I Sanguinari à Reims : Un déplacement des supporteurs de l’AC Ajaccio vu de l’intérieur

Perfettu et les siens défient le froid et la raclée

Après avoir vous avoir fait découvrir un déplacement à Lille avec le groupe de supporteurs de l’AC Ajaccio I Sanguinari, Perfettu Erignacci continue de vous faire voyager avec un déplacement au stade Auguste-Delaune de Reims.

Ricardo Faty devant la banderole d'I Sanguinari. Coeur.
Ricardo Faty devant la banderole d’I Sanguinari. Coeur.

Pour tous les supporteurs de l’AC Ajaccio habitant à Paris ou dans sa région, le déplacement à Reims est inévitable. Enfin, sauf pour ceux qui sont rentrés au pays, pour ceux qui travaillent, pour ceux qui font semblant de travailler, pour ceux qui ont une famille, pour ceux qui ont peur du froid, ou encore pour ceux qui en ont marre de voir leur équipe perdre. Au final, ce sont donc trois supporteurs bravant le vent contraire qui prend la route de Reims à 17h30. Dans la voiture, les habitués. Toma, pour une fois sans son frère Vince Per Noi, 8Clem, et Perfettu Erignacci. La bâche est dans le coffre, les écharpes autour du cou. Après un peu plus d’une heure de route et un tour de ville pour trouver le stade, nous voici enfin devant le théâtre de nos rêves. Devant l’enceinte où l’ACA remportera sa deuxième victoire de la saison et se relancera dans la course au maintien. Comme vous pouvez le voir, tous les espoirs les plus fous sont permis. Enfin pour cela, il fallait passer outre un barrage de police et un stadier qui voulait des preuves de notre appartenance à un groupe de supporteurs acéistes. Comme si on allait se pointer en tribune visiteur en étant supporteurs de Reims.

Bref, le parking du stade Auguste Delaune était pour nous. Sur le bitume, une seule voiture, l’Audi de nos amis luxembourgeois. Quatre personnes de plus et surtout une caisse de Jupiler dans le coffre. La soirée ne pouvait pas mieux commencer. Une bière pour certains, deux pour les plus gourmands, toujours est-il qu’il fallait aller acheter les places désormais. Car à Reims, on s’emmerde pas pour 7 personnes. Et au lieu d’embaucher une guichetière côté visiteurs, les supporteurs adverses doivent faire le tour du stade et se rendre à la billetterie principale avec les supporteurs rémois. Les choix de la bonne organisation. Heureusement, le mec de la sécurité est sympa et escorte donc les 4 membres des Sanguinari jusqu’au guichet. Juste le temps de le macagner qu’on atterrit devant une hôtesse à lunettes qui ne laisse pas indifférent 8Clem. Un peu comme à tous les déplacements, 8Clem a son coup de cœur.

Nous autres, notre coup de cœur, on compte bien l’avoir pour un joueur de l’ACA. C’est bien pour cela que l’on se dépêche de rentrer dans le stade afin d’installer la bâche et les drapeaux. Auparavant bien sûr, la sécurité avait pris soin de fouiller les sacs et les poches – sans fouille anale – et de confisquer le scotch (pratique pour attacher la bâche) et les stylos (pratique pour celui qui veut prendre des notes pour faire son académie et son compte rendu de déplacement). Bref, nous voici dans l’antre. Les joueurs s’échauffent et déjà, au loin, Laurent Bonnart est pris de vitesse par un ramasseur de balles. L’heure h s’approche et pour faire patienter son public, les organisateurs de la soirée ont eu le bonne idée de distribuer des cadeaux et de faire venir le Père Noël. Pour apercevoir le vieux barbu, il faut regarder vers le ciel. Rien d’anormal donc sauf qu’il ne vient pas avec ses rênes mais en tyrolienne. Le Père Noël est bizarre à Reims. On croise les doigts pour qu’il arrive avec les trois points de la victoire dans sa hotte. Sauf que la seule chose qu’il a en main, c’est le ballon du match, l’objet du diable, le cuir du mal qui causera la perte de l’ACA. Le Père Noël, c’est le Père Fouettard.

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Et ce qu’il a apporté, c’est une première période bien moche pendant laquelle les 18 spectateurs présents en tribune visiteurs peineront à chanter, les pieds congelés par le froid et les cordes vocales nouées par l’enjeu. La seule éclaircie des 45 premières minutes fut pour 8Clem. Opportuniste, il a profité du fait que Cavalli jette ses gants sur le bord de la ligne en allant tirer un corner pour réussir un coup digne des membres de la Brise de Mer. Pas un braquage mais presque. Extrait.

8Clem enlève discrètement ses gants Kipsta

« Et Monsieur, Monsieur le stadier, j’ai échappé mes gants, vous pouvez me les récupérer ?

Tenez ».

Et voici comment 8Clem récupéra les gants floqués du numéro 18 de l’idole Cavalli. L’autre moment fort de la soirée se déroule à la 21ème minute de la rencontre. Salim Arrache, qui débordait côté gauche, se blesse. Les insultes venues des tribunes se déferlent alors. Au quatre coins des tribunes on peut écouter des « Salim Arrache est une salope ». Un peu dur pour un mec qui a fait la meilleure demi-saison de sa carrière à Reims. Bon, selon les forums rémois, il avait un caractère dégueulasse et s’était embrouillé avec deux ou trois mecs mais quand même, ça n’excuse pas tout.

I Sanguinari après le 1er but
I Sanguinari après le 1er but
I Sanguinari après le deuxième but
I Sanguinari après le 2ème but
I Sanguinari après le 3ème but
I Sanguinari après le 3ème but
I Sanguinari après le 4ème but

La suite de la première mi-temps fut traversée avec une seule envie : celle d’aller se réchauffer en mangeant un morceau. Car à Reims, le point fort, c’est l’hospitalité. Comme la saison précédente, le club offre une bouteille d’eau et un sandwich à tous les supporteurs adverses. Un beau geste qui allait être compensé en deuxième période. Après que les Rémois aient donné à manger aux acéistes, ce sera au tour des acéistes de donner aux Rémois de quoi se repaître. Mais sur le terrain, pas question de Cristalline et de rosette mais plutôt des offrandes. Passes décisives, mauvaises relances et quatre buts encaissés, tels allaient être les événements marquants de la seconde période. Au plus grand dam des Sanguinari, désespérés. Même le mégaphone, à bout de souffle, rendait l’âme. Comme un symbole. Sans le moteur Manufrankin, la tribune paraissait bien triste. Pas de macagnas pour Ochoa, pas d’insultes pour les supporteurs adverses qui s’étaient montrés virulents la saison dernière et surtout pas de « Oh arbitre, oh PD, siffle, c’est fini !« . Sans le Président des Sanguinari Luc Nostradamus, pas de pronostics foireux. Sans Julien, pas de doigts d’honneur, sans Manonfrankin pas de «Lalalalalalalala Adrian Mutu». Les seules habitudes qui sont restés ont donc été le foutage de gueule des stadiers à qui 8Clem proposait de s’acheter de nouveaux costumes au magasin Casting situé 14 rue de l’Arbalète et la macagna sur les joueurs. Le principal visé ? Alessandro Crescenzi, traité de sosie de Claude Français. On s’occupe comme on peut.

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Bref, un déplacement comme on les aime avec de la joie, des rires, des pleurs, mais surtout une défaite. On ne change pas une équipe qui perd.

En fait, ce qui a peut-être manqué, c’est la présence de Dylan Sénateur Charlot, cet emblématique supporteur de Reims avec lequel les Sanguinari avaient partagé un pot d’avant-match la saison dernière. Sache Dylan que si tu nous lis, on ne t’oublie pas. Par contre, toi, connard de maintien, on peut t’oublier. Les Sanguinari peuvent désormais commencer de préparer les déplacements de la saison prochaine à Caen et à Créteil. Mais avant cela, Pierazzi, Tonucci, Hengbart, Tonucci, André et Camara ont tenu à venir nous saluer. De loin certes, mais c’est l’intention qui compte. A l’année prochaine les gars.

Perfettu Erignacci.

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