Arsenal-Rennes (3-0) : La Breizhou Académie s’en remettra

Le match le plus important de notre histoire, acte V. Après avoir brillamment battu les Gunners à domicile dans un match au scénario idéal, nous voilà à Londres, avec deux buts d’avance et une qualification possible au bout du couloir.

Sauf que. Sauf que tout était trop beau. L’inversion des matchs aller et retour, sur un point de règlement à la con n’avait pas suffi. Donc l’UEFA s’est dit « tiens, qu’est-ce qu’on pourrait trouver d’encore plus con pour foutre les boules aux Rennais? » Réponse : examiner l’appel d’Arsenal sur la suspension de Lacazezette entre les deux matchs alors que son rouge date d’un mois, réduire ladite suspension de trois à deux matchs, permettre donc à cette personne ayant volontairement assené un coup de coude à un adversaire de jouer le match retour contre nous, et d’annoncer le tout 48 heures avant la rencontre. Du grand art.

La composition :

Stéphan l’a dit et répété : quoi qu’il arrive, il faudra marquer. Aucune raison de bétonner donc, l’équipe-type est alignée :

Koubek – Bensebaini, Mexer, Da Silva, Traoré – Grenier, André – Bourigeaud, Ben Arfa, Sarr – Niang

Le match :

Soyons clairs et dissipons immédiatement les éventuels malentendus : Arsenal nous a été largement supérieur, il y avait un monde d’écart sur les plans athlétique, technique, en termes d’expérience ou d’intensité. Arsenal a mérité sa qualification et les Rouge et Noir n’ont absolument pas à rougir de leur parcours ni de leur double confrontation avec les Gunners.

Mais.

Comme on pouvait le craindre, les locaux attaquent le match comme des morts de faim. Ca enchaine les jeux en triangle, ça déplace notre bloc de gauche à droite, ça trouve de la verticalité et des boulevards dans le dos de nos latéraux. Nous, on est à la fois entravés par l’enjeu et, il faut le dire, tout à fait dépassés dans l’intensité, les duels et la qualité technique. On n’arrive pas à mettre le pied sur le ballon (il faudra attendre la 20e minute pour voir un mouvement digne de ce nom, c’est-à-dire plus de trois passes d’affilée), on subit des vagues de tweed à carreau et d’incisives surdimensionnées, avec une conséquence logique : l’ouverture du score par Aubameyang dès la cinquième minute. Arsenal 1-0 Rennes.

Puis, 10 minutes plus tard, le show arbitral commence :

Arsenal 2-0 Rennes.

Evidemment, à partir de ce moment-là, le match s’équilibre. Normal, Arsenal est qualifié, ils peuvent tranquillement nous attendre et nous fumer en contre.

Ce qui ne les empêche pas de faire preuve d’une classe folle, Aubameyang en tête (28e) :

Evidemment, l’arbitre ne sort même pas le jaune.

Quatre minutes plus tard (QUATRE), Lacazezette descend André. Tacle sur le pied d’appui, s’il reste dans le sol c’est fracture. Il ne prend qu’un jaune.

Jusqu’à la mi-temps, le match reste équilibré, sans qu’aucune des deux équipes n’aie d’occasion franche.

Au retour des vestiaires, de façon assez surprenante, les Londoniens évoluent bas et nous laissent diriger les débats. Et ça manque de payer dès la 47e minute, où Niang trouve le poteau de Cech sur une frappe déviée.

Le poteau de Niang > le poteau de Gignac.

Putain.

55e minute, Lacazette défonce Bensebaini, qui n’a plus le ballon depuis deux heures. Il a déjà un jaune qui aurait dû être rouge. L’arbitre sort le carton… Pour Grenier, pour contestation. D’accord.

Dix minutes plus tard, Bensebaini fracasse le poteau sur une volée, mais il est signalé (logiquement, pour une fois) hors-jeu.

Les Bretons continuent de pousser, la possession se rééquilibre (53/47 pour Arsenal) et les Gunners semblent nous laisser venir autant par choix que par incapacité physique à inverser la tendance. Hunou remplace Grenier, car le temps commence à manquer, tandis qu’Emery fait entrer du sang neuf avec Mkhitaryan et Iwobi (70e). Ce dernier s’illustre immédiatement et fait passer un frisson dans nos slips avec une frappe qui rase le poteau de Koubek.

Dans la foulée, nouveau coup de couteau dans le dos avec le doublé d’Aubameyang. Mouvement rapide dans nos 35 mètres, une défense regroupée qui ne monte pas, un centre à ras de terre qui passe entre Mexer et Koubek, terminé bonsoir. Arsenal 3-0 Rennes.

Aubameyang montre une fois de plus sa classe américaine, avec une célébration de but digne d’un enfant de 12 ans. Ce qui sera confirmé avec ses déclarations d’après-match d’une élégance rare.

C’est (très) mal embarqué, pour autant il nous suffit d’un but pour jouer les prolongations. Problème : on est plus cramés qu’une bavette dans un Flunch de l’A 86. Les Rouge et Noir sont courageux et continuent à attaquer, mais le repli défensif n’y est plus, de même que les accélérations de Sarr ou Ben Arfa. Aubameyang manque inexplicablement le triplé par deux fois (82e, 83e). Une dernière action de Niang en toute fin de match nous fera y croire jusqu’au bout, mais le miracle n’aura pas lieu, Rennes est éliminé.

Oui ? Pardon, au fond ? Est-ce qu’Arsenal est une équipe élégante ? Je laisse Alex Iwobi répondre :

Ce qui intervient après un coup de pied du même Iwobi à Traoré. Classe folle, on vous dit.

Il y avait un monde d’écart footballistiquement sur la pelouse de l’Emirates. Arsenal mérite sa qualification, nous avons montré des lacunes trop importantes dans trop de domaines pour pouvoir espérer quoi que ce soit. L’arbitrage absolument scandaleux nous laisse malgré tout un goût de pisse dans la bouche. Pour autant, si l’on nous avait dit il y a encore quelques mois que l’on jouerait la qualification en quarts de finale de Ligue Europa dans les arrêts de jeu à l’Emirates, on se serait pincés. Même si la défaite est cruelle, amère, Stéphan et ses joueurs nous auront gratifiés d’un parcours exceptionnel, auront fait vibrer des milliers de personnes et ont écrit une magnifique page de l’histoire du Stade Rennais. Espérons que cette élimination ne brisera pas notre élan en Ligue 1 et que l’on pourra vite retrouver l’adrénaline des soirées européennes. C’est qu’on y prend goût, à ces trucs-là.

Les joueurs :

Koubek : 2/5. Tes sorties de grand-père obèse et ton jeu au pied de cul de jatte nous auraient bien fait rire si on n’était pas en train de perdre 2-0.

Bensebaini : 3/5. Baladé plus d’une fois par les attaquants adverses, il n’a jamais, jamais lâché.

Mexer : 2/5. C’est allé trop vite.

Da Silva : 2/5. Colmater les brèches en Ligue 1 ça va, contre Arsenal c’est déjà une autre paire de manches.

Traoré : 2-/5. La fougue était restée au vestiaire.

Grenier : 1/5. Il a suffisamment pris l’eau en première période pour remplir une piscine olympique. Mieux ensuite, mais pas suffisant. Remplacé par Hunou (70e), tu peux être fier de toi et mesurer le chemin parcouru quand tu vois que tous les supporters te réclamaient.

André : 1/5. Ohé, ohééééé capitaine abandonnééééé. Remplacé par Léa-Siliki (79e), qui ne peut pas être Beckham à chaque match.

Bourigeaud : 3/5. Reste l’année prochaine, s’il te plaît.

Ben Arfa : 1/5. Eh oui, ils t’attendaient. Donc tu as insisté. Comme un putain d’âne bâté.

Sarr : 1/5. T’inquiète Isma, bien sûr que tu partiras pour 40 millions en Premier League cet été. Mais t’as vu, il y a encore du boulot hein ?

Niang : 2+/5. Putain de poteau.

Marco Grossi

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