Rennes-Nantes (1-1) : La Breizhou Académie livre ses notes

Ah oui c’est vrai, faut prendre des points en Ligue 1

Après la déroute à Kiev, c’est le meilleur ennemi nantais qui se présente devant les Rouge et Noir. Sauf qu’entre les roustes à répétition qu’on leur inflige et l’immense déception suite à la quasi-élimination quelques jours plus tôt en coupe d’Europe, ce match est aussi excitant que le tag « granny » sur Pornhub.

La compo :

Tel le premier dealer venu devant la brigade des stups, Sabri a soutenu mordicus que la composition n’avait rien eu à voir et qu’il n’avait pas fait tourner à Kiev. Néanmoins, il aligne COMME PAR HASARD une équipe qui ressemble à s’y méprendre à un XI-type. Seuls cinq joueurs (gardien et défense) étaient  déjà alignés en Ukraine. Fait notable : en l’absence de Gélin et Mexer, Bensebaini est titularisé dans l’axe, Zeffane à gauche.

 

Le match :

D’entrée, les Rennais mettent de l’intensité et pressent leurs adversaires. Ils sont globalement plus présents dans les duels et se procurent quelques situations qui, si elles ne peuvent être qualifiées d’occasions nettes, nous chatouillent le bas ventre. Et rapidement, cette domination est récompensée : sur une accélération de sprinteur jamaïcain côté gauche, Sarr dépose son vis-à-vis et se fait découper. Grenier se charge du coup-franc, qu’il expédie fort à ras de terre vers le premier poteau. Johansson le dévie légèrement, ce qui suffit à tromper Tatarusanu, pas impeccable sur ce coup-là. Tant mieux : Rennes 1-0 Nantes.

Douce surprise, malgré l’ouverture du score les Bretons continuent à garder le contrôle du ballon et cherchent à construire par Grenier et André dans l’axe, ou Sarr sur les ailes, qui permute beaucoup avec Del Castillo.

Le plaisir est néanmoins de courte durée, car sur une ouverture de Pallois, Lucas Lima est laissé tout seul comme un grand côté gauche par Sarr, qui semble avoir entendu un faux coup de sifflet depuis les tribunes. Vrai ou non, Lima s’en cogne et a tout loisir de s’allumer une clope puis de centrer sur la tête de Sala, qui trompe un Koubek trop avancé. C’est contre le cours du jeu, ça ne reflète pas l’état des forces en présence, mais comme toute personnalité politique qui se respecte, le FC Nantes s’en fout et piétine la justice : Rennes 1-1 Nantes.

Même si les débats s’équilibrent, les Nantais se montrent fébriles, mais les Rennais ont du mal à trouver des solutions devant et craignent un éventuel contre. La suite des événements leur donne raison, puisque Sala, lancé dans le dos de Da Silva, se présente seul face à Koubek, mais le retour de l’ancien Caennais empêche l’attaquant de frapper dans de bonnes conditions et notre gardien se saisit du ballon. Sur l’aile gauche, Sarr continue de traumatiser Kwateng, déjà coupable d’une vilaine faute, et qui se fait déposer salement. Le centre de l’attaquant sénégalais trouve Hunou, qui décroise trop sa tête.

Au retour des vestiaires, Halilhodzic étant antipathique mais pas débile, il choisit de sortir ledit Kwateng, qui n’aurait sans doute pas fini le match face à Sarr. Le Bosnien étant antipathique mais pas débile donc, il a également dû souffler dans les bronches de ses joueurs pendant la pause, qui se montrent bien plus entreprenants. Les Rennais tentent de réagir en contre mais sont dorénavant dépassés dans l’engagement. Sala est trouvé dans la surface et une intervention très limite de Da Silva l’empêche de doubler la mise. Dans la foulée, Zeffane et André sont sanctionnés d’un carton jaune, preuve que les duels tournent à l’avantage des visiteurs.

Sauf qu’ils n’ont pas Ismaïla Sarr. Alors que nous, on a Ismaïla Sarr. Donc on envoie des ballons sur Ismaïla Sarr. Et Diego Carlos est fort, mais pas autant qu’Ismaïla Sarr. Donc il fauche Ismaïla Sarr dans la surface. Pénalty.
À ce moment du match et de la saison, le supporter rennais, comme tout supporter qui se respecte, se réjouit légitimement. Parce qu’il sait que son équipe a un ratio de pénaltys obtenus/transformés non négatif (non positif non plus mais chut).
Clément Grenier met dix minutes à poser son ballon sur le point blanc, l’arbitre l’ayant vu essayer de gratter un demi-centimètre comme un crevard.
Vous connaissez déjà l’histoire : Clément s’élance et bute sur Tatarusanu, tente de reprendre de volée, mais Diego Carlos dégage en corner. Le Stade Rennais Football Club a donc manqué 3 pénaltys sur 5 cette saison. Sur les cinq dernières années, nous en avons manqué 12, ce qui fait de nous la pire équipe des cinq grands championnats européens. Qui ose encore dire qu’on ne gagne pas de trophées ?

La dernière demi-heure sera un festival d’approximations techniques, de solidité nantaise, de maladresse rennaise, de crispation slipale. Les Rouge et Noir feront bien semblant de pousser en toute fin de match, ça ne viendra pas, #constipation.

Encore un match nul qui laisse un goût amer, nos Rennais ayant globalement dominé le match. Mais face à une équipe solide à défaut d’être brillante, les joueurs de Lamouchi se sont montrés trop imprécis et patauds devant pour mériter vraiment mieux. On se consolera en se disant que c’est la neuvième fois d’affilée que l’on est invaincus face à l’ennemi vendéen.
Mais on n’oublie pas qu’entre ce pénalty et celui manqué par Ben Arfa contre Saint-Etienne, ce sont 4 points qui se sont envolés et autant de places au classement de Ligue 1.

Les joueurs :

Koubek : 2/5
Certes la tête de Sala est bien placée, mais Tomas est trop avancé. Une fébrilité inquiétante sur l’ensemble du match, avec notamment des non-sorties aériennes qui ont été fatales à nos slips.

Traoré : 1/5
C’est ce qu’on appelle un match raté. Même si Sarr ne l’aide pas, sur le but il est pris dans son dos par l’ouverture de Pallois. Et il a sabordé deux véritables occasions de contre avec des passes dignes de ma grand-mère.

Da Silva : 3/5
« Viril mais correct » sur deux interventions face à Sala, Damien a souffert mais globalement tenu la baraque.

Bensebaini : 3/5
Le voir jouer dans l’axe, c’est se rappeler qu’en fait, c’est son vrai poste. Et qu’il continuera de saloper des centres à droite tout le reste de la saison.

Zeffane : 2/5
C’est presque mieux à gauche alors que ce n’est pas son poste, c’est dire.

Johansson : 3-/5
On ne le sent pas encore au top physiquement, on est parfois plus proche du première ligne de rugby que de la sentinelle véloce, mais il apporte une stabilité bienvenue.

Grenier : 2/5
Admirable par cette capacité à alterner les phases intelligentes (son coup franc sur le but, certaines ouvertures) et le désespérant (le reste des CPA, dont le pénalty).

André : 2+/5
À quel moment quelqu’un dans le monde s’est dit que Benjamin André était meneur de jeu ?

Sarr : 4/5
Le RCK aurait pu mettre sa tête à la place du clown de « Ca » sur son tifo, tant Izo a rendu fous les défenseurs nantais.
Remplacé par Niang (84e), merci d’être passé.

Del Castillo : 2/5
J’ai l’impression de me répéter, mais : toujours autant d’envie, toujours autant de limites face à un adversaire regroupé et solide.
Remplacé par Ben Arfa (76e), qui nous a gratifié de son slalom habituel, sans succès.

Hunou : 2/5
Le genre de match ingrat, où il a dû batailler face à deux catcheurs en défense centrale. Malgré cela, une tête qui frôle le cadre et quelques remises intéressantes.
Remplacé par Siebatcheu (71e), qui caviarde le fameux slalom benarfesque. Son profil semblait plus adapté que celui d’Hunou sur cette rencontre.

Les Rouge et Noir ont deux semaines pour récupérer et bosser les pénaltys avant une nouvelle semaine-triplette Montpellier-Jablonec-Strasbourg. Hauts les cœurs.

ALLEZ RENNES

@_MarcoGrossi

Marco Grossi

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