Paris SGEL / Stade Alain-Resnais (4-0) – La Porte de Saint-Cloud Académie feat. Pierre Arditi

C’est tout ce que Georges a trouvé comme jeu de mots.

Amoureux d’Eisenstein, bonjour,

Dans l’académie d’aujourd’hui, il sera question de bôÔté à l’état pur, d’accomplissement collectif dans la grâce individuelle, d’esthétisme réel mis au service de l’Idée dans toute sa resplendissante lumière, une lumière de celles qui éclairent les peuples lassés de chercher l’espoir dans les regards vides et les paroles creuses de dirigeants confits dans l’auto-satisfaction et le culte du mérite.

Oui, camarades, le match d’aujourd’hui a tout de la somptueuse majesté, de la profondeur artistique, de la puissance symbolique des grandes épopées soviétiques du grand Eisenstein. Les passes, les buts, les tacles se sont succédé durant quatre-vingt-dix minutes comme autant de cadrages, de rythmes, de jeux de lumières, recréant sur le rectangle vert une fresque futuriste, alliant vitesse du mouvement et fluidité du geste, digne du fameux « cinéma-poing » de l’artiste slave.

Sur cette toile impressionniste, dans le flou de la célérité, les acteurs sont des joueurs qui n’ont pour eux que leurs muscles, leur vision, leur savoir-faire. Une force de travail traduite en valeur marchande par la bourgeoisie industrialo-mercantilo-sportive, et qui ne dégage son essence esthétique que dans l’agencement audacieux de ces forçats de la balle en un corps compact, solidaire de chacun de ses membres, sous l’égide d’un meneur qui, loin d’imposer arbitrairement des injonctions à des subordonnés, s’efforce au contraire de placer simplement ses camarades dans les meilleures dispositions possibles pour exprimer l’étendue de leur talent, et ainsi contribuer au fonctionnement de l’ensemble, graissant les rouages d’une machine collective possédant sa propre conscience, ses réflexes, son esprit de classe, construite jour après jour par la mise à l’épreuve continuelle de l’équipe, ouvrage en constante invention, et à l’équilibre fragile.

Celle-ci se trouve toujours perfectible, en perpétuel chantier, mais certains moments, certains points de passage sont là pour nous confirmer ponctuellement que le projet va dans le bon sens, que les ingrédients sont réunis, que l’application concrète de l’idée d’origine est en cours. Les films d’Eisenstein sont ainsi autant de points de repère, d’arrêts sur image dans la construction de l’identité soviétique, des journées d’Octobre rouge à l’épopée de Nevski, héros du peuple. Le match de ce dimanche soir, de la même façon, constituait un mètre-étalon de l’avancement du projet d’Emery, du trophée autrichien inaugural à la victoire en [insérer le nom d’un trophée pas trop inaccessible mais qui en jette un peu quand même] en [insérer une année crédible pour dater l’obtention de ce trophée], avec un but de [insérer le nom d’un joueur dans le cas duquel un but décisif se révèlerait assez invraisemblable dans l’état actuel de ses performances, et qui prouverait ainsi qu’Emery a réussi à terme à tirer le maximum de joueurs qui semblaient tout pourris au départ].

 


LA RENCONTRE


 

Pas de surprise pour ce match, l’ascète espagnol opte encore une fois pour le 4-3-3 habituel. L’agent double des Teutons fait son retour dans les cages – le voilà, le vrai « Grand Remplacement » – mais en contrepartie, on est soulagé d’apprendre que la vieille prostipute italienne se trouve cantonnée au banc.

 

PSGEL

En bon Teuton, Kévain Trappe s’apprête toujours à faire un sale coup.

 

De l’autre côté, voilà venir les Brittons et leur gourou Jésus-Christian-Bourrepif, père de l’homme qui aurait pu trouver franchement pire que Karine Ferri, comme couverture pour sa momosexualité. Si, pour sauver les apparences, faut s’envoyer des avions de chasse pareils, moi je veux bien virer ma cuti.

 

PSG

« Qui veux épouser mon fils ?? »

 

D’entrée, la pression mise par les camarades de Paris-Saint-Germain-en-Laye est grande, mais éphémère. Les Rennois ont d’ailleurs du répondant dans ces premiers instants du match : quelques minutes seulement après l’engagement, le « fils de » profite de la protection de balle anale d’Adrien Raboté pour récupérer le cuir sur l’aile gauche et remiser pour son collègue à grosses cuisses, qui bute sur le portier teuton.

La partie est équilibrée, PSGEL fait circuler sans grande vivacité devant un bloc gourcufféen qui coulisse parfaitement, et sort la balle très proprement en prenant soin d’éviter le milieu de terrain, abandonné de facto au trio alto-séquanais.

 

PSGEL

Le 4-4-2 laezh dourien tient bon.

 

Après un premier quart d’heure on ne peut plus indécis, les Parisiano-Saint-Germanois parviennent à se montrer dangereux par séquences, entre frappes lointaines de l’ange aux oreilles décollées, centres du cafetier brésilien de l’aile gauche, et corners bien exploités. Sur l’un d’eux, le captain Silva est même tout proche d’ouvrir la marque, mais sa tête à bout portant heurte le visage d’un malheureux qui passait par là, sonnant ce dernier au passage.

S’ils tiennent le ballon la majeure partie du temps, et le récupèrent rapidement à la perte, les Bleus-et-violets peinent cependant à accélérer le jeu pour surprendre une équipe britonnique prompte au repli défensif. Les nombreuses pertes de balle d’Adrien Radote, qui ne lâche pas le cuir suffisamment tôt face au pressing ciblé des attaquants adverses, sont symptomatiques de ce manque de fluidité dans le jeu de possession de PSGEL. À la demi-heure, d’ailleurs, les Brittons manquent de peu de marquer sur une nouvelle erreur de la sentinelle aux bouclettes, pressé contre sa ligne de but. La frappe qui suit est heureusement contrée.

 

PSGEL

Le retour défensif rennois, un modèle du genre.

 

C’est le moment choisi pour Cavanini, qui n’avait jusque-là touché qu’un seul ballon, pour sortir sa botte secrète de son slip (ça sonnait mieux dans ma tête que sur le papier). Sur un corner tendu, le transfuge du FC FARC coupe au premier poteau d’une course dont il a le secret, se débarrasse de son défenseur comme d’une vieille chaussette, et place sa tête. La balle est repoussée sur la barre par le goal, mais retombe sur le bras d’un de ses coéquipiers, qui la dévie dans son propre but. 1-0, voilà qui fait nos affaires dans ce début de match stressant, débloqué une nouvelle fois grâce à l’attaque spéciale de notre très cher guérillero.

 

PSGEL

Eddy Cavani, seul au premier poteau.

 

Les camarades maintiennent la pression dans les minutes qui suivent, profitant des espaces qui s’ouvrent dans le dos de la défense britanienne. Ils concèdent cependant leur premier corner du match. Le « fils de » fait ses petitspaspetitspaspetitspas, mais ça ne suffit pas ; dans la foulée, Verratitine décale le petit Lucas sur le côté gauche de la surface en profitant de l’appel intérieur de Cavanoob, mais la frappe, pas assez croisée, est captée par le goal ; ce dernier rate complètement sa relance à la main, et l’Uruguayos récupère à l’entrée de la surface, avant de réussir le lob. 2-0, trois ballons et une blessure à la cuisse en célébrant le but auront suffi à Eddy pour remettre les Bleus-violets dans le bon sens à la mi-temps, alors que les débats étaient restés très équilibrés durant les trente premières minutes.

 

PSGEL

Dans l’intimité des vestiaires, le marabout rennais procède au sacrifice rituel : un enfant au bûcher pour chaque jour sans blessure de Yoann Gourcuff.

 

Le héros stakhanoviste de la première période, auteur de – presque – deux buts à l’image de la prestation au goût d’inachevé de son équipe, est donc préservé par le camarade-coach, et remplacé par José et son orchestre. D’emblée, le onze parisiano-saint-germanois gagne en mobilité devant, le nouvel arrivant n’hésitant pas à naviguer d’un côté à l’autre du terrain, embarquant les défenseurs adverses dans son sillage, et ouvrant ainsi la voie aux permutations de ses coéquipiers de l’attaque. Les premières minutes de la seconde période voient ainsi les Brittons acculés dans leur camp, étouffés par une équipe alto-séquanaise qui a trouvé le rythme juste dans ses combinaisons offensives. Ange de Marie, le brave Blaise, José s’essaient à la frappe, tout comme Serjorié, qui trouve la barre d’une lourde frappe peu après l’heure de jeu.

L’entrée en jeu de la salope Motta, mais surtout le replacement en conséquence de la Rabiote en relayeur, un cran plus haut, apporte encore un peu plus à l’ouvrage. Le problème habituel du 4-3-3 laurent-blanquiste, à savoir le manque de présence entre les lignes derrière l’avant-centre – espace occupé la saison passée par le Z, et laissé vide par son départ – est compensé par les montées successives des deux pointes hautes du triangle axial, qui viennent s’ajouter aux décrochages des deux ailiers, suppléés sur les côtés par les montées des latéraux et les appels de l’attaquant. La sortie de Cavanini a en cela constitué un mal pour un bien, permettant en effet à l’équipe d’effectuer davantage de permutations, et donc de proposer d’autant plus de mouvements, appels, possibilités de passes, etc.

À vingt minutes de la fin du match, l’Adrien à frisettes se trouve ainsi à la conclusion d’une séquence de possession dans les trente derniers mètres adverses, avec un centre en retrait et une frappe à l’entrée de la surface, que le gardien britton ne peut qu’effleurer. 3-0, l’équipe déroule son jeu face à une opposition de plus en plus résignée devant la montée en puissance du onze des Hauts-de-Seine-de-France.

 

PSGEL

Rabiot célèbre son but dans les fumis d’Auteuil (on a bien le droit de rêver, non ?).

 

Quelques minutes plus tard, nouvelle alerte avec une tête sur la barre de Serjorié suite à un coup franc excentré, autre arme de prédilection des Bleus-et-violets. Les actions dangereuses s’enchaînent de plus en plus rapidement, et l’aggravation du score paraît inéluctable tant la maîtrise alto-séquanaise est indéniable. À dix minutes du terme, Angelito, lancé sur le côté droit par Adrien Nevsky, centre en retrait pour José le gras Madrilène, qui ne peut qu’effleurer le cuir. Ben Afrodisiaque le récupère côté gauche, au second poteau, temporise et centre en retrait pour Verrattiti, qui aligne le goaliste rennois au point de penalty. 4-0, inéluctable qu’on vous dit.

Avant le coup de sifflet final, ADM a encore le temps d’oblitérer le rein qui restait encore à Yoyo par un petit pont bien senti, et Thiago Mokhtar de faire trembler le poteau de la tête sur un centre de Maxouèlle. Victoire sans appel à l’arrivée, avec une équipe qui s’en est remise à la maladresse des Rennois et à l’adresse de son attaquant porte-bonheur en première période, avant de dérouler sans ce dernier en seconde, et de conforter par le jeu une victoire qui a mis trente minutes à se dessiner.

 

PSGELPSGEL

(Stupeflip PSGEL multiplie les attaques sur le but brettonien)

 


LE SOVIET SPÉCIAL SABINE AZÉMA


 

Le Teuton du service d’ordre (3/5) : RAF.

Serjorié (4/5) : Peu de centres, mais pas mal de montées rageuses, et des déplacements souvent judicieux. +1 pour les deux barres transversales.

Marquiniator (4/5) : Il est bien bon.

Capitaine Thiago (5/5) : Impérial. Le black block est de retour.

Maxouèlleuouèlle (3/5) : Très présent en première période, ses centres constituaient alors l’une des seules sources de dangers pour PSGEL. Il s’est peu à peu éteint en seconde mi-temps.

Adrien « Roger » Rabbit (1/5 puis 4/5) : Positionné en 6 au coup d’envoi, il a ralenti un jeu déjà peu vivace en tenant trop le ballon, et en le perdant une bonne demi-douzaine de fois face au – maigre – pressing adverse. Une fois monté d’un cran, sa qualité de passe et ses courses ont beaucoup apporté à l’équipe, avec un but en conclusion.

Marco Verrattouille (4/5) : Un rôle de relayeur très bien tenu, avec un beau but à la clé.

Le brave Blaise (3/5) : Comme d’hab’, quoi.

(Remplacé par Thiago Mostar, qui a au moins permis par sa rentrée de ne plus voir Rabiot en sentinelle)

Lucas Alohomora (4/5) : Par ses déplacements intelligents, aussi bien sur l’aile que dans l’axe, le petit sorcier brésilien a contribué à déverrouiller le 4-4-2 brittonique.

(Remplacé par un penseur arabe, à créditer d’une belle passe décisive. Ne minimisons pas l’exploit, il y a un mois il aurait tenté le dribble sur une action pareille, et ça se serait fini par un corner pour l’adversaire)

Angelito de Marie (5/5) : Déjà décisif en première mi-temps par ses appels en profondeur et la qualité de ses coups de pieds arrêtés, la sortie de Cavanini l’a semble-t-il libéré en seconde, et il a pu ainsi prendre le jeu à son compte, s’installant plus volontiers dans l’axe pour distribuer les passes, les déviations et les frappes lointaines. Donc en gros tout ce qu’on attend de lui depuis le début, en fait. À approfondir.

Compagnero Eddy (1/5 puis 4/5) : Une première demi-heure passée à fuir le ballon, puis une « spéciale » à la Robben (celle à laquelle tout le monde s’attend, mais qui marche quand même à chaque fois) et un lob opportuniste qui lancent la machine PSGEL. Comme quoi, le rendement d’un attaquant ne tient pas à grand-chose.

(Remplacé par José (3/5), qui a apporté de la vivacité à l’attaque alto-séquanaise, et a fait briller ses coéquipiers en leur ouvrant les espaces)

 


LE SECRÉTAIRE DE SECTION


 

PSGEL

Du haut des rails de son indifférence, Emery contemple la foule des journalistes qui s’obstinent à penser que Laurent Blanc entraîne toujours secrètement l’équipe depuis la buvette du Parc.

 


LES IMAGES DU MATCH


 

 

 

P. S. : Je relaie ici une annonce du Politbüro qui cherche des techniciens pour une rétrospective Eisenstein au siège du Parti, du 7 au 8 novembre : « Rech. proj. pour proj. priv., s’adr. à l’hôt. Mart. et plus si affinités. C’est plus humain. »

Deuxième P. S. : Oubliez l’annonce, la date est déjà passée, on a pu trouver un intermittent du spectacle en instance de divorce pour le job.

 

Cordianalement,

Votre camarade cinéphile,

Georges Trottais

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

7 commentaires

  1. Bon, ils sont où les nombres entiers d’Eisenstein? J’ai lu (ou plutôt: prétendu lire) cette académie pour rien alors?
    Le mépris de cette académie pour les mathématiciens est manifeste.

  2. Pour info Monsieur Trottais, il ne vous reste plus que deux jours sur Ulule pour faire la nique aux maisons de disques en lâchant quelques roubles et financer Stupeslip, et accessoirement avoir un bel objet cacapitaliste avec un cd dedans en 2017.

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