Red Star – Valenciennes (1-5) : La Jules Rimet Académie en quéquette de réponses

Tout ceci devient bien mystérieux.

Bonjour,

C’est Porthos Molise.

L’heure est particulièrement grave, sachez-le. Jean-Claude Pied en est tout chamboulé.
Moi je vous avoue, ça me rappelle tellement les belles années du National, tout ça… Au temps jadis où nous étions nuls et nous perdions comme des merdes à domicile face au Gazelec (à l’époque où ils étaient aussi nuls que nous). A cette époque, nous faisions nul à domicile face à Beauvais. Aujourd’hui nous sommes nuls à domicile à Beauvais.

Beauvais. J’ose même pas y mettre les pieds. Alors c’est via un stream de bonne facture que je constate les dégâts. Mater les matchs depuis son canapé, c’est tout nouveau pour moi, sachez-le. L’inconvénient, c’est qu’il faut passer la honte de boire tout seul (ça se fait, je vous rassure). L’avantage, c’est que t’as moins loin jusqu’à ton lit.

Bref, j’ai pleuré des larmes de sang toute la nuit en écoutant les Chœurs de l’Armée Rouge après cette débâcle…


La défense du Red Star en deuxième mi-temps (illustration).

Que dire ? Les joueurs ont-ils respecté le fameux schéma de jeu cher à Ruirui ? S’agit-il d’un abandon collectif ? Qui doit-on fusiller pour l’exemple ? Encore combien de matchs avant que Sœur Robert ne reprenne l’équipe vers de glorieux horizons ? Est-ce qu’on peut encore bander quand on a plus de couilles ? Toutes ces questions sans réponses qui me tarabustent l’esprit… Je vais m’en aller relire Guerre et Paix, ça me reposera, tiens.

Les notes des joueurs : un petit 0/5 collectif avec un -1 pour Fournier, parce que plus jamais ça.

En bonus, le grand feuilleton de l’été…

Jean­-Claude Pied et la mystérieuse disparition

Samedi 29 août, 8h.

Quel réveil difficile. Que s’est-­il passé hier ? Je me souviens être sorti de chez moi, mais après… Aucun moyen de mettre le doigt sur quelque souvenir que ce soit. Avec un fort mal de crâne, je descend aux Petits Chevaux, où je suis accueilli par Albert le patron.

« Jean-­Claude ! Salut ! s’écria-­t­-il.
– Moins fort Albert, j’ai mal à la tête putain, lui répondis­-je. J’ai fait le con hier soir ou quoi ?
– Non, je t’ai pas vu. »
Il me lança alors le numéro quotidien du Parichien, me désignant du doigt un petit encadré en bas de la page des sports. « Le match de Ligue 2 opposant le Red Star à Valenciennes a été annulé pour raisons climatiques, lis-­je à haute voix. Comment ça ? Je n’y crois pas une seule seconde ! » m’exclamai­-je.

Retournant le journal à la une, je m’aperçus qu’il s’agissait de l’édition Haute-­Saône du quotidien.
« Arrête de rigoler Albert, donne­-moi l’édition 93 !
– Tu sais, dans les éditions franciliennes il n’y a pas une seule ligne à propos de ce match, répondit-il.
– Mais c’est quoi cette histoire ? Comment un match peut­-il disparaître ? Pourquoi je ne me souviens de rien ? m’interrogeai­-je.
– Il semble que tu vas devoir reprendre du service, Jean­-Claude, dit Albert, tout en versant un double calvados qu’il me tendit. Allez, cadeau de la maison.
– Tu sais très bien que pour moi, les affaires et l’alcool c’est fini depuis le drame de Melun. Je n’ai plus les épaules pour ce boulot, répondis­-je.
– Tu peux te mentir à toi­-même, mais pas moi, Jean­-Claude. Pas à moi, conclut­-il. »

Dimanche 30 Août, 17h30.

Hier je suis passé aux locaux du Parichien, où je me suis fait certifier par un journaliste ­transpirant du front soit dit en passant­ qu’il ne comprenait pas de quoi je parlais, et que je ferai mieux de quitter le bâtiment sinon il appellerai la sécurité. Bref, j’ai bien compris qu’il y a anguille sous Rochechouart. Annulé pour raisons climatiques, de qui se moque­-t­-on ?? Je démarrai ma R5, et pris la direction de Beauvais. Non, ça ne pouvait pas être encore ça…

Je pris la nationale, évidemment, car qui suspecte un complot évite l’autoroute, tout le monde le sait. Presque arrivé, s’afficha un panneau jaune de déviation. Très bien, je suivis cette déviation. Je la suivis assez longtemps, trop longtemps même. Au bout de quarante minutes à rouler en scrutant scrupuleusement les possibles accès à la ville de Beauvais, je me retrouvai sur la route nationale, mais en direction de Paris. « Ils m’ont fait tourner en bourrique, maugréais-je. »

Auraient­-ils mis la ville sous quarantaine ? Mais alors, qui étaient ces « ils » ?

Vendredi 4 Septembre, 23h.

Aujourd’hui le Red Star remportait un match amical face à Troyes (2­-0), mais ce n’était pas ça qui m’intéressait. Si je suis venu à Saint­-Leu, c’est pour tenter d’interroger un certain Hameur Bouazza. L’homme n’était officiellement pas dans le groupe pour le match face à Valenciennes, mais titulaire ce soir. Intriguant, n’est­-ce pas ?

Après le match, le voyant et moi de m’écrier: « Hameur ! Hameur ! Que s’est­-il passé vendredi dernier ? Vous seul pouvez m’expliquer !
– Bouazzzzzzzaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !! hurla­-t­-il en prenant ses jambes à son cou.
Hein ? dubitatai­-je. »

C’est clair, on me cache quelque chose.

Mardi 8 Septembre, 10h40.

Putain ! Réveil en retard, c’est pas possible. Je me suis remis à réfléchir comme à l’époque des enquêtes. Albert avait encore raison, quelque part je n’ai jamais vraiment raccroché. Cette nuit j’en ai encore rêvé… Ces petites lunettes, ce rire cruel, ça ne peut être que lui. Je descend dans la rue, direction le commissariat. Je devais avoir un entretien avec le commissaire Gordont.

Mardi 8 Septembre, 11h30.

« Commissaire ! Ce n’est pas une blague, je sais ce que je dis ! m’exclamai-­je.
Comment vous prendre au sérieux après l’affaire de Melun, rétorqua Gordont.
– Commissaire Gordont ! Commissaire Gordont ! Je sais que c’est lui ! Je peux le sentir.
– Monsieur Pied ! Calmez­-vous, et revenez avec des preuves ! »

Je sortais du commissariat, deux rues plus loin, quand soudain, fouyou ! Une fléchette se planta dans le mur à mes côtés ! Immédiatement, je me jetai à terre, et sortis mon arme. Me relevant prudemment, je ne vis personne, et je ne fus la cible d’aucun autre tir. Je rentrais chez moi en longeant les murs, ruminant et maudissant mon manque d’indices, mes doutes et mes certitudes…

On avait essayé de me faire taire, encore une fois. Ce ne pouvait être la signature que d’une seule personne…

A suivre.

PM & JCP.

6 thoughts on “Red Star – Valenciennes (1-5) : La Jules Rimet Académie en quéquette de réponses

  1. Bravo quelle plume, quel suspense ! Le renouveau du roman noir français ! Vivement la suite ! (Pour le Red Star bon courage par contre)

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