Trinidad-et-Tobago – Costa Rica (0-2) : la Ticos Académie démarre bien

Plus que 9 matchs avant la Russie.

Coucou mes chéris d’amour,

C’est maintenant que les choses sérieuses commencent : 6 équipes, trois qualifiés et un barragiste. Ce tournoi hexagonal devant nous emmener en Russie débutait par un match à Trinidad-et-Tobago. Trinidad, l’équipe-mystère de ce tournoi qualificatif, un petit poucet qui a cependant accédé assez facilement à ce tour final, en embêtant (un peu) les Etats-Unis au passage. La tête farcie par les percussions qui ont rythmé tout le match, retour sur cette victoire solide mais sans génie (j’aime bien l’appréciation « solide mais sans génie », je la sers régulièrement à mes étudiants. C’est qu’ils sont assez peu imaginatifs malgré leur ardeur à la tâche… mais peut-être est-ce moi qui deviens exigeante avec l’âge, hihi).

Le match

La Sele doit composer avec les absences en défense de Duarte et Gonzalez. Le 541 habituel n’en est pas moins de sortie.

Navas

Gamboa – Waston – Acosta – Calvo (Umaña, 42e) – Matarrita

Borges – Azofeifa

Ruiz (Venegas, 78e)                                                 Bolaños

Ureña (Campbell, 57e)

 

La priorité était de mettre un terme aux errances défensives qui handicapent l’équipe depuis plus de deux ans, entre les faiblesses aux postes de latéraux, la fébrilité des arrières et un milieu se comportant parfois en portes de saloon sur les contre-attaques. Face à des adversaires plutôt maladroits, ces boulons ont été resserrés malgré encore quelques frayeurs superflues. Pour ce qui est du jeu, la situation ne s’est éclaircie qu’après une heure et l’entrée de Campbell, notre production s’étant montrée jusqu’ici proche du néant.

Boule enchaînée.

La première période fut ennuyeuse au possible avec une équipe lente, sans imagination, sans projection des milieux ni des latéraux (seul Acosta, en sortant de la défense centrale, a apporté des semblants de surnombre). Les Trinidotrucs, eux, ont particulièrement appuyé sur notre côté droit en faisant de Gamboa leur victime du soir (peu aidé par un Bryan Ruiz assez transparent, il est vrai).

Les Ticos reviennent des vestiaires en s’efforçant de jouer et de récupérer plus haut, sans grand succès. L’entrée de Campbell à la place d’Ureña change alors bien des choses. N’hésitant pas à délaisser la pointe, Joel apporte mouvement et surnombre au milieu. Les bénéfices ne tardent pas à s’en faire sentir quand, sur une récupération au milieu justement, Cambell combine avec Gamboa et Borges. Notre latéral droit est lancé pour son premier débordement de la partie : la défense antillaise est éparpillée comme un village de tôle après un cyclone, et Bolaños se retrouve seul pour reprendre paisiblement le centre de Cristian : 0-1 (64e).

Fort de cet avantage, le Costa Rica vise les contre-attaques, s’efforçant de ne pas trop reculer face à des adversaires de toute façon assez impuissants. Mon Keylorgasme a toutefois l’occasion de solliciter mes muqueuses, lorsqu’il doit accomplir une belle horizontale à l’issue d’un véritable moment de panique défensive de notre part. Nous trahissons d’ailleurs un manque total de sérénité en fin de match, en nous laissant acculer à notre surface – et un duel litigieux de Waston était d’ailleurs tout près de me faire employer un autre verbe, presque homonyme. Une fragilité essentiellement mentale, puisque ce sont nos propres craintes qui nous ont amenés à tant reculer, davantage que la pression offensive subie.

C’est dans ces circonstances que les joueurs de talent savent faire appel au geste adéquat : le posage de gonades. Alors que nous multiplions les dégagements à l’emporte-pièce, Joel Campbell accomplit un amour de contrôle enchaîné d’une passe en pivot idéale pour Bolaños. Lancé en profondeur, Christian se fait certes un peu de nœuds aux jambes à l’approche du but, mais conserve assez de lucidité pour glisser la balle à Matarrita, dont on peut critiquer beaucoup de choses mais certainement pas l’état des poumons après ce sprint de 80 mètres à dans le temps additionnel. Ronald utilise le plat du pied comme j’attends de mes étudiants qu’ils usent du plat de la main : avec assurance et d’une manière qui sait faire plaisir. On joue la 93e et l’affaire est pliée : 0-2.

Boule en gros plan.

Boule en gros plan.

Les notes :

Keylor Navas (4/5) : Une ou deux sorties chaudes pour me mettre en condition, et plus la petite détente qui sait si bien m’achever. On me dit gourmande, mais personnellement je n’en demande pas plus de mon Keylorgasme.

Kendall Waston (3/5) : Une boule en pierre de vingt tonnes aurait été plus facilement bougée par les attaquants adverses. Mais elle aurait aussi peut-être mieux relancé, d’accord.

Jhonny Acosta (4/5) : Un petit bonus pour saluer ses belles projections offensives, une réelle arme pour déstabiliser les blocs trop bien organisés.

Francesco Calvo (NN/5) : Blessé assez sérieusement à la réception d’un saut (entorse, a priori) et remplacé avant la pause. Michael Umaña (3/5) a assuré un intérim solide.

Cristian Gamboa (2/5) : Une première période à nous convaincre que le poste de latéral pour le Costa Ria est éligible au martyre. Beaucoup mieux en seconde, mieux aidé et surtout acteur fondamental du premier but.

Ronald Matarrita (3/5) : Toujours pas de quoi me faire dégrafer ma blouse de scientifique, mais au moins était-ce solide, pour une fois. Soyons généreux, d’autant qu’il nous a offert sa spécialité : le but dans le temps additionnel quand tous les autres joueurs sont lessivés.

Celso Borges (3/5) : Au risque de prétendre au Van Nobel de la pire comparaison, je dois bien dire que Celso est à l’équipe ce que le bifidus actif est à l’intestin : on n’en entend pas parler mais le jour où il n’est pas là, eh bien ce sera la merde.

Randall Azofeifa (2/5) : Favoritisme pro-Celso oblige, c’est Randall qui prend pour deux après le match peu ambitieux de notre milieu de terrain. La rigueur, c’est bien, mais un peu limité quand l’équipe adverse n’a pas davantage que nous l’intention de produire du jeu.

Bryan Ruiz (2/5) : Et encore, je ne mets pas 1/5 uniquement par crainte des foudres divines. Même s’il est impliqué au tout début de l’action qui ouvre le score, notre capitaine a souvent été quasi-transparent, contribuant pour beaucoup aux longues périodes d’ennui vécues au cours du match. Il sort blessé, heureusement sans gravité semble-t-il.

Boule triste.

Remplacé par Johan Venegas (78e) qui, outre sa fraîcheur dans les contre-attaques, a apporté un peu plus de présence au pressing. Il doit encore se demander d’où Matarrita a surgi pour venir marquer le 2e but à sa place.

Christian Bolaños (5/5) : Gros match de l’homme au bandeau moche, d’une activité incessante au pressing et principal contributeur de nos maigres efforts offensifs. Ajoutons un but et une passe décisive, et son look ne représentera plus aucun frein à ma masturbation frénétique.

Marco Ureña (1/5) : Quelques efforts de combinaison et, pour le reste, un match de taureau passé à foncer dans le tas des défenseurs adverses. Avec un certain talent d’ailleurs, mais à un contre trois ou quatre les chances de réussite étaient moindres.

Son remplaçant, Joel Campbell (57e, 5/5), a joué de toute autre manière. Le temps de s’illustrer dès son entrée par un coup du sombrero suivi d’un hors-jeu particulièrement stupide, Joel s’est mué en principal initiateur du jeu tico. Il est notamment décisif dans la construction des deux buts, notamment en fin de match par une orientation pleine de sérénité au moment où tous ses coéquipiers jouaient plutôt la cucaracha avec leurs sphincters.

 

Tout ceci vous est résumé ci-dessous :

Avec la victoire du Panama au Honduras 0-1 et du Mexique aux Etats-Unis 1-2, le Costa Rica occupe donc la tête du groupe à l’issue de cette première journée. Autant dire que l’accueil ce mercredi des Etatsuniens représenterait donc l’occasion non seulement de venger la rouste reçue en Copa America, mais aussi et surtout de laisser un prétendant six points derrière nous.

Nous serons au rendez-vous, et j’y serai, parce que je vous aime.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Kimberly GutiérrezYigüirro

Kimberly Gutiérrez Yigüirro

2 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.