Stade Rennais-PSG (2-1) : La Breizhou Académie gagne la belle

Le nouveau « Classique » ? A vrai dire je n’en sais rien et je m’en cogne, je ne suis pas « journaliste » sur RMC ou à L’Equipe TV pour inventer des conneries de ce genre. Toujours est-il qu’après la finale de la CDF et le Trophée des Champions, le Stade Rennais retrouve le PSG pour la troisième fois en quelques mois.

Après une victoire arrachée de haute lutte face à Montpellier en ouverture, les Rouge et Noir accueillent le champion de France pour le premier match de la saison au Roazhon Park.

Point mercato :

Après le départ acté de Koubek à Augsbourg – je le redis et malgré les différentes tempêtes dans le verre d’eau géant qu’est Twitter, Tomas aura été un élément précieux de notre belle saison, un type attachant que l’on aimera toujours-, deux autres départs ont été enregistrés, les derniers d’après Létang : Sarr à Watford pour près de 40 patates. C’était attendu et logique, la somme récupérée est belle, espérons pour Isma qu’il a fait le bon choix sportif. Dernier crève-coeur, le départ de Bensebaini à Mönchengladbach.

En essayant d’être philosophe (de comptoir bien sûr), on peut déplorer un grand nombre de départs, mais aussi se dire que pour beaucoup d’entre eux, l’occasion était trop belle et ils avaient sans doute atteint leur pic de forme et de potentiel (André, Koubek, peut-être même Ramy). Stéphan et Létang répètent qu’on doit encore se renforcer, on attend au moins deux arrivées. Vivement.

La composition :

Stéphan semble avoir trouvé son système de prédilection en ce début de saison, un 5-3-2 (3-5-2 en phase offensive) : Salin – Maouassa, Morel, Gélin, Da Silva, Traoré – Grenier, Camavinga, Bourigeaud – Del Castillo, Niang

Le match :

La bonne surprise, c’est que malgré la domination logique du PSG, les hommes de Stéphan cherchent à jouer haut et à gêner la première relance parisienne. Le début de match est équilibré et les Rouge et Noir s’appliquent à ressortir la balle proprement pour apporter du danger. Défensivement, ça tient la route, Maouassa et Traoré ont l’air en jambes pour arpenter leurs ailes. Malgré un poteau de Cavani (15e) sur un oubli de marquage sur coup-franc, les Rennais maitrisent bien leurs adversaires, qui font preuve d’un déchet technique inhabituel (45 ballons perdus à la demi-heure de jeu). La possession est équilibrée, on se crée quelques belles situations… C’est évidemment à ce moment-là qu’on choisit de se saborder : relance courte de Salin (merci la nouvelle règle des six mètres) sur Gélin, qui passe à Da Silva. Notre capitaine veut remettre à Salin mais ajuste mal sa passe, Cavani traîne par là et marque tranquillement (36e). Rennes 0-1 PSG.

C’était bien la peine de se casser le cul à bien jouer, tiens.

Heureusement, on a la magnifique idée de revenir au score juste avant la pause. Gélin délivre un amour de transversale à Traoré. Le latéral se joue de Bernat avant d’alerter Niang dans la surface. Dos au but, M’Baye mystifie Marquinhos sur son contrôle orienté avant de décocher une belle frappe en pivot dans le petit filet d’Aréola (44e). Bijou. Rennes 1-1 PSG.

Dès le retour des vestiaires, les Rouge et Noir prennent l’avantage : Camavinga explose définitivement à la face du foot français avec un caresse de centre à destination de Del Castillo, qui envoie la gonfle de la tête hors de portée d’Aréola pendant que Meunier cueillait des fraises. Le Roazhon Park chavire (48e). Rennes 2-1 PSG.

Toute cette séquence confirme ce que l’on savait depuis plusieurs mois, quelle que soit l’issue du match : le PSG ne fait plus peur à ses adversaires.

Logiquement, les joueurs de Tuchel mettent la pression, mais s’en remettent surtout à des exploits individuels de Mbappé. Le reste de l’équipe multiplie les fautes et les approximations techniques. On est même à un poteau de Gélin d’en mettre un troisième (63e), tandis que Salin confirme qu’il est bien plus qu’une doublure, en sortant dans les pieds de de Draxler (64e) et en restant vigilant sur un lob de Mbappé (83e). Même si les Bretons en chient physiquement en fin de match (Niang incapable de courir pendant les dix dernières minutes), ils font preuve d’une solidarité et d’une solidité exemplaires, à l’image de Morel, insubmersible. Camavinga se paie même le luxe de faire passer un dernier frisson dans les raies parisiennes dans les arrêts de jeu (90+2e).

Fin du match, les Parisiens ne reviendront pas, les Rouge et Noir ont largement réussi leur première à domicile et comptent donc 6 points en deux journées.

Quel pied, ce genre de matchs. Une réussite tactique de Stéphan, des joueurs appliqués, sérieux, solidaires, talentueux et volontaires, récompensés par deux beaux buts. Plutôt que d’attendre le PSG de façon frileuse, les Rennais ont joué crânement leur chance, se sont efforcés de sortir proprement le ballon et de presser les Parisiens dès la relance. L’effectif doit encore être étoffé, mais l’état d’esprit est déjà là, pour notre plus grand plaisir.

Les joueurs :

Salin : 4/5. Une doublure que beaucoup d’équipes aimeraient avoir comme titulaire.

Maouassa : 3/5. Très en jambes, à l’aise dans ce système. Il a fini rincé, remplacé par Boey (79e), qui continue à grappiller du temps de jeu.

Morel : 3+/5. Tous ceux qui ont ri sous cape au moment de sa signature peuvent bien fermer leur tronche. Et moi le premier.

Gélin : 4/5. Des transversales de 40 mètres, des interventions autoritaires, un poteau… Quel match.

Da Silva : 2/5. Un match solide dans l’ensemble, mais le but est pour lui.

Traoré : 4/5. Tes chevauchées échevelées nous avaient tellement manqué, Hamari. Et une passe dé pour clore le truc.

Grenier : 4/5. Même si Camavinga a pris toute la lumière, Clément a réalisé un gros match, une partition de chef d’orchestre. Ce positionnement haut lui va à merveille.

Camavinga : 5/5. Quel match. Tellement fort qu’il a même réussi à faire marquer Del Castillo.

Bourigeaud : 3-/5. Effacé, mais on sait qu’il va monter en puissance. Remplacé par Léa-Siliki (77e), une rentrée pleine d’autorité.

Del Castillo : 3+/5. Content pour lui qu’il ait mis son premier but en Ligue 1, en plus contre le PSG il s’en souviendra. Mais ce but ne masquera pas sa prestation globale insuffisante. Frustrant, car il se donne à fond, mais il n’a tout simplement pas le niveau. Remplacé par Siebatcheu (73e), qui a fait une bonne rentrée, mais qui semble le grand perdant de ce système tactique.

Niang : 4+/5. Le mec écourte ses vacances d’une semaine pour être prêt à la reprise, il claque un but magnifique et finit sur les rotules. Quel homme.

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ALLEZ RENNES

Marco Grossi

Marco Grossi

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