Strasbourg-Nîmes (5-0): La Crocro Académie mange une Flammekueche Manita

Avant-propos : nous pourrions nous contenter dorénavant d’ignorer les résultats et de hurler à la fraude, nous réfugiant dans un déni autiste et grotesque de la réalité – c’est à la mode. Nous pourrions nous contenter d’envoyer sommairement nos joueurs se faire foutre, tous autant qu’ils sont, avec en leur compagnie notre coach-caporal définitivement à la ramasse et notre fantôme de président. Mais la Crocro connaît la douleur, la peine et la souffrance. Nous irons jusqu’au bout. Et quand l’un d’entre nous cède, se demandant même devant tant de nullité s’il ne va pas pousser le vice jusqu’à abandonner l’alcool pour faire un Dry January (de toute façon il n’y a plus de bars, alors foutu pour foutu…), c’est un autre qui prend le relais. Alors comme après la dernière branlée, et en attendant la prochaine, la Crocro est morte, vive la Crocro. Place au rédacteur du jour, l’immense Stanislas Carwash. La bise à vous les collègues, et courage.

Karoud

Ça y est, à peine la nouvelle année et le mois de janvier commencés, c’est le Nîmes Olympique 2020-2021 qui repart en tournée !

Tel les camions d’outillage cata-VANA qui fendaient à toute berzingue les routes de campagne pour venir te proposer sur la place de ton village tout un tas d’outils dont tu n’avais pas besoin mais que tu te sentais forcé d’acheter, le Nîmes Olympique 2020-2021 arrive dans ta ville pour une représentation d’1h30 + 15 minutes d’entracte d’un spectacle unique qui mêle football, performance sado-masochiste et interprétation contemporaine de Germinal et des Misérables.

Aribi, Paquiez, Miguel, Fomba : tes stars préférées, mises en musique par le caporal Jé qu’on ne présente plus, te feront tour à tour rêver, rire, pleurer, le tout pour un prix modique. Nîmes Olympique 2020-2021, c’est pour la première fois en France, près de chez toi, sans cryptage et à une heure de grande écoute, une performance de soumission en direct à la télévision. C’est un peu comme l’armée du salut, sauf que le prix de l’abonnement à Téléfoot n’est malheureusement pas susceptible de te donner droit à un crédit d’impôt équivalent aux deux tiers du don dans la limite de 20% de ton revenu imposable. De toute façon on va pas se mentir, Nîmes c’est une ville de caraques, les rares personnes qui y paient des impôts ne s’intéressent pas au club.

Aucun suspense, diront les mauvaises langues ? Au contraire, alors que dans un bon vieux boulard tu sais que le plombier va d’une minute à l’autre sonner à la porte de la blondasse aux gros nibards qui se balade à moitié à poil dans sa cuisine, avec le Nîmes Olympique 2020-2021 tu ne sais jamais quand Fomba va laisser un adversaire rouler sur la défense sur 50 mètres, tu ne sais jamais quand Paquiez va envoyer un centre au-dessus des tribunes, quand Aribi vendangera une occase ni quand Miguel ou Landre se prendront un rouge stupide. Dans la cabine des commentateurs d’un match du Nîmes Olympique 2020-2021, on sue à grosses gouttes car on ne sait jamais quand le plombier va venir taper à la porte pour coller une grosse cartouche à tout le monde.

Requinquée comme jamais, toute la troupe du Nîmes Olympique était motivée à l’idée de se produire du côté de Strasbourg ce soir. Oh certes, les représentations à huis clos et les rires enregistrés ne valent pas les manifestations spontanées d’un public, mais perso j’y croyais. Pas les sites de paris sportifs apparemment, car la côte pour une victoire de Nîmes était à 8 contre 1. Ça pique.

LE MATCH

De la première à la 35e minute, Nîmes arrive tant bien que mal à contenir les attaques des hommes en bleu qui eurent 4 ou 5 corners à se mettre sous la dent, sans arriver à les concrétiser. Certains mouvements de la défense nîmoise trahissaient une fébrilité et d’autres, au contraire, semblaient dégager de la sérénité. La dualité de l’homme, mon colonel, le truc de Carl G. Jung.

36e : on prend le premier but. Reynet fait une belle horizontale sur la frappe d’un Strasbourgeois mais ne peut que dévier la balle, cette dernière étant reprise victorieusement par Ajorque, qu’un Deaux qui passait par là par hasard (il effectuait probablement son footing quotidien dans cette partie de la surface) fut bien incapable de contrer.

Après ? La mise en bière. Le deuxième but strasbourgeois arrive moins de deux minutes plus tard, suite à une perte de balle de Duljevic et à une contre-attaque d’école des Alsaciens (38e).

A 2-0 et idéalement lancé, Moussa Koné rate la réduction du score, sa frappe étant bloquée par Kawashima. De la TV, j’ai eu l’impression que Koné s’était arrêté et aurait pu reprendre le ballon pour réduire la marque s’il avait suivi, mais c’était probablement une impression. En tout cas, ça commençait à sérieusement sentir le munster. 45e, pénalty provoqué par… Non mais attends, je suis en train de raconter le match là ? C’est bon le résumé tu le trouveras dans le journal, MAIS NIQUEZ-VOUS putain, on est pas là pour ça. C’est quoi cet état d’esprit ? Pourquoi vous êtes capables de jouer au ballon une mi-temps, de construire des trucs – alors certes c’est pas le Barça de Messi et Iniesta – puis ensuite vous vous chiez dessus dès qu’il y a une contrariété ou qu’on prend un but, pourquoi vous avez zéro mental ? Ça fait pas partie du sport, ou plus exactement car vous êtes professionnels, du métier que vous exercez ? Que vous ayez 75 de QI OK, on vous en veut pas : vous êtes footballeurs, pas tirés au sort pour définir la stratégie médicale du pays, mais faites au moins preuve de mental. On dirait des gamins qui chialent parce qu’on leur a piqué leur goûter et qui vont bouder pendant une heure dans leur piaule, alors forcément derrière on en prend cinq !

Eh ben voilà d’ailleurs on en a pris 5. Honteux. Ignoble. Lamentable. Récurent.

Le reste du match ? Pfff… Strasbourg s’est converti en Harlem Globe Trotters, ça jouait comme à l’entraînement face à… que dalle. J’ai franchement du mal à me convaincre que le problème vienne de la qualité de l’effectif, OK on est loin d’être le PSG ou autre, mais on a entrevu de belles choses à certains moments et recruté des mecs vraiment intéressants. Le mental est complètement parti en couille. Et à la tête de cette équipe, on a un espèce de cocaïnomane en manque d’autorité qui se prend pour un leader mais qui est en vérité un rebut de la société vivant aux crochets du club depuis plus d’une dizaine d’années et qui a selon toute vraisemblance été réformé P4 au service militaire.

LE moment du match : 63 minutes et 28 secondes, lorsque le consultant Téléfoot dit : « en tout cas l’entraîneur de Strasbourg a longtemps laissé le flou sur son système de jeu, cela a pu mettre en difficulté son homologue adverse ». Non mais mec, tu crois vraiment que le caporal Jé a besoin de ça pour être mis en difficulté ? Répondre à une question simple lors d’une conférence de presse sans péter la gueule à quelqu’un ou menacer une autre personne de lui envoyer la mafia à domicile ou sur son lieu de travail, c’est DEJA quelque chose qui le met en super méga difficulté. Alors devoir monter une compo, une tactique, anticiper celle de l’adversaire et trouver les mots justes pour requinquer le mental d’un groupe d’une vingtaine de mecs, tu veux pas non plus cent balles et un Mars ?

Flash-back sur la minute numéro 70″55 : Kawashima met une droite à Briançon. Alors les tacles non maîtrisés c’est péno, en revanche un dégagement du poing en retard (en retard, ça veut dire que le gardien touche même pas la balle, il la voit passer) dans la gueule d’un joueur adverse c’est que dalle. Si un gentil arbitre, apôtre du gentil fair play passe par là et peut m’expliquer, je suis preneur. D’ailleurs son explication pourrait aussi l’aider à comprendre pourquoi les gens qui aiment le foot – même les modérés – méprisent de manière générale leur corporation, leurs attitudes de sheriff au travers desquelles ils pensent compenser un total manque de charisme et d’autorité, ainsi que leur utilisation de la VAR à la tête du client (non, ce n’est pas une commune du 83 – blague pourrie désolé mais à travers l’Acad-catharsis de ce soir, j’élimine les barriques d’alcool ingérées pendant les fêtes). Et puis non ne m’expliquez pas, niquez-vous avec votre fair play de merde, vos fanions du RC Lens, vos gamins dans la glacière et vos défraiements kilométriques. La haine est tellement intense et tous azimuts que je m’y perds. Et dans le fond j’en veux même pas à Kawashima, c’est méga street crédible de mettre une droite à un gars en plein match de foot sans se faire pécho par l’arbitre, gros respect mon gars, si tu pouvais faire un high kick discret contre Lorient ou Dijon, ça serait cool et ça pourrait nous aider.

LES NOTES

L’envie d’envoyer tout le monde se faire enculer est forte. Très forte. Irrépressible, irrésistible. Mais, on va essayer d’être constructifs. Certains ont su garder la tête sous l’eau malgré le naufrage, d’autres ont été dégueulasses.

Reynet (2/5). On peut pas décemment lui mettre plus vu qu’il s’en prend cinq, mais sans lui c’était huit, donc… C’est à se demander s’il n’est pas un peu chat noir, quand même : passer d’une lanterne rouge à l’autre en deux saisons, ça te pose un homme.

Meling (2/5). C’était bien de le revoir enfin sur un terrain, dommage pour lui que ce soit pour prendre une branlée. Pas le plus à blâmer dans l’histoire.

Deaux (0/5). Mention spéciale pour lui : à la ramasse sur les premiers et quatrième buts, un péno provoqué (sorti héroïquement par Reynet). Alors certes défenseur central c’était pas son poste, mais généralement quand t’es joueur de foot, quel que soit le poste, tu te bouges le cul et t’évites de faire une main décollée du corps à 45 degrés dans la surface de réparation, à moins que ça soit une manière pour apprendre la géométrie à tes gosses.

Briançon (1/5). Retour de blessure pour notre capitaine, mais fracture mentale confirmée par son terrible aveu à la fin du match : « on n’a rien à faire dans ce championnat ». Au moins, là-dessus, le discours du caporal Jé a bien été compris.

Alakouch (2/5). J’ai pas envie de le défourailler, mais il faudrait lui expliquer quand même que dans la désignation « arrière latéral », il y a le mot « arrière ».

Ahlinvi (2+/5). Allez, on va dire que c’était un des moins minables, et on lui donne le bonus jeunesse.

Cubas (1+/5). Vraiment, Dieu sait que j’aime ce joueur, et ce n’est pas le plus fautif, mais il a semblé cuit et a raté son match ce soir, toutefois pas autant que son artiste de remplaçant, el Grande Lamine Fomba (0/5), qu’on va noter juste pour le bonus du péno provoqué à la 88e minute. Honnêtement je sais que ce mec est la tête de Turc idéale, et j’ai aussi vu pas mal de choses prometteuses chez lui, peut-être qu’il ne marche qu’à la confiance, bref j’en sais rien. Mais mec, là tu méritais un rouge, volleyer le ballon comme tu l’as fait à la 88e c’est dégueulasse putain, ton équipe est en train de se faire rointer, mais à quoi tu joues putain ?

Duljevic (2/5). Comme souvent avec lui, il tente des choses, n’est pas le plus dégueu, mais ne conclut rien, et de toute façon se fait remplacer trop vite, en l’occurrence par Eliassion, qui a fait ce qu’il a pu.

Ferhat (2+/5). Il doit commencer à très sérieusement se demander ce qu’il fout là.

Ripart (1/5). Lui, il se demande toujours un peu où il est, mais c’est parce qu’il ne joue jamais au même poste.

Koné (1/5). Je continue à penser que c’est notre meilleur 9, mais il faut planter mon grand, surtout quand tu as des occases.

Voilà. Une équipe de mecs transparents, invisibles en deuxième mi-temps. C’est même pas la peine de tirer sur une ambulance. En revanche (j’aime bien les conclusions façon beauf poujadiste populiste lorsque je suis énervé) ça vous dérange pas d’être payés tarif D1 pour un niveau bas de tableau de D2 – et encore j’ai un respect infini pour la D2 qui a bercé la plupart des années de ma vie. Niquez-vous putain. Et bonne continuation aux Strasbourgeois malgré le seum, j’aime bien votre stand merguez-frites-Picon-bière-à-quatre-euros le long du McDo à côté du stade. C’est ça le foot.

BONUS VIDEO : en hommage à la région Alsace (c’est gratuit), et pour résumer l’état d’esprit qui a présidé à la rédaction de l’acad’ de ce soir.

Stanlislas Carwash

Stanislas Carwash

3 commentaires

  1. Un déflorage anal dans les règles de l’art. Bravo, cette acad était très plaisante à lire. M. Carwash, je souhaite une longue vie à l’Eléphant Bleu Académie (ou rose selon ce que vous avez bu).
    Sur ce, je vous laisse, je dois aller me toucher en lisant la Hipster Académie.
    BA

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.