Manchester United – Juventus (0-1) : La Raide et Vile Academy médite un peu

Les mois ont passé, il était temps de revenir (tout en remerciant le pauvre Bobby qui s’est jusqu’ici attelé seul à chaque rencontres).

 

NAMO GURU BEH
NAMO BUDDHA YA
NAMO DHARMA YA
NAMO FOOTBALL YA
(Je prends refuge en le Lama
Je prends refuge en le Bouddha
Je prends refuge en le Dharma
Je prends refuge en le football)

 

José Mourinho, saison trois. Celle de tous les dangers, celle des cris, celle des pleurs, celle des mises au placard arbitraires et de l’empire qui prend feu. Aussi reviens-je, providentiel âme au secours des pauvres hères, un peu en retard certes, mais pour vous apporter la sérénité au milieu du tumulte.
Six mois de méditations et d’enseignements au sein du temple bouddhiste Ninna-ji à Kyoto (je l’ai choisi parce que j’ai mal lu, j’ai cru que c’était Ninja-ji et qu’il y aurait un petit bonus sur la formation) ont fait de moi un autre homme, un autre être. Un esprit inébranlable face aux aléas de cette saison chaotique, déjà bien entamée.

Prenez ma main et traversons ensemble le Diyu.

SEM TCHEN TAM TCHE DEWA DANG DEWEI GYOU DANG DENPAR GYOUR CHIK
DOUKNGEL DANG DOUKNGEL GYI GYOU DANG DRELWAR GYOUR CHIK
DOUKNGAL MEPEI DEWA DAMPA DANG MI DRELWAR GYOUR CHIK
NYE RING TCHAK DANG NYI DANG DRELWEI TANG NYOM TSE ME PA LA NEPAR GYOUR CHIK
Par le pouvoir et la vérité de cette pratique,
Puissent tous les êtres jouir du bonheur et des causes du bonheur,
Puissent-ils être libres de la souffrance et des causes de la souffrance,
Puissent-ils ne jamais être séparés du grand bonheur dénué de souffrance,
Puissent-ils prendre les trois points contre la Juve et ainsi se rendre la qualification pour les hutièmes plus simple, surtout que Valence vient de faire nul contre Berne.

 

L’affrontement métaphysique

Nous assistons sans surprise à un début de match tendu (pardon, je suis un peu rouillé pour ce qui est de faire des attaques incisives). La Juventus a vite confisqué la balle, comme prévu et Manchester va attendre (comme prévu aussi). Si ce n’est un enchaînement de fautes, dans chacun des deux camps, pas grand-chose à souligner, tout juste un oubli de Dybala dans la surface (13e) qui, de la tête, manque de tromper De Gea. A cette tête, c’est Paul Pogba qui répond lui aussi du crâne, à l’entrée de la surface, mais sans inquiéter plus que ça Szczesny. Première occasion, il faut capitaliser, bâtir, grandir ensemble et terrasser.

Om Saha navavatu
Saha nau bhunaktu
Saha viryam karavavahay
Puissions-nous être protégés ensemble,
être nourris ensemble,
joindre nos forces pour le bien de l’humanité.

Sur l’action qui suit Shaw se fait prendre dans le dos pour la (déjà) huitième fois de la soirée. Sur le centre qui suit, Smalling, devancé par Cuadrado, laisse filer la balle à l’entrée des six mètres. Dybala qui l’emporte sur Lindelöf n’a plus qu’à fusiller De Gea pour ouvrir le score (0-1, 18e). Non d’ailleurs il n’a même pas à devancer Lindelöf, le Suédois est introuvable sur le ralenti.
ATTENDEZ QUOI ?! MAIS UN BUT PAREIL SUR UNE ATTAQUE PLACEE C’EST UNE BLAGUE ? COMMENT ON PEUT ETRE AUSSI PASSIF ? VOUS VOUS FOUTEZ DE MA GU… Pardon. Inspiration.

Om Anandham Namah
Mes actions sont entièrement détachées du résultat

Loins de réagir, les Mancuniens laissent la Juve les piétiner tant et si bien que l’on craint de rentrer aux vestiaires avec deux ou trois buts de plus au compteur. Dalaï Gea est heureusement là pour stopper les tentatives consécutives de Cancelo, Ronaldo, Matuidi (24e-38e-38e), quand il n’est pas simplement témoin des tentatives de Betancur (33e) ou de Dybala (34e) qui manquent le cadre. Mi-temps.
La seule chose que Manchester a su redresser c’est la possession de balle, passant d’un 28%-72% à la 20e minute de jeu à un flatteur 30%-70% au bout des 45 premières minutes.

Ong Namo
Guru Dev Namo
Pogba Namo
J’en appelle à la l’énergie première et créatrice,
J’en appelle à la sagesse subtile et divine
J’en appelle à Paul Pogba

Reprise. De Gea n’a que six minutes de répit avant de devoir s’employer et aller enlever une lucarne toute faite sur un missile de Cristiano Ronaldo. La révolte n’a donc pas lieu. En mondovision, Manchester United reste parfaitement amorphe, incapable de presser, de proposer des solutions. Sur les phases de possessions, on voit des bras rouges de lever, mais ça ne s’appelle pas proposer une solution ça, ça s’appelle faire l’appel, comme à l’école.

Om Bhur Bhuva Suvah
Tat Savitur Varenyam
Bhargo Devasya Dheemahi
Dhiyo yo nah prachodayat
Rappelez-vous que vous êtes footballeurs professionnels
et remuez-vous le postérieur

L’offrande inespérée, ce sont les trente dernières minutes durant lesquelles, la Juventus « s’arrête » de jouer. Malheureusement cela laisse uniquement aux Red Devils des occasions d’aller s’empaler sur une défense bien trop maline pour laisser quiconque passer. Quand nos passes ne terminent pas en touche.
Sur sa seule vraie erreur, l’arrière garde de la Vieille dame laisse une chance à Pogba qui trouve le poteau d’une frappe enroulée à 20 mètres (76e). « Les actions et intentions sont soutenues par l’intelligence cosmique » comme m’expliquait mon voisin de chambrée cet été  : Szczesny eut été encore portier d’Arsenal, nul doute que le ballon lui aurait rebondit sur le dos et fini dans le but. Il n’en est pas question pour la Juventus.
Allegri remplace sa virevoltante attaque petit à petit et bétonne. Mourinho jette des regards gênés vers son banc… Il y a du monde à faire sortir, mais personne à faire rentrer…
Et un constat implacable : Manchester aurait pu jouer sept heures qu’il ne serait parvenu à marquer.
Défaite 0-1, qui ne reflète pas le gouffre à la fois collectif et spirituel qui sépare les deux équipes. L’une parfaitement rodée et animée, l’autre complètement apathique et balbutiante. L’une de ces deux équipes était annoncée en fin de cycle la saison précédente… Attention il y a un piège.

 

Les  Rouges :

De Gea (4/5) : « Om Shring Shriye Namah ». Pas simple à traduire, mais on pourrait quand même essayer un truc du genre « faites pas les cons, lâchez-lui le contrat qu’il veut qu’on soit sûr qu’il reste.

Shaw (1/5) : Tourner le dos à l’adversaire eut été la bonne idée pour éviter d’être débordé à chaque fois. A méditer.

Lindelöf (4/5) : « Tous les jours et à tous les points de vue, j’exprime autour de moi ma capacité d’aimer et à être aimé en retour. ». Même quand mon défenseur central est cataclysmique sur son premier quart d’heure, je pardonne. Il redresse la barre ensuite et tient seul la baraque.

Smalling (2/5) : Rasez moi cette coupe affreuse. Et cassez-vous. C’est hyper sympa le Tibet, vous allez voir.

Young (1/5) :Réincarnation de Valencia avec sa démonstration de claquettes à l’entrée de la surface adverse et des centres ratés en pagaille. Seuls deux tampons sur Ronaldo auront vraiment marqué son match.

Matic (1/5) : « Quand l’heure de ma mort arrivera, Que se dissipent tous mes obscurcissements ; Et, percevant directement Amitabha, Que je rejoigne le banc des remplaçants plutôt que d’errer sur le terrain tel une âme en peine. »

Pogba (3/5) : « Je nourris l’univers et l’univers me nourris, je nourris mes coéquipiers et mes coéquipiers bouffent la feuille ».

Mata (2/5) : « Puisse la forêt aux feuilles tranchantes Devenir un ravissant bosquet, Et puissent les arbres aux couteaux et aux épées Devenir des arbres à combler les souhaits. » (je commence à être à court d’idée)

Rashford (2/5) : Et Rashford, il a sprinté (il a sprinté), il a sprinté (il a sprinté), il a pas marqué (il a pas marqué) ! (chant tradtionnel de vestiaire bouddhiste)

Martial (3/5) : « L’échec est une étape sur la route du succès ». Ouais je vous l’accorde ça fait un peu mantra « en marche », mais il ne faut surtout pas que ce match sans marquer vienne perturber Toto dans sa belle série. Ce soir c’était le seul vrai attaquant sur la pelouse.

Lukaku (1/5) : « À l’instant même où m’apparaissent les signes d’une mort prématurée, Que je voie clairement le corps sacré du protecteur Amitayus, Et détruise le seigneur de la mort ; Que j’obtienne bientôt le vidhyadara immortel ! »
Ou à défaut, qu’il recommence à conduire son ballon correctement, cadrer des frappes, voire marquer des buts.

Teyata Om Bekanze Bekanze Maha Bekanze Radza Samudgate Soha
Puissent les innombrables malades être rapidement libérés de la maladie et puissent toutes les maladies des êtres disparaître à jamais. Puissent Mourinho, Young, Smalling et bien d’autres êtres libérés de leurs contrats.

Courage, tout sera bientôt terminé. Et nous renaîtrons alors. (Comment ça, ça fait cinq ans qu’on le répète ?.

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOM (aucun lien)

Luke Seafer

Fils de Satan, fils du metal, fils de la haine, fils de Cobra.

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