Avranches-Nîmes (2-0) : La Costières Académie en mode survie

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Ce qui est bien, avec ce NO version Assaf, c’est qu’on est en permanence dans une sorte de futur post-apocalyptique, mais version fauchée, un peu comme si Mad Max devait circuler en voiturette de golf bloquée à 15 à l’heure ou que les zombies de Walking Dead se contentaient de se balader en dansant Et tchik et tchak : c’est laid, c’est flippant pour celui qui se l’inflige, mais ça reste surtout absolument grotesque. Et dans ce registre, accordons-nous au moins cela, on se dépasse chaque semaine.

Le dernier exemple en date est illustré par cet article d’Objectif Gard (pour les non-initiés, attention : la mise en page pique les yeux et les fenêtres pop-up sont plus agressives que Daniel Riolo, une seconde d’inattention et vous vous retrouvez avec un billet d’avion pour l’île Maurice et des bons de réduction donnant droit à une remise sur les barquettes de poulet au Casino de Cap Costières). Une pelouse d’entraînement qui ressemble davantage à un terrain vague qu’à un équipement professionnel, des joueurs et un staff qui vont bientôt en être réduits à faire du stop pour effectuer les déplacements, un encadrement défaillant à tous les niveaux (plus de toubib au club depuis cet été), et enfin et surtout un président absent, qui snobe son coach et fait le mort aux sollicitations de la mairie. Les derniers développements indiquent qu’un bras de fer est en cours, que la mairie n’attend qu’un repreneur pour pousser Assaf dehors, mais que lui n’entend pas perdre la face (si tant est qu’il en ait une) ni ses pépettes. Le merdier est total, intégral, le club semble plus que jamais à l’abandon. On est évidemment tenté de dédouaner les joueurs de leurs manquements, après tout qui aurait envie de se dépouiller dans ces conditions ?


INTERMÈDE

Lieu : l’intérieur du cabinet du Dr Karoud, bibliothèques en châtaignier massif ployant sous le poids des ouvrages – Jung, Lacan, Boule et Bill -, lumière tamisée, fauteuils massifs avec des couvertures en tweed un poil démodées, tapis aux couleurs passées dont on devine l’usure à force de passages. Le Dr Karoud est profondément enfoncé dans son fauteuil, comme s’il ne faisait qu’un avec le décor. S’avance un homme, sans âge, quoique glissant plutôt vers la fin que le début. Appelons-le « Le patient ».

LE DOCTEUR. Bonjour et bienvenue. Installez-vous. Alors, qu’est-ce qui vous amène ? Allez-y, parlez librement. Vous trouverez ici une oreille bienveillante et sans jugement.

LE PATIENT. Je… Je suis supporter du Nîmes Olympique.

LE DOCTEUR. HAHAHA PAUVRE CONNARD !


LE MATCH

Nous voici à Avranches, misère de misère. Notez qu’à la Costières Académie, nous n’avons vraiment pas l’habitude de jouer sur le couplet « ville de merde », « trou paumé » ou autre joyeusetés méprisantes de cet acabit. Mais putain, Avranches, quand même.

Notez qu’au moins, l’accès au stade n’a pas l’air trop complexe.

Pour ce qui est du football, la réponse à la question de la motivation de nos gars intervient assez vite : ils sont là sans y être, et Frédo Bompard nous a concocté une compo qui suinte la lose, avec Burner et Sbaï montés d’un cran, comme si les GI étaient arrivés sur les plages normandes (c’est pas très loin d’Avranches) avec des pistolets à eau et des coussins péteurs en juin 44.

DIAS
DIALLO – MENDY – DIOUF – GUESSOUM

DOUKANSY

PICOULEAU – SACKO

BURNER – MBINA – SBAÏ

Contentons-nous du récit de l’action menant à l’ouverture du score d’Avranches : nous jouons la 76e minute, moment où tu te dis « bon, je me suis pas infligé cette daube pour rien, on va au moins repartir avec le point du match nul ». C’est évidemment sans conter sur l’application de nos gars à se mettre au niveau de la gouvernance du club. Et là, ça devient de l’art : Diallo laisse partir l’ailier dans son dos, se fait lober par la remise dans la profondeur, essaye de sauter pour intercepter, tombe et ne peut empêcher l’Avranchinais (c’est comme ça qu’on dit) d’adresser un centre moisi dans nos 5 mètres. Et là c’est l’apothéose : Diouf laisse la balle à Dias, Dias laisse la balle à Diouf, dans un numéro de duettiste arthritiques et myopes, pour que finalement la balle glisse tranquillement jusqu’à l’attaquant adverse, qui n’a plus qu’à la pousser au fond en se foutant de leur gueule. Défaite méritée, agrémentée d’une touche de ridicule, et bien confirmée derrière par un péno trèèèès bêtement concédé par Diouf, en bon taulier de la défense. Allez, arrêtez moi ce massacre.

Une petite note collective pour les artistes, puisqu’ils avaient visiblement pour consigne de se soutenir dans la médiocrité. 1 point pour être allés jusqu’en Normandie en stop, quand même, on n’est pas des bêtes. Je n’ai même pas fait gaffe à qui était sorti, vous ne m’en voudrez pas.


LES CHÈVRES

DIAS (1/5). Peut-être qu’il le fait exprès, après tout.

DIALLO (1/5). Quand tu joues latéral, deux solutions : soit tu as les qualités pour, soit tu te retrouves là parce que tes collègues t’ont demandé d’y aller et que tu es trop victime pour te rebeller.

DIOUF (1/5). Il a une dégaine de basketteur, et n’a d’ailleurs pas l’air au courant qu’il peut se servir de ses pieds.

MENDY (1/5). Ancien capitaine d’Avranches, il doit être heureux de la courbe ascendante de sa carrière.

GUESSOUM (1/5). Comme vous le savez peut-être, la défense de la formation à Nîmes est un enjeu de la lutte contre Rani Assaf (dégage). Malheureusement, il existe des éléments tangibles de la nullité objective de notre centre, dont Kelyan est peut-être l’exemple le plus abouti.

DOUKANSY (1/5). La vivacité d’un Alou Diarra en gueule de bois.

PICOULEAU (1/5). La sobriété dans le jeu, ça veut pas forcément dire tout faire pour éviter d’avoir la balle.

SACKO (1/5). Planqué.

BURNER (1/5). Placé en ailier à sa demande suite à une Gold Cup où il a brillé dans ce rôle avec la Martinique. C’est bien, mais il s’agirait de se sortir les doigts maintenant.

SBAÏ (1/5). Plus appliqué mais assez inoffensif.

MBINA (1/5). La solitude du renard des surfaces.

Allez tous vous faire mettre,

Bises,

Karoud

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