Mexique-Costa Rica (2-0) et Honduras-Costa Rica (1-1) : La Ticos Académie a le cafard

Ah, Dieu ! Que n’as-tu fait tes joueurs aussi éternels que des boules en pierre.

Mes amours, je vous ai manqué ?

Vous aussi. Je suis heureuse de vous retrouver, surtout que, pour tout vous dire, c’est un peu la déprime. Que voulez-vous, le temps passe pour tous et même une maîtresse femme comme moi voit ses courtisans se raréfier voire, Ô ! cruel outrage du temps ! avancer en âge. Je n’en suis pas encore à compter davantage de professeurs que d’étudiants parmi mes soupirants, rassurez-vous, mais je sens bien que les choses changent. La semaine dernière, par exemple, je me suis surprise à recourir aux menottes et au GHB pour pimenter nos ébats… autrefois, un simple nœud de chaise suffisait à ce que mes petits jeunes acceptassent sans broncher la brosse de ramoneur. Mais ceci n’est pas le plus triste. Le plus triste, c’est que mes Ticos d’amour vieillissent aussi, et cet article lu au lendemain de notre défaite à l’Azteca m’a rappelé notre fuite implacable vers le néant.

Boule pluviale.

Pourtant, tout ne va pas si mal. Certes, nous laissons aux Mexicains la tête du tournoi qualificatif à la prochaine coupe du monde, mais vu la nullité crasse de nos rivaux, valider notre billet pour la Russie devrait n’être qu’une formalité. Mais justement, ne nous étions pas vus trop beaux, à dominer une zone Concacaf en sévère perte de niveau en ce moment ? Rapidement menés par le Mexique, nous nous sommes trouvés démunis, privés de réaction, surpris devant une adversité nouvelle nous ramenant à nos propres faiblesses.

En janvier, une piteuse coupe centroaméricaine disputée avec l’équipe B et achevée à la 4e place avait fait figure d’avertissement : des nuls affligeants contre le Salvador, le Nicaragua et le Honduras, à peine pimentés par un facile 3-0 contre le Bélize, un tournoi conclu par une défaite 1-0 contre le Panama avec à la clé la perte du Bâton de Nasazzi, des joueurs incapables de prouver leur valeur, ne serait-ce que comme doublure, à des postes pourtant faibles… Profitons bien des derniers feux de notre génération dorée, la suivante n’est pas à la hauteur.

A l’image de notre sélectionneur Oscar Ramirez, notre équipe respire la joie de vivre.

Pour ce mois de mars qui nous voit affronter le Mexique puis le Honduras, Oscar Ramirez tire donc les conséquences de ces tristes constats en alignant une équipe sans surprise. On adressera au passage nos vœux de rétablissement à Oscar Duarte, gravement blessé peu avant la trêve avec son club de l’Espanyol.

La composition d’équipe au Mexique…

Que dire du premier match ? Menés après 7 minutes sur un but de Javier Hernandez consécutif à une grosse faute d’alignement de la défense, mes Ticos d’amour s’efforcent de réagir. Ils concédent hélas un second but juste avant la pause, sur une bête tête après corner qu’en temps ordinaire, mon Keylorgasme aurait paré d’une main en tendant le majeur à Florentino Pérez de l’autre. La deuxième période n’est que renoncement, impuissance à perturber un Mexique regroupé et dominateur au milieu. Cruciaux dans la réussite offensive de notre traditionnel 541, les latéraux sont inexistants. Notre fameux pressing en bloc n’est pas plus valide, et nous laissons les Aztèques se promener. Nous passons près de la réduction du score, d’un troisième but aussi, mais dans les têtes la défaite était déjà consommée.

… et au Honduras

Les Ticos se relèvent, timidement, le mardi suivant à San Pedro Sula. Face à de frustes Honduriens cicatrisant à peine, nos héros ont obtenu sans grâce l’unique point qu’ils étaient venus chercher. Le premier quart d’heure est un hymne au raffinement centroaméricain, tout en coups de coudes dans la nuque et coups de pieds dans les parties. Seul le beau Celso tente de créer du jeu, mais l’arbitre était affligé d’un gros défaut : il souhaitait rentrer vivant du Honduras. Pas de pénalty pour nous malgré une faute évidente, donc, et un but encaissé à dix minutes de la pause du fait de notre infâme mollesse défensive. Keylorgasme a beau s’opposer à bout portant, son très bel arrêt est rendu inutile par un rebond favorable sur l’attaquant ; quand ça ne veut pas…

Point positif : Oscar Ramirez se rend enfin compte qu’aligner contre ces charcutiers un 541 dans lequel les latéraux ne passent pas la ligne médiane s’avère quelque peu frileux. Les Ticos alternent alors entre 433 et 4231, mais notre si beau jeu collectif reste porté disparu. On se contente de percussions individuelles aboutissant à des corners ou des coups-francs, ce qui suffit d’ailleurs à notre bonheur quand Bolaños trouve la tête de Waston sur l’un de ces coups de pieds arrêtés. L’égalisation acquise, les Ticos ne forcent pas la décision. Nous penchons même au bord de la panique en fin de match, quand les Honduriens tentent d’arracher une victoire plus cruciale pour eux que pour nous. Pas de jeu, un bon point obtenu : pas de doute, Oscar Ramirez ferait un bon entraîneur de votre Ligue 1.

Boule en slip.

Les notes

Keylor Navas (2/5 et 3/5) : Mais qu’ont-ils fait de mon Keylorgasme, ces criminels castillans ? Ils étaient censés l’opérer de la jambe en début de saison, mais je me demande s’ils ne lui ont pas fait subir une ablation du système parasympathique avec amputation totale du sang-froid. Je pensais que la sélection lui permettrait de se ressourcer mais ce second but mexicain, associant sortie hésitante puis parade derrière la ligne, trahit un mal bien plus profond. De beaux gestes retrouvés contre le Honduras, sans pour autant parler d’une totale sérénité.

Giancarlo Gonzalez (2/5 et 2/5) : Je sais, c’est un cliché, mais je m’attendais à ce que le Palermitain, de retour en sélection, s’avère le Parrain de notre défense. Entre duels effacés et dégagements à l’emporte-pièce, on ne peut pas dire qu’il ait affirmé une grande autorité naturelle.

Johnny Acosta (2/5 et abs.) : Suspendu contre le Honduras pour un carton jaune de trop, ce qui ne devait pas être un manque impossible à surmonter, et ne l’a d’ailleurs pas été.

Kendall Waston (abs. Et 4/5) : La délicatesse et les manières c’est très bien, mais une grosse brute qui sait rentrer dedans, ça reste tout aussi important dans un effectif. Il en va ainsi des défenseurs ticos comme de mes étudiants.

Francisco Calvo (2/5 et abs.) : Aussi peu sûr que ses camarades, et d’ailleurs sacrifié au second match au profit d’Umaña…

Michael Umaña (abs. et 2/5) : … lui même sacrifié après une fade première mi-temps pour cause de changement tactique.

Cristian Gamboa (1/5 et 2/5) : Totalement inexistant, il a seulement eu le mérite de ne pas se faire maltraiter défensivement, tant les Mexicains étaient occupés de l’autre côté à faire subir les derniers outrages à Matarrita. Mieux contre les Honduriens, malgré un apport offensif toujours aussi proche du néant (limites personnelles ? consignes?)

Ronald Matarrita (1/5 et abs.) : Une faillite totale. La seule chose qui m’empêche de lui coller un zéro est que cette note sphérique me rappelle la forme sacrée des boules en pierre, que nul ne saurait souiller.

Bryan Oviedo (abs. et 1/5) : Pas loin d’une faillite totale. Oscar Ramirez va monter une amicale des entraîneurs rendus dépressifs par leur poste de latéral gauche, je crois qu’il en existe davantage qu’on ne le pense.

Boule en impasse.

Celso Borges (2/5 et 3/5) : L’âme de l’équipe, âme en peine en l’occurrence lors de cette triste rencontre de l’Azteca. Le seul au niveau de sa coupe du monde, en revanche, au second match ; malgré des baisses de régime, il s’y est illustré en étant le seul à proposer autre chose que la bouillie générale.

Randall Azofeifa (1/5 et 2/5) : Une tête et un nom qui sentent la testostérone à vingt pas, ce qui rend d’autant plus regrettable son volume de jeu très perfectible, un peu comme Rocco Siffredi qui ne tournerait que les scènes soft.

David Guzman (2/5 et 3/5) : Remplaçant désigné du précédent, petit jeune davantage en tonicité qu’en maîtrise. J’aime bien, même si la production reste encore un peu superficielle au lieu d’aller au fond des choses. Ce qui me fait encore penser à mes étudiants, en fait.

Yeltsin Tejeda (abs. et NN) : Dans tout ce marasme, retenons quand même comme bonne nouvelle le retour de mon chouchou. Pour dix minutes, et au troisième rang de la hiérarchie des milieux, mais je m’en moque.

Christian Bolaños (2/5 et 3/5) : Je suis généreuse eu égard à sa bonne volonté, et surtout son corner décisif du second match, mais tout de même. Où est passée ton imagination, nom de nom ?

Joel Campbell (1/5 et 2/5) : Inefficace au premier match dans son rôle habituel de remplaçant de luxe, à un moment où toute l’équipe avant déjà lâché l’affaire. Guère mieux en titulaire au second match, où son activité s’est résumée à courir partout, tout le temps, comme une brute. Ici encore, difficile de dire s’il a baissé de niveau ou s’il est mal employé.

Johan Venegas (2/5 et abs.) : Ni plus ni moins coupable que les autres de la déroute mexicaine, il s’éclipse ensuite de la sélection pour la meilleure raison qui soit, à savoir la naissance de son enfant.

Marco Ureña (NN et 1/5) : Sa note sévère ne doit pas masquer sa combativité, mais si son comportement de taurillon a son utilité dans une équipe qui fonctionne, ce n’est pas lui qui va nous aider à créer du jeu.

Bryan Ruiz (1/5 et 1/5) : Quelle tristesse, mes amis. Du si élégant Bryan ne reste rien d’autre qu’une âme en peine rarement trouvée par ses camarades et rarement efficace balle au pied, que ce soit en meneur excentré ou en n°10. D’ailleurs en me couchant hier, je ne me suis masturbée que deux fois sur sa photo, c’est signe que quelque chose est en train de se briser.

Après quatre matchs dont trois à l’extérieur, on n’est pas si mal, somme toute.

Bises mes choupinous, à bientôt !

Kimberly Gutiérrez Yigüirro

4 commentaires

  1. Les Usa sont nuls aussi ? Oui sinon 7 points avec trois matchs à l’extérieur dont le Mexique en effet d’un point de vue comptable c’est bieng.

    • Contre nous, ils étaient immondes en tout cas. Défaite à domicile 1-2 contre le Mexique, 4-0 chez nous, puis ils viennent de se refaire en explosant le Honduras 6-0 et en obtenant le nul au Panama (ce qui nous arrange bien). Mais globalement, à part le Mexique (et le Panama que je n’ai pas encore vu jouer récemment), le niveau général de la poule m’inquiète.

  2. Oui et avec 5 paires de boules vous repartirez de marbre. :D

    K_hachetague LaSeLe_Y

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