La Forez Académie rend hommage : saudade avec la Brandade

 

Une page de l’histoire de l’ASSE, mais surtout de la Forez Académie se tourne. Evaeverson Lemos da Silva, dit Brandão, dit La Brandade quitte les Verts après 2 ans de bons et loyaux services. Retour sur un passage qui aura marqué le club, et les corps des adversaires.

 

Avant de lire cette bafouille, merci de mettre cette musique en fond :

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13 août 2012. Le pestiféré Brandão, chassé de Marseille après leur avoir donné 1 championnat + 2 Coupes de la Ligue (et aussi un 1/4 de finale de Ligue des Champions, j’y reviendrai plus tard), atterrit chez les Verts. Son cas divise les supporters mais certains, comme votre serviteur, sont heureux d’accueillir ce joueur. Pourquoi ? Parce qu’il peut apporter, à mon sens, ce qui manque cruellement aux Verts : le mental de gagneur, la rage de vaincre, la gnaque qui nous fait défaut si souvent. Au-delà de ses performances sur le terrain, que je n’espérais pas renversantes, c’est vraiment cet état d’esprit qui me plaît. On récupère un joueur revanchard, qui a gagné des titres partout où il est passé en Europe, et qui sait gérer la pression des matches à enjeu. Dans un effectif qui manque cruellement de cette expérience, la Brandade peut tirer le groupe vers le haut et nous faire franchir ce fameux palier qui veut qu’on s’acclape à chaque fois qu’il faut jouer un match important. Bref, je suis content, surtout que vu son style de jeu et les casseroles qu’il peut se traîner, y’a moyen de bien se marrer et d’en faire un personnage attachant et récurrent dans les blagues de la Forez Académie.

31 juillet 2014. La Brandade nous quitte, le cœur gros, mais le portefeuille prêt à se remplir une dernière fois avant de goûter une retraite bien méritée. Les mauvaises langues (de pute, coucou Daniel R.) ou les amateurs de salades (avec plein de lardons et des gésiers, coucou Pierre M.) se auraient voulu se fendre d’un billet « humoristique » sur son départ à l’étranger. Pas de bol, il reste en Ligain (même s’il change aussi un peu de continent nous diront les insulaires corses). Et c’est l’un des joueurs les plus respectés de cette dernière décennie et neo-coach de Bastia, Claude Makélélé himself, qui l’a « imposé » à sa direction, sûr des qualités du bonhomme et de ce qu’il pourrait lui apporter. Comme quoi, l’expertise de certains, le grand Claude s’en torche le derrière avec.

Les Parisiens ne parleront que de la cheville du transsexuel obèse légèrement tordue (alors que, non, ce n’est pas un attentat, il joue bien le ballon et c’est le M.Penalty du Brésil qui lui enlève au dernier moment), ou du coup de coude qu’il a foutu à Cabaye (là, par contre…). Les autres se rappelleront aussi de son « jaipatouchéo » ou de ses ratés parfois monumentaux comme ici ou (c’est le même match, demi-finale de la Coupe de la Ligue 2013 contre Lille). Pour moi, la Brandade, ça restera surtout :

–          24 buts en 67 matches dont le plus important restera quand même celui-là :

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 (le lien si ça ne marche pas : https://www.youtube.com/watch?v=e4V1ESWcWyQ)

Brandao_1Jelaitouchéo !

–          Un mental d’acier : le mec était pas là depuis 4 mois qu’il déclarait déjà qu’il voulait jouer la Ligue des Champions avec Sainté. Et si on peut parler de méthode coué pour certains, pour lui, ça n’était clairement pas le cas. Et puis merde, Beckham, Ibrahimovich ou une gaufrette lyonnaise (l’inconscience du mec qui pensait que ses potes allaient le suivre et qui se retrouve face à 3 colosses), le mec a peur de rien et sait se faire respecter ;

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–          Des moments d’anthologie comme la fois où il harangue la bâche du Kop Sud (voir à la 68e minute) ou dans un autre style son poing rageur adressé au virage lyonnais (une belle réponse à Bastos qui saluait à l’époque sa femme, abonnée en Kop Sud à Geoffroy Guichard). Auparavant, il avait délivré une passe décisive sur l’ouverture du score de Erding. Vous savez ce qu’on dit des grands joueurs hein…

 Brandao_5Plaisir d’offrir messieurs les Lyonnais. Heureusement pour vous, il s’en va.

–          Le meilleur bilan en championnat pour le club depuis son arrivée avec une 5e place (+ 1 coupe de la Ligue) puis une 4e place. Et qu’on ne vienne pas me dire qu’il n’y est pour rien, ou qu’Aubameyang faisait tout. La preuve, sa saison la moins bonne individuellement est celle où il n’avait plus la flèche gabonaise à ses côtés alors que les résultats de l’équipe, eux, sont toujours restés constants, voire même se sont améliorés ;

–          De nous avoir offert quelques kifs face à son ancien club comme ici mais surtout la saison dernière (le plus gros bordel de la Divette pour la saison 2013/2014 après le derby je pense). Alors que les Marseillais menaient au score depuis la 63e minute, que Diawara aurait dû se faire expulser et concéder un penalty pour un ceinturage de Bayal dans la surface (tout est ici si vous voulez plus de détails), on se dirige tout droit vers une défaite. Oui, mais moi j’y crois quand même, comme je le prophétisais à la mi-temps :

 Brandao_6

Et puis, ce qui devait arriver, arriva :

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(le lien si ça ne marche pas : https://www.youtube.com/watch?v=Kyp0DSqcroQ)

–          Et puis merde, s’il était si mauvais, tu crois que les Coréens reproduiraient son magnifique contrôle du dos (avec une musique qui va bien sur la vidéo, j’en reparle un peu plus bas) qui donne la qualification à l’OM en 1/4 de finale de la Ligue des Champions ? Tu me crois pas ? Alors il ne te reste plus qu’à regarder cette vidéo (à partir de la 55e seconde) et t’incliner devant l’internationalité de la Brandade. C’est aussi à ça qu’on reconnaît les grands : toujours copiés, jamais égalés.

 Copie-asiat_Controle-du-dosLes Asiatiques et la contrefaçon, c’est quand même quelque chose.

–          Enfin, finalement, le mieux placé pour en parler c’est peut-être un de ses ex-entraîneur au Shaktar Donetsk, Mircea Lucescu, dans cet excellent article du SoFoot de décembre 2013 – janvier 2014 : « Sa priorité, ce ne sont pas ses statistiques personnelles, mais celles de l’équipe. Brandao, c’est un joueur d’entraineur, pas un joueur de public ». Et pourtant, nous on (du moins, je) l’aime notre Brandade.

Bref, pour tout ce qu’il nous aura apporté aux Verts, je voudrais remercier du plus profond de ma mine ce beau guerrier carioca, cet esthète du tibia, ce virtuose du front, ce punchliner arbitral. Il m’a aussi beaucoup inspiré de blagues, mais qu’il y voit plutôt une marque de respect : pour moi, Brandao est la Brandade, un footballeur atypique qui explose les codes, terriblement attachant même dans ses ratés car il donne tout sur le terrain (et c’est devenu tellement rare). Et ceci sans oublier qu’il est avant tout un formidable catalyseur de collectif qu’il pousse par sa rage de vaincre à se transcender pour aller chercher les résultats. Oui, pour tout ça, et en te souhaitant le meilleur pour la fin de ta carrière, merci la Brandade. Rendez-vous en équipe de France pour l’Euro 2016.

 

BONUS MUSICAUX :

Parce qu’il n’y a pas que Luke Seafer qui peut vous mettre des liens musicaux qui sentent le whisky-coca, voici 2 pépites pour prolonger le plaisir :

  1. Tout d’abord, pour les jeunes qui ne veulent pas rester le cul vissé à la casbah alors qu’il y a une soirée tuning au disco-club, voici le parfait allié pour préchauffer votre soirée. Un remix de génie qui va vous hanter toute la nuit sur le dancefloor;

     

  2. Ensuite, parce que trop peu de gens le savent, Brandao est un homme multi-cartes. Il possède ainsi une ferme et un supermarché au Brésil, mais il est aussi producteur de musique. Et si sa célébration « Flash-Click » vous semblait complètement débile, c’était tout simplement un petit clin d’œil à son poulain, Henrique Lemes, qui nous a sorti ce tube en 2013. Quel talent dans tous les domaines cette Brandade !

 Brandao_7Une dernière photo et je m’en vais

 

MERCI BRANDAO !

 

Roland Gromerdier

Roland Gromerdier

Né dans le Chaudron, de la verveine coule dans mes veines. Mes analyses sont aussi carrées que les poteaux de Glasgow. Peu importe les époques : je n’oublie jamais qui sont les plus forts.

8 commentaires

  1. Je me souviens d’un moment magique, un soir d’automne au Parc des Princes, quand tout le stade s’est mis à chanter « Brandao en prison! »… C’était suite à une sinistre histoire de viole qu’il a toujours nié (« jépatouchéo la poutao »). Toute ma jeunesse…

  2. Chapeau pour cette superbe acad’ émouvante ! Et salut l’artiste ! #Brandade2016

  3. Tain j’en ai presque écrasé une larme, belle bafouille mon Roro.
    Endossé son maillot ne me fera plus jamais le même effet désormais, ciao l’artiste.

  4. Supporters stéphanois consolez vous comme vous pouvez, Brandao est parti mais vous avez toujours votre tracteur turc. Et ça, ça continuera à nous faire marrer.

  5. Bon vent à lui, une bonne pioche pour Bastia.

    Perso je me souviens d’un match à Valenciennes ou l’on chantait « Brandao est un travelo » (c’était avant l’arrivée de Thiago Silva au PQSG)

  6. @Warren : Brandao serait une idole en Angleterre. Vraiment.

    @Spado : le « tracteur » va nous faire une grosse saison. Tu verras.

    @Pierro : le mec a quand même été imposé par Makélélé à sa direction. 1ère expérience de coach, mais on peut pas dire qu’il ne connaît pas le foot le gars. Brandao va leur ramener la Coupe de la Ligue.

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