Niort-Nîmes (1-1) : La Crocro Académie dans les Deux-Chèvres

Onze chèvres dans les Deux-Sèvres, pour être précis.


On entend souvent parler de reconversion professionnelle, ces temps-ci. On oublie souvent que le corollaire trop peu mentionné est la déception professionnelle. Car oui, on peut quitter le confort d’une carrière toute tracée pour tenter autre chose, mais encore faut-il que cet autre chose vous satisfasse. Bien trop souvent, ces tentatives s’avèrent vaines : l’incertitude, la difficulté à s’adapter à un nouveau contexte, la remise à niveau sont autant de facteurs à fort potentiel déstabilisant. Le reconverti a statistiquement de fortes chances de se retrouver déconverti et de repartir à la case départ. Figurons-nous à présent la chose en terme strictement footballistique : déçu par les performances gaguesques de votre club, vous décidez un beau jour de vous mettre à en supporter un autre (nombre de désaxés de ce genre sont depuis quelques décennies trop docilement regroupés en France sous le titre de « Footix »). Outre les difficultés d’adaptation susmentionnées, vous voilà devenu un paria et / ou un arriviste, selon que l’on choisisse le club de départ ou d’arrivée. Alors épargne toi ces circonvolutions et embrasse ta condition, gardant au passage ce qu’il te reste de dignité. La conclusion de ce bref interlude introductif est sans appel : que tu sois fonctionnaire de la Culture ou bien supporter du Nîmes Olympique, il faut te rendre à l’évidence : ta vie, c’est de la merde.


Salut les pitres,

Après une belle prestation d’ensemble (même si un peu chatteuse) pour le dernier match aux Costières contre Bordeaux, notre équipe se présente donc bardée de certitudes tactiques et le moral au beau fixe à l’heure de défier l’ogre Niortais, dernier au coup d’envoi.

Maraval
Labonne-Djiga-De Gevigney-Burner
Fomba
N’Guessan-Thomasen
Pagis
Tchokounté-Saïd

On se présente avec ce qui ressemble à un onze presque type, avec l’exception notable de Poulain, en délicatesse avec son genou. Pas rassurant quand on sait que Djiga et De Gevigney ont tendance à se comporter en son absence comme des gosses en colonie de vacances : foufous mais prompts à casser la vaisselle dans un moment d’inattention. Côté positif, on note le retour de Benrahou dans le groupe, nouvelle d’autant plus réjouissante que la cheville de Nico Benezet est désormais à considérer comme une relique historique à mettre sous verre.

LE MATCH

Le scénar commence à sentir le réchauffé : un attaque bien le match mais on vendange. Et quand on vendange pas, on a pas de bol : la défense Niortaise parvient à sortir miraculeusement sur la ligne une frappe de N’Guessan qui aurait franchement mérité mieux sur le coup. On se rattrape heureusement via Tchokounté, qui se trouve à l’origine et à la conclusion dans son style caractéristique dit du « tracteur » ou du « frigo américain » : progression en rouleau-compresseur, décalage sur Fomba qui lui remet, tête hors de portée du gardien, on aurait presque l’impression qu’il engueule ses collègues en leur disant que quand même c’est pas si compliqué le football.

On mène chez le dernier qui ne montre pas grand chose, c’est le moment ou jamais pour leur écraser leur tête dans leur merde et réduire au silence leur stade de district ? Que nenni. Comme souvent, El tactico Usaï a dû se montrer aussi fédérateur à la mi-temps que Paul Raynaud en 1939 : nos gars attaquent la 2e période la trouille au cul en mode « Ardennes 1940 ». A subir, tu te fais foudroyer sur la moindre cagade, puisque les Niortais se décident dans le même temps à livrer une prestation un peu moins minable, et notre défense leur offre généreusement l’occasion de se retaper grâce à un combo reculade général / tête moisie repoussée dans l’axe. On note aussi l’absence totale de présence sur le second ballon : c’est de toute évidence travaillé à l’entraînement. Alors c’est sûr, on peut cibler le manque de chatte, mais rien n’excuse la bouillie tactique qu’on propose ni la deuxième mi-temps passée à reculer. Et quand on note un léger mieux, on se fait rappeler à l’ordre par une enculade arbitrale, en l’espèce un rouge direct pour Delpech sur un tacle qui valait jaune tout au plus. Il n’empêche, quand on voit ce dont on est capables sur certaines séquences, on est surtout saisi de l’envie d’entrer dans le vestiaire avec un permis de chasse. Alors oui, on aurait pu arracher une victoire si ce vier de Guessoum avait cadré sa reprise en fin de match. Mais ce match nul poussif dans les Deux-Sèvres un soir de novembre est en fin de compte la parfaite conclusion d’une première moitié de saison aussi incompréhensible qu’un argumentaire de Didier Deschamps.

Place désormais à la Coupe de France et à un match-traquenard à Montauban. Une élimination achèverait de parfaire le tableau avant la trêve Qatarienne, que nous passerons en ce qui nous concerne à regarder tout sauf du football. Je suggère à nos pitres de faire de même, aérez-vous la tête, allez faire du tourisme en Cévennes ou au Cap d’Agde selon vos envies du moment, faites du team building avec tonton Usaï tant qu’il est encore là, allez poser des parpaings au stade des Antonins pour finir les travaux dans les délais. Pour ce qui est du club, j’en sais trop rien et je pense que personne n’en sait rien non plus. Les Costières c’est fini, le stade provisoire-de transition n’est pas encore opérationnel, le futur stade ne sera là au mieux que dans 5 ans, 5 ans qui s’annoncent particulièrement longs, avec comme seule perspective celle d’éviter le National. Bandant, non ?

PS : Rani Assaf est un (insérez ici l’insulte de votre choix).


LES CHÈVRES

MARAVAL (3+/5). Ne peut rien sur le but où il est lâché par la défense. Réussit à sortir deux arrêts en fin de match, rien à lui reprocher.

LABONNE (3/5). Moins brouillon et plus convaincant depuis qu’il a retrouvé son vrai poste. Après, c’est pas du joga bonito, mais du coffre et une envie qui fait plaisir. Allez, tu passes la trêve à te faire un ou deux ultra-trail et tu marches sur la L2 à la reprise.

DJIGA (2/5). Je comprends que l’absence de papa Poulain lui fasse peur, mais c’est bien de sortir du cocon familial à un certain âge.

DE GEVIGNEY (1/5). Toujours cette impression qu’il va se chier dessus à chaque attaque adverse, c’est quand même un peu gênant.

BURNER (0/5). Oh je sais c’est pas forcément lui le plus mauvais, mais j’en peux plus de sa gueule. Remplacé par SADZOUTE.

FOMBA (2/5). Pas si mal sur ce match, mais il ne joue pas à son poste préférentiel et ça se sent.

N’GUESSAN (3/5). Il aurait franchement mérité son but, vu comment il enrhume la défense sur l’action. Il baisse de volume en cours de route, comme les autres. Remplacé par BENRAHOU, dont on espère surtout qu’il sera opérationnel pour l’après CdM avec la santé et surtout l’envie de niquer des mères.

THOMASEN (non noté). Bon, c’est déjà la deuxième fois qu’il se pète cette saison. C’est cool d’avoir « Bastide Médical » en sponsor dis-donc. remplacé par VARGAS, qui a plutôt bien cavalé tout en ayant l’air un peu déprimé : il y a du Jonathan Clauss chez ce garçon.

PAGIS (2/5). Un peu en-dedans sur ce match, et puis ce n’est pas normal d’attendre de lui qu’il porte le jeu offensif. Remplacé par DELPECH, expulsé sévèrement et qui risque de traîner son spleen encore longtemps. Difficile de savoir si on est face à une méforme ou face à ses limites générales.

SAÏD (1/5). Court partout n’importe comment, perd la balle, ne défend pas et n’apporte rien. Même si c’était mon gosse je lui hurlerais d’aller niquer sa mère. En même temps, tous les Brestois avaient l’air ravis de se débarrasser de lui, y avait peut-être des raisons. Remplacé par GUESSOUM qui bouffe la feuille en mettant sa frappe sur la barre en fin de match.

TCHOKOUNTE (4/5). Encore un match de daron, un but, une presque passe dé, une présence permanente sur la défense adverse, le genre de mec que tu te coltines le dimanche matin en espérant que tu vas te blesser pour arrêter de te faire humilier à chaque contact.

Allez, bises, boycott Qatar, Noël et Rani en slip sur la 113.

Karoud

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