OM-Nantes (3-1), La Canebière académie a vu un match normal

Aïoli les sapiens,

Le contact humain, c’est ce qui manque avant tout, pendant ce confinement. La bulle sanitaire protège mais elle isole, elle coupe du monde et des réalités. La dépression guette. À voir le dernier match contre Porto, et globalement les dix précédents, il était évident que nous joueurs souffraient avant tout de ne pas recevoir de chaleur humaine, ni même, disons-le tout net, d’amour.

On ne remerciera donc jamais assez la cellule psychologique des supporters d’avoir pris l’initiative d’un team building surprise tout en convivialité, à l’ancienne, avec bus bloqué à la sortie de la Commanderie, fumigènes et insultes aux mères. Au vu de la rencontre d’hier soir, on ne niera pas que les Olymlpiens en sont sortis avec un moral regonflé. Ou alors, autre hypothèse, après avoir été éduqués pendant des mois à se recroqueviller en championnat pour mieux se préparer à en chier en Ligue des Champions, les joueurs n’ont désormais plus aucune raison d’avoir peur puisque tout est déjà perdu. Face à des équipes de moules du calibre de Nantes, ils en sont donc revenus à l’attitude la plus rationnelle qui soit : pour gagner les trois points, il suffit de les piétiner et c’est marre.

Voir l’OM éclater des mal classés en jouant au football, c’est comme voir la Police nationale ne pas se comporter comme un ramassis de porcs violents et racistes : cela devrait représenter la norme. Puisque notre équipe nous a donné du plaisir ce samedi, savourons-le sans arrière-pensée : l’OM a produit une performance anodine et rien que cela, c’est exceptionnel.


L’équipe

Mandanda
Sakai (Nagatomo, 87e) – Alvaro – Caleta-Car – Amavi
Rongier (Strootman, 76e) – Kamara
Thauvin – Cuisance – Payet (Aké, 85e)
Benedetto (Germain, 76e)

Jean-Marie Le Pen est toujours vivant, Gérald Darmanin n’a toujours pas démissionné, mais Morgan Sanson n’est pas dans le 11 de départ. Le monde change par petites touches. Radonjic est également absent. L’équipe alignée s’avère on ne peut plus classique, si ce n’est que Cuisance se voit assigner la mission de jouer un peu plus haut que dans le 433 habituel.


Le match

Le traditionnel round d’observation s’avère très réduit. Précisons que, concernant l’OM, l’expression diffère un peu du cliché habituel. Ce sont ainsi nous, les supporters, qui observons les premières minutes des joueurs pour essayer d’estimer le stade larvaire auquel ils se trouvent et qu’ils conservent en général tout le match. Cela nous permet de prévoir à l’avance si nous allons nous faire chier un peu, beaucoup, passionnément, ou à la folie pendant les 90 minutes qui se présentent.

Dans le cas présent, la défense de bivalves des Nantais rebat les cartes : après une récupération autoritaire de Kamara dans notre camp, Rongier adresse une ouverture parfaite dans le dos des endormis d’en face. Thauvin en profite et devance habilement la sortie du gardien pour l’ouverture du score précoce (1-0, 2e).

Il y a donc du mieux, il y a même beaucoup de mieux puisque l’OM provoque en une mi-temps autant de tirs cadrés que lors des cinq matchs précédents. Cette bonne volonté est accueillie avec une grande bienveillance par tous les observateurs, à l’exception d’Alban Lafon. Tel un instituteur de la vieille école, le gardien nantais n’est pas du genre à récompenser les efforts des cancres. Rongier, Payet et Thauvin ont réappris à se faire des passes ? Ne comptez pas sur Lafon pour leur accorder un B+ d’encouragement : le gardien s’oppose brillamment au tir de Cuisance puis, dans le même mouvement, à la reprise de Benedetto. Sakai réussit son premier centre depuis qu’il a quitté le Japon ? C’est très bien, mais ça ne vaut pas un point pour l’encre : le gardien écœure encore Benedetto, pourtant parfait à la réception. Retrouvé, Rongier renverse le jeu pour offrir une contre-attaque royale à Thauvin. Florian tarde un peu à décaler Payet, mais celui-ci rattrape l’affaire d’un joli piqué… encore écarté par Lafon au prix d’une sortie-sacrifice.


Mais au FC Nantes, tout ce banc de RAIES ne peut rien contre une seule Palourde : Nicolas Palourde, en l’occurrence, 33 ans au compteur dont 8 de football professionnel, et qui se fait pourtant piéger sur une bête touche avec la même naïveté que notre minot Balerdi mercredi soir. Cuisance se voit ainsi offrir un boulevard, et a tout le temps d’appliquer un centre en retrait de l’extérieur du pied. Au point de pénalty, Payet fait honneur à son numéro 10 avec une reprise une main dans le slip, toute en délicatesse (2-0, 35e).

La suite s’avère un peu plus poussive. Caleta-Car n’est pas loin de concéder un pénalty, avant que sur un corner, les Nantais n’enchaînent une tête sur la barre et une reprise difficilement repoussée par Mandanda. Cette alerte slipométrique préfigure les enjeux de la seconde période : alors que tout se déroule à merveille, l’OM saura-t-il éviter l’erreur défensive qui remettrait les Nantais dans le match ? Et si elle se produit malgré tout, l’OM saura-t-il passer outre et continuer à jouer vers l’avant ? Le premier but de Benedetto surviendra-t-il avant la démission de Gérald Darmanin et Didier Lallement ?


Première satisfaction, les joueurs semblent enfin décidés à en finir avec leurs débuts de seconde période amorphes. Un peu trop décidés même, puisqu’au terme d’une ardente séquence de pressing, Payet s’emporte et défonce un adversaire, récoltant un jaune qui lui vaudra d’être suspendu contre Monaco. Un détail agaçant qui représente le prix à payer pour un OM enfin volontaire : Kamara fait de nouveau briller Lafon sur une lourde, avant que Cuisance ne se procure un nouveau tir hors-cadre.

Aux côtés de Nicolas Palourde, Castelleto achève de faire passer la défense jaune pour un plateau de mollusques avec un très bel enchaînement : carton jaune pour une baffe sur Benedetto puis, sur le coup-franc, cette très belle parade du bras qui n’échappe pas à la VAR. Sur le point de pénalty, Dario pose le ballon et ses couilles pour un tir imparable et libérateur (3-0, 60e).


Nantes est à l’agonie et l’OM poursuit sur sa lancée, passant près du quatrième but. Sur l’une des rares incursions canaries, un coup-franc se transforme en corner, puis en but après une reprise chanceuse de Blas déviée par Sakai (3-1, 72e). Pour le coup, il s’agit là d’un réel coup du sort qui ne mérite pas de blâmer les joueurs. Il illustre en revanche parfaitement ce que nous reprochions de longue date à Villas-Boas : puisque ce genre d’incident peut se produire à chaque rencontre, c’est tout de même pratique d’avoir fait le nécessaire pour qu’il survienne à 3-0 en notre faveur.

Certes, une relative fébrilité se fait sentir, sans que l’on ne sache bien si elle est le fait des joueurs ou simplement de notre pessimisme de supporters. Après un excellent pressing de sa part, Thauvin gâche une occasion monumentale en servant mal Valère Germain, pourtant seul. Quelques moments de flottement défensifs sont maîtrisés sans trop de soucis, à l’exception d’une petite occasion concédée dans le temps additionnel.

Maîtrise, jeu offensif, efficacité : maintenant, au moins contre les mal classés, nous savons que nous en sommes capables. Dorénavant, puisque l’on peut, on doit.


Les joueurs

Mandanda (3/5) : Le travail routinier, sans oublier d’encaisser un nouveau but totalement imparable, pour l’hygiène.

Sakai (3+/5) : Le joueur tardigrade : dans les conditions extrêmes de la Ligue des Champions, il se recroqueville et suspend toutes ses fonctions vitales, pour se remettre à gigoter quand le climat s’adoucit.

Nagatomo (87e) : Une entrée qui ne fera pas date dans l’histoire du football mais qui permettra de cotiser pour la retraite.

Alvaro (3/5) : Repousse les piètres tentatives adverses avec un bâillement d’ennui : pour qu’il se trouve dépassé, il a fallu qu’il perde lui-même la balle. L’enchaînement perte idiote + faute de brute pour les footballeurs, c’est comme la blonde qui s’isole du groupe dans les films d’horreur, un poncif agaçant.

Caleta-Car (3-/5) : Face aux attaquants nantais comme Renaud face au Jack Daniels : parfois secoué, toujours debout.

Amavi (3/5) : La pétole totale : mer calme, pas de vague, pas de nuage. La dernière fois que j’ai académisé un match de latéral aussi sobre, c’était avec Javier Manquillo.

Kamara (3+/5) : Un bon match ponctué par un tir lointain, mis en échec par le gardien. C’est dommage, on aurait bien aimé en voir au moins un prendre LA LOURDE ce week-end.

Rongier (4/5) : Homme du match, ce qui est pour le moins surprenant vu ses prestations passées. Il faut croire que Valentin c’est comme une salade, il pousse mieux quand il n’y a pas un gros escargot à côté.

Strootman, (76e) : Se signale uniquement par un carton jaune pour « faute utile » à la 93e, qui vu le score n’était peut-être pas si utile que ça, justement.

Cuisance (4/5) : Après quelques errances liées à son positionnement, Michaël a enfin sur ce match démontré tout son pouvoir de cuisance pour les défenses adverses. Un peu plus d’efficacité à la finition et ce sera du tout bon.

[NdR : plusieurs lecteurs nous signalent, en direct des manifestations, qu’à ce stade Gérald Darmanin a toujours l’outrcuisance de rester en poste. Nous vous tiendrons informés de l’évolution de cette situation, particulièrement préoccupante sur le plan des droits de l’homme et du calembour]

Thauvin (4-/5) : Suffisamment de présence offensive autour de lui pour qu’il ne se sente pas obligé de sauver le match en dribblant quatre défenseurs à chaque fois. Un peu de vertige parfois devant tant de solutions de passe, ce qui explique quelques mauvais choix en contre-attaque.

Payet (4-/5) : En cinquième vitesse sur l’autoroute du retour en forme, avec malheureusement un arrêt forcé à prévoir sur l’aire « suspension ». Que Jean Castex ne déconne pas et interdise les réveillons, c’est tout ce qu’on demande.

Aké (85e) : En l’absence de Nemanja, c’est lui qui assure le rôle de l’entrant brouillon.

Benedetto (4-/5) : À l’image du fêtard recalé chaque semaine à l’entrée de sa boîte préférée, Dario a fait un gros travail sur soi : on se rase correctement, on soigne la coupe de cheveux, parfum raffiné, habits élégants et satinés, et on n’oublie pas de se présenter à la porte avec deux bombasses. Tout ça pour que le videur Alban Lafon lui rétorque : « nan, tu peux toujours pas entrer, j’aime pas ta gueule ». Heureusement le joker « gonades célestes » a fini par tout résoudre : grosse sacoche sur pénalty, hommage à Diego et voilà la saison enfin lancée.

Germain (76e) : Pour une fois qu’il n’entre pas pour défendre, Thauvin lui goinfre une contre-attaque en or.


L’invité zoologique : Nicolas Palourde

Pourquoi la palourde est-elle l’invitée la plus appropriée pour parler du match du FC Nantes ? Wikipedia répond mieux que nous ne saurions le faire :

– Les autres : Première grosse nuance par rapport à notre performance : nous ne rencontrerons pas toujours des défenses aussi anales que celle de Nantes ce soir. À l’inverse, seconde grosse nuance : nous ne rencontrerons pas toujours un gardien aussi écœurant.

– Le classement : Déjà en haut du classement après des performances nullissimes, si nous nous mettons à jouer correctement tous les espoirs sont permis, puisque nous voici quatrièmes à 4 points du PSG avec deux matchs en retard. Seul bémol, comme d’habitude, les lyonnais font rien qu’à nous copier.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Nicolas Palourde remporte le concours zoologique.


Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

5 commentaires

  1. Encore merci de me faire rire après cette séquence caprine en LdC…
    Enfin c’est plus drôle quand ça gagne…
    Bises

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