), d’être médecin, d’être sur le terrain, a donné confiance au gouvernement. Le gouvernement a dit oui, mais vous devez être responsables.”

Alors là, oui je ne l’avais pas prévu, pas vu venir ! Comme Christian Clavier dans les Bronzés, Varandas a expliqué qu’en tant que médecin, il avait convaincu le Premier ministre, le président de la fédération et de la ligue qu’il n’y avait rien à craindre. Si vous voulez on peut rester à huis clos pour finir la saison mais faut pas en faire tout un fromage de la grippette! C’est con pour Aulas, s’il avait eu un diplôme, Lyon aurait fait ses playoffs. Désolé Jean-Mimi.

Bilan :

– Mardi, les championnats sont finis.

– Mercredi, comme un président d’un club de liga est médecin et qu’il faut sauver le business, la liga va finir à partir de fin mai, et la finale de la coupe aura lieu.


Acte III : La rébellion

Faisons un point sur deux choses : 

– La Liga II est donc stoppée à 10 journées de la fin avec deux montées et deux descentes alors que la Liga, elle, peut finir.

Si le Nacional et Farense sont les heureux clubs qui montent avec 8 points d’avance, en bas de tableaux ça gueule sévère. Casa Pia et Cova de Piedad (20e et 19e) avaient des matchs contre les adversaires directs, de plus, en ligne de mire (9 points quand même) le Benfica B est 16e. Hors le calcul est que dans la lutte pour le titre, Benfica na va pas renforcer la B et donc risque de perdre des points.

Pour calmer les choses, la ligue et la fédération annoncent des mesures d’aide exceptionnelles qui voient 180 000€ par club de compensation. Les dirigeants qui se sentent lésés font des sorties sur le prix du silence. Cova de Piedad étudie un recours juridique.

– La D3 est donc désabusée car on peut jouer des matchs de liga et de coupe mais pas de playoffs sur 10 jours!

Attention, ce n’est pas fini… Dans la foulée le président de la fédé annonce une refonte de la D3 avec un championnat à poule unique et la création d’une nouvelle division dans deux ans.

Pour y accéder les clubs vont devoir passer par un brassage de poule passant de 96 à 70 puis 20 sauf que les modalités ne sont pas encore définies.

Bref les Shadocks pompaient, les Portugais réorganisent.

Le 8 mai, réunion des présidents des clubs, passés à la fistinière après avoir avalé du GHB, à la Fédé, 5 présents, un en visio et là, ils ne vont pas au bout ?

La raison ? Le président de la Fédération n’est pas là, sans excuse, juste qu’il n’a jamais été question qu’il vienne hein, il y a assez de monde, alors bon hein, voilà !

Les présidents, un peu énervés sont ressortis en expliquant que pour eux la saison n’étaient pas terminée, qu’ils étaient les premiers socios (adhérents) de la fédération et que le traitement de la plus haute compétition de la fédération était une honte.

Tout ce bordel n’est que le début de la guerre de la reprise du football dans le pays car le ministre de la Santé essaie de reprendre la main en disant que tout peut encore être stoppé pendant que les trois grands envoient des messages à leurs supporters pour les prendre à parti, comme le professeur Raoult pour faire avaler sa chloroquine.


Conclusion :

Dans tout ce merdier, on voit que le foot est au dessus de tout dans ce pays. 

Fort des problèmes de corruptions, de magouilles dans les transferts, de justice, c’est maintenant les problèmes de santé publique qui sont gérés par Benfica, Porto et le Sporting pour leurs intérêts, en jouant sur les fidèles prêts à mourir pour leur club…

Parfois on entend que ce n’est que du foot, putain sûrement les mêmes qui aiment bien Pascal Praud et sa vision de la vie. Le foot, et encore plus dans un pays où c’était le seul moyen de s’exprimer sous la dictature, est en fait plus qu’un reflet de la société, c’est la vie de cette société. C’est quelque chose qui est si puissant que son arrêt contrebalance jusqu’à la salubrité publique. C’est tellement fort que même en étant conscient de cette folie, même en vous ayant détaillé l’absurdité de cette reprise, je serai devant les matchs, vides de spectateurs, et prêt à payer une cotisation de socios pour sauver mon club… Le foot et la vie finalement doivent s’adapter et reprendre, avec cet espoir de tirer les leçons et changer ce monde d’avant.


Sources : 

Pendant cette période de confinement, j’espère que vous prenez soin de vous et vos proches.

C’est peut être aussi l’occasion de vous lancer pour nous rejoindre, nous soutenir (clique sur les boutons en dessous) 

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beijos anal, Homerc

Homerc

Né un soir de mai 1987 devant une talonnade devenu mythique. Tranchant comme Couto, précis comme une trivela de Quaresma, Dingue comme Futre #Troll #Sexe #RockNRoll

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