Manchester United-Feyenoord (4-0) : La Raide et Vile Academy livre ses notes.

Salut à tous !

Au cœur de la tempête de la Premier League, on en aurait presque oublié que nos demi-mondaines jouent une autre « League » : celle qui nous fait rater les soirées étudiantes et ses proies faciles, celle où sévit Denis Balbir, celle où l’on croise d’obscurs clubs écossais, moldaves ou kazakhs, celle dont l’ensemble des acteurs se moque au point de préférer assister à un duel entre deux brontosaures s’écharpant à coup d’idées préhistoriques.

Et en cette avant-dernière journée du groupe A, il était grand temps que nos entraîneuses se sortent les doigts, étant donné que tout autre résultat qu’une victoire était synonyme d’élimination piteuse dès la phase de poule, un peu à la manière de Nice.

En guise de victime, nos rouges prédatrices accueillaient les Néerlandais du Feyenoord Rotterdam, deuxièmes du groupe A un point devant nous au coup d’envoi.


COMPOSITION INFERNALE.

On note avec plaisir les retours de Blind et Shaw, que Herrera est ménagé au profit de Rooney, et surtout, enfin, la titularisation de Henrikh Mkhitaryan, qu’on a cru un long instant perdu pour le football.

Une sorte de 4-2-3-1 tendant au 4-3-3, où la ligne de 3 n’a eu de cesse de permuter.


LE MATCH

Dès l’entame, les rouges diablesses monopolisent le ballon. Elles tardent cependant à se montrer dangereuses, à cause de nombreuses fautes techniques qui témoignent d’une volonté de se porter vite vers l’avant, mais aussi d’une certaine nervosité.

Passé le premier quart d’heure, un festival offensif commence, et les Rotterdamois sont acculés devant leur surface. Le but libérateur se fait tout de même attendre, et l’on se fait même quelques frayeurs lorsque Feyenoord procède à des contres éclairs, exercice que leur 4-3-3 permet de mener particulièrement bien en étirant notre défense au maximum sur la largeur. Ainsi, une occasion de rappeler que Sergio Romero est loin d’être une tanche sur sa ligne arrive à la 25è minute, quand on terme d’un nouveau contre, le substitut sort un double arrêt, le deuxième sur une frappe de Dirk Kuyt, qui s’il avait marqué, nous aurait irrémédiablement rappelé de mauvais souvenirs (on parle de sa carrière, pas d’un jeu de mot avec son nom).

Enfin, Rooney décide de prendre les choses en main. À la 35è minute, il s’échappe comme un vrai ailier à l’ancienne, remontant le ballon le long de la ligne de touche. D’une passe intérieure, il trouve Ibra dans l’axe ; ce dernier semble tergiverser, mais finit par servir son captain sur un plateau. Au terme de ce long une-deux, Roo’ termine le boulot d’un fort joli ballon piqué au-dessus du goal : 1-0. À noter que grâce à ce but, notre fier capitaine devient le meilleur buteur du club en compétition internationale, avec 39 buts (contre 38 pour l’immense Van Nistelrooy).

Au-dessus de quelques anonymes…

Et histoire de parfaire sa légende, il n’est plus qu’à un but de mon illustre homonyme sir Bobby Charlton en tant que meilleur buteur de l’histoire du club (249, contre 248 pour Rooney). CECI POUR REMETTRE CERTAINES CHOSES À LEUR PLACE.

Les dix dernières minutes se jouent sur un rythme beaucoup moins soutenu, ce qui est normal au vu de l’intensité que les rouges diablesses ont mise dans cette période pleinement maîtrisée. MU a contraint son adversaire à défendre très bas, et a offert aux spectateurs quelques phases de jeu de très haut niveau.

La deuxième mi-temps repart sur un rythme élevé. Mkhitaryan tente de se frayer un chemin tout seul vers le but adverse, mais son rush est avorté par la défense adverse, tandis que Mata se joue de ses adversaires grâce au dribble, et tente un lob fort inspiré que le gardien feyenoordien claque de peu au-dessus.

Mais à force de pousser, le ketchup finit par jaillir. Une récupération haute de Carrick atterrit dans les pieds du Z, qui trouve une nouvelle fois Rooney dans l’intervalle. Cette fois, le captain n’est pas en position de frapper, mais il a senti Mata dans son dos. Sa passe aveugle est parfaite pour l’Espagnol, qui porte le score à 2-0 (69è).

Ensuite, c’est au tour d’Ibrahimovic de se montrer, lui qui n’avait pas réussi grand chose du match. Lancé par Rashford sur le côté gauche, il s’enferme le long de la ligne de but. Le voilà qui temporise et lève la tête, puis avec sa décontraction habituelle, tente de transmettre le ballon à Mkhitaryan aux cinq mètres cinquante. Le gardien adverse, tentant de s’interposer, dévie le ballon dans son propre but : 3-0 (75è).

Le Mou ayant compris que l’enjeu de ce match avait quelque peu expiré, il lance des jeunes (Lingard et Depay) qui ne tardent pas à tenter de se mettre en évidence en tirant dans tous les sens façon Star Wars remasterisé par George Lucas. Difficile d’effacer les performances de Rooney et Mkhirayan pour autant, mais tout de même, à force d’abnégation, Lingard parvient à trouver la faille. Il bénéficie certes d’une telle passivité défensive en face qu’elle permet à nos joueurs d’échanger 2528 passes courtes et rapides un peu partout autour de la surface, avant que Valencia ne trouve un décalage (et ceci sans adresser un centre à mach 3 comme il lui arrive parfois – souvent). 4-0 (91è).

Voilà, enfin un match abouti, gagné à la seule force du talent et du travail, au cours duquel on a vu des buts. Jamais cette équipe n’a pu être accusée sérieusement de ne pas en être capable. Lui reste désormais à prouver qu’elle peut reproduire ces performances match après match, et contre une opposition moins limitée.


LES NOTES

Romero 4/5 On retiendra le clean sheet, mais aussi ce double arrêt à la 25è minute, à 0-0. Le gaillard sait prendre sa chance lorsqu’elle lui est proposée, on devrait donc le revoir un de ces quatre jeudis…

Valencia 4/5 Dès qu’il a de l’espace, il le prend. Quand il n’en a pas, il le crée à l’aide de ses larges épaules. Infatigable et cette fois efficace, c’est du tout bon.

Jones 3/5 Performance très sobre, mais il faut bien dire qu’il n’a pas été emmerdé outre mesure.

Blind 4/5 Sa lecture du jeu a suffi à faire souffler la charnière. Qu’on me trouve un central qui a un tel talent pour à la fois le jeu long, la relance, et le fait de défendre en smurf. Un seul.

Shaw 3/5 S’il rate parfois des trucs facile à cause d’un manque criant de concentration, c’est certainement parce que le football est trop facile, pour lui.

Carrick 4/5 Pied droit, pied gauche, court, long, récupère et relance…la symphonie du bonheur, et le totem de l’équipe (aucune défaite lorsqu’il est titulaire depuis le début de saison. Bon ok, il n’a joué que huit matchs).

Pogba 5/5 Le mec a absolument tout, on ne le répétera jamais assez. Quand il se permet de faire un première mi-temps aussi proche de la perfection, on excuse volontiers sa baisse de régi…attendez, j’allais écrire qu’il avait baissé de régime en fin de match ? Pas du tout, il a fini comme il avait commencé.

Mata 3/5 Son effort défensif l’a poussé à disparaître en première mi-temps, où il a surtout couru après le ballon et s’est effacé sur les passages ventre à terre de Valencia. Mais même dans des matchs moyens, il parvient à se singulariser dans le bon sens, et à marquer.

Rooney 4/5 Le Rooney des records, celui des grandes victoires. Le cœur de l’armée rouge. Un match comme on n’en avait pas vu depuis longtemps de sa part.

Mkhitaryan 4/5 Grande nouvelle : il n’est donc pas mort. Et au vu de sa performance, il pourrait même vite s’avérer indispensable, s’il parvient à reproduire ce niveau. Sa technique de déglingo, son mouvement incessant dans la profondeur, ont gravement mis en difficulté la défense adverse, et même s’il n’a pas marqué, il a clairement marqué les esprits (je n’en reviens pas que j’ai écrit ça. Je peux effacer ?)

Ibrahimovic 3/5 Mis-à-part ses belles passes sur deux buts, il a éprouvé des difficultés à garder le ballon, lui qui le protège d’habitude si bien. Son jeu en déviation a subi un déchet lui aussi inhabituel.


SUBS

Depay NN : entre, gesticule dans tous les sens sans trop savoir où se placer, et rentre dans le rang de manière parfaitement anodine.

Lingard NN : entre, court partout, marque, fait un dab avec Pogba. S’il devient l’argument marketing numéro 1 de MU auprès des adolescents, le club n’est pas près de mettre la clé sous la porte.

Rashford NN : entre, donne une passe décisive.

Bobby Carlton.

Bobby Carlton

Académicien et souteneur de la Raide et Vile Academy.

Un commentaire

  1. Allonge-toi, raconte-nous, tu as un mauvais souvenir d’enfance à base de carottes, peut-être tu n’aimes pas quand elles sont Kuyt ?

    Sinon un des seuls matchs de la saison que je ne peux pas regarder et on t’y fout un joli 4-0, pfff. C’était pareil pour le 3-0 en une mi-temps contre Swansea. Ils le font exprès.

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