Lazio-OM (2-1), La Canebière académie sort sans faire de bruit

Nous avions le choix entre l’exploit ou la honte, et il ressortira finalement de ce match… rien.

Aïoli les sapiens,

Pour paraphraser une chanson ringarde (mais citée par Gotlib, donc on a le droit), « mes universités, c’était pas Saporta, c’était pas Saint-Charles. Mes universités c’était Noailles, c’était Belsunce, c’était la Plaine ». Le charcutier du Grand Saint-Antoine, BG Pizza, Lotfi de la boucherie, le « chinois pourri » de la rue du Musée, les fracas, les paumés, les bizarres, les débrouillards, le Balthazar. Sans avoir vécu ici j’aurais peut-être fini con. Voire centriste. Voire sans vraiment connaître Marseille, ce qui eût bien été le pire.

15 ans après, des murs trop hauts se sont érigés ici, d’autres pas assez solides ont fini par s’écrouler sur la dignité des salopards responsables de la catastrophe. Une nouvelle fois la douleur de Marseille vient s’immiscer dans ces lignes consacrées à la gaudriole, mais c’est aussi à cela que sert l’OM.

Car si nos connards olympiens, en matière d’incompétence et de veulerie, ne cèdent pas grand chose à ceux du quai du Port, au moins ne sont-ils nuisibles que pour des futilités footballistiques qui ne tueront jamais personne. Aussi antipathiques puissiez-vous devenir, Messieurs Eyraud, Garcia, Payet et consorts, souvenez-vous de votre importance. C’est aussi autour de vous que Marseille se serre les coudes dans les temps mauvais. C’est aussi, et peut-être surtout vous qui incarnez ce que certains abhorrent, ce que d’autres fantasment, mais qui est avant tout un état de fait : qu’on le veuille ou non, dans ce corset montagneux où grouille un bordel sans nom depuis 2600 ans, on est condamnés à être ensemble.

« Le monde peut bien partir en couilles, il nous restera toujours Marseille », écrivions-nous lors d’un autre funeste novembre. Et quand c’est Marseille qui part en vrille – c’est-à-dire un peu plus que d’ordinaire – il est des évidences que l’on doit rappeler : Olympiens, vous êtes parfois de sacrés abrutis, mais heureusement que vous êtes là.

 

L’équipe

Pelé

Sakai – Rami (Sarr, 79e) – Luiz Gustavo – Caleta-Car – Ocampos

Thauvin (Mitroglou, 82e) – Lopez – Strootman – Sanson (Payet, 69e)

Njie

Longtemps dans la journée, la presse aura émis l’hypothèse tant fantasmée de voir Rudi Garcia aligner enfin la triplette-sans-tête au grand complet. Finalement, si l’association Radonjic-Njie-Ocampos ne se réalise pas, la composition réserve toutefois son lot d’expérimentations.

Pour se reposer son mental bien malmené ces derniers temps, Kamara est envoyé en tribune. Il y retrouve Germain et Amavi, expédiés là afin de reposer notre mental bien malmené ces derniers temps. Parmi les autres titulaires habituels, Payet et Mandanda sont mis sur le banc, où les rejoint un Rolando enfin remis de sa blessure.

Et sur le terrain, me direz-vous ? C’est ici que cela devient intéressant : Caleta-Car se voit offrir une nouvelle chance dans une défense à trois où recule Luiz Gustavo, Ocampos est titularisé en tant que latéral gauche, Lopez retrouve enfin du temps de jeu et Mitroglou confirme son statut de tricard complet en se voyant préférer Clinton Njie. Inédite cette saison, cette disposition laisse planer quelques doutes, surtout quant au délai dont ont disposé les joueurs pour l’assimiler. Rappelons que lors de la dernière expérimentation tactique contre le PSG, Bouna Sarr ne s’était pas rendu compte avant l’issue du match qu’en l’absence d’avant-centre, il ne servait pas à grand chose de centrer en hauteur dans la surface. L’autre analyse, d’un abord plus simple, voit Rudi Garcia mener une réflexion du genre : « perdu pour perdu, je place ma composition idéale, dis à mes joueurs de se bouger le cul et compte sur le talent individuel en priant la Bonne-Mère ».

 

Le match

L’exploit ou le déshonneur, disions-nous : pour le début de rencontre, les Olympiens évitent de sombrer dans ce n’importe quoi que nos esprits pessimistes pouvaient redouter. Ocampos réussit parfaitement sa première intervention d’arrière gauche, le terrain est quadrillé et l’OM se montre entreprenant. Mieux, sur une touche obtenue à hauteur de la surface, Rami dévie pour Thauvin, dont la tête prend à revers la défense : seul dans les six-mètres, Sakai contrôle mais échoue sur le gardien.

Sur cette lancée, la première période évoque par bien des aspects notre première mi-temps exceptionnelle encourageante contre le PSG, voire en plus volontaire. Face à une Lazio très empruntée, l’OM laisse rarement des espaces, maîtrise plutôt la possession et, là se trouve le surcroît d’ambition, tente des combinaisons aux abords de la surface adverse. Même Clinton Njie joue intelligemment, en remises et frappes plutôt bien senties : de quoi se dire qu’en football, un miracle n’est jamais à exclure.

Reste que peu à peu, sans jamais se voir mis en danger, l’OM peine à se procurer des occasions. Pour ce match à l’extérieur face à un adversaire redoutable, la production pourrait s’avérer très honorable ; mais avec un tel retard au classement, la victoire pourtant impérative est loin de se dessiner.

Pire, pour reprendre l’analogie avec la dernière réception des parisiens, l’action slipométrique du temps additionnel finit par surgir, et cette fois-ci ne pardonne pas. Alors que l’OM relance, une grosse incompréhension entre Luiz Gustavo et Sanson conduit le Brésilien à perdre la balle.

Sur le centre qui s’ensuit, Caleta-Car doit gérer deux joueurs et, dans le doute inhérent à une telle situation, choisit de ne rien faire. Lancé comme… comme… comme un joueur qui a envie de gagner un match de coupe d’Europe, en fait, Parolo surgit, pose une nappe sur la tête de notre défenseur, dresse le couvert, pique-nique, rote et finit par placer une tête lobée. Pendant l’interminable course du ballon, Yohann Pelé éprouve son don de psychokinésie en se concentrant très fort pour dévier le tir par la seule force de son regard, pour un résultat mitigé : poteau rentrant (1-0, 45e+1).

En attendant la parole de notre président pour savoir si cette première période peut être qualifiée d’exceptionnelle, nous avancerons la description suivante : 45 minutes vraiment pas dégueu, mais une nouvelle fois gâchée par un concentré d’erreurs défensives analissimes. Peut-on espérer un sursaut de nos joueurs ? Vont-ils au contraire s’effondrer encore une fois comme des pucelles après leur premier râteau ? Premier élément de réponse dix minutes après la reprise : les Italiens prennent leur temps puis, au milieu de leur séquence de possession, enclenchent un une-deux soudain qui laisse Rami et Luiz Gustavo aux choux : inattentif, Sakai ne peut compenser cette défense éclatée en deux passes et Correa part tromper Pelé une main dans le slip (2-0, 55e).

Curieusement, alors que le naufrage annoncé s’amorce, l’OM traverse une bonne période, essentiellement facilitée par le fait que les Laziali se mettent à faire n’importe quoi. En moins de cinq minutes, les Italiens perdent quatre fois le ballon dans leur camp, la dernière étant la bonne : profitant du cadeau, Sanson sert Thauvin dans un fauteuil en cuir pleine peau, et Florian platdupiedsécurise (2-1, 60e).

Les Romains sont totalement déconcentrés et continuent à nous offrir des occasions, dont une lourde de Strootman déviée de justesse après un cafouillage du gardien. Le temps fort olympien est en grande partie un temps faible romain, ce qui doit amplement relativiser les progrès discernés ça et là. Du reste, l’entrée de Payet semble marquer un coup d’arrêt à cette bonne période, conduisant à mettre en retrait un bon Maxime Lopez sans que notre meneur de jeu n’apporte une plus-value exceptionnelle. Dans un spectacle globalement en décomposition, fait de fautes, de pertes de balle et de tentatives solitaires, nos occasions se raréfient. Au contraire, ce sont nos duels défensifs en mousse qui valent à Pelé d’être plusieurs fois sollicité. La résignation s’empare des nôtres, le collectif se délite, et un renversement de situation apparaît de moins en moins probable.

Lorsqu’il ne devient plus question que de sauver l’honneur, à supposer que ce mot fût encore familier des hommes de Rudi Garcia, notre désorganisation et notre mollesse défensives conduisent à un contre que sauve miraculeusement Sakai. De quoi entretenir l’espoir d’une égalisation, que Njie est tout près d’obtenir en poussant un défenseur au contre-son-camp : un arrêt-réflexe du gardien met un terme à la rencontre, et rappelle que l’OM ne méritait rien que ce fût dans une coupe d’Europe déjà largement abandonnée à l’occasion des matchs précédents.

 

Les joueurs

Pelé (2+/5) : Cette semaine, le dentiste qui m’a arraché une racine pourrie après 45 minutes d’efforts, deux litres de sueur et l’utilisation de toute sa panoplie de bricolage m’a expliqué que son extrême manque de mobilité était dû à sa forme en « double baguette de tambour ». Un souvenir douloureux, mais bien utile pour évoquer l’agilité de notre gardien sur ce premier but.

Sakai (2/5) : Rate une grosse occasion dans les six-mètres comme pour clamer : « puisque Bouna Sarr peut être reconverti à mon poste, je peux bien avoir le niveau pour jouer avant-centre chez nous. » Sur son cœur de métier, peu de chose à dire excepté peut-être ce regrettable attentisme lors du second but.

Rami (1/5) : Je veux bien croire que Didier Deschamps ne puisse pas s’en passer comme porte-clés, comme cale-porte ou comme décapsuleur. Il faudrait néanmoins qu’Adil prenne conscience que chez nous en revanche, il lui reste un semblant de responsabilités à assumer sur le terrain.

Remplacé par Sarr (79e) : Une entrée peu efficace, sauf en ce qui concerne le défi « faisons entrer plus de Noirs que de spectateurs dans le stade de la Lazio ».

Luiz Gustavo (1/5) : Mon cœur saigne de cette note infamante, mais il est impliqué sur les deux buts encaissés, et la manière dont les laziali lui ont pissé dessus en un-contre-un était une allégorie de l’Europe face à l’extrême-droite.

Caleta-Car (2-/5) : James Bond a eu beau être interprété par plusieurs acteurs remarquables, il restera à jamais incarné par Sean Connery. De la même manière, si Duje prétend à merveille au rôle du « type qui fait peu d’erreurs mais qui nous pourrit régulièrement les matchs », jamais il ne parviendra à effacer Jérémy Morel de nos cœurs.

Ocampos (2+/5) : Un arbitre un peu moins indulgent l’aurait expulsé après un hippopotacle et deux charges de buffle. Mais comme Lucas est resté sur le terrain, sa performance peut autoriser certains à voir en lui une révélation comme le fut Bouna Sarr côté opposé.

Strootman (2/5) : Quand la soirée réclame soit du sale, soit du flamboyant, l’honnête paraît fade.

Sanson (2/5) : Une perte de balle menant à un but, une passe décisive grâce à une perte de balle adverse : un match en forme de Noël chez mémé, où l’on se fait un peu chier sauf au moment de s’échanger les cadeaux.

Remplacé par Payet (69e, 1/5) : Pas d’inquiétude, on rentre dans le cycle « dépression automnale – vacances anticipées – rougail saucisse – remise en forme – on attaque l’an neuf au taquet. » Ne faites pas les étonnés, vous savez très bien qu’il va nous faire ça chaque année jusqu’à sa ménopause.

Lopez (3/5) : Un match fluide comme un sac de farine, jusqu’à ce que l’entrée de Payet lui fasse des grumeaux.

Thauvin (2/5) : Quelques actions intéressantes dans notre bonne période, avant d’être remplacé par Radonjic, que l’on a vu régulièrement foncer dans le tas pour perdre le ballon à un contre tr… ah non, autant pour moi, c’était toujours Florian à ce moment-là. Je m’en suis aperçu quand il a marqué, le Serbe ne fait pas ça.

Remplacé par Mitroglou (82e) : De bons retours défensifs au milieu de terrain, et une action manquée dans la surface adverse. « Si je joue comme Germain, peut-être que j’aurai des chances d’être titulaire », semblait-il se dire.

Njie (2/5) : C’est presque décevant, quand il joue à son maximum : c’est moins drôle que lorsqu’ il fait n’importe quoi, et au niveau du score on n’en profite guère plus.

 

L’invité zoologique : Chipiron Immobile

Il a beau avoir une sacrée figure de poulpe, il faut reconnaître qu’il sait être bon, ce connard. Le calamar est donc bien l’invité approprié pour évoquer ce match contre un club dont les accointances avec des idées nauséabondes lui valent – dit-il, une injuste diabolisation. « Nous ne sommes pas des suppions de Satan », se défendent-ils, même si le premier qui me convaincra de la respectabilité de ce club n’est pas encornet.

– Les autres : Loin de la démonstration du match aller, les Romains se sont montrés empruntés, voire par moments totalement hors du coup. Cela ne les a pas empêchés de frapper tout en sang-froid à l’un des moments opportuns que notre défense de mongoliens ne manquerait pas de leur offrir.

– Le classement : La qualification est officiellement enterrée, seul demeure l’enjeu de ne pas finir dernier derrière les Chypriotes.

– Le moment MTVMG : Considérant que Njie n’avait pas perdu assez de temps en provoquant une altercation de demeuré après un coup-franc en notre faveur, Rudi se fend deux minutes plus tard d’une énième remarque finissant par attirer l’arbitre sur la ligne touche : le moment « maintenant taisez-vous Monsieur Garcia » est donc comptabilisé à cette 88e minute si précieuse à nos adversaires (rappelons que seuls les « taisez-vous » arbitraux figurent dans cette rubrique ; les multiples « ta gueule » criés par les supporters aux propos de l’entraîneur en conférence de presse n’entrent pas en ligne de compte).

– La précision : L’introduction de cette académie a été rédigée avant la rencontre, dans l’attente que le club produise un communiqué de soutien aux victimes ou à tout le moins que les joueurs portent un brassard pendant le match. Une attente vaine. La moindre des élégances serait de corriger cela au plus tard pour le match de championnat dimanche.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, et sur Twitter. Cette année, les vainqueurs du concours zoologique s’illustrent par séries : deuxième victoire consécutive de Sylvain C.

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

3 Comments

  1. Heureusement que le dromadaire est plus robuste que caleta car / rami et gustavo réunis…

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