Juventus- Atletico Madrid (3-0) : La Bianconero Academie JUBILE

Ciao ragazzi,

Il est facile de dire, après l’une des plus belles soirées que l’on ait pu vivre ces dernières saisons, que ce sport est le plus beau au monde. Je ne me cacherai pas derrière mon chibre, je n’y croyais pas une seule seconde. D’ailleurs, je n’y crois toujours pas. C’est simple, depuis hier, je plane, porté par une excitation qui n’est toujours pas dissipée. J’arrive alors au boulot, ce matin, le sourire au lèvre et les yeux meurtris par le manque de sommeil. Devant la machine à café, je prends les remarques comme elles viennent de la part des collègues, tous conscients de mon addiction pour le ballon rond. Sauf qu’aujourd’hui, j’accepte toutes les remarques. Même celles pleines de condescendance du style « je ne comprends pas comment on peut se mettre dans un état pareil pour du football, après tout ce ne sont que des types qui courent derrière un ballon ». Toi-même tu sais. Non, aujourd’hui ne n’y répondrai pas. Je range mon doigt et sirote le fond de mon café pourri sans dire un mot. Car ce match m’offre la plus belle des réponses. Rien dans ce sport ne peut être expliqué. Rien. Ni les joies, ni les peines. Alors, le cœur encore chaud, j’écris ces mots. Quelques petites lignes pour te dire que, toi, ma belle et douce, tu fais de moi un monstre d’émotions. Merci pour cette soirée, qui restera à jamais gravée dans le cul de Simeone.

LA SQUADRA

Szczesny
Cancelo – Bonucci – Chiellini – Spinazzola
Emre Can – Pjanic – Matuidi
Bernardeschi
Mandzukic – C.Ronaldo

Tour de passe-passe pour Mad Max qui réinvente, une nouvelle fois, le système de jeu. Comme l’année dernière contre Tottenham ou le Real, comme en 2016 contre le Bayern, c’est au pied du mur que chez lui naît l’inspiration. Et une nouvelle fois, personne n’a rien vu venir. Ni les journalistes, ni les tifosi, ni les adversaires. Sur le papier, rien de spécial. Quatre défenseurs, trois milieux de terrain, trois attaquants. Seule petite surprise, la titularisation de Spinazzola sur le côté droit, lancé pour sa première soirée européenne après la suspension d’Alex Sangros et la blessure du gendre De Sciglio.

La véritable trouvaille du coach ce soir s’appelle Emre Can, posté dans un rôle hybride entre troisième défenseur, regista et piston. Injouable le mec. Dans la construction, il recule aider Bonucci en se plaçant sur le côté droit, offrant la possibilité à Cancelo de monter plus haut. En phase défensive, il joue les deuxièmes ballons comme un chien, récupérant tout ce qui pouvait passer devant ses babines baveuses et sautant sur tout ce qui bouge, surtout quand il s’appelle Alvaro Morata. Certes, ce n’est pas une révolution (l’Allemand ayant déjà joué à ce type de poste à Liverpool) mais c’est une révélation. Terne depuis son arrivée à Turin, Emre Can a livré ce soir une prestation dantesque.

LA PARTITA

L’Atletico a vécu un véritable enfer à Turin. En témoignent les regards perdus de Grizou et Simeone en fin de match. Un enfer qui commence dès les premières minutes de jeu. Plus forts, plus rapides, plus précis, plus affamés, les joueurs de Max Allegri attaquent le match pied au plancher et pousse les Colchoneros à se retrancher dans leur surface de réparation. C’est chaud et les bianconeri trouvent l’ouverture du score dès la 4e minute, sur un coup de patte de Chiellini devant les buts vide. But annulé, suite à une charge de Ronaldo sur Oblak. Une décision évidente mais qui ouvre un peu plus l’appétit des collègues de Cricri. L’équipe presse haut, récupère tous les ballons (merci encore le 23). Spinazzola sur son côté droit s’amuse d’Arias. Matuidi se lance dans un marathon qui, comme à son habitude, ne s’arrêtera qu’après le décrassage d’après-match. Pjanic règle le tempo à la perfection. Et Bernardeschi. Putain Bernardeschi. Son corps, taillé dans le marbre de Carrare, danse et régale. À droite, à gauche. Au tir, à la passe. Il est partout, généreux et voluptueux. Insaisissable, il allume la lumière en trouvant une merveille de centre, côté gauche, pour Ronaldo (1-0, 27e). Le stade s’embrase et toi, devant ta télé, tu exploses ton canapé.

L’équipe continue d’attaquer, en passant continuellement sur les côtés. Les centres s’enchaînent, les joueurs sont en feu. Bernardeschi tente une retournée dans la surface qui rappelle aux mauvais (ou peut-être bons, on ne sait plus vraiment maintenant) souvenirs de l’an passé. Chiellini termine le visage en sang. Un signe qui généralement ne trompe pas. L’asphyxie est totale pour les joueurs de Simeone qui manquent néanmoins de climatiser le stade en toute fin de première période sur une tête du martyrisé Morata. Les deux équipes rentrent aux vestiaires et, pour l’une comme pour l’autre, tout reste à faire.

Reprise des hostilités et toujours la même rengaine. Le rythme est tel que les équipes semblent ne pas s’être arrêtées pendant un quart d’heure. Et très vite, la Juve trouve son deuxième but. Et toujours lui. Toujours un centre. Cancelo, cette fois côté droit, balance dans une surface chargée. Cristiano « Air » Ronaldo balance la purée et s’envole. Arrêt miracle d’Oblak, malheureusement pour lui derrière la ligne des buts. La montre de l’arbitre sonne et ça fait but (2-0, 49e). Et ça continue, encore et encore. C’est que le début, d’accord, d’accord. Sauf que là rien n’a changé. La Juve gère, sans se jeter à corps perdu. Maligne, elle attend le point de rupture. Sauf qu’en bon tifoso, tu sens bien que le match peut basculer dans les deux sens. Un but pris et c’est la porte. Le match devient haché. L’Atletico, sans idée de jeu, tente de se projeter. En face les joueurs commencent à fatiguer. L’énorme Spinazzola se fait remplacer par Dybala (69e) et le fantôme de Mandzukic par le jeune Moise Kean (80e), qui manque de retourner le stade une minute plus tard, seul face à Oblak. Ce n’est que partie remise. À quatre minutes de la fin du temps réglementaire, Bernardeschi s’élance. Au milieu de terrain il prend de vitesse Angel Correa, rentré en seconde période, et balance côté gauche. Un crochet, il rentre dans la surface et s’effondre. CALCIO DI RIGORE. CALCIO DI RIGORE. On en est là. Presque un an après ce satané match contre le Real, Ronaldo pose une nouvelle fois le ballon sur le point de pénalty. Serein, il score (3-0, 86e). La Juve est qualifiée, mon salon est retourné et les voisins sont remontés. La Juve, ces onze petits mecs, viennent de réaliser ce qui semblait impossible. Allegri pose ses énormes couilles sur le stade et s’en va, sans dire un mot. Allez, ciao.

LE PAGELLE

Szczesny (5/5) : Pépère pendant 90 minutes. Assez pour repenser à Arsenal, la Roma, Gigi et se taper une belle barre.

Cancelo (2/5) : Titularisation pour le chouchou des tifosi qui réalise un match intéressant mais très loin du standing qui est le sien. Trop souvent dangereux à tenter des gestes incompréhensibles dans sa moitié de terrain. Putain de tricoteur.

Bonucci (3/5) : Une erreur de marquage en fin de première période qui aurait pu coûter cher. Gros match quand même pour le 19 qui réalise un trio de registi intéressant avec Pjanic et Emre Can.

Chiellini (3+/5) : Il mange des enfants et tout le monde s’en fout. Goinfre, il t’en reste un peu entre les dents.

Spinazzola (5/5) : Premier match européen et une prestation de cador pour l’Italien qui revient tout doucement (ou pas) d’une grosse blessure. Alex Sangros n’a qu’à bien se tenir, le peuple veut la titularisation du beau Leo à partir de maintenant.

Emre Can (5/5) : Ok. Ok le match. Alors tu vas me dire qu’on a ce joueur là dans l’effectif depuis le début de la saison ? Et qu’il joue régulièrement ? J’te crois pas. T’es sûr ? Casse-toi de là, tu me fais marcher ! (l’enculé, il avait raison)

Pjanic (5/5) : Mire c’est un jazzman. Incompréhensible, flémard, illuminé, génial.

Matuidi (4/5) : Un match à la Matuidi pour un joueur qui ne cesse de fermer des clapets (dixit l’ami mozer).

Bernardeschi (5/5) : GÉANT. (tout simplement)

Mandzukic (2+/5) : Match compliqué pour lui, qui ne touche presque pas de cuir et passe sa soirée à batailler entre Godin et Gimenez. Dans le dur physiquement, il emmerde quand même ses adversaires et finalement, c’est ce qu’il sait faire de mieux.

C.Ronaldo (5/5) : If there’s something strange in your neighborhood, who you gonna call ? (CRISTIANO)

LA PANCHINA

Kean (4/5) : « Ce jeune est promis à un avenir radieux. Il incarne l’espoir et tous les Italiens voient en lui le prochain grantatakan qui manque à la Nazionale depuis trop longtemps. Ah non, merde attendez, on me dit dans l’oreillette qu’il est géré par Mino Raiola. Laissez tomber, on va garder Immobile »

Dybala (4/5) : Une fripouille entrée sur le terrain pour s’amuser des Madrilènes déjà bien malmenés.

Allegri (5/5) : #TeamAllegri, à la vie, à la mort.

Alessio Tachycardie

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