Paris SGEL / RB Lèpezigue (1-0) – La Porte de Saint-Cloud Académie, fille aînée de l’ennui

Les robustes piliers de la vertu footballistique, fondations austères d’où s’élève la belle victoire et ses ailes déployées, font entendre leur piétinement sourd de colosses immémoriaux dans l’écho de l’arène évidée jusqu’à l’os.

Vient le bloc-équipe et ses traits resserrés, son casque de stratège lui rétrécit le crâne ; vient la contre-attaque et ses fétiches chéris, ailiers véloces et poules décapitées ; vient le pénalty et ses genoux cagneux, à petit pas, à contre pied ; vient le coaching et ses gonades flétries, recroquevillées elles se durcissent.

Entre ses quatre champions, protégé par l’éclat de leur éternelle vérité, l’ennui s’avance, fier et digne dans son enveloppe toute de noir, sourd à la vindicte d’une assemblée réunie dans l’absence. Leur oraison ne se fera entendre.

Au centre du terrain, il joint pour l’accoupler la victoire dénudée, ses membres écartelés sur le noir autel du résultat. Fauchée en plein ciel, ses ailes lacérées sont attachées sous elle. Elle attend la sentence, l’humiliation fatale, la semence de l’ennui dans son ventre versée.

Le seigneur ôte ses frusques, brandit son dard râpeux. Ses quatre champions le soutiennent tandis qu’il monte l’autel. Une heure et demie s’en va d’un va-et-vient fastidieux et sordide, sans lumière dans les yeux des témoins, sans rien d’autre que l’halètement du sournois dans son interminable rut.

Au bout du compte, le temps est enfin venu de récolter le fruit de tant de chaude sueur. Le fluide vénéneux répandu dans la matrice du jeu, tournant comme lait au pis, accouche de trois points aussi vilains que vifs. L’ennui les emporte, dans son grand manteau noir emmaillotés.

Victoire enfin peut s’envoler, rageuse qu’un si barbant coït ait pu faire descendance. La peste soit de l’homme qui, la verge dressée, ne court qu’au résultat. Maudit soit le fouteballe et ses amants médiocres. Pour l’orgasme du beau jeu, on repassera.

 


LE SOVIET DUR AU MAL


 

Kélore Navasse (3/5) : Enfin, un travail rémunéré à sa juste valeur. L’espoir n’est pas encore perdu pour ce monde de merde.

Alex Roflenzi (2/5) : La Dolce Vita, mais avec Boby Lapointe.

La Marquigne (3/5) : Ça fait du bien de le voir là.

Abdiallo (2/5) : Pas d’erreur qui coûte un but ou une expulsion, et ça, mine de rien, c’est déjà un progrès.

Michel Baqueure (1/5) : Il a plus une tête à aller lacérer des tentes de migrants avec des copains néo-nazis qu’à aligner des centres décisifs dans la surface.

Andrérrerrerra (2/5) : Y a pas plus moyen que ce gars-là. Même au MoDem ils ont fini par dévier. André, jamais. Remplacé à la 83e par ENFIN MON HÉROS MON MAÎTRE MON DIEU MARCOOOOOOOO.

Danilotruc (2/5) : Non mais franchement, regardez-moi ce milieu à trois et essayez après ça de me dire que cette équipe prétend vouloir faire quelque chose de beau avec un ballon.

Leandro Parlesfesses (1/5) : Ressemble de moins en moins à un bon joueur de fouteballe et de plus en plus à la star montante du porno gay.

Anrrrrrhhhel (1+/5) : C’est un péno, un péno, un péno qu’il nous faut. Et on l’a eu. Merci Angelito le très miséricordieux pour nous avoir apporté la salvation du pénalty. Pas merci pour le reste. Remplacé à la 64e par Rafignâ, pas si dégueu quand il s’agit de tripoter le cuir, finalement.

Némarre (1+/5) : Répondant à la voix impénétrable de l’arbitre, le numéro 10 devant l’éternel nous a sauvé le cul en transformant ce pénalty 100% Jésus. Grâce lui soit rendue, car il est grand parmi les petits. Remplacé à la 90e par Pablito, gentil mais limité.

Kyky (1/5) : J’en ai marre de sa tête un peu. Remplacé à la 90e par Moïse, pour six minutes de temps additionnel plus riches que l’heure et demie précédente.

 

Hoplà ouf c’est fini quel soulagement, rdv pour la prochaine purge,

La bise trotskanale,

Georges Trottais

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

3 commentaires

  1. Pas d’éclat sans Zlatan IbrahimovousenavezmarredeMbappé,vendezlenousonestdaccord.

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