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« BUT A LAVAL ! ». Ah bah non. I Sanguinari n’aura pas eu la chance de voir des buts. Ni même une victoire. Mais un match nul à l’extérieur est toujours bon à prendre. Surtout après avoir connu des défaites les saisons dernières à Reims, à Lille et même à Rouen.

Mais revenons à la genèse de ce déplacement. C’est toujours la même histoire. Une annonce du déplacement d’I Sanguinari est faite sur les réseaux sociaux : « Aio les gars, on se le fait ce déplacement à Laval vendredi ? Qui vient ? ». Puis vient le silence. Et les rares réponses. « 600 km aller/retour ? Basta basta ! » ou encore « Ao tié fou, jamais de la vie je mettrais les pieds à Laval ». Les refus se multiplient. Mais quoi de plus normal ? Les supporteurs acéistes ne sont pas au chômage. Au final, seulement deux membres d’I Sanguinari répondent présents, le président Perfettu et le secrétaire général Vince Per Noi, qui ont pu quitter le boulot plus tôt.

I Sanguinari Laval

On passera sur le trajet en 106 sur l’autoroute du Soleil reliant Paris à Laval en passant par Le Mans. L’arrivée au stade Francis-Le Basser se fera à 19 heures, une heure avant le coup d’envoi. Trop tôt ? Bien sûr que non. Car si I Sanguinari s’est rendu compte de quelque chose au fil des déplacements, c’est bien que les stadiers ne sont au courant de rien du tout concernant leur stade. Et cela quelle que soit la ville. Laval ne dérogera pas à la règle. Après avoir trouvé le portail du parking visiteur fermé, un tour des stadiers tout autour de l’enceinte était de mise. Le premier ? « Ah je sais pas, attendez je vais me renseigner. » 3 minutes plus tard « Il faut aller au parking visiteur, quelqu’un vous attend ». « Mais on en vient et il n’y avait personne. Vous êtes sûrs qu’on doit retourner là-bas ? » « Oui, oui ne vous inquiétez pas, bon match ! ». Et devinez quoi ? Personne ne nous attendait. Retour de l’autre côté du stade. La patience ayant des limites, le cortège d’I Sanguinari s’arrête au beau milieu des Lavallois. Nous arriverons au parcage visiteurs coûte que coûte. Se retrouver au milieu des supporteurs tangos aux alentours de Francis-Le Basser, c’est l’occasion de se rendre compte que tous les Lavallois sont gros. Ou vieux. Ou les deux. Peu importe les apparences, I Sanguinari réussira tant bien que mal à se glisser dans l’enceinte (le stade hein, pas la guichetière qui attendait un gosse), non sans avoir attendu de longues minutes l’autorisation de la direction pour faire rentrer le troisième membre (aucune allusion sexuelle dans « faire rentrer le troisième membre ») : le mégaphone. Un stadier nous accompagne, puis un autre, puis encore un autre. Ce dernier n’hésite pas à nous lancer un « bah alors, je vous attendais au parking visiteur, vous êtes jamais venu ! ». « Tu te fous de notre gueule, c’est ça ? » aurait du être notre réponse. Mais I Sanguinari sait rester courtois en toute occasion.

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L’entrée dans le stade le plus moche des stades sera anecdotique. Mais deux choses sont à retenir :
– on se croirait dans un stade de l’Union Soviétique en 1968.
– c’est la première fois que les Ultras de l’équipe adverse sont moins nombreux que les membres d’I Sanguinari.

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On bâche, on fait connaissance avec le stadier chargé de notre sécurité, on efface le passage des supporteurs dijonnais venus la semaine en Coupe de la Ligue et on sort le mégaphone. Pour lancer des encouragements à nos joueurs et pour balancer le bruit de la sirène. Effet garanti. On n’entend que nous dans le stade. Les joueurs nous saluent, les supporteurs nous dévisagent. L’un d’entre eux, à la mi-temps, nous jettera même un « Félicitations, vous êtes des vrais supporteurs ! » Il faut dire qu’avant, I Sanguinari avait lancé quelques chants. Mais à deux, et lorsqu’il faut gueuler et taper dans les mains en même temps tout en portant le méga, les choses se compliquent.

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Pour nous apporter du soutien, voici que le mec de la buvette débarque peinard dans notre tribune avec son fils de 10 ans, qui devait s’appeler Kévin ou Dylan, dans un maillot de Laval XXL. Il nous propose alors gentiment du coca, de la bière et un Américain froid. Comme on n’a pas envie de mourir de la vache folle, on se contentera du Coca. Qu’il nous emmènera en début de deuxième mi-temps. Alors qu’on s’attendait à du Coca Eco +, il se ramènera avec du Schweppes Cola. Vous avez déjà vu ça ailleurs qu’à Laval vous, du Schweppes-Cola ?

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La gorge dégagée, I Sanguinari pouvait reprendre ses chants : pour Oumar Sissoko et les petits protégés Micka Leca et Issa Baradji. Tout ceci agrémenté de quelques petites macagnes comme le « oh arbitre oh pd siffle c’est fini » habituel, cette fois-ci à quinze minutes de la fin, quand les joueurs tangos commençaient à pousser encore plus fort sur le but acéiste. Au coup de sifflet final, vient alors le temps des adieux avec les joueurs. A ce petit jeu-là, c’est encore une fois Ronald Zubar qui l’emporta. Si la plupart des autres ajacciens nous ont salué de plus ou moins loin (surtout de loin), c’est bel et bien le défenseur qui se montra le plus gentil en venant nous taper dans la main et en nous parlant quelques secondes. Mieux encore, Vince Per Noi repartit avec son maillot.

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Le déplacement à Laval touchait à sa fin. Après le débâchage, rendez-vous au bus des joueurs. Stéphane Trévisan, venu en voisin et en ancien de l’ACA discutait avec Claude Gonçalves et avec Paul Babiloni. Gary Coulibaly se remémorait de bons souvenirs avec son ancien plan cul (à Laval, Coulibaly dormait à l’hôtel, hôtel payé par … l’AS Monaco). Nicolas Fauvergue, lui, se faisait alpaguer par deux mecs pas très normaux qui voulaient lui faire dédicacer des photos et par ce qui était sans doute une vieille et grosse tante qui jouer les intervieweuses. Et à la question « Hey Nico, t’en penses quoi de l’affaire Luzenac ? » Ce à quoi Fauvergue répondit « c’est la dure loi du football. »

Et les Sanguinari dans tout ça ? La discussion était lancée avec des anciens, supporteurs de Laval. Et quand tes interlocuteurs ont un peu forcé sur le Ricard avant le match et qu’ils ont un accent mi-picard, mi-creusois, ce n’est pas facile à suivre. Ce que l’on a compris ? Des compliments sur Sissoko et Babiloni (voir ci-dessous), des débats sur leur recrutement et à chaque fois qu’un nouveau membre se greffait à la discussion la question « non mais vous venez exprès d’Ajaccio ? ».
Un bon moment de partages entre supporteurs adverses. Ca a failli nous arracher une larme. La larme, elle a bien coulé quand Ludovic Guerriero est apparu, nous saluant encore une fois (il était venu nous serrer la main à la fin de la rencontre, avant Zubar), et en lançant un « Ajaccio, c’est là, c’est dans mon cœur. » Le déplacement ne pouvait pas mieux se terminer.
Un petit détour par le McDo le plus proche, c’est à dire à 20 minutes tout de même, où l’on croisera les joueurs de Laval, dont Hassane Alla, et puis s’en va. A jamais Laval.

Sinon, concernant le match :

– On a eu chaud
– Heureusement que Sissoko était là
– On aurait pu marquer. (Si on avait eu des occasions, s’il n’y avait pas de gardien, s’il n’y avait pas de poteaux)
– Le match nul est, au final, assez mérité. Mais une défaite n’aurait pas été imméritée non plus.

ANNUTAZIONI

Oumar Sissoko 5/5 : Christian Bracconi a dit, en conférence de presse, « Oumar Sissoko a été exceptionnel ». Je dirais même plus « Oumar Sissoko a été exceptionnel ». Et tout le monde a pensé la même chose. Les supporteurs lavallois, après match, ont répété à l’envi « oh et quel gardien vous avez ! Il vous sauve la vie ! C’est le frère du Sissoko de Nantes ? Non ? En même temps des Sissoko il y en a partout, c’est comme des Diallo, ou les Coulibaly ! Ahahah ». Pour en revenir au match, en 90 minutes, et alors qu’il revient tout juste de blessure, il a fait oublier Ochoa, Porato, Roux, Debès et tous les autres gardiens qui l’ont précédé. Sa prestation, stratosphérique, a écoeuré les Lavallois. Sissoko a surtout arrêté les balles à bout portant. Un pouvoir qu’aurait bien voulu avoir le Préfet Erignac. Impressionnant dans ses réflexes sur sa ligne et sa rapidité à se coucher, Oumar Sissoko est sans aucun doute l’homme du match.

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Paul Babiloni la moyenne/5 : « Il est pas mauvais votre petit arrière gauche, là, il sort d’où ? » nous auront dit les supporteurs lavallois après le match. Etonnant point de vue sachant que toutes les occasions tangos seront venues de son côté. Mais on préfère retenir ses sauvetages de la tête dans les dernières minutes. Et on continue de croire en lui.

Cédric Kanté 3/5 : Il use de ses mains, de son corps, de ses pieds pour défendre mais surtout de son cerveau. Ce qui lui permet d’avoir une science du placement irréprochable.

Ronald Zubar 3/5 : Avec la grosse tâche de Vicks Vaporub qu’il met sur son maillot avant chaque match, c’est normal qu’il ne se fasse jamais enrhumer par les attaquants adverses. Très costaud dans tous les duels.

Eric Marester la moyenne/5 : Il est comme la Méditerranée, il ne fait pas de vagues. Et ses adversaires se couchent face à lui. Tout ça pour qu’il reste discret mais qu’aucune offensive lavalloise dangereuse n’est passé de son côté.

Benoît Pedretti 3/5 : Pedretti met des boîtes, Pedretti court mais Pedretti peine à faire la différence.

Claude Gonçalves 3,5/5 : Rien que sur ce match, il a plus de kilomètres au compteur que la 106 d’I Sanguinari qui en compte 164 589. C’est dire son activité aux quatre coins du terrain.

Johan Cavalli la moyenne/5 : Pour la première fois depuis le début de la saison, le majordome Cavalli n’a pas servi ses coéquipiers sur un plateau. Si en première mi-temps, il a pu squatter dans le camp adverse, en deuxième, il s’est contenté de gratter des ballons dans son camp, sans aucune projection vers l’avant.

Dennis Oliech 2,5/5 : Une grosse frappe en début de match sur Capponne, une plus en douceur en fin de mi-temps qui atterrie sur la barre, des centres ratés mais une belle disponibilité. Même sans but, la première mi-temps d’Oliech a été réussie. La deuxième, beaucoup moins. A l’image du Kenya dans le football international, Oliech n’a pas pesé dans le jeu ajaccien. Mais on lui a peut-être trouvé une nouvelle vocation :

Oliech Valise Laval

Jordi Quintilla la moyenne/5 : Titularisé de dernière minute après la blessure à la cuisse de Mouaad Madri à la cuisse, Quintilla avait à sa charge le côté gauche de l’attaque. Plein de bonne volonté, il n’aura qu’une occasion à se mettre sous la dent en début de match mais il tarda trop à centrer. Ou à tirer au but. Plus anonyme par la suite, il fera les frais d’un changement tactique de Christian Bracconi à la mi-temps.

Nicolas Fauvergue 3/5 : Comme ses coéquipiers d’attaque, il s’est davantage mis en avant en première période. Disponible, il servira plusieurs fois Dennis Oliech sur le côté dans de bonnes conditions. Il fut servi aussi dans de bonnes conditions mais ses occasions ne trouveront pas le chemin des filets. En deuxième mi-temps, au fur et à mesure de ses changements de côtés avec Oliech, il perdra de son influence.

I RIMPIAZZANTI

Gary Coulibaly la moyenne/5 : Rentré à la mi-temps à la place de Quintilla, il s’est posté en sentinelle. Mais on ne s’est rendu compte de son entrée qu’à la 84ème minute. Comme quoi il était plus sollicité par les supporteurs de son ancien club avant pendant et après le match que sur le terrain.

Mickaël Leca, 71ème minute, NN : Première de la saison pour Leca. Et première réussie dans la défense à 5 où il a montré qu’il avait faim de ballon.

Issa Baradji, 84ème minute, NN : S’il ne joue que 5 minutes, c’est normal qu’il ne puisse pas montrer ses talents. Surtout lorsque son équipe est acculée en défense.

Perfettu Erignacci

PS : Un grand merci aux supporteurs et aux stadiers de Laval, très sympathiques, ainsi qu’à Cyril et à tous les joueurs de l’ACA. A l’ours !

4 réflexions sur «Laval – AC Ajaccio (0-0) : L’Aiacciu Académie livre ses notes»

  1. Bien que la vie sportive de l’ACA m’en touche une sans faire bouger l’autre, c’est toujours un plaisir de lire les périples de Perfettu.

  2. Actuellement à l’etranger, j’aurais bien fait le deplacement avec vous (habitant Paris normalement). Un plaisir de te lire

  3. Merci, ça me touche.

    @Backer : Tu seras toujours le bienvenu avec I Sanguinari. Nous recherchons des supporters pour être plus nombreux dans les tribunes lors de nos déplacements. Si ça t’intéresse, tu peux m’envoyer un mail à perfettu.erignacci@gmail.com !

  4. Ahhhh, ce fameux parcage avec ses bancs en bois, son service de sécurité complètement largué, ses virages enflammés et cette ambiance de qualité. Et le Schweppes Cola, c’était dégueulasse ce truc-là…

    Estime toi heureux d’avoir pris un point, on avait encaissé un 3-0 des familles quand j’y avais été la dernière fois et le retour te paraît très très long après ça.

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