FRANCE – SUÈDE (4-2) : L’ACADÉMIE FRANCAISE SAIT COMPTER SUR SUÉDOIS

L’ennui, c’est fini, et dire que c’était le deal de mon premier amour… Entendons-nous bien : c’est fini jusqu’au prochain rassemblement en mars (si loin !). Pour ce qui est de la présente rencontre, étonnamment, on ne s’est pas fait chier comme des rats morts.

Militants de l’exclusion définitive de joueurs insipides, il n’est pas encore venu le temps de sonner l’halali. La France étant déjà assurée de terminer à la première place de son groupe et de participer au Final Four, ce dernier match face à la Suède tenait lieu de seconde chance (ou de dernière chance, selon les cas) pour certains habituels remplaçants bleus : à eux de montrer qu’ils ne sont pas là que pour faire le nombre, qu’ils ont autant de qualité balle au pied que pour garnir le banc et les gourdes d’eau de leurs supérieurs.

La compo :

Mais le turn-over a ses limites : DD aligne un onze compétitif avec seulement deux têtes non destinées à figurer dans un onze majeur que sont Sissoko et Thuram.

Le derrière : La Dèche aligne la défense-type. Les latéraux de la CDM sont là : pas de nouvel essai pour Digne et Dubois.

Le milieu : Rabiot présent, à voir comme une énième marque de confiance de DD, en mode : « vas-y, prouve-moi encore que tu as changé et que tu veux bien jouer des matchs en bois dans une position non préférentielle ». Kanté suspendu, Sissoko joue son dernier crédit : la machine n’a plus de sous. Thuram à gauche, ça veut tout simplement dire 3 matchs joués sur 3 pour son premier rassemblement.

Le devant : Mbappé encore trop juste pour débuter, on se retrouve avec le classique Giroud-Grizou devant. A Olivier de sortir une nouvelle fois de son cercueil enfoui sous terre pour une parodie de Kill Bill 25.

Le match :

C’est marrant comme un mat… et buuuuuuuuuuut ! Même pas le temps de dire bonjour que Pogba renvoie mal un centre suédois et que Claesson se balade littéralement dans notre surface entre quatre joueurs avant de voir sa frappe détournée par Varane. Lloris n’y peut rien (0-1, 4e). Cueillis à froid selon l’expression consacrée, les Bleus ne paniquent pas : mieux, ils réagissent tranquillement, sûrs de leur force.

Le jeu est assez délié, les joueurs de couloirs apportent leurs centres à l’édifice. Giroud est par deux fois proche d’égaliser de la tête. C’est sur un contre initié par Griezmann que les Bleus trouvent la faille : Grizou avance plein axe, décale Thuram côté gauche, Marcus fixe et met intelligemment en retrait pour Giroud, seul, dont la frappe sans contrôle finit petit filet. Action d’école, c’est bien (1-1, 16e).

Revenus au score, les Bleus calment un peu le jeu mais gardent la maîtrise. Après quelques minutes, Marcus Thuram remet le moteur : sans peur et sans honte, le petit Marcus provoque dans la surface côté gauche, feinte la frappe, crochète, roulette… mais sa frappe est contrée. Heureusement, un latéral droit qui, surgissant hors de son couloir, court vers la gloire au second poteau. Son nom, il le signe à la surface de son pied droit, d’un P qui veut dire Pavard (2-1, 35e).

Les plus assidus lecteurs se souviendront de ce merveilleux acronyme : PJCFMP (Plus Jamais Cette Frappe Monsieur Pavard), utilisé à moult reprises depuis 2018 tant Benji se plait à tenter sa reprise au second poteau dès qu’il en a l’occasion. Ceci étant : un, je le comprends ; deux, s’il marque une fois tous les deux ans sur ce type d’occasions, la prochaine fois, ce sera en 2022 en finale de Coupe du Monde face à l’Italie. Je me tatouerai alors son visage sur la fesse droite.

Alors oui, mais pas du tout en fait. Genre vraiment pas.

La mi-temps arrive après que l’arbitre a oublié une faute flagrante de Varane sur Kulusevski dans la surface. C’est ici qu’il faut parler de chatte Hugo. Retour des vestiaires : Zouma et Digne remplacent Varane et Hernandez. Les Bleus gèrent, Giroud manque le break d’une nouvelle tête qui passe juste à côté. Mbappé entre vers l’heure de jeu à la place de Thuram et dépose, sur un de ses premiers ballons, un doux centre pour la tête, cette fois-ci parfaite, de Giroud (3-1, 60e).

La fin de match semble se dérouler sans perturbations, le rythme baissant peu à peu et les Bleus muselant facilement les Suédois. Toutefois, Kulusevski centre au second poteau, trouve Bengtsson – loin devant Sissoko –, lequel remet en une touche pour Quaison qui n’a plus qu’à conclure – loin devant Kimpembe (3-2, 88e). Un relâchement coupable sans conséquence, d’autant que sur la dernière action du match, un coup-franc suédois mal frappé donne l’occasion à Coman et Mbappé de partir en contre avec un but vide en face, le gardien étant monté sur ledit coup-franc. Kingsley prend son temps et vise bien tout droit (4-2, 93e). Rideau.

Le débrief :

C’est bien de finir l’année sur une bonne note : après le succès face au Portugal, nouvelle victoire des Bleus dans un match globalement maîtrisé. Fait d’autant plus rassurant qu’à la suite de la rencontre face à la Seleçao, cela fait donc deux rencontres où on ne s’emmerde pas. À en perdre nos repères… Rendez-vous en mars 2021 pour des derniers amicaux en vue de l’Euro 2021 et pour une liste qui aura une tête de liste finale.

Les notes :

Lloris (3/5) :

Hugo se prend deux pions mais ne peut rien faire sur les deux. L’influence indirecte de Steve Mandanda.

Hernandez (3/5) :

Beaucoup essayé sur son côté avec le petit Marcus, sans trop de réussite. Correct derrière quoiqu’un peu loin sur le premier but. Remplacé par Digne (45e, 3/5), qui a bien pris la suite et a été solide derrière.

Kimpembe (1 /5) :

Aussi mou du gland sur le premier but que sur le second, Presnel a fait preuve de constance. Mais hormis les deux buts, ç’a été. Dommage que ce soit son taf.

Varane (1/5) :

Un contre-son-camp malheureux mais évitable (fallait pas être aussi mou du gland – cf. son compère) et un péno non sifflé. Chance et malchance à l’équilibre. Remplacé par Zouma (45e, 3/5), pas serein mais pas fautif sur le deuxième but au moins.

Pavard (4/5) :

Moins facile de combiner avec Sissoko qu’avec Thuram, mais Benjamin a fait le job devant. Et derrière, ce fut plus solide que d’habitude. Sa spéciale qui finit en but cette fois en volée rasante dans le petit filet ne gâche rien. Sah quel plaisir.

Sissoko (2/5) :

Pas son plus mauvais match en Bleu (cf. la Finlande). Moussa a été plus percutant et a délivré quelques (très) bons centres. Mais son air-marquage sur le deuxième but suédois est (très) dommageable. Vu la densité de nos milieux, hors pépin physique, dur dur les 23 (merci pour la finale de l’Euro où tu as essayé, mais c’était y’a 4 ans, bonne route maintenant).

Pogba (3/5) :

90 minutes de qualité standard, ni plus, ni moins, ce qui est suffisant pour le Pogba du moment.

Rabiot (4/5) :

Son manque d’engagement sur le premier but a rappelé les mauvais souvenirs du Duc. Heureusement, Adrien s’est vite remis dans le bon sens. Il prend tellement d’épaisseur qu’il va falloir changer le grain de la feuille de match. La Juventus et ses piqû… infrastructures portent leur fruit. Tant mieux pour la France. Remplacé par Nzonzi (78e, non noté), qui a joué ses dernières minutes sous le maillot France (merci pour la finale de la CDM et bonne route maintenant).

Thuram (4/5)

Vraiment pas stressé à l’image d’un Camavinga. Marcus a beaucoup tenté, un peu trop parfois diront certains, mais au final, c’est une passe dé’ pour Giroud et il provoque la frappe de Pavard. Convaincant, il est dans le match des attaquants remplaçants dans les 23 (Ikoné ?). Remplacé par Mbappé (57e, non noté), qui a finalement pu jouer 30 minutes lors de ce rassemblement et réussi la passe dé’ pour Giroud.

Grizou (5/5) :

Parce que ça fait tellement plaisir de le voir jouer comme ça, même sans but ou sans passe dé’, osef. Qu’Antoine est beau à regarder quand il fluidifie le jeu, récupère des ballons, transmet proprement, décale et vient même défendre de la tête dans sa surface devant Zouma. Les Bleus ne sont bons qu’avec lui, et lui est encore meilleur avec les Bleus.

Giroud (5/5) :

Vexé du doute émis sur sa place de titulaire dans le groupe, Oliv’ a, comme depuis 58 ans maintenant, éteint les critiques et planté un doublé, sans compter les quelques autres occasions non converties. Son avenir en club décidera malgré tout de sa place dans le 11. Remplacé par Coman (84e, non noté), buteur en contre car il n’a pas passé le ballon à Mbappé – rappelant la subtilité du hors-jeu à certains et occasionnant même des articles.

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Didier Décampe

3 commentaires

  1. On vous suis Didier, on vous suis.
    Par contre M. Deschamps est amoureux de Moussa donc il sera là à l’Euro. Par contre pour Nzonzix je ne suis sûr de rien.

    Allez les bleus !!

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