VAR : Requiem pour mon foot.

VAR de mes 2
C’est quoi le football pour toi ? Sur quels évènements s’est construit TA dramaturgie footballistique ? Réfléchis-y, parce que tout ça, ça n’existera plus.

Comme tout fan de foot qui se respecte, les premières émotions, les premières joies, les premières colères sont celles que j’ai vécues sur le terrain. En jouant. Avec des copains avec un ballon pourri sur l’asphalte bosselé de la cour de récré de l’école. Ou au parc, dans le jardin. Partout en fait. Puis sur le « terrain » en schiste, à côté du terril qui jouxtait mon collège, sur lequel on jouait NOS coupes du monde à nous, le « vrai terrain », en herbe, étant réservé aux matches du club local. Et lors des tournois de sixte entre potes, (devenus des tournois de FAÏVE, payants donc) ou des matches plus officiels de quand-j’ai-joué-en-club.

Et ces premiers souvenirs, quand je m’y replonge, c’est quoi ? Des matches gagnés, des matches perdus et encore, honnêtement, j’ai oublié. Des moments entre potes qui finissent en bataille de shampooing sous la douche, ou en prises de tête avec les bouseux du coin pas contents de l’arbitrage. D’ailleurs les bouseux du coin, des fois, c’était nous.

#Terraindhonneur
Lieu de tellement de victoires en coupe du monde.

Pour l’arbitre qui avait le dévouement de venir supporter ça (à savoir des contrôles du tibia, des passes à deux mètres ratées et des tacles de bouchers) les niveaux amateurs sont souvent synonymes de tensions à gérer. On ne joue pas nos vies, on ne joue pas de salaires, ni même, alors qu’on le revendique, ne représentons les couleurs locales. La plupart du temps, on s’en branle de ça. On veut marquer parce que notre Kelly à nous est le long de la main courante à se faire chier. Et qu’on serait plutôt bien vu de la récompenser d’avoir passé deux heures à écouter les gros Thierry locaux gueuler comme des putois sur le « tcho Sullivan » ou sur « Mobylette« (surnom en général porté par le plus petit de l’équipe qui court juste un peu plus vite que ces gros coéquipiers, mais qui en fait est une brêle). On veut aussi gagner parce que les mecs en face sont des gros cons, râlent pour rien, gueulent sur l’arbitre pour une touche ou un six mètres mal jugé. Et faut pas se mentir, quand le match tournait en notre défaveur, on faisait pareil. Moins sans doute, mais pareil.

Pour autant, est-ce qu’on avait envie que nos matches soient arbitrés au cordeau ? Que le mec en noir (ou jaune, ou rouge ou vert), quand il y en avait un vrai, soit infaillible ? Est-ce que son infaillibilité, même avérée, aurait mis fin à toute critique, à toute contestation ? Non, et c’est un non ferme, un non de certitude. Tout simplement parce que ce n’est pas ce qu’on recherche quand on joue.

La justice, c’est bien quand t’es du bon côté.

Évidemment, on s’est déjà tous fait niquer sur un but hors-jeu de trois mètres, un contrôle de la main, un péno inexistant ou un découpage non sanctionné. On avait la haine. Évidemment, on a gueulé et on n’a parlé que de ça pendant une semaine, parfois même jusqu’au match retour « où on va les niquer chez nous ces bâtards« . Pourtant, on râlait vachement moins quand on était du bon côté de l’erreur arbitrale. J’ai marqué des buts hors-jeu, j’ai contrôlé de la main avant de marquer ou bénéficié d’un pénalty sur une air-faute. Et ça me semblait complètement normal que ça passe. Quand bien même ça hurlait au complot, au scandale ou au cassage de bagnole sur le parking pour guise de troisième mi-temps.
Le foot, c’était un peu la vie. Des fois tu gagnes, des fois tu n’aurais même jamais dû gagner, et des fois tu perds, et très souvent pour toi, injustement. Des fois c’est pire, tu t’es fait voler. De toute façon, c’est rarement juste de perdre.

Ça aurait été dommage de demander leur avis aux joueurs.

Quand c’est au niveau amateur, tout le monde hormis les principaux (et seuls) intéressés s’en cognent. Mais quand c’est chez les pros ou que ça parle d’équipe nationale, c’est… ben c’est pareil en fait… Parce qu’avant d’être pro, le footballeur a été amateur, et a vécu tout ça. Quand bien même il a évolué dans les instances, il n’oublie pas. Bien sûr si tu lui demandes son avis à chaud sur un fait de jeu qui l’a avantagé, il en fera des caisses. Appelant à la vidéo, à la justice, à la paix, à la parole de Dieu, à tout. Par contre, quand ce sera dans l’autre sens, il t’expliquera que « c’est l’interprétation de l’arbitre, des fois c’est contre nous, là c’est dans le bon sens, on va dire qu’il y a une justice« .

Mais une fois sorti de cette réaction réflexe, le footballeur n’est pas si con. Regarde Platini. Si on passe sur ses récents passages dans nos rubriques faits divers, on peut parler de cas d’école. Reconnu comme un top 10 de l’histoire à l’unanimité de ses pairs, on a un type qui s’est, une fois qu’il a voulu s’atteler au problème, déclaré contre la VAR.

Pourtant il a assisté au découpage de Battiston, s’est vu refuser un ciseau en finale de Coupe intercontinentale et a passé sa carrière à se faire tailler sur le pré. Logiquement, ça devrait te forcer à dire que la vidéo est une évidence. Sauf que non. Ça dénaturerait trop le jeu pour des bénéfices très limités. Techniquement, c’est un merdier sans nom, et in fine, ça ne règle rien. Et force est de lui donner raison.

VAR = Mort
Qui sont ces gens pour oser donner leur avis sur un truc aussi important que le foot?

Un patrimoine émotionnel collectif

Tu dois sans doute te demander après toutes ces lignes : il veut en venir où, c’est quoi son projet?

Simplement je me pose la question : mon patrimoine football, c’est quoi ? Et pour toi ?

Le mien, c’est Lens, c’est la France, c’est aussi un peu l’Allemagne. (Et un peu Dortmund, un peu Batistuta, un peu Cantona,… plein de choses en fait.)

Mon patrimoine, ce sont des matches où Lens s’est fait niquer, et j’en connais plein. De l’expulsion de Vairelles contre Arsenal, à l’arbitrage de gros fils de pute de Chapron lors d’un derby vs Lille. De ces erreurs d’arbitrage, on en parle encore. A la fois pour dire que c’était injuste, mais aussi pour rêver à ce qui se serait passé sans elles. « Si Vairelles avait joué contre Kiev, c’est sûr qu’on passait« . « A XI contre ces pédés de lillois, jamais on ne perdait ce jour-là« .

Autant d’erreurs d’arbitrages qui ne nous intéressent que parce qu’elles sont en notre défaveur. Mais surtout, autant de certitudes éternelles qui n’existent que parce qu’elles sont invérifiables. Et que je n’ai aucune envie de vérifier.

T’as déjà entendu un Lensois te dire que Debève était hors-jeu sur l’unique but à Wembley ? Non. Pourtant il l’était. T’as déjà entendu un Lensois te rappeler qu’on a gagné notre seule Coupe (de la Ligue, 99) en ayant bénéficié d’un péno de Roy refusé ? Non. Pourtant, même ma grand-mère voit qu’il est rentré.
Avec la VAR, je n’aurais peut-être jamais vu Lens gagner une coupe, j’aurais peut-être vu Lens passer en 8e de CL ou gagner plus de derbies. Peut-être. Le problème, c’est que je tiens à mon peut-être. On tient tous à notre peut-être. Parce qu’il nous permet de refaire le match. D’en parler, pendant des années, des décennies, des générations. Parce que pour les spectateurs, ça dure un match. Mais pour les fans, ça n’a pas de fin.

RIP la main de Dieu

J’exagère ? Non. Non, car toutes les équipes forgent un peu de leur histoire sur ces « erreurs qui nous ont coûté cher ».
– Avec la VAR, Schumacher aurait peut-être pris un jaune contre la France en 82, peut-être. Y’aurait eu coup-franc et peut-être même que Platini l’aurait mis. Ou pas.
– Avec la VAR, Maradona n’aurait jamais mis son but de la main contre l’Angleterre, il aurait peut-être même été exclu (sur ce genre de coup, on peut faire confiance aux Argentins). Et n’aurait donc jamais mis le but du siècle quelques instants plus tard.
– Avec la VAR, les Marseillais ne sauraient pas qui est Vata, ils se souviendraient juste qu’ils ont fait 3-2 à l’aller alors qu’ils auraient du en mettre huit. Mais alors, auraient-ils gagné deux ans plus tard?
– Avec la VAR, les Auxerrois ne pourraient pas nous casser les couilles avec le but de Laslandes refusé « qui nous prive d’une coupe d’Europe « .
– Avec la VAR, les Anglais n’auraient peut-être jamais gagné de Coupe du monde, et les Allemands ne se seraient pas amusés à systématiquement se venger depuis. Hein Lampard ?
– Surtout avec la VAR, tout ça n’aurait jamais existé. On ne parlerait ni de Harald Schumacher depuis 37 ans , ni de M Foote, ni de tous ces arbitres qui se sont trompés. Ou qui n’ont juste pas vu.

Parce que oui, les arbitres se plantent des fois. Y’a pas de raisons qu’ils ne le fassent pas. Y’a même d’ailleurs pas de raisons qu’ils n’en aient pas le droit. Zidane a déjà raté un contrôle, Messi a déjà déchoulé une frappe et Best a raté des crochets dans sa carrière. Pourquoi l’arbitre devrait-il être infaillible ? Pourquoi juger de manière binaire un fait de jeu, sans contextualiser, ni interpréter l’intention de l’action dans son entièreté?

Parce que des « sommes énormes sont en jeu« , on a laissé une autoroute à la promotion médiatique de l’arbitrage vidéo comme d’une évidence. Comme un remède miracle à cette saloperie d’incertitude du sport, plus trop en phase avec sa financiarisation. « Parce qu’on ne peut plus accepter ces erreurs« , tout ce tas de conneries nous a été affirmé de manière définitive. Sans contestation possible. Par « ceux qui savent. « 
.
Les footballeurs ? Non, globalement, je pense même qu’ils sont contre (par contre si tu leur demandes leur avis sur un cas où ils se sont faits niquer, il est certain qu’ils te diront qu' »avec la vidéo, le score aurait été différent » ).

Les arbitres ? Non, eux aussi trouvent ça inepte mais pour éviter le lynchage sifflent désormais de la merde. Enfin, encore plus, mais cette fois c’est plus de leur faute.

Les mecs dans les stades ? Non, eux ne comprennent plus rien, n’osent plus fêter les buts et voient leur loisir préféré méchamment dégradé.

Qui du coup nous a imposé cette merde ?
Les trop nuls pour jouer et trop cons pour arbitrer, les TF1 et Canal +, les L’Equipe, les Verdez, les Praud, les Menès, les CJP, les Balbir, les pisse-froids, les suceurs, tous ces connards dont l’unanimité sur le sujet eût du nous faire tiquer. Mais non. « Les sommes en jeu ne permettent plus de telles erreurs » est une formulation qui n’implique pas de débat, tant pis si l’imbécillité crasse habite le propos. Tant pis c’est maintenant, c’est oui ou non, et qu’il n’y plus d’autre choix.

Si la digue Platini a bien tenté de limiter l’impact de la « modernité » à la seule Goal-line technology, les Cahiers du foot ont du se sentir bien seuls d’avoir raison 10 ans avant tout le monde. Trop tôt ou trop tard, le rouleau compresseur est en marche et il va écraser ton sport.

Désormais, il n’y aura plus de main de Dieu, il n’y aura plus de drame de Séville, de but de Hurst, ou de Lampard. Désormais, il n’y aura même plus de Pippo Inzaghi, l’homme né hors-jeu, parce qu’on juge au millimètre et la milliseconde une passe de quarante mètres. On n’aura peut-être même plus d’explosion de joie après un but, car on prend l’habitude d’attendre dix minutes que l’empaffé au car-régie valide qu’il n’y a pas eu une faute sur les deux minutes précédant l’action.

Le football, ce malade imaginaire.

Tout ça pourquoi ? Pour un pénalty sur Nilmar ? Une main d’Henry ? Pour que le consultant TV puisse ramener sa science ? Que le spectateur télé ait la priorité sur le supporter au stade ? Oui.

Mais pas que. On pourrait comparer la VAR à un remède aux « maux du foot » dispensé par un mec à qui on n’a rien demandé. La VAR, c’est un peu comme si, enfant, tu t’amusais bien avec tes voitures Majorette, même si y’en a une qui a une roue qui grippe un peu, et qu’un tonton passant par là, venait jouer avec toi. Lui, au bout de deux minutes, trouve que les voitures roulent pas bien du tout, et donne un gros coup de marteau dessus. Alors tes voitures sont cassées et roulent encore moins bien. Et tu pleures, tu l’insultes et tu balances l’affaire à ta mère en espérant qu’elle lui pète les genoux à tonton.

Mais tonton dira « oui, mais en retapant un peu plus fort là et là, puis là, et on faisant un ou deux réglages, ça va mieux rouler. »

Pourquoi, alors qu’enfant on aurait tous envoyé ce tonton se faire enculer, on accepte ça adulte?

VAR = Mort
Quizz : trouve la (le groupe de) personne(s) illustrant le mieux la légitimité de la VAR dans le football.

Le monde moderne a trois manières de régler ses problèmes : la taxe, l’interdiction et l’idée à la con jusqu’au-boutiste

Alors la suite c’est quoi ? La suite c’est maintenant, la suite c’est pire.
C’est un mec qui va venir t’expliquer sur le 142e ralenti, « on voit qu’il y a contact et que le pénalty se justifiait ». Comme au basket, maintenant, contact = faute, main= péno, un orteil devant la ligne=pénalty à retirer. Car C’EST LA RÈGLE.

La suite c’est donc qu’au lieu de traiter l’arbitre, on pourra traiter le connard qui est à la VAR ou le gros blaireau qui oblige l’arbitre à trancher selon un plan arrêté. C’est aussi la disparition de l’incertitude liée à l’interprétation. La suite c’est qu’on tirera volontairement dans les mains des défenseurs, ou qu’on invoquera la VAR pour un truc hors-champ. Ça ne fera pas gagner des CL à Lyon, quand bien même Aulas hurlera au scandale. Mais ça évitera peut-être des buts de la main. Même ceux qui étaient pour nous.

Et tant pis si ça empêche un buteur de fêter sa réalisation. Tant pis si l’explosion dans le stade n’a pas lieu ou si tu ne peux pas serrer ton pote comme un fou. Ou hurler de rage contre l’empaffé d’arbitre. Tant pis si les temps morts sont comblés par l’arrivée des pom-poms, des mascottes ou de toute autre importation moisie made in NBA ou NFL pour occuper le temps de VAR. Tant pis si on aura tué ton foot : au moins, on aura eu les images et ce salaud d’arbitre n’aura pas gâché notre plaisir.

VAR = Mort
Moralité : La VAR, c’est mal. (M’voyez).

@R_Direktor.

R_Direktor, dit Luissette

Chômeur, pédophile, consanguin, mais aussi alcoolique et drogué. Il n’est exclu que j’ai, un soir d’ivresse, fait des cochonneries avec ta maman et ta sœur. Ou les miennes, je ne sais plus. Un seul credo : « Ma main dans la gueule, ma bite sur ton front »

7 commentaires

  1. Tout est dit. Et qui sait? peut être qu’on va gagner cette CdM grâce au VAR

  2. Je me joins à la foule débile et je loue votre très belle acad.

    Juste un bémol sur l’argumentaire. Opposer la VAR à cette divine injustice qui frappe tous les clubs sans exception… Ce n’est pas cohérent selon moi.

    Je n’aime pas la VAR pour les mêmes raisons que vous avez indiqué. Mais je n’aime pas non plus l’injustice dans le foot, comme dans la vie. La main de Diego est légendaire, mais elle n’est pas belle. Ce n’est pas du « beau » Football. Et au final, une injustice reste une injustice, c’est illusoire de penser qu’elle va se rééquilibrer un jour ou l’autre de manière divine.

    Le foot, ce n’est pas du karma, ça se saurait.

    J’espère que vous ne me tiendrez pas rigueur d’ouvrir un débat ici. Hâte de vous lire encore.

  3. Je ne défends pas plus ça l’injustice, mais elle fait partie de la vie, même si on n’est effectivement pas tous égaux devant ça. C’est illusoire de mettre l’équité, la justesse, la justice au centre du foot, sachant qu’il est à l’opposé de ça, et que le monde est à l’opposé de ça.

    Ces arguments sont, ne nous mentons pas, juste un paravent pour les vraies raisons du déploiement du VAR.
    – Une crainte absolue de l’aléa sportif. Combattu année après année dans les différentes compétitions pour limiter le célèbre mais caduque « sur un match, tout est possible ». Les plus fortunés n’y ont aucun intérêt.
    – en ricochet, la crainte de l’influence d’un « tiers » non maitrisé, l’arbitre sur le sort d’un match ou d’une compétition.
    – une priorité donnée aux consommateurs-spectateurs vs le supporter local. Vaste connerie quand on voit que cela ne bénéficie qu’à très peu de clubs/équipes capables d’exporter leur image et finit par opposer les 2 catégories.

    Bref, je ne juge pas la Main de Dieu comme quelque chose de normal, de juste. Je le vois plus comme un geste tellement marquant qu’on en parle encore.

  4. Rofl. Tant de bullshit dans ce qui est dit, pourtant si bien dit. Si, dans la vie, les injustices pouvaient toutes être filmées, il n’y aurait que les criminels et délinquants qui seraient contre.

    Pour le football, dire que c’est comme la vie… Bah non, désolé, on est dans un cadre limité par un stade, avec des possibilités de contrôle bien plus grandes que « dans la vie ». Fan de foot depuis mes plus jeunes années, je n’ai jamais été pour les injustices, qu’elles soient pour ou contre moi. C’est frustrant, ça ne donne aucun mérite à celui qui en profite. Remporter une coupe alors que tout le monde connait la manière dont elle a été obtenue vaut-elle plus qu’une finale perdue de peu avec les couilles de se dire : « on a été moins fort, mais on a tout donné » ? Non et c’est ça, la beauté du football. C’est ça, le fairplay. Terme de l’ancien temps, oublié, effacé par le marketing. D’ailleurs on ne devrait plus marquer les noms sur les t-shirts des professionnels, mais seulement des nombres correspondant aux millions qu’ils valent… pfff.

    Le VAR est un outil efficace qui doit encore faire du chemin avant de s’affirmer au regard de tous, de montrer sa fiabilité. D’une parce qu’il prouve déjà son efficacité sur les hors-jeu, sans conteste possible (celui qui conteste n’y connait rien en technologie et croit certainement que c’est une machine fonctionnant sous windows 95 ou que des mains manipulatrices tentent de déplacer la ligne de façon illégale) et de deux parce qu’il permet de percevoir les simulateurs de jeu (et faut arrêter de dire que ça fait partie du football puisque c’est juste dégueulasse, les acteurs sont au cinéma, pas sur un terrain de foot), de revenir sur des buts accordés/refusés par erreur d’arbitrage et tant d’autres bêtises humaines.

    Le point négatif du VAR, vous allez rire, c’est quand il s’agit d’interpréter une main ou non. Pourquoi ? Parce que c’est un humain (ou plusieurs dans le camion VAR) qui doit choisir. Et c’est là que le problème persiste, nulle part ailleurs. Se leurrer en pensant que c’était mieux avant… AH AH AH AH, que de rigolades au travers d’une mauvaise foi commune qui finira étouffée par la technologie qui, elle, ne ment jamais.

    Pour rappel le football est un sport, pas un être humain. L’humain, lui, se permet de trafiquer pour son plaisir égocentrique.
    Le football ne parle pas de tirer le maillot pour gêner l’adversaire ou parce qu’on est battu, de foutre des coups gratuits à un autre joueur dès que l’arbitre a le dos tourné, de placer discrètement (ou pas) la main pour orienter son ballon… Mensonge, mensonge, mensonge. L’être humain fait ça, pas le football. L’envie de gagner à tout prix, sans prendre en considération que l’adversaire veut AUSSI gagner… C’est individualiste.
    Par contre, se battre pour son équipe, remonter le moral de ses coéquipiers, faire une grande offensive alors que tout parait perdu puis planter un but que plus personne n’attendait. CA ! C’est du football putain de bordel de merde. Se déchirer la jambe pour venir stopper le ballon en pleine course juste sur la ligne du but. CA ! C’est du football. Faire tourner le ballon s’y rapidement que le marquage des défenseurs adverses ouvre une faille qui permet d’aller au fond de l’action. CA ! C’est du football. Placer un coup de pied arrêté sur la tête d’un coéquipier grâce à un mouvement de groupe répété en entrainement. CA ! c’est du football.
    C’est pas de crocheter comme un lâche ou placer sa main sur la trajectoire du ballon comme un fdp de service pour empêcher l’adversaire de marquer. NON ! Dire que se sont des fautes tactiques ou intelligentes, c’est une définition donnée par ceux qui ne veulent pas que leur petit football de bas étage change ou parce que ça arrange leur équipe. Et pourtant… Le VAR met tout ça en avant. Il dénonce des styles de jeu dégueulasse, en direct, devant des millions de personnes. Il montre que derrière des joueurs talentueux se cachent des fainéants, des tricheurs et des traîtres.

    Il est facile de dire que seuls les gros poissons peuvent profiter de ce système, que seuls les grands en ont quelque chose à tirer… C’est oublier ce qu’est le football de penser comme ça, et c’est oublier qu’on est pas à leur place, qu’on ne connait pas le quart des risques engagés, des tactiques mises en place. Quoi ? Parce que vous suivez l’équipe 21 ou je ne sais quel groupe de journaleux, vous pensez avoir votre mot à dire ? Laissez-moi rire.
    Si je devais juger le football pro d’aujourd’hui, il n’y a bien que le VAR qui ne leur rapportera pas autant que tout le reste « marketisé » à son plus grand potentiel. Pour un exemple simple et parlant à tout le monde, un Neymar (ou plutôt devrais-je l’appeler 250M) inefficace rapporte certainement plus de pognon à la vente de maillots… Si ça c’est le football, c’est juste ridicule. Je préfère regarder des matchs amateurs où personne n’a rien d’autre à perdre/gagner qu’un match de foot, pas de fric, des vues ou je ne sais quelles autres stats hypocrites qui salissent le sport en général.

    Les défis ne manquent pas. Il n’y a pas besoin d’avoir perdu un match ‘injustement’ pour se dire « rah les batards, on va tout leur mettre au match retour ». Juste perdre le match devrait suffire pour se battre et s’améliorer. Mais non, vous préférez certainement chercher la méthode encore moins juste (plus facile?) pour les « niquer la prochaine fois », hein ? Bravo, la mentalité, bravo, le message passé.

    Prendre les arguments quand ça arrange, ce n’est certainement pas ce qu’un véritable amateur de football fait. Même si ça fait mal, même si ça va contre son propre désir, il faut être capable d’accepter que oui ou non, c’était mérité ou pas. Car, effectivement, c’est la règle. Et le sport est un des seuls (si ce n’est le seul) points sur lesquels les règles peuvent être parfaitement respectées. Mettez n’importe quel fautif devant sa faute, il ne pourra jamais dire qu’il n’y a pas faute, sauf mauvaise foi : « Le nez dans la merde, il dirait que ça n’en est pas ».
    Mais visiblement, vous préférez vous souvenir des moments où les joueurs ont réussi à truquer le match, plutôt que ceux où le mérite est total, grâce à la combativité, grâce à l’esprit d’équipe, à la performance individuelle d’un talentueux joueur, à la clairvoyance d’un entraîneur expérimenté ou au travail acharné d’un bon collectif devenu excellent.

    Mais continuez, je vous encourage, continuez à cracher sur des outils bien plus efficaces que n’importe quel arbitre. Continuez de pensez que c’était mieux avant. Tenez, continuez de profiter de l’ancien temps, parce que les jours passent et vous resterez derrière. Moi je profite de vos réactions, puisque là, maintenant, les injustices se retournent enfin contre les tricheurs, les menteurs, les magouilleurs. Avec le temps, tout ceci ne sera plus qu’un mauvais souvenir, où le football laissera place au jeu plutôt qu’à des joueurs qui râlent après l’arbitre qui applique la règle, sous prétexte que sa prestation de simulateur était au top, bien révisée durant la dernière semaine d’entrainement.

    Bonne chance, bon courage (ou que la volonté de dieu soit avec vous, si vous préférez).

  5. Il y a une rubrique « courrier des lecteurs » si tu veux, ça sera plus lisible dans un article qu’ici. Non pas que tu ne dois pas avoir raison, mais tu réussis à partir dans tellement de sens (les hors jeu désormais bien arbitrés m’ont bien fait marrer quand même) entre respect des règles, Neymar, l’éloge des contacts illicites, le coaching, la clairvoyance, la vie de groupe, les multiples CA c’est du football… que ça mérite un peu de structure pour alimenter le sujet.

    Là en l’état, j’ai pas compris où tu voulais en venir, et pourquoi t’es en colère.

    C’est Horsjeu ici, on ne revendique pas d’être objectif, neutre ou mainstream. IOn aime bien forcer le trait et alterner premier/second/quinzième degrès. Par contre l’avantage c’est qu’on n’est si con et qu’un autre avis est toujours le bienvenu. Mais construit… parce là, c’est un peu décousu.
    BA

  6. J’étais motivé par la retour de la Ligue 1, alors je mate Monaco-Lyon, belle affiche.
    La farce VAR aboutit à l’exclusion assez incroyable de Fabregas, après 10 mns d’arrêt de jeu, tuant tout intérêt sportif.
    Depuis je ne regarde plus aucun match avec la VAR.
    Ce n’est pas une décision intempestive juste après ce match, c’est l’aboutissement d’une année de frustations, matchs gâchés…
    En effet ce n’est plus mon football.

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