Guingamp-Nancy (0-0) : La Chardon à Cran académie ne s’est pas éclaté

Parfois, dans un moment de tendre mélancolie, comme une douce accalmie au milieu d’un champ de mines, on se laisse aller à divaguer, les yeux agréablement perdus dans un horizon sans contours, juste la mèche de cheveux au vent, ne rien qu’être un paisible animal coi et languide, mettons une vache. Pacifique et stupide, la vénérable génisse qui a la chance remarquable de ne pas encore avoir fini en steak-frites pour impuissant castrateur semble pouvoir paître à l’infini pour peu qu’on lui laisse quelques pissenlits à mâchonner. En dépit d’un fond d’angoisse que seul le bipède doué de raison parviendra peut-être à exprimer, choisir entre dormir ou mourir a quelque chose de délicieux pour qui fait face aux turpitudes de l’ennui.


Les notes

Valette 1/5
Capitaine pour l’occasion en dépit de la présence de Seka, nous lui administrons, en dépit d’une prestation neutre qui lui vaudrait probablement une meilleure note en d’autres temps, l’évaluation la plus basse non comme avertissement ni sanction, mais comme la réitération de notre invitation toujours résolue et jamais atténuée à se casser loin de notre club, en courant à contre-sens sur une voie de TGV de préférence.

Karamoko 2/5
Note aveugle pour unijambiste, on ne se souvient pas avoir reconnu son football passe-partout, la faute à un déficit criant de relief. Doit-on nécessairement verser dans le spectacle pour prouver que l’on a produit un bon match ? Pas nécessairement, mais dans cette équipe, il vaut mieux prouver d’une manière ou d’un autre qu’on était bien sur le terrain.

Seka 3/5
Privé du brassard, sans doute en raison de ses bourdes récentes, il n’a pas attrapé le rhume de biceps et a même bandé très fort le muscle tant aimé et travaillé des faquins pour effrayer les attaquants adverses. Ça n’a pas marché : ils étaient juste mauvais, nullement apeurés.

Coulibaly 3/5
J’ai dû dormir pendant le match ou jouer aux dames ou encore penser à l’entretien du carton dans lequel je vis sous le Pont des fusillés – bref, aucun souvenir de ses exploits mais nous n’avons pas encaissé de but pour la première fois depuis l’Emppire romain, c’est donc bien qu’il y est pour quelque chose (en tout cas c’est sûr et certain que c’est pas grâce à Valette).

Latouchent 2/5
On voit qu’il essaye, qu’il fournit les efforts que ses faibles capacités lui permettent, qu’il cherche à attirer notre regard par des simagrées qui ressemblent parfois, par un heureux hasard, à du football…mais que voulez-vous, ça nous procure autant de sensations que de fourrer notre guiche dans de la pâte à crêpe tiède.

Akichi 2/5
Demi-habile d’un double pivot qu’un seul joueur ne remplacera jamais, il est le 6 et demi qu’Alou Diarra aurait aimé être. S’il avait choisi le curling à la place du foot.

Nguiamba 3/5
Dans l’ombre d’Akichi se tient son successeur : Giovanni Haag, qui reviendra bientôt. Quant à celui qui l’a remplacé, on ignore par quelle opération quiconque pourrait le voir débuter à nouveau.

Ciss 2/5
Si un jour il pouvait se mettre à marquer de nouveau, nul doute que cela serait bien accueilli. En attendant, il fait acte de présence mais on ne va pas se plaindre sachant qu’il n’y a personne d’autre au niveau à ce poste.

Cissokho 1/5
Toujours au top quand il s’agit de feinter son cerveau avec son pied et se nourrir de mouchoirs usagés tout en passant un fer à souder sur nos nerfs en même temps.

Rocha 2/5
Trop haut sur le terrain, peut-être aussi dans la hiérarchie des milieux.

Triboulet 5/5
D’accord il n’a pas marqué, mais est-ce qu’on ne serait pas invaincus en 2021 à chaque fois qu’il se trouve sur le terrain, en toute probité (ce n’est déjà plus vrai depuis la défaite contre Sochaux hier soir) ?


Note artistique de l’équipe : 2/5

La morne quiétude des mollassons nous a saisi et n’a jamais quitté notre glotte percluse de bâillements et des picotements du sommeil. Dans le calme toujours champêtre du Roudourou, on aurait presque pu entendre le reliquat des récits paisibles narrés au creux de l’oreille de Noël Le Graët les soirs de retrouvailles familiales. De douces histoires aux relents proustiens qui font s’assoupir les enfants aussi sûrement que la lecture d’Aristote vous fait piquer du nez même après trois lignes de coke.

Toutes ces circonlocutions ne nous éloigneront pas plus longtemps de la formulation plus classique et lapidaire à laquelle les lecteurs du site sont probablement plus habitués : devant le spectacle donné par vingt-deux acteurs au QI foot de poules crevées, on s’est fait chier à cent roupies de l’heure et c’était peut-être même encore trop cher payé.

Le rythme est imbitable, un nouveau joueur pas prometteur est arrivé sans déclencher de défilé rue Saint-Jean, loin s’en faut. Garcia peut continuer de s’époumoner sur son banc de touche, l’embellie n’a pas l’air pour bientôt.

Marcel Picon

Marcel Picon

Ras le cul de toutes ces conneries.

2 commentaires

  1. Cette impatience à l’approche de la note de Valette. Un plaisir sans cesse renouvelé.

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