Burossia Durtmond / Paris SGEL (2-1) – La Porte de Saint-Cloud Académie reprend ses marques

Hé bé salut, vous autres !

C’est que ça fait une bonne paie dites moi. C’est qu’il s’en est passé des choses incroyables depuis tout ce temps, non ? Non, en fait, non. Avec Paris SGEL, on peut partir hiberner tranquillement (après la crise de novembre bien entendu) jusqu’au mois de février, il se sera rien passé. La machine à points est lancée, elle engrange ce qu’il faut, sans pression, sans opposition, sans défaite aucune. Les dix points d’avance en championnat, c’est fait ; la qualif en demie de coupe de France et en finale de coupe du pneu, c’est fait…Tout roule, tout roule, qu’on vous dit. C’est tellement huilé que c’en est d’un barbant pas possible.

Alors, autant s’endormir, laisser tourner la machine, et régler son réveil pour la mi-février. On a alors le plaisir d’ouvrir les oreilles au grondement croissant de l’angoisse plébéienne, au doux vacarme de la panique mal dissimulée derrière une confiance factice. Le mécanisme est devenu naturel. Deux mois sans Europe, pour Paris-Saint-Germain-en-Laye, c’est deux mois sans foute. C’est deux mois de vide. Et ce vide, on ne le remplit qu’en tournant et retournant dans tous les sens la seule véritable échéance que l’on attend toute l’année, celle qui fait mouiller petits et grands prépuces, qui réchauffe les vulves engourdies, qui fait vibrer la corde sensible du supporter gavé aux pétrodollars, et qui donne un salaire aux spécialistes habitué.e.s à brasser du vide : le purée de huitième de finale aller de la purée de coupe d’Europe de ses morts.

Et cette machine bien huilée de l’hiver, quand arrive le printemps européen, elle sent ses glandes externes se rétracter dans les cavités prévues à cet effet. Et ce n’est pas la froidure, mais bien la peur qui entraîne ce phénomène annuel. La peur causée par deux mois à ne parler que de ça, à se dire que ce sera comme la dernière fois, mais que non, cette fois on est plus fort, oui mais y a ce nouvel attaquant qui ressemble à un viking qui serait aussi un SS en face et qui empile les buts depuis un mois, oui mais après tout on reçoit au match retour, mais ça ça ne veut rien dire mon brave, puisque ça n’a fait que nous faire perdre encore plus nos moyens par le passé, non mais tout ça c’était la faute à Emery c’est du passé, non, à Silva, non, à Kimpembé, non, c’était la blessure de Némarre, voilà.

Bref, on se réveille en plein mois de février, on se fait mener 3-0 par Amiens avant de se faire égaliser à la dernière minute par le même Amiens, la menace d’une blessure de Némarre plane sur toutes les têtes comme un fantôme de Knysna sur les commentateurs d’un mâche de l’équipe de France, un Norvégien de 19 piges flanque la frousse à un parterre de supporters qui semblent se découvrir victimes de syndromes post-traumatiques à toutes les Saint-Valentin. Ça y est, on va donc pouvoir enfin s’amuser un peu.

 


LA RENCONTRE


Et donc, nous revoilà, comme si de rien n’était, pour le match qui compte vraiment, le seul mâche de PSGEL qu’on a envie de voir depuis mars dernier. Sans plus tarder, plongeons-nous-y donc (oulà). Et comme ça fait longtemps qu’on a pas regardé de foute et qu’on sait plus trop comment ça marche, on va essayer d’y aller tranquillement, étape par étape.

 

Bon, alors, déjà, bon, voilà qui est fait.

 

0′ : Le mâche commence. Jusqu’ici tout va bien.

4′ : Thomas n’a pas l’air content. Vu ses gestes, il veut soit que son équipe monte d’un cran, soit qu’elle passe le balai plus énergiquement. C’est une question d’interprétation.

11′ : Et un coup franc dangereux pour le Némarre, un ! Juste à côté du poteau drouat. Soit dit en passant, ça le grossit un peu cette coupe de cheveux, non ?

14′ : Contre-attaque de Sancho Pança face aux moulins à brasser le vent de la défense parisiano-saint-germanoise. Son tir passe à côté. Lucien, le côche d’en face, trouve que ça va un peu trop vite et fait le signe du « mollo mollo » [insérer ici une blague sur les Suisses].

17′ : Gegenpressing contre gegenpressing, ça finit par s’annuler et ça devient un jeu de taquet. C’est du football total, comme on dit.

21′ : Débordement à droite de la surface de Navasse, centre en retrait, l’arme fatale du foute moderne selon tous les commentateurs interrogés, le gendre de Sami Khedira si cher à Roberto Bettégras arme sa frappe plein axe, sauf que Marco revient le savater dans le dos in extremis et s’en sort sans problème, on a eu chaud.

23′ : Gros plan sur l’arbitre qui fait un câlin aux cheveux de Némarre. C’est vrai qu’ils ont l’air tout doux.

24′ : Corner raté de Durtmond, Lucien applaudit avec les mains en pinces de crabe.

 

Comme ça.

 

27′ : Sancho s’infiltre à gauche et tente une enroulée du droit, à la Titi (en tout cas c’est ce qu’on m’a dit, moi j’étais pas né). Navasse s’envole pour la photo (comme ils disent les journaleux).

36′ : Thomas mastique bruyamment son chewing-gum la bouche ouverte. La tension est palpable dans ce chewing-gum.

38′ : Lucien applaudit, se frotte les mains puis renifle, pour encourager ses troupes, et surtout pour signifier à l’arbitre qu’il a froid.

41′ : Gros plan sexy au ralenti sur Thomas, cheveux au vent, en train de rogner son con de petit doigt qui avait osé lui conseiller de faire entrer Lassana Diarra. Con petit doigt, va.

43′ : D’un tacle maîtrisé, Marki envoie un ballon dangereux du frère-d’Eden-qui-a-nom-de-héros-de-BD-viking en corner. Par sa posture virile et son aspect triomphant, d’une intensité inversement proportionnelle à la valeur utile de ce geste défensif, il entend assoir sa crédibilité au sein de sa défense.

Zéro à zéro à la pause : le football total, c’est totalement nul.

50′ : Comme attendu par tout le monde, Kimpembouse et ses syndromes post-traumatiques dignes d’une gueule cassée finit par se faire salement chahuter au duel par le Bomber norvégien d’en face, qui file au but. Heureusement, Marco est encore là pour venir le chercher par derrière, dans la surface, alors qu’il armait sa frappe après un ultime crochet. Quel homme.

55′ : Tel un chat craintif, Idrissa Ganache sort de la ruelle sombre où il s’était caché pendant une heure de jeu pour venir faire pirouetter Vitseule en triple Axel (vous l’avez ?) et récolter son petit jaune. Échaudé, il retourne se cacher dans sa ruelle sombre de suite.

59′ : Décidément, on en veut à Vitseule (on a des nouvelles de Marouane Fellini au fait ?) : Némarre en a après sa pomme d’Adam, et prend un jaune aussi. Ça fait du rentre dedans côté parigot, ça cherche la décision à coups de butoir, ça veut tuer le mâche une bonne fois, et tant pis (tant mieux ?) si la jambe de Vitseule y passe en même temps.

62′ : Sortie de balle héroïque de Kurozawa, qui remonte la moitié du terrain, dribble 4 joueurs, se recentre, cherche ses coéquipiers démarqués et… dégage en touche à 40 mètres de là. Mais c’est parce qu’il avait le soleil dans les yeux.

66′ : Au forceps, les trois de devant alignent les frappes de bourrin sur la cage teutonne. Thomas, décoiffé par le vent, a des airs de dirigeant du NSDAP.

69′ : Pif paf pouf, Durtmond à l’attaque, centre-en-retrait-l’arme-fatale-du-foute-moderne, frappe contrée, mais le renard norvégien claque la balle au fond, 1-0. Il mime ensuite un rituel de méditation bouddhiste, en position du lotus, avec sa plus belle gueule d’aryen benêt. Lucien n’a pas l’air content pour autant et gesticule sur son banc.

75′ : Presque arrêté à l’angle droit de la surface, Kiki démarre d’un seul coup, esquive un tacle et deux défenseurs, se retrouve dans la surface et la glisse à Némarre, plein axe, qui la pousse tranquillou au fond, 1-1. Thomas applaudit au ralenti.

77′ : Pas le temps de niaiser que le Norvégien, trouvé en trois passes devant la surface de Navasse, nous colle une minasse pleine lucarnasse. 2-1, la poisse. Cette fois, Lucien est content, tout comme toutes sortes de Fridolins présents dans le stade.

81′ : Némarre récupère une remise de la tête déviée et la fout sur le poteau gauche des Frisés. En vitesse réelle comme au ralenti, Thomas a l’air dépité.

83′ : Malgré ses efforts répétés, Thomas n’arrive pas à calmer sa mèche de cheveux affolée par les évènements.

85′ : Emre-truc mime une grosse fatigue en plissant les yeux et en grinçant des dents. Quel jouor !

87′ : La Meule rattrape un jaune au colback devant l’arbitre comme un bacqueux étranglant un étudiant sous l’œil des journalistes. Carton.

89′ : Marco, voyant que l’heure tourne, qu’il n’a toujours pas été averti pour contestation, et qu’il risque donc bien de se retrouver totalement disponible pour jouer au mâche retour, surgit au devant de l’arbitre sur une action de jeu anodine et vient récolter son précieux billet d’entrée pour les tribunes du Parc, en mars prochain. Sa mimique de surprise ne nous trompe pas : l’on voit, à son large sourire, que pour lui, prendre ce carton , c’était comme jouir après 89 minutes de pougnage en continu. Thomas aura sans doute moins apprécié que lui, cependant.

90’+1 : Marki tente une grosse lourdasse pour clore le bal. C’est détourné. Fuck it.

 


LE SOVIET QU’ON RETROUVERA DANS UN MOIS


Kélore Navasse (3/5) : Deux buts dans la musette, d’accord. Mais d’une il y pouvait pas grand chose, et de deux, autrement, il en a sorti de belles, quand même.

Tommy la Meule (1/5) : Trou d’air devant, trou d’air derrière, et trou d’air au mâche retour puisqu’il n’y sera pas. Bien vu, l’aveugle.

Markiki (2/5) : Et ben moi, je préfère quand il est au milieu, maintenant.

Titi Silva (1/5) : Sa première mi-temps était terne mais pas excessivement dégueulasse. Par contre, en seconde, il a bu la tasse face au Viking nazi d’en face. C’est plus un capitaine de classe mondiale qu’on a, mais un lampadaire dont l’ampoule a grillé.

Prunelle de Quimperlé (2/5) : On attendait tous que ses nerfs craquent et qu’il s’effondre en larmes sur la pelouse après s’être fait bolosser par le colosse scandinave pré-pubère. Mais non, Prunelle a continué son petit bonhomme de chemin. Sans être particulièrement utile à quoi que ce soit, hein. Mais sans causer l’élimination à la dernière minute, au moins. Et on peut dire ce qu’on veut, mais c’est un progrès indéniable.

Liévin Kurozawa (1/5) : Est passé de « Oh non pas lui » à « Bon, ça va, il est pas si dégueulasse » à « Oui vas-y mon petit » à « Mais quelle contre-attaque complètement claquée sous terre » à « Rendez-nous Jean Bernard ».

Idrissa Ganache (1/5) : S’est caché dans l’ombre de Marco pendant 89 minutes, en est sorti pour prendre un jaune. Elle est loin, la masterclass contre le Real, hein ?

Marcoco (4+/5) : A tout fait à la place de tout le monde, des retours défensifs aux ouvertures en profondeur, au point qu’il a failli en oublier d’être lui-même. Mais que tout le monde se rassure : Marco est toujours Marco, et il ne sera pas là au mâche retour. C’est cadeau, c’est Marco.

Ange de Marie (1/5) : De mémoire de personne non genrée, il n’a trouvé et n’a été trouvé par personne. Sauf par Thomas quand il a fallu le remplacer. 

(Remplacé à la 77e par Sarabbiata, qui a pris son seum et l’a porté sur le terrain comme une âme en peine)

Némarre (2+/5) : Sauvé par un but opportuniste et un poteau arraché d’on ne sait où.

Kiki (2/5) : Mais il est triste le petit quand il est tout seul devant, aussi. Faut lui donner un Edinson ou un Mauro à s’occuper, sinon il va déprimer.

 

Bisous les moches, je me rendors jusqu’au mâche retour,

Oubliez pas les boutons ci-dessous, rendez l’argent et vos talents,

La bise trotskanale,

Georges Trottais

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

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