Manchester City-Manchester United (0-1) : La Raide et Vile Academy livre ses notes

Salut à tous !

Ce dimanche 20 mars, nos gagneuses en sucre se déplaçaient dans le centre de Manchester pour aller affronter les pourris gâtés de City, dans leur City of Manchester Stadium (non, le naming ne passera pas par nous, même pour affubler les équipements de nos adversaires de patronymes ridicules), pour le compte de la 31è journée de Premier League.

Après une élimination en Europa League loin d’être anecdotique, puisqu’elle a eu lieu au cours de notre seule confrontation européenne avec le voisin honni Liverpool, nos poules de charme allaient donc devoir se jeter dans la gueule affamée d’adversaires pas encore tout à fait largués dans la course au titre, et surtout, accrochés à leur siège de dernier qualifié pour la Ligue des Champions.

Un derby pimenté par l’enjeu de cette foutue place européenne, donc, à quoi s’ajoute l’occasion de faire mordre la poussière devant son public à un noisy neighbour qui nous nargue des hauteurs du classement depuis un certain temps.

COMPOSITION INFERNALE

Les diablesses rouges sont toujours convalescentes, et même si l’infirmerie se vide peu à peu ces derniers jours, l’équipe type rassemble encore en ses rangs soit de jeunes premiers qu’on ne s’attendrait pas à trouver là en temps normal (Lingard, mais surtout Rashford sont de ceux-ci), soit de gros demeurés dont on se demande parfois comment ils peuvent être alignés sans honte dans une équipe de ce standing (un indice : ce n’est pas Daley Blind).

Autre indice : il joue à gauche quand même.

LE MATCH

Dès le début, les Citizens tentent de rouler sur les rouges, comme ils en ont pris l’habitude depuis…toujours ? La tactique de Van Gaal semble être de les attendre, et surtout de profiter des espaces que le milieu adverse ne cesse d’ouvrir à la façon dont Joséphine, 23 ans de métier, ouvre les cuisses au client conciliant. Ce qui ne manque pas de payer rapidement, pour notre grand plaisir : à la 16è minute, Yaya Touré trottine gentiment à côté de Juan Mata, lui laissant tout le temps de transmettre un ballon très doux et très soyeux à Marcus Rashford. Le gamin est déjà lancé, si bien qu’il transperce avec aisance et décontraction la défense attentiste de Demichelis, et s’en va tromper Hart à ras de terre, avant de jubiler délicieusement. 0-1.

La suite des événements est équilibrée, même si les locaux se procurent tout de même bien plus d’occasions franches que nos demi-mondaines, qui se contentent souvent de récupérer le moins bas possible, et de tenter de se projeter rapidement (comprendre « passer la balle à Martial »). On note toutefois que si Mata évolue à un poste hybride, sur toute la largeur du terrain, la place qu’il laisse à Lingard dans l’axe est exploitée de manière plutôt intéressante par le jeune anglais à tête de rongeur. Ses remontées de balle et sa faculté à éliminer apportent un petit plus, que la défense des skyblues parvient néanmoins à contenir, en particulier grâce à la nullité de nos latéraux.

En face, les attaques reposent surtout sur Agüero, qui, vous l’aurez remarqué, se prénomme Sergio. Ce n’est ni Busquets, ni encore moins Ramos, mais ça n’en fait pas moins une belle salope, qui donne du fil à retordre à Blind comme à Smalling, avec ses déplacements latéraux et ses dribbles insolents. Il est tellement marqué à la culotte qu’il ne manque pas de se faire éclater un certain nombre de fois, en particulier par Smalling, qui échappe à des cartons et des penaltys de manière assez inexplicable la plupart du temps.

Un début de baston intervient peu de temps avant la pause, à la suite d’un tacle particulièrement mauvais de Demichelis sur Rashford, dans la surface des Citizens. Le penalty était évident, mais l’arbitre jugeant que non, les esprits s’échauffent, et la jouvencelle est quelque peu malmenée par ses brutes d’adversaire. Il y à fort à parier que le jeune Marcus, enfant de Manchester, ait lâché un petit chapelet d’insultes bien senties à ces butors. Fort à parier aussi qu’en tant que plus jeune joueur de United à marquer lors d’un derby, et pur produit du centre de formation de Carrington de surcroît, il reste dans nos cœurs pendant assez longtemps (même quand il signera à West Bromwich Albion).

En seconde période, les occasions sont beaucoup plus rares pour les rouges diablesses, et City se fait de plus en plus pressant. Toutefois, leur jeu stéréotypé et la bonne organisation de notre défense les force à ne jouer qu’en attaques placées proche de notre surface, et l’absence de détonateurs réellement joueurs empêche nos hôtes de s’approcher de la cage du grand David De Gea.

Alors les infâmes tentent des tirs de loin, insistent avec Agüero, gagnent de plus en plus de duels. Mais ils font tout à l’envers : ils confient la responsabilité des frappes lointaines à Clichy, « le Kun » comme ils disent n’est pas foutu de cadrer ou de taper plus juste que l’extérieur du poteau, les duels ne servent plus à rien quand notre défense se débarrasse du ballon d’un gros coup de pied dès la récupération.

Les dernières minutes sont étouffantes, City met une pression si forte que l’on se recroqueville tous dans notre gueule de bois du dimanche, avec loin au fond, cette étrange impression d’évidence…ils vont égaliser, c’est certain. Tant de fois nous avons vu nos diablesses reculer au plus près de leur surface dans le dernier quart d’heure, pour finalement encaisser ce but maudit (quand ce n’était qu’un) qui allait nous priver d’une victoire libératrice. D’autant que Rashford s’est blessé pile après le troisième changement, pour ajouter à la guigne habituelle.

Sauf que non ! Satan en a pour une fois décidé autrement, et les forces du mal sont rentrées chez elles victorieuses. À la Raide et Vile Academy, on n’a toujours pas réussi à trancher pour savoir si c’est un exploit dû au courage magnifique de nos valeureuses cocottes, ou si les mecs de City sont définitivement les plus grands maladroits de la PL. En tout cas, deux choses sont sures : nos voisins sont en fin de cycle (même s’ils jouaient en l’absence de pas mal de monde), et United est invaincu pour la première fois en trois derbies de suite depuis…72 (source Luke Seafer). Deux raisons de se réjouir, avant que cette équipe incompréhensible trébuche à nouveau, puisqu’elle ne gagne que contre les gros, et fait semblant de jouer contre les pas gros.

 

LES NOTES

De Gea 4/5 : Toujours au top, un clean sheet de plus. Le peu qu’il a eu à faire, il l’a bien fait.

Darmian 2/5 : Malgré quelques retours défensifs plutôt déterminants, Matteo ne parvient pas à régler la mire sur ses centres, et c’est plus qu’énervant. Quand il est sur son bon pied, c’est déjà une catastrophe, alors quand il prend le couloir gauche au moment du remplacement de Rojo, je ne vous raconte pas le carnage. Remplacé par Fosu-Mensah (83è).

Smalling 3/5 : Fébrile et parfois limite dans ses interventions (un tirage de maillot dans la surface qui aurait pu coûter cher si l’arbitre l’avait vu, par exemple), il a toutefois l’immense mérite d’avoir collé aux basques d’Agüero et de ne pas l’avoir laissé prendre l’ascendant devant le but. En soi, c’est un exploit qui vaut bien la moyenne.

Blind 3/5 : Avec une charge d’amour supplémentaire par rapport à Smalling, il a bien contenu l’Argentin, en l’envoyant valser en quelques occasions, puisque l’importun à crête moche avait parfois l’outrecuidance de ne pas l’attendre. Ses relances font toujours mouche, ses corners, beaucoup moins.

Rojo 2/5 : La convalescence de Luke Shaw, ça se passe comment ? Quelqu’un a des infos ? Remplacé par Valencia (62è).

Schneiderlin 3/5 : Toujours discret, mais toujours précieux. Il a passé un match tranquille, finalement, étant donné que Yaya et Fernandinho ont démissionné rapidement.

Carrick 3/5 : Son aisance balle au pied est source de délices, comme de frayeurs. C’est que le Michael joue toujours assez facile, et qu’il a parfois tendance à oublier qu’il n’a plus 30 ans. En conséquence, le pressing de gars comme Silva ou Aguero lui fait parfois mal. Heureusement, il trouve toujours le moyen de limiter la casse.

Lingard 3/5 : Pas mal du tout sur le côté, il a été carrément intéressant quand il a pris l’axe, en essayant d’insuffler un peu de mouvement là-dedans.

Mata 2/5 : Signe qu’il est encore précieux balle au pied, il est l’auteur de la passe décisive qui amène le but. Mais cette manie de devenir invisible une fois la première demi-heure passée… Remplacé par Schweinsteiger (70è).

Martial 3/5 : Courageux, et complètement en feu quand il se lance balle au pied depuis son aile. Il défend, aussi, et plutôt pas mal pour un attaquant. Bref, on n’est pas près de revoir Memphis.

Rashford 5/5 : L’intrépide bambino a encore ajouté une ligne à sa cote d’amour auprès des fans. Après avoir crucifié Arsenal, le voilà pourfendeur des Citizens. Et cela n’a pas grand chose à voir avec le hasard, parce qu’il a vraiment du talent balle au pied. Son but en est une très belle illustration.

SUBS

Valencia 2/5 : On ne l’a pas beaucoup vu, mais il a fait le taf.

Schweinsteiger NN : Entré pour tenter de conserver un peu le ballon. Peine perdue, mais on s’en fout, puisqu’on a gagné. Apparemment, il vient de se blesser avec l’Allemagne, et sa saison serait terminée. Soit.

Fosu-Mensah NN : Pas vu, mais il faut croire qu’il a fait le taf, lui aussi.

Bonne trêve à tous, on se retrouve en avril pour la suite de la PL, avec la réception d’Everton. Vous pouvez trouver un compte-rendu du même match, par la partie adverse, ici. N’hésitez pas à lui laisser un commentaire moqueur.

 

Bobby Carlton.

Bobby Carlton

Académicien et souteneur de la Raide et Vile Academy.

6 commentaires

    • Il me semble qu’il revient de blessure, mais il était sur la feuille de match. Par contre, d’ici qu’il prenne sa place à Martial dans le couloir gauche…

  1. Januzaj, il a déjà joué à droite, ça peut être une alternative à Lingard, quant Mata joue dans l’axe. Mais j’ai l’impression que Van Gaal ne compte pas trop sur lui, car même quand il est apte à jouer, il le laisse au frigo.

    Bon, ce match était évidemment une grande satisfaction si on considère le résultat, et son effet au classement. La 4e place reste à portée, même s’il faudra espérer que ceux de devant se sabordent. On peut rêver.

    A part ça, j’ai serré les fesses une grosse partie de la deuxième mi-temps, vu que les rouges ont complètement arrêté de jouer, se contentant de balancer devant plutôt que de faire jouer les ailiers qui avaient clairement pris le dessus sur les latéraux d’en face.

    Le petit Rashford me plait beaucoup, même s’il faut nuancer sa performance brute : en face c’était quand même Demichelis et Mangala, qui ont certes le niveau pour être titulaire à l’OM, mais pas en PL. Mais psychologiquement – mentalement – ce qu’il fait pour l’instant est très fort. Elle a de la gueule la classe Biactol de cette équipe.

    Et Martial… J’espère que DD le fera jouer à l’Euro.

  2. Le côté droit, c’est la grosse inconnue. Depuis la saison dernière, VG y colle Mata en meneur excentré en faux pied, ce qui ne semble fonctionner que par intermittence. Et de préférence quand Herrera est sur le terrain (pas son clone nul d’en ce moment, le vrai). Lingard est lui aussi aspiré par l’axe, et les rares fois où on y a vu Memphis et Martial, c’était exactement pareil. Ce sont tous des joueurs qui veulent entrer et frapper. Seul Valencia me paraît encore avoir le profil de « bouffeur de ligne », mais il y a peu de chances pour qu’on le revoie dans ce rôle, puisqu’il ne sert plus que comme latéral/déménageur, désormais.

    On essaye tous d’éviter de s’enflamme sur Rashford, mais force est tout de même de constater que son culot et son talent laissent plutôt rêveur par rapport à un Wilson…à mon avis, n’importe qui en face aurait galéré face à lui, ces derniers temps.

    ça paraît difficile de se passer du talent de Martial, à l’Euro comme tout le temps, en fait. Espérons plutôt qu’il ne va pas se cramer trop vite, parce qu’il n’a pas du rater une seule minute depuis qu’il est arrivé. Et comme il va planter le but de la victoire contre De Gea au bout de la prolongation en finale, il n’aura pas beaucoup de vacances…

  3. Je n’ai regardé le match que ce soir en téléchargement, flemme d’aller au pub dimanche et streaming qui buggait, faut quand même reconnaitre que City a été particulièrement nullissime !!!! Rashford marque sur le premier tir, eux ils vendangent plusieurs occases qui semblaient prenables.
    Après le but, à part le péno inexplicablement non sifflé sur Rashford, il n’y a pas grand chose de produit.

    Alors qu’en face, Sterling puis Hart se blessent, Demichelis fait sans doute un des pires matchs de sa carrière, le grand-père en surpoids de Yaya Touré jouait à sa place… On est mal barré pour clasher en terme d’effectif cette saison, mais où tu veux aller avec une défense composée de Clichy, Mangala, Sagna, des seconds couteaux français que Deschamps a oublié, et un Argentin de 38 ans trop cuit sur l’asado ?

    Rashford, il ressemble plus à un Martial anglais qu’à un Chris Eagles, un Federico Macheda ou un James Wilson. Déjà j’avais trouvé que sur le retour en Europa contre Liverpool, il avait été excellent dans ses prises de balle et ses inspirations de jeu. Il sent le jeu ce gamin, plus sa vitesse et son sens du but… Faudrait juste ne pas le cramer. Mais entre lui et Martial, c’est excitant !!!

    PS : je partage l’acharnement de Bobby sur Rojo, non mais qu’est-ce qui s’est passé dans la tête des recruteurs pour aller chercher ce bourrin ??? Et encore heureux qu’il ne joue qu’à gauche où il cause moins de dégâts que dans l’axe.

    • C’est clair que Paris n’a pas beaucoup de souci à se faire pour les demis, si City joue à ce niveau là…pareil pour leur effectif, c’est pour ça que selon moi, ils arrivent à la fin d’un cycle. Il faut bien dire aussi que leurs achats de ces dernières années me semblent complètement idiots, consistant surtout en surpayer des joueurs qui ont connu six bons mois dans leur carrière (Sterling, Mangala…). En terme de potentiel, l’effectif de United est clairement au-dessus.

      Rojo sortait d’une bonne coupe du monde avec l’Argentine, et je pense que VG se disait qu’un gaucher polyvalent plus costaud que Blind pourrait lui servir à varier les plaisirs entre son 4-2-3-1 et la défense à trois. Un mauvais calcul, au sens où il n’avait pas vu que Blind allait se démerder aussi bien dans l’axe, et que Shaw allait exploser comme ça. Il fera le nombre l’année prochaine, sur le banc…

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