OM-Lille (1-1), La Canebière académie demande pardon au football.

Aïoli les sapiens,

Les matchs s’enchaînent plus rapidement que les cols dans l’Étape du Tour by Luke Seafer. Paris est déjà loin, nous avons une défaite historico-anale contre Saint-Étienne à faire oublier. Quel est notre état de fatigue ? A-t-on un plan de jeu solide sur lequel s’appuyer en cas de manque de fraîcheur physique ? Autant de questions qui doivent trouver leur réponse ce soir contre Lille (encore que sur l’une des deux, l’expérience autorise certaines présomptions).


L’équipe

Mandanda
Sakai  – Alvaro – Caleta-Car – Nagatomo (Sarr, 60e)
Rongier (Gueye, 71e) – Kamara – Sanson
Thauvin (Germain, 71e) – Benedetto (Aké, 78e) – Payet (Radonjic, 71e)

Notre équipe est désormais flanquée non plus d’un mais de deux samouraïs, avec l’arrivée de Nagatomo pour pallier la suspension d’Amavi. Benedetto fait quant à lui son retour, ce qui donne à notre formation une allure plus classique.


Le match

À la vue de la première mi-temps, le directeur financier de la chaîne Téléfoot a bien songé à se tailler les veines en prenant conscience du spectacle que sa société venait d’acquérir pour 780 millions d’euros. Toutefois, en bon professionnel, il s’est rapidement repris : si la patience des amateurs de football finit par atteindre ses limites, il sera aisé de trouver la seule cible marketing encore plus tarée, à savoir les amateurs d’art contemporain. Un public capable de s’extasier devant des vidéos de 4 heures d’éoliennes dans la Beauce devrait sans problème payer 30 euros par mois pour de la Ligue 1, pour peu que l’on fasse passer cela pour une performance artistique.

Pour tout dire, il a fallu empêcher Bernard Arnault de se ruer sur la pelouse, carnet de chèques à la main, pour emmener de force Thauvin, Payet et Benedetto à sa fondation : il n’avait pas assisté à une œuvre aussi puissante depuis Cloaca.

« Trident offensif », aluminimum et polyuréthane, 2020, fondation Pinault.


À l’image des trois boulets sus-nommés et à de rares exceptions près, l’équipe est mollassonne, sans idée et, ce qui empire encore la situation habituelle, rate un nombre incalculable de transmissions comme si les joueurs se découvraient tout juste. Devant ce tableau, les Lillois ne proposent pas grand-chose d’autre que du blocquéquipe Label Ligue 1 élevé sous la mère, ce qui suffit à affoler légèrement le slipomètre en deux occasions.

D’ignoble, la prestation olympienne vire au franchement scandaleux quand, au retour des vestiaires, l’OM se laisse déborder sans résistance. Sur un renvoi anodin, tout notre milieu de terrain est sauté en une passe, ce qui donne à Araujo l’occasion d’éliminer Nagatomo une main dans le slip et de déposer le ballon dans la cage (0-1, 47e). Dans la foulée, le Japonais perd un ballon très dangereux, et apprend aussitôt la manière française de soutenir un collègue de travail dans la difficulté : ses coéquipiers se contentent de lever un sourcil en disant « ah, c’est pas de chance pour toi, tu vas te faire défoncer ». Les Lillois se promènent ainsi jusqu’à la surface où Yilmaz, pourtant seul aux 6 mètres, trouve le moyen de coller la balle sur le poteau.


Mandanda et les montants nous maintiennent à plusieurs reprises au-dessus de la fange tandis que les Lillois subissent dans les 20 dernières minutes une rétractation gonadique assez inexplicable. Alors que le score devrait être scellé depuis longtemps et que nous ne représentons de toute façon aucun danger, nos adversaires se mettent à reculer, permettant à notre nullité de s’exprimer plus près de leur but. Plus besoin de construire, les couilles suffisent : voici un langage qui parle à nos joueurs. Rongier reprend sans contrôle un tir contré de Benedetto, et fait résonner le poteau lillois. Les trois divas de l’avant sont remplacées, ce qui amène sur le terrain des joueurs d’une qualité technique discutable, mais qui au moins tentent des choses au lieu de râler à chaque demi-tentative foirée. C’est ainsi Sakai qui adresse un centre pour Sarr, qui voit sa tête contrée en corner. Le coup de pied botté par Morgan s’achève par un grand classique : la tête rageuse de Germain au premier poteau, pour un mordage de couilles nordiste d’un bel acabit (1-1, 85e).

Quelques tentatives de part et d’autres ponctuent le match, trop maladroites pour faire basculer un match à qui la décence interdisait de couronner un vainqueur.


Les joueurs

Mandanda (4/5) : Est au plan de jeu de Villas-Boas ce que le défenseur des droits est à la Ve République : le dernier parapet avant de plonger dans la fange.

Sakai (3/5) : Une étonnante envie de courir, de remporter des duels et de tenter des centres, à croire qu’il était payé pour ça.

Alvaro (2/5) : Dépassé à de trop nombreuses reprises. Fort heureusement, il devrait avoir beaucoup de temps disponible pour parfaire sa condition physique, puisque les images rediffusées ce soir de son altercation avec Neymar, qu’il semble bien traiter de « singe de merde » n’augurent pas d’un retour prochain sur les pelouses de Ligue 1. En tout cas, pas sous nos couleurs.

Caleta-Car (2/5) : La clineshite du Parc des Princes semble lui avoir fait l’effet de survivre à un accident aérien. On a beau dire merci à la vie, on en garde toujours les jambes qui flageolent un peu.

Nagatomo (2/5) : Un match sérieux accompli en homme de devoir, jusqu’à ce qu’on lui signale que pour un nouvel arrière gauche de l’OM, il ne faisait pas beaucoup d’efforts d’intégration. Le temps d’encaisser un but et d’en coûter un deuxième, tout était réparé : on pouvait enfin entendre Jérémy Morel, Patrice Evra et Jordan Amavi chanter « il est des nôtres » en chœur devant leur télévision.

Sarr (60 e, 3/5) : Constatant que la soirée était perdue pour le football, il a pris de parti de foncer dans le tas pour enfin réussir à mettre un peu de oai dans le camp lillois.

Kamara (2/5) : Drame des matchs à huis-clos : s’il n’y a pas 60 000 personnes pour le lui crier, Bouba oublie de revenir sur le terrain après la mi-temps.

Rongier (1+/5) : En retard sur l’homme, approximatif dans le geste, on jurerait qu’il a fumé tout son stock d’un coup de peur que Gérald Darmanin ne vienne lui coller une amende forfaitaire.

Gueye (71e) : En espérant que sa présence donne un coup de pied au cul salutaire aux titulaires.

Sanson (1+/5) : Le Bernard Romand marseillais. Il est là, il vit parmi nous, il a l’air d’avoir un travail, mais au fond on ne sait jamais très bien ce qu’il fait exactement.

Thauvin, Payet, Benedetto (1/5 à diviser entre les trois) : Dans la vie sportive, il y a ces champions longtemps décriés qui, à la faveur d’un exploit, se rendent compte qu’aucune montagne ne leur est infranchissable. Forts d’un premier succès retentissant, ils redoublent de travail et d’abnégation, et entraînent dans leur élan victorieux les autres, les équipiers, les moins doués. Et il y a nos trois mastres, qui après avoir procuré à l’OM sa première victoire à Paris depuis 10 ans, se sont crus autorisés à débarquer sur les terrains en intimant l’ordre aux adversaires de leur sucer la bite. Et dès lors que ceux-ci refusent de s’exécuter, voire ont l’outrecuidance de ne pas leur rendre le match facile, ces pères de familles boudent, et ratent, et boudent d’avoir raté, puis n’essaient même plus de rater et se contentent d’envoyer le ballon au hasard en attendant que ça passe.

Donc, bon.

Germain (71e) : Nous extirpe une nouvelle fois les fesses du roncier, en conséquence de quoi je promets d’hésiter au moins 1,5 seconde avant d’insulter sa mère à la prochaine occasion manquée.

Radonjic (71e) : J’espère que Nemanja a bien profité de cette action de la 93e minute, où il délivre une passe parfaite pour un Marley Aké qui foire ensuite lamentablement son centre. Au moins, il voit ce que ça fait.

Aké (78e) : Encore une maladresse sur une action décisive. Heureusement, Villas-Boas vient d’annoncer l’arrivée cette semaine d’une pépite de 19 ans au poste d’avant-centre, cela devrait le mettre en confiance.


L’invité zoologique : Burat Limace

La limace est sans aucun doute bourrés de qualités, mais on ne peut pas néanmoins passer sous silence une regrettable tendance à tarder à conclure. Tendre, câline, séductrice, la limace est tout cela à la fois. Mais alors, elle si majestueuse, quelle crainte la pousse donc à se recroqueviller ainsi au moment de passer à l’acte ? On ne compte plus les limaces énamourées qui, flânant trop longtemps à la pleine lune au lieu de consommer leur union dans l’intimité du compost, se sont retrouvées salées à mort par un jardinier furieux.

– Les autres : Du blocquéquipe mastoc, de la cohérence, et un micropénis foudroyant à l’idée de perdre son avantage d’un but dans le dernier quart d’heure. Pas de doute, vous êtes un club de Ligue 1.

– Le classement : Un certain nombre de 7 points représentent des insultes à la notion de mérite sportif.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, et sur Twitter. Rémi B. gagne le concours zoologique.


Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

4 commentaires

  1. une académie anti-cloaca : ou comment faire de l’art à partir d’un match de merde.

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