PSG-OM (3-1) : La Canebière Académie est contente que ce soit passé
La banalité du sale.

Aïoli les sapiens,
« Dans la boue, y a les rats
Dans les égouts, les rats
Ils sont partout, les rats
Ce sont les Marseillais !?»
Sur le plan sportif, on n’attendait rien d’un prétendu classique déséquilibré jusqu’à l’absurde. Les joueurs ont produit le minimum nécessaire pour sortir du terrain la tête haute, face à une équipe d’un autre monde qui n’a pas produit davantage d’efforts.
On a depuis longtemps cessé de prétendre que la fierté de nos joueurs serait de concurrencer ce football-là, ce serait comme traiter Michel Drucker de lâche parce qu’il n’a pas osé attaquer Pogacar dans le Ventoux. Hier soir l’impardonnable se cachait ailleurs : on ne cessera pas de se demander, comme au moment de la banderole niçoise, comment des représentants de Marseille peuvent accepter tête baissée de telles insultes racistes, a fortiori quand elles étaient préméditées et annoncées malgré les avertissements lancés à ce sujet. Il y a quelques années les joueurs du PSG, justement, s’étaient unanimement arrêtés de jouer après des propos d’un arbitre envers un joueur noir. Mais chez nous, comme lors du match à Nice, personne dans l’équipe ni dans l’encadrement n’a jugé bon de réagir quand on a entendu « rats », ce terme utilisés par les SS pendant la destruction du Vieux-Port, pendant les crimes racistes des années 1070, et repris en connaissance de cause par les skinheads de Boulogne en créant ce chant ?
On se disait avant la rencontre qu’il faudrait un déroulement de rencontre exceptionnellement sévère pour tirer Monsieur Lapin de sa cachette. En fin de compte, l’absence de réaction des uns et des autres montre que tout le monde s’accommode bien finalement de ce chant ignoble devenu aussi banal qu’une défaite au Parc.

– Aux autorités et à la Ligue dont la réaction a été un premier appel du speaker pour dire « attention c’est pas bien ce que vous chantez », un second appel pour répéter « attention c’est pas bien ce que vous chantez », puis rien d’autre.
– Et par-dessus tout à nos joueurs, mais avant tout à leur encadrement, capables de péter un scandale pour un carton rouge trop sévère mais totalement muets quand des milliers de Marseillais se font cracher à la figure.
Les Longorious Basterds
Au Panthéon vaudou, Mama Wata la sirène trouve Erzulie affalée sur un sofa :
- ma sœur, te voici bien alanguie, que se passe-t-il ?
- rien de spécial, je regarde ce que les mortels appellent la télévision ; c’est quelque chose sur des dieux et des démons que je ne connaissais pas, Naruto, ça s’appelle. Les connaissais-tu ?
- des histoires pour enfants ? cela ressemble à une perte de temps, ne crois-tu pas ?
- détrompe-toi, c’est instructif. Regarde, pour mon sort de titularisation éternelle : d’abord je blesse Murillo, Højbjerg et Bennacer.
- jusqu’ici c’est facile, pour une déesse de ton niveau.
- c’est là que vient la nouveauté : MULTICLONAAAAAAAAAAAAAAGE ! Et voilà, regarde la puissance de mon sort de titularisation éternelle, maintenant :
Rulli
Rongier– Balerdi – Luiz Felipe
Luis Henrique– Rongier – Rongier – Dedic
Nadir – Rabiot
Gouiri
Il s’avère cependant que les clones sont trop instables dans le temps : malgré la bonne volonté d’Erzulie, l’OM doit donc adapter sa composition à une seule occurrence du Rongieur, ce qui donne :
Rulli
Luiz Felipe (Lirola, 63e) – Balerdi – Cornelius
Luis Henrique– Kondogbia (Bakola, 89e) – Rongier (Maupay, 84e) – Dedic (Merlin, 63e)
Nadir (Greenwood, 63e) – Rabiot
Gouiri
Outre la relative slipométrie de la défense, on notera que De Zerbi privilégie l’impact et la densité du milieu en alignant Nadir à la place de Greenwood (honte à nous).
Le match
Les deux premières minutes sont excellentes, c’est une chose qu’il nous faut noter. Il semble que l’option « départ catastrophique et branlée intersidérale » ait une chance d’être écartée, ce qui ne laisse comme probabilité principale que le scénario « on n’est pas ridicules mais on va perdre quand même, faut pas déconner ». De fait, tout le match aura un parfum de rencontre amicale de prestige, dont chaque partie s’efforcera se sortir en faisant bonne figure mais sans dépenser trop d’énergie ni risquer trop de blessures en vue de leurs vraies échéances respectives.
Le PSG développe sur notre gauche une action déconcertante de facilité, ponctuée par une reprise un peu trop confiante de Nuno Mendes, sur laquelle Rulli peut s’employer. Comme souvent, l’ouverture du score est d’une stupidité rageante : sur un bête dégagement de Donnarumma, Luis Felipe et Kondigbia se coordonne mal, le premier montant à contre-temps au duel aérien quand le second ne suit pas Ruiz parti dans l’espace laissé libre. Celui-ci a tout le loisir de lancer Dembélé dans le dos de Balerdi. Avec son style n’étant pas sans rappeler celui de l’homme ivre en kung-fu (ou l’homme ivre tout court), l’attaquant parisien s’embronche en contrôlant la balle, ce qui lui permet précisément d’éliminer Rulli parti pour intercepté une conduite de balle normale. Tout heureux, le Parisien conclut dans le but vide (1-0, 17e).
S’ensuit une période gentiment équilibrée, où l’OM montre même quelques actions réellement encourageantes. La meilleure d’entre elle voit Rongier lâcher une lourde droit sur le gardien, qui repousse maladroitement. Idéalement placé au rebond, Dedic n’a plus qu’à servir Gouiri pour conclure mais cague lamentablement sa passe.
Cet avertissement enjoint les parisiens à intensifier quelque peu leurs efforts. Les actions sauvées par des tacles in extremis s’enchaînent, jusqu’à une nouvelle saute de concentration fatale. Alors que l’OM contrôle un jeu plutôt statique, Rongier ne perçoit pas l’espace laissé libre par ses camarades, accaparés par la balle. D’un appel très intelligent, Ruiz part dans le dos de la défense et peut servir Nuno Mendes. Celui-ci est tout près de biter sa reprise devant le but grand ouvert, mais Rulli ne parvient pas à empêcher la balle d’entrer (2-0, 42e).
Ce scénario trop souvent écrit plonge nos adversaires dans l’excès de confiance : une passe en retrait catastrophique de Nuno Mendes est exploitée par Rabiot, qui efface Donnarumma avant de servir Gouri en retrait (2-1, 51e).
S’ensuit un tir sur le poteau de Dembele et un exploit de Rulli devant Zaïre-Emery. De fait : si l’OM ne démérite pas, c’est bel et bien le PSG qui fait tout pour finir par se mordre les gonades à la fin. Les Olympiens poursuivent donc avec application, dans le but évident de contenir la situation jusqu’à essayer d’égaliser sur un malentendu. Las, tous ces espoirs sont réduit à néant par une bourde si magistrale qu’on a tous cru qu’elle était l’œuvre de Leonardo Maestro Balerdi. Mais non, il s’agit bien de Lirola, entré un quart d’heure plus tôt, qui panique et catapulte au fond des filets un centre à ras de terre qui ne demandait qu’à être dégagé droit devant (3-1, 76e).
Ce gag met un terme au maigre enjeu qui pouvait subsister d’une telle rencontre, que les parisiens terminent une main dans le slip, Rulli et les défenseurs se chargeant d’éviter que le score ne prenne des proportions trop fortes.
On ne terminera même pas déçus de cette opposition qui illustre jusqu’à l’absurde la notion de football à deux vitesses. On ne parle pas en effet ici de paliers de progressions qu’il faut franchir petit à petit jusqu’au haut niveau, non : les clubs des sommets européens et nous appartenons à deux univers différents, dont on avait vraiment l’impression hier qu’ils se rencontraient par accident. Grand bien fasse aux Qataris, pour nous la question se posera surtout de ce que l’on ira chercher en Ligue des Champions l’an prochain, si jamais on s’y qualifie.
Les joueurs
Rulli (3/5) : Impérial sur les occasions « normales » mais surpris trois fois sur des buts de zgègue. C’est ça la magie de l’OM, faut toujours s’attendre à l’inattendu.
Luiz Felipe (2/5) : Trop tendre mais honorable, au moins aura évité de débuter avec nous par une fessée déculottée, on en connaît que ça a traumatisé dès le départ.
Lirola (63e, 1/5) : Un PSG-OM sans que personne ne fasse le pitre, c’était trop demander.
Balerdi (2+/5) : Malgré les trois buts, il a sauvé de nombreux ballons et surtout sa dignité.
Cornelius (2+/5) : Tout aussi honorable que les précédents, d’autant qu’il ne peut plus passer un match sans se demander si l’arbitre ne va pas lui mettre un carton jaune à chaque fois qu’il tousse.
Luis Henrique (2+/5) : En fait on pourrait produire la même appréciation pour tous les joueurs : on ne va pas non plus se prendre pour les maîtres du monde parce qu’on a perdu seulement 3-1, mais au moins ils auront été sérieux.
Dedic (1+/5) : Défend son côté aussi sûrement que Donald Trump défend l’Ukraine, attaque son aile aussi adroitement que la gauche française attaque la bourgeoisie.
Merlin (63e, 2/5) : C’est ça qui cause le malaise, aussi, avec de tels matchs : certes, on ne va pas attendre de notre équipe qu’elle comble le gouffre qui la sépare du haut niveau, mais il ne faudrait pas non plus qu’on en vienne à se complaire dans le moyennasse.
Kondogbia (2+/5) : Il ne s’agirait que de lui personnellement, on lui collerait une meilleure note, mais voilà, toutes ces petites faiblesses collectives, faut bien les répartir quelque part.
Bakola (89e) : Avec une défaite honorable, l’entrée en jeu du minot reste encore un cadeau. En d’autres temps, on en a connu poussés sur la pelouse à coups de pied au cul en leur disant « tiens, t’auras ton nom écrit sur le compte-rendu d’un 6-1, c’est le métier qui rentre ».
Rongier (2+/5) : L’intérêt de ne pas survendre la performance du soir, c’est aussi l’éventualité de la Ligue des Champions l’an prochain : si l’on se voit trop beaux après s’être fait rouster 3-1, ça va nous faire tout bizarre au moment de rencontrer des adversaires qui ne joueront pas avec le frein à main, eux.
Maupay (84e) : Même l’engatse qu’il a tenté de provoquer sentait la simple formalité à respecter. C’était à peine un engambi, voire un engambinet.
Nadir (2+/5) : Très bon esprit également, des limites et pas d’exploit, mais du sérieux tout le long du match. Quand on vous dit que ça vire à l’Ecole des Fans, ce Classico.
Greenwood (honte à nous, 63e, 1/5) : Une attitude qui tranche nettement avec celle des autres joueurs, qui ont semblé aborder le match sous l’angle du « on fait ce qu’on peut et si on perd c’est pas grave ». Greenwood, lui, c’est toute la fin de saison dont il semble se battre complètement les couilles.
Rabiot (3/5) : Evidemment, dans un conte de fées il aurait pissé sur tout le Parc des Princes en égalisant à la 94e, mais bon, Adrien s’est montré digne de l’événement et de son brassard (nonobstant les aspects hors-sportif évoqués plus haut). Citons une nouvelle fois Raymonde Bidochon : « faut pas rêver sa vie, ou alors faut la rêver avec des choses faisables ».
Gouiri (3+/5) : Où il faut quand il faut, et finalement très convenable dans une soirée où l’on ne visait clairement pas l’héroïsme.
L’invité zoologique : Khvicha Capybaratskhelia
Le capybara est le plus gros rongeur du monde, dont la sécurité est assurée par le simple fait que les prédateurs ont simplement la flemme de s’attaquer à ce truc trop massif pour leur appétit. Voici ses observations :
- Les autres : boarf,rien à foutre, on fait plus le même sport. La question c’est de savoir si ce qu’on sait de ce football à deux vitesses nous donne vraiment envie de faire partie du gotha.
- Le classement : Nice nous fait le plaisir de perdre des points bêtement en donc de nous laisser à la deuxième place. Monaco les rejoint à deux points de nous, et l’on voit les indésarapédables lyonnais repointer leur sale mufle à quatre points.
- Coming next : Le pensum parisien enfin évacué, il reste à profiter de la trêve pour récupérer les blesser et aborder un sprint final pour lequel on sera nettement plus exigeants qu’hier soir. Dans l’ordre : Reims, Toulouse, Monaco, Montpellier, Brest, Lille, Le Havre, Rennes.
- Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Didier A. remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah
Un truc qui retient l’attention pour le coup : j’ai lu cette acad très longtemps après sa publication, et pourtant : 0 commentaires. En effet, en tout cas côté Marseillais, que ce soit les joueurs, dirigeants ou supporters, plus personne en a quoi que ce soit à foutre de PSG-OM… :S