France – Uruguay (1-0) : L’Académie française finit l’année sur une bonne note

La France retrouve sa victime des quarts de finale de la dernière Coupe du Monde. Mais un match amical fin novembre, ça n’annonce jamais grand-chose.

Contrairement au quart de finale de juillet dernier, les Uruguayens peuvent aligner Cavani et Suarez en attaque. Heureusement pour nous, notre charnière centrale peut, elle aussi, aligner ses meilleurs éléments : Mamadou Sakho et Adil Rami. Si, si. On en est là. Je suis fatigué avant même que ça ne commence. Back to 2011.


La compo :


Quand est-ce que le compte Twitter de l’Equipe de France arrêtera de nous présenter la compo comme ça ? ON VOUS A DIT QUE MATUIDI ETAIT AILIER GAUCHE PARCE QUE DESCHAMPS EST UN GENIE. ON VOUS A DIT QUE MBAPPE EST PAS MILIEU. ET ON VOUS A DIT QU’ON JOUAIT EN 4-2-3-1 BANDE DE SAUCISSONS.

Une fois n’est pas coutume, je vais être un peu long niveau compo, parce que j’en ai gros et que La Dèche me les brise déjà.

La défense :

Bon, Pavard, j’en ai déjà parlé dans la dernière acad’ ici. Ferland Mendy à gauche, why not : Digne tout le monde s’en fout, moi compris ; Hernandez est pas là, et Mendy est bon depuis plusieurs mois avec Lyon. Sakho-Rami : qu’est-ce qui lui prend à DD ? A un moment donné, l’expérience, la vie de groupe tout ça, faut arrêter. Y’en a un qui joue à Crystal Palace : c’est du discrédit en soi. L’autre rame à l’OM. A quoi ça sert de remettre ces deux-là ? Rami ne sera probablement pas à l’Euro, ne représente pas l’avenir ni la sérénité ; idem pour Sakho. A côté de ça, tu as des Lenglet, des Laporte, des Diallo même, qui n’attendent que ça, qui sont très souvent titulaires en club, et pas n’importe quels clubs, qui sont jeunes etc. Les amicaux ne servent à rien, si ce n’est à ça.

Le milieu et l’attaque :

Bon, Kanté et Ndombélé, why not, en soi. Mais pourquoi remettre exactement la même animation (loul) en attaque ? Pourquoi Matuidi ailier gauche Didier ? Pendant que t’y es, t’aurais dû mettre un milieu Kanté-Sissoko-Matuidi. Ca aurait eu de la gueule tiens. On a Fekir sur le banc par exemple ; on a Thauvin, on a Dembélé. Mais non, on reste avec Giroud en pointe (vous savez que je l’aime, mais c’est quand même pas facile du tout en ce moment), Griezmann derrière, et Mbappé qui percute. Et Matuidi. Si tu mets pas Varane parce qu’il joue en Ligue des Champions semaine pro, pourquoi tu mets Grizou et Mbappé ?

Bref, fais tourner à 100% dans un match de toute façon sans enjeu et inintéressant, ou alors mets des vrais joueurs et tente quelque chose de nouveau. Tu vas le faire quand sinon ? T’as échoué comme une quiche à te qualifier en Final Four de la Ligue des Nations, tu vas donc te taper les éliminatoires. Et a priori DD, tu vas pas faire des expérimentations dans des matchs à enjeu, hein ? Alors quoi, on est reparti comme en 40 jusqu’à l’Euro ?

 


Le match :


Une première occasion manquée de Giroud met les Bleus dans le rythme dès l’entame de match. On sent les Bleus motivés, certainement tout secoués et peureux que Deschamps les engueule aussi fort qu’après leur match d’une nullité affligeante face aux Pays-Bas.

J’oubliais de signaler que le match est commenté par le duo Balbir-Ferreri, et que c’est bien évidemment un calvaire et une catastrophe. En cinq minutes avec eux, on a l’impression que Ferland Mendy est devenu le nouveau Cafu. Popopopo le chameau : Olivier, quoique coincé par deux Uruguayens dans les airs, parvient à dévier vers Grizou. Un subtil et jouissif extérieur de Grizou lance Mbappé dans la profondeur. Dans un monde normal, Kylian qui court vite + Kylian seul face au gardien = but. Et ben non, preuve s’il en fallait encore qu’on vit dans un monde de merde Georges. Kyky nous gratifie d’un piqué tout pourri qui passe 10 mètres à côté du but.

Jusqu’ici, le pressing est beaucoup mieux organisé que face aux Pays-Bas. À noter qu’en phase défensive, (ferme ta gueule Denis Balbir avec Ferland Mendy putain, j’vais t’en claquer une sévère tu sauras pourquoi tu pleures), Mbappé est souvent à plat au milieu dans un 4-4-2 côté Pavard et s’applique ; il alterne parfois avec Griezmann, les deux de devant (Giroud/Grizou ou Giroud/Mbappé) allant chercher les centraux. C’est sérieux donc.

Après un beau mouvement collectif à gauche, Mbappé (justement) décale Pavard (justement) aux abords de la surface. Benji arrive lancé, personne devant lui. Après ses ratés successifs à reproduire sa frappe divine, Benji préfère adresser un centre foraraterre dans la surface. Ca ne donne rien. Fait rare, on essaye de repartir proprement de derrière. Kylian aussi s’y essaye, avec plus ou moins de succès, puisqu’il confond « repartir de derrière » et « faire la différence à 25 mètres de notre but dans l’axe en tentant des dribbles ». Manque de pot, ça ne marche pas. Perte de balle, mais heureusement Suarez fait n’imp’ et Kylian, qui a fait l’effort, récupère le ballon.

Alors que mes oreilles saignent et que mon cerveau en vient à fumer en entendant les remarques toutes plus absurdes les unes que les autres de Laurel et Hardy (pour la postérité, notons par exemple : « Rami-Sakho, c’est une sécurité avec leurs dizaines de matchs internationaux de haut niveau »), Tanguy Ndombélé lance superbement Mbappé dans la profondeur. Kyky ne parvient pas à crocheter le gardien, bien sorti sur lui (c’est-à-dire les deux pieds en avant). Le ballon revient sur Pavard, qui finalement tente sa lourde des 25 mètres qui finit dans les nuages.

 Regardez-moi ces deux têtes de pine. Juste ça, regardez-les, merde.

Sur le contact avec le gardien, Mbappé reste au sol. Apparemment blessé à l’épaule, il cède sa place à Flotov’. Neymar blessé en amical, Mbappé en amical… heureusement que le PSG ne joue pas un match couperet face au LIVERPOOL FOOTBALL CLUB dans une semaine en Ligue des Champions. A noter que c’est une bonne occaz pour Thauvin de faire ses preuves. Oui c’est un amical, mais vu le peu de temps de jeu qu’il a d’habitude, il faut pas cracher sur 60 minutes face à l’Uruguay.

Rien de beau jusqu’à la mi-temps. A la reprise, Kimpembouze remplace Sakho, lui blessé au dos. Une séquence incroyable arrive rapidement : une combinaison française côté droit lors de laquelle se succèdent 6-7 passes en une touche de balle, de Ndombélé à Giroud en passant par Grizou. Giroud, justement, temporise, remet à Matuidi qui centre au second poteau pour Mendy. Ferland (on en reparlera de ce prénom ?) met en retrait pour Griezmann, dont la frappe semble contrer de la main par un défenseur. Pas de coup de sifflet.

Le ballon contré revient sur Grizou, au sol, qui retente sa chance. Cette fois-ci, il y main. Péno. GIROUUUUUUUUUDDD. (1-0, 51e). Clairement, Grizou lui a laissé. Vu la mauvaise période qu’Oliv’ traverse, ça dénote vraiment d’un bon état d’esprit, que le groupe vit bien et tutti quanti. C’est bieng.

 Ils s’aimaient déjà avant d’avoir deux étoiles. Et il s’aimaient déjà quand Grizou ressemblait à Priscilla.

L’heure de jeu étant juste passée, les changements se succèdent, le match perd en intérêt. Ca devient même n’importe quoi quand Mendy se permet une roulette en défense pour éliminer le pressing et la filer à Rami. Adil étant joueur, quoique mauvais footballeur, il tente carrément sous la pression dans notre surface une remise en talonnade vers Lloris. C’est ubuesque, c’est con, c’est n’importe quoi ; ça nous coûte rien, mais c’est n’importe quoi.

On ne fait plus rien, la fin du match arrive. L’Uruguay en profite pour tenter un truc. Cavani fait une super passe piquée derrière notre défense. Notre charnière centrale, les deux clowns, sont à la rue ; Pavard est un peu en retard. Heureusement, Rodriguez manque complètement sa reprise. Dans le temps additionnel, Grizou cède sa place à Sissoko, pour continuer le running gag de Moussa en Equipe de France en 2018. Un dernier arrêt tranquille de Lloris dans les ultimes secondes et le sifflet retentit.

2018 et les Bleus, c’est fini. Bilan : une Coupe du Monde. Il n’y a que ça à retenir, et c’est ça qui est beau. On se voit en mars.

 


Les notes :


Lloris (3/5) :

Des « arrêts » sur les deux pauvres frappes mollassonnes directement sur lui des Uruguayens.

Mendy (3/5):

Stéphane Guy a Neymar ; Balbir et Ferreri ont Ferland Mendy. Ils ont pas arrêté d’en faire des caisses tout le match. En tout cas, une belle activité sur son côté. Pas timoré devant, plutôt propre derrière, à la différence du coffre de Nordahl Lelandais.

Sakho (menceàbienfaire/5) :

Il a plus sollicité les médecins qu’il n’a été sollicité par les Uruguayens. Remplacé par Kimpembouze (non noté), dont je n’ai pas à me plaindre, ce qui est une première.

Rami (3/5) :

Bon par rapport à un mauvais joueur, mauvais par rapport à un bon défenseur. Heureusement, Adil est finalement pas mal pour un mec moyen. Retente une talonnade dans notre surface et j’tronçonne les seins de Pamela pour en faire des paupiettes. « Y’aura pas plus de lait dans ses nibards que dans une cacahuète« .

Pavard (3/5) :

Une bonne première période, avec pas mal de montées, et ce sans avoir été pris dans son dos. C’est vrai qu’il a été aidé pour une fois par le mec devant lui (Mbappé puis Thauvin). Une seconde plus quelconque. Et la frappe en tribunes habituelle. A deux doigts de créer un point PJCFMP : Plus Jamais Cette Frappe Monsieur Pavard.

Kanté (3/5) :

Ni mauvais, ni rayonnant, tant l’adversité en face était faible.

Ndombélé (4/5) :

Il m’a impressionné le nouvel Ahourrivant. De l’impact, de la finesse technique, beaucoup de passes entre les lignes, appuyées et précises, notamment vers Grizou. A revoir en mars, dans des matchs avec plus d’intensité. Remplacé par Fékir (non noté), qu’on aurait aimé voir au coup d’envoi dans une autre organisation.

Matuidi (3/5) :

Le meilleur ailier gauche du monde quand il s’agit de ne jamais être ailier gauche. Remplacé par Nzonzi (non noté), qui me fait actuellement plus penser au Steven qui dit « Peter a bouché les waters » qu’à un joueur de foot.

Mbappé (non noté/5) :

Un face-à-face raté, ce qui lui arrive peu. Des efforts défensifs de replacement et appliqué sur le pressing, ce qui lui arrive encore moins souvent. Remplacé par Thauvin (2/5), qui a raté l’occasion de montrer qu’il avait le niveau Ligue des Champions.

Griezmann (4/5) :

Le maître du jeu arborait un superbe duvet de 3 jours. Il a bien distribué, a été juste techniquement, et n’a pas compté les efforts défensifs. Un point bonus pour avoir laissé le péno à Oliv’. Remplacé par Sissoko (non noté), entré pour 10 secondes de jeu, comme Jacques dans Bernadette.

Giroud (3/5) :

Le buteur du jour, Grizou lui ayant laissé le péno. Ca fait toujours un de plus au compteur, et ça peut faire du bien. Sinon, assez juste dans ses déviations et fort dans les airs, quelques mauvais choix et une charrette au cul de plus en plus lourde. Remplacé par Pléa (non noté), dont je me refuse à parler tant qu’il ne jouera pas dans un club au nom prononçable et facile à écrire.

 

Le Mont Térubio est mort, vive Didier Décampe.

Didier Décampe

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