Turquie-Italie (0-3) : l’Arte e Belleza Academia fait son entrée en fanfare

Si Dieu existait, il prendrait l’apéro.


Et quoi ? Je vois tout ce beau monde faire des présentations à rallonge, étudier, encore étudier, connaître sur le bout de la langue chaque partie du corps de chaque joueur. Et la poésie, dans tout ça ? Et le romanesque ? Devenez des experts, on vous signalera votre tristesse. Soyez spécialistes, on trouvera une faille. Non, je préfère vivre de mauvais vin, le tirer très fort jusqu’au bout du gosier. J’aime autant regarder un match en me laissant porter par la tarentelle des couleurs, par les dynamiques des courbes, par les visages qui respirent le match, qui fleurent le combat. Je choisis l’estomac comme organe de visionnage. Je laisse le cerveau à ceux qui ont à prouver qu’ils en ont un.

Un pronostic ? Je n’aime pas ce mot. Il est pour les démiurges en mal de contrôle, pour les pythies de comptoir. Mon Italie sera toujours vainqueure, tant qu’elle me plaira. Tant qu’il y aura de quoi en tirer une substantifique moelle à offrir aux cochons.

Tout fait partie du tout. Beauté ou laideur, maillot blanc dégueulasse ou dribble chaloupé. Tout se constitue et donne lieu à la représentation théâtrale du jeu fleuri. Voilà. Nous sommes bien. Nul besoin d’aller chercher un schéma tactique pour justifier qu’on n’a pas de style. Voici. Le service est gratuit.



I Figli di Apollo :


Donarumma (3/5) : s’est offert une petite sieste à l’ombre de l’Akçam.

Fiorenzi (3/5) : au pas de course pour ne pas rejoindre Orphée.

Bonucci (3/5) : douces relances le long de l’eau claire.

Chiellini (4/5) : l’elmo di Scipio.

Spinazzola (4/5) : la grosse caisse au son clair.

Barella (3/5) : au four et au moulin sans farine.

Jorginho (3/5) : rien ne sert de courir, il faut presser à point.

Locatelli (3/5) : comme un chien enragé qu’on n’accuse plus.

Berardi (4/5) : luxe, calme et volupté.

Immobile (3/5) : la poétique du mouvement.

Insigne (3/5) : serpent à sonnets qui enroule.


Di Lorenzo pousse pour plus haut.
Cristante a rajouté une couche de béton.
Bernadeschi deviens.
Belotti n’est plus un poussin.
Chiesa est à remettre au centre du village.



Dolcemente,

Umberto Eco+

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