Auxerre-Nîmes (2-2) : La Crocro Académie croit que bon

L’avantage de ne plus trop y croire, c’est que les déceptions sont rares et les espoirs mesurés. Contentons-nous des petites choses que sait offrir la vie : une mauresque de fin d’après-midi, un maintien tranquille, ce genre de choses. Gros tas de mastres que vous êtes, va.

Nous voici donc rendus à l’Abbé-Deschamps chez le deuxième, avec une équipe atone, dont la solidité apparue lors des premiers matchs s’est envolée, et dont l’attaque reste terriblement faiblarde malgré des promesses sur le papier, avec surtout l’impression pénible que tonton Plancque a perdu les clefs du vestiaire et qu’on ne voit pas très bien comment il pourrait crocheter la serrure. Les pistes d’amélioration existent : meilleure acclimatation d’Omarsson à la Ligue 2, retour en forme de Koné après un été à Dakar avec vacances prolongées, fin de bouderie de Ferhat et prise de conscience que s’il veut une fin de carrière correcte il n’a vraiment d’autre choix que de réaliser une grosse saison avec nous. Malheureusement, les maux semblent profonds, conséquences directes de la perte irrémédiable du « noyau dur » de joueurs historiques qui ont fait le NO des dernières années et de la remontée, sans qu’on ne parvienne pour le moment à voir un groupe soudé se dessiner en remplacement. Ne reste plus qu’à espérer une arrivée à la trêve en pas trop mauvais état, et un début de phase retour avec une équipe bien en place.

Reste le dossier Plancque, sur lequel j’ai longtemps hésité. Le redressement qu’il a opéré après le départ d’Arpinon la saison passée a pesé positivement dans la balance, mais peut-être ne s’agissait-il finalement là que de la réaction d’orgueil d’un groupe soulagé d’être débarrassé de l’adjudant Jérôme, et que la relégation était bien la preuve de l’inconsistance de son remplaçant. L’actuel marasme dans le jeu, où l’équipe semble ne pas savoir que faire du ballon et s’en remettre à des différences de ses quelques tricoteurs de devant, penche malheureusement dans ce sens… On se rappelle alors que les précédentes expériences de Plancque comme entraîneur principal furent globalement des échecs. Espérons nous tromper et croisons les doigts camarade, il ne nous reste plus grand chose d’autre.


LA PARENTHESE JEAN-MARC FURLAN

#FURLAN2022

LE MATCH

Le pire, c’est ce scénario qui se répète d’un match à l’autre : une impression de ronron, le sentiment que, tiens, on a la possession et que c’est pas si mal, mais une maladresse incroyable devant le but dans les moments de vérité, comme à la 28e avec un déboulé de Burner (enfin bon, un roulé-boulé serait plus opportun) côté droit qui se conclut par un centre en retrait pour personne, alors qu’on avait quatre pitres de chez nous dans la surface.

A dominer sans tuer, tu attends sagement la fessée adverse, qui arrive cette fois sur une magnifique air-défense de Martinez, qui monte pépère sur Charbonnier en laissant Autret seul dans son dos, ce dernier n’ayant plus qu’à ajuster Bratveit (1-0, 40e). On attaque la deuxième mi-temps sous d’excellents auspices, puisque notre Norvégien blessé laisse la place à Lucas Dias, rapidement mis à contribution sur un contre de l’AJA qui voit successivement Hein pisser sur Cubas et Sakhi poser ses couilles sur la tête de Martinez avant de centrer pour Charbonnier qui place tranquillement sa tête hors de portée dudit Lucas Dias, encore tout étonné d’être là (2-0, 48e).

C’est généralement à ce moment du match que tu glisses subrepticement vers le « niquez-vous » généralisé et que tu ne dois qu’à ta maturité de jeune père de famille la hauteur morale qui te permet de continuer à donner de toi-même une image socialement acceptable. Toujours est-il que tu es là, un samedi après-midi merdique de début octobre, devant un mauvais streaming à mater ton équipe se faire mettre minable au stade de l’Abbé-Deschamps, et que tu te dis une fois de plus que ta destinée t’apparaît comment dirais-je, absconse.

Supporter du Nîmes Olympique en action,
huile sur toile par Karoud Fider, 2021

MAIS MAIS MAIS voyez-vous, le pire c’est qu’on a toujours une putain de raison d’y croire, malgré tout. Et aujourd’hui cette putain de raison s’appelle Moussa Koné, le même Moussa Koné que son égo ou sa bêtise avaient empêché de revenir préparer la saison cet été pour engager un bras-de-fer avec le club dans le but d’un éventuel transfert (ben ouais, tous les clubs vont vouloir te signer en voyant comment tu te comportes, ducon) et qui a ensuite mis des plombes à se remettre en jambes. Celui dont on espérait qu’il serait dès septembre notre 9 titulaire, et qu’il nous refasse vibrer comme avec son but contre M*ntpellier la saison passée. Celui-là même qui, en entrant à la place d’Omarsson a tout de suite montré qu’il avait la dalle. Alors ouais, son premier but est un peu chatteux, puisque c’est un défenseur auxerrois qui lui met la passe dé qui va bien en contrant un débordement-repique dans l’axe un peu trop prévisible d’Eliasson. Mais encore fallait-il la mettre, ce qu’il fit d’une lourde bien jouissive (2-1, 75e). Il a ensuite provoqué plusieurs situations chaudes, et passa à deux doigts d’un but magnifique sur un centre d’Eliasson, avant d’égaliser pour de bon en toute fin de match sur un centre de Karim Aribi (cette dernière phrase peut paraît trop étrange pour être véridique, mais pas de doute possible avec le VAR n’est-ce pas, 2-2, 90e).

Alors non, pas de triomphe, juste un point qui fait du bien après des défaites déprimantes, et qui donne envie de croire que cette équipe peut se montrer vaillante. Et ce serait déjà un bon début.


LES COLLEGUES

BRATVEIT (blessé/5). Abandonné par sa défense sur le premier but, il sort à la mi-temps pour DIAS, qui se troue totalement sur le but de Charbonnier mais a semblé plus en confiance ensuite.

SAINTE-LUCE (2+/5). Tu as le droit de gueuler sur ton capitaine s’il fait de la merde, oui oui. Un peu trop discret en somme.

MARTINEZ (0/5). C’est toi le capitaine qui fait de la merde, oui oui. Il sort au pressing complètement en retard sur le premier but puis s’auto-élimine sur le deuxième. Pablo, si tu voulais souffrir, autant aller faire Paris-Roubaix.

UEDA (3/5). Plutôt taulier en comparaison, et pas loin de marquer sur un cafouillage immonde à l’heure de jeu.

BURNER (2/5). Son action de début de match résume bien le joueur : tellement surpris d’avoir réussi à se démarquer qu’il est incapable de mettre un centre correct.

FOMBA (2/5). Je n’arrive plus vraiment à savoir s’il est plus à l’aise dans le combat ou dans la possession, et ça tombe bien : visiblement Lamine n’est plus très sûr lui non plus.

CUBAS (2/5). Toujours faiblard. Niveau combat, c’était pas vraiment sabre au clair, plutôt objecteur de conscience. Remplacé par ARIBI, dont le centre parfait pour l’égalisation constitue une de ces failles spatio-temporelles qui sont le charme du football et probablement la preuve que Dieu existe.

PONCEAU (3/5). Je ne sais pas quoi dire de ce joueur. Une minute à avoir envie de l’insulter tant son apport semble pauvre, puis tu te dis qu’au moins il court, qu’il colmate, qu’il se bat, que c’est laid mais utile, comme les chiottes en somme, mais la référence à Théophile Gautier serait lui faire un bien trop grand honneur. Allez, je suis charitable aujourd’hui.

ELIASSON (2+/5). Très irritant dans son penchant à la tricote parfois, mais il reste à l’origine de pas mal de nos situations par sa qualité de centre notamment. Il manque quand même d’explosivité, ce qui est emmerdant pour son poste.

BENRAHOU (2/5). C’est un peu le même constat qu’Eliasson, trop tripoteur pour avoir un impact satisfaisant dans un rôle d’ailier me semble-t-il.

OMARSSON (1/5). Vraiment pas en veine ni très inspiré ni très bien servi, à oublier. Il sort pour KONE (5/5), qui va on l’espère se servir de ce match pour vraiment lancer sa saison.


La suite avec la réception d’un AC Ajaccio pas au mieux. Allez, on essaye de lancer quelque chose qui pourrait ressembler à une série ? ALLEZ ROUGES BORDEL

Karoud

Karoud Fider

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