Chievo-Fiorentina (1-1) : la Chianti Académie livre ses notes
Chievo-Fiorentina (1-1)
Ciao, chers fidèles ! Come va ? Fra Francesco a entendu vos prières et il est de retour ! Si, lors des derniers matches de Serie A, je n’ai pas donné signe de vie, c’est parce que j’avais une bonne raison. Cette excuse est à la fois éthylique et féminine. En effet, j’ai été invité à l’abbaye de Saint-Michel de Frigolet, charmant trou paumé au milieu de la garrigue provençale, par les héritiers du révérend Père Gaucher pour participer à la conception de cet élixir si célèbre. Croyez-moi miei cari lettori, cette liqueur est un don de Dieu ! Si j’ai toujours carburé au limoncello et au vin de messe (avec une hostie, un match de calcio et un coup dans la bonne dans la pénombre du presbytère, ton dimanche est toujours une réussite), je reste évidemment ouvert à toutes les expériences, surtout les plus douteuses. Là-bas, les prémontrés appellent ça la norbertine. Après enquête, ce nom n’aurait aucun rapport avec Norbert de Top Chef, ce cazzo que j’avais entendu pendant l’Euro et qui m’avait fort cassé les pieds pendant que j’essayais de me concentrer sur les courbes voluptueuses d’Alessandra Bianchi, cette diva à la voix de cancéreuse en phase terminale qui ferait passer Ned Gerblansky, le meilleur collègue d’Oncle Jimbo dans South Park, pour Roberto Alagna.
L’élixir de l’abbaye, c’est tout plein de bonnes choses : du miel, du thym, du romarin et de l’alcool à 40°. Qu’est-ce qu’on s’est mis dans la faccia ! Pour couronner le tout, l’amicale des Chiffres et des Lettres et le fan club de Julien Lepers étaient conviés à la dégustation inaugurale. Après la deuxième bouteille, j’avoue ne plus me souvenir de grand-chose. Ce que je sais, en revanche, c’est que quand je me suis réveillé dans ma chambre, j’étais entouré de Georgette, Micheline et Benoîte, aussi dénudées que transpirantes. La fenêtre qui donne sur le prieuré était embuée et le matelas était proche de l’ébullition, si bien que j’ai envisagé, l’espace d’un instant, d’utiliser l’extincteur sous mon lit qui, d’ordinaire, me servent à assommer mes conquêtes qui, ravies, peuvent ensuite dire à leurs amies qu’avec moi, elle a pris le coup de sa vie. Tout ce dont je me rappelle de cette nuit de folie, c’est que sans le dentier, les préliminaires sont magiques, et encore plus lorsqu’elles sont pratiquées à plusieurs. Elles m’ont épuisé, ces trois naïades grabataires ! Après une introspection poussée réalisée avec du Vicks Vapo Rub offert par un moine cistercien de Kingston lors d’un pèlerinage, il me semble les avoir rendues folles après une série d’imitations de Bertrand Renard répondant à Laurent Romejko. Ah ça, elles en ont prononcées des voyelles ! Du coup, il m’a fallu du temps pour me remettre de mes émotions. J’ai même cru être tombé dans une faille spazio-temporale quand j’ai vu que Luca Toni avait marqué contre Catania !
Même si j’ai quitté les ordres pour me vautrer avec délice dans le stupre et la fornication, je me dois d’être honnête avec vous : écrire sur des matches avec Catania et Parma, ça m’excite pas vraiment, beaucoup moins que mon foursome avec les trois veuves en manque de capriole. Pour résumer, on a tapé les Siciliens (2-0) et on a pris un rigore dans les arrêts de jeu contre les prosciutti alors que les tre punti nous tendaient les bras (1-1). Sept points en quattro giochi, c’est pas mal, mais je ne peux m’empêcher de croire qu’on aurait pu faire carton plein.
Si j’ai été absent sur horsjeu.net, que l’éditeur questo bel uomo me pardonne, j’ai tout de même suivi avec attention les résultats de la Fio pendant ce mois loin de vous. Je tiens donc à vous dévoiler mon aventure au stade lors de la réception de la Juventus, questa putana.
J’ai beau être défroqué, Benedetto XVI me laisse toujours exercer mon ministère, sans doute car je remplis mon église toutes les semaines, pas uniquement à Noël ou à Pâques, et aussi car j’ai des photos compromettantes de lui dans un coffre en Suisse. Ainsi, je continue à confesser régulièrement mes anciens fidèles de la paroisse de Santa Maria a Monte. Vous n’êtes pas sans savoir qu’en Toscane, les filles sont plus dangereuses que les fusils. Alors que j’avais fini mon office du dimanche et que je m’apprêtais à culbuter la bonne sur l’autel, un jeune homme est venu à ma rencontre et m’a avoué qu’il était tombé amoureux d’une ragazza magnifique, un corps superbe, une peau cuivrée appétissante, des meloni incroyables et des gambe à n’en plus finir. Pour autant, il avait peur d’avoir cédé à une tentation du Diavolo. En effet, la donetta était tifosa… de la Juventus. Troublé par cette rencontre, il m’a demandé s’il pouvait continuer à la voir. L’amour étant un don un Dieu, je lui ai répondu que oui, à condition toutefois qu’il se comporte comme un vrai tifoso de la Fio et qu’il la prenne dans le cul aussi souvent que possible.
Artemio-Franchi était pieno come un uovo. J’avais mis ma robe de bure des grands jours et un slip. Je ne fais pas souvent ça mais, pour je ne sais quelle raison, c’est mal vu de se balader le zgueg à l’air en public. Quand c’est une ragazza, ça pose moins de problème que quand c’est moi apparemment… C’est de la discrimination ! Installé dans la tribune, j’ai commencé à draguer une jeunette de 72 ans qui portait une écharpe violette. J’ai eu son numéro de chambre à l’hospice des Résédas. Et bim ! Les femmes adorent l’uniforme que voulez-vous ! Et puis, rentrer dans une vieille dame, c’est comme si je baisais la Juve… Une sensation fabuleuse, croyez-moi chers fidèles. Pour l’anecdote, je l’ai déglingué après le dîner, servi immanquablement à 18h aux Résédas. La pauvre, elle en a vomi son velouté à la tomate ! Au letto, je suis comme Santa Maradona : j’ai beau avoir grossi, j’ai quand même de bons restes !
Comme on pouvait s’y attendre, on s’est fait v(i)oler. Deux penalties oubliés, des coups de sifflet rarement en notre faveur : Moggi est de retour chez la vieille ou quoi ? Les imbattables tu parles ! On les a bouffés les petits zebre ! Je ne sais pas combien ils ont déposé de cierges avant de venir mais ça a dû leur coûter cher ! Entre les pieds carrés de Ljajic, la barre de Jovetic et les tirs à côté de Roncaglia, on peut dire qu’on a paumé deux points dans l’affaire… Je vous le dis, chers fidèles, la Fio peut aller chercher le Scudetto cette saison ! Je sens qu’il y a la place, comme un symbole de culo après le passage de la matraque de Moké.
Après ce match, on s’est débrouillé pour paumer contre la Stramaband de l’Inter (2-1). Génial, on les a relancés alors qu’ils vacillaient et étaient au bord de l’implosion façon AC Milan. Heureusement, on s’est vite repris contre Bologna, grâce à un but de notre Jojo, meilleur trequartista du monde, regarde-le bien Juventus, celui-là tu le verras JAMAIS chez toi !!!
Une nouvelle fois, nous perdons deux points alors qu’on avait repris le match après l’égalisation de Rodriguez. Cependant, mention spéciale pour le Chievo qui a du ballon, surtout quand il procède en contre. Luciano, Di Michele et Théréau, c’est vraiment sympa à regarder. Mais à eux trois, ils font à peine deux orteils de Jovetic. Du coup, un mal nul, même à l’extérieur, ce n’est pas une bonne affaire.
Notes
Viviano (3/5) : tu prends trois défenseurs aux chouquettes, un amour de passe exter’ de Luciano et une frappe croisée parfaite de Théréau et tu comprends pourquoi je ne l’accable pas sur le but du Chievo. Solide, comme un pas Saint-Bol de sa défense.
Roncaglia (3-2/5) : même mauvais, je lui mets 3. Je lui enlève un premier point pour sa coupe de cheveux qui rappelle Un Indien Dans La Ville. Je lui enlève un second point pour prendre la Nazionale pour un plan B, tout ça parce qu’il a passeport italien. Va d’abord chez le parrucchiere et on en reparle ! Sinon, la prochaine fois qu’on te touche dans la surface, essaie d’être moins caricatural dans ta chute, grazie.
Rodriguez (2+1/5) : fébrile mais buteur. C’était moche, c’était confus mais ça permettait de revenir au score de suite après le rete de Théréau et de ne pas douter par la suite.
Tomovic (2/5) : il s’en est fallu de peu pour qu’il parvienne à couper la frappe de Théréau. Et d’avoir la moyenne.
Pizarro (3/5) : ne pas voir un milieu défensif est la preuve qu’il a bien fait son taf et qu’il a laissé la vedette aux joueurs offensifs.
Rômulo (1/5) : dans une équipe, il faut un joueur que l’on ne peut pas voir. Cette année, ce rôle sera tenu par gros mulot. Sorti à la pause, remplacé par Migliaccio (46’).
Borja Valero (3/5) : touche beaucoup de ballons mais il lui manque toujours le supplément de lucidité pour lâcher la balle au bon moment.
Cuadrado (4/5) : pour le coup, je vais être gentil. Une pointe de vitesse énorme et, même gêné par Dramé, il a enquillé les centres (12 en tout) et a tenté deux fois sa chance. Pour autant, il peut devenir très vite exaspérant à force de jouer à «Zorro part dribbler le stade pour sauver le monde». Remplacé par Ljajic (83’).
Pasqual (3/5) : ah! Si seulement il avait remporté son face-à-face ! Règle de base immuable : sauf boulette énorme entraînant la fin du monde, le capitano a toujours la moyenne.
Jovetic (3/5) : avec un J comme «J’ai pas été lâché une seconde par la défense du Chievo. Il a la moyenne en raison de son activité de tous les instants, malgré un manque rare de précision dans ses frappes et certaines prises de balle. Auteur d’une passe à la Streltstov lumineuse pour Pasqual (14’).
Toni (3/5) : tape le poteau juste avant la pause alors qu’il avait fumé son garde du corps (44’). De la présence physique, du ballon : Luca revient et ça, c’est aussi beau que Totti qui dépasse Meazza et Altafini au nombre de buts marqués en Serie A ! Remplacé par El Hamdaoui (70’).
Sostituzioni
Migliaccio : je suis parti pisser à la mi-temps, ça a pris un peu de temps et je n’ai pas vu le changement de Montella. Je me suis rendu compte que le deuxième chauve n’était pas un clone de Borja à la 75’.
El Hamdaoui : pas vu pas pris.
Ljajic : n’a pas Serbie à grand-chose.
L’instant Michela
Cet instant Michela est particulièrement dédié à Bart Van den Van Krrr, ce bel homme flahute, et à Fabio Labello, romanista poilu.
La grande storia della Fio: Rui Costa
Rui, une folle envie. Sept années d’amour entre le Maestro et la Fio. Le Portugais aux arabesques était fait pour jouer à Florence. Arrivé en provenance de son Benfica, Rui Costa a joué 276 matches avec la Viola, marqué 50 buts et délivré un nombre incalculable de bijoux, caviars et autres délices dans les pieds de ses attaquants, dont un certain Gabriel Batistuta. A Florence, il a remporté deux Coppa (1996 et 2001) et participé à la Champion’s après la troisième place obtenue en 1999. Victime de problèmes financiers, la Viola dut se résoudre à vendre son diamant à l’AC Milan, où le Maître remporta un Scudetto et une Champion’s, un juste retour des choses pour un meneur de jeu à l’ancienne et comme on n’en fait plus, la faute à cette stronzate de mode des ailiers supersoniques, des fausses pattes et des statistiques ridicules sorties à tout bout de champ pour rendre le calcio plus complexe qu’il ne l’est en réalité. La grinta, le style, les cheveux longs, les chaussettes aux chevilles : Rui Costa avait la classe, comme rarement un joueur de football l’a été.
Quelques reti sur une musique ignoble
Cadeau pour les Rossoneri !
Il Music Box di Fra Francesco: I Gufi a Colori
Pellegrin che vien da Roma
La Balilla
Porta Romana
El me gatt
Toscana, il mio paese : le Palais Pitti
Ah, le Palazzo Pitti ! Ce grand palais florentin date de 1458. A l’époque, il était la résidence de Luca Pitti, riche banquier de la ville qui voulait se faire un petit plaisir. C’est bien légitime. Manque de chance, le décès de Cosme Ier contraint Pitti, en difficulté financière, à arrêter les travaux en 1464. L’édifice fut achevé après sa mort, en 1472. Près d’un siècle plus tard, en 1549, les Medicis racheta le palais qui servit dès lors de pied-à-terre au grand-duché de Toscane. Au XVIIIe siècle, Napoléon s’en est servi de base politique, avant de devenir le palais royal, après l’unification de l’Italie. En 1919, Vittorio-Emanuele III ouvre le Palazzo Pitti au public. Depuis, le palais accueille de nombreux musées et collections diverses : la galerie Palatine, les appartements royaux et les musées d’Art Moderne, d’argenterie, de la porcelaine, des costumes et des transports. Prévoyez donc un bon mois pour tout voir !
De style bugnato, le palais a été construit avec de pietraforte, une roche calcaire de la colline de Boboli. Vous aurez compris que le but n’était pas de faire rococo mais austère hein ! On était chez un banquier, pas chez Michou ! De plus, les lecteurs d’Asterix ainsi que les dilettanti des Monty Pythons l’auront noté, le Palazzo Pitti rappelle les constructions datant de l’époque romaine antique. Aujourd’hui, il accueille plus de 5 millions de visiteurs chaque année. Alors un conseil : quand tu viens voir Fra Francesco, tu seras gentil de ne pas oublier de réserver un billet coupe-file !
Toscanalement,
Fra Francesco



Ah mon cher Francesco, encore une fois un grand « bravo » comme on dit chez toi (chez moi aussi tiens). De la bonne culture, de la bonne musique, de la bonne, et tu restes toujours aussi drôle. C’est pas de l’amour, mais ça y ressemble. Non, l’amour le vrai, je le laisse à tes fidèles
Enfin le grand retour! Super académie en plus.
bravo
elle a que les os sur la peau, miskina!
Bravo! et merci.
Maintenant Fabio va lire. Détendu de la-haut.